Le Magnum Rowtrac, de Case IH, a été mis à l'essai durant une semaine pour des plantations de pommes de terre.
    Essai publié dans le hors-série Équipement Entreprise n°17 – Mai 2015     Sitôt arrivé sur l’exploitation de Philippe et Maxence Messean, à Auchonvillers ...

Essai de tracteur

Case IH Magnum 380 CVX Rowtrac

Ni chenillard ni tracteur standard, le nouveau Case IH Magnum Rowtrac intrigue autant qu’il impressionne. Ce modèle de 418 chevaux, remplaçant les roues de son pont arrière par un train de chenilles, n’est pas passé inaperçu durant sa semaine d’essai dans la Somme à la SCEA de Philippe et Maxence Messean. Attelé à un lourd combiné de plantation de pommes de terre, ce tracteur de présérie a dû concilier le respect du sol aux capacités de traction et de levage qu’impose ce type de chantier.


Le Magnum Rowtrac, de Case IH, a été mis à l'essai durant une semaine pour des plantations de pommes de terre.

Le Magnum Rowtrac, de Case IH, a été mis à l’essai durant une semaine pour des plantations de pommes de terre.

 

 

Essai publié dans le hors-série Équipement Entreprise n°17 – Mai 2015

 

 

Sitôt arrivé sur l’exploitation de Philippe et Maxence Messean, à Auchonvillers (Somme), que déjà les curieux et autres photographes amateurs se bousculent pour l’apercevoir. Il n’est en effet pas encore commun de croiser des tracteurs à chenilles, encore moins des modèles panachant roues et chenilles. Le tracteur Case IH Magnum 380 CVX Rowtrac fait pourtant partie de cette deuxième catégorie. À peine présenté au grand public lors du Sima que l’équipe de Matériel Agricole a eu l’opportunité d’en obtenir les clés durant une semaine. Mis à la disposition des deux agriculteurs, l’engin, issu d’une présérie, a réalisé la moitié de leur campagne de plantation de pommes de terre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas chômé. Son compteur horaire affiche d’ailleurs 70 heures de plus qu’à son arrivée. Les deux premières heures de travail ont cependant été consacrées à l’attelage du combiné de plantation porté.

Une surface au sol comparable à un jumelage

Le combiné de plantation porté se compose d’un décompacteur à quatre dents LSM, d’une herse rotative Amazone et d’une planteuse-butteuse Grimme. Sa largeur de travail, de 3,6  mètres, peut paraître ridicule pour un tracteur de près de 418 chevaux de puissance maximale. Sauf que les deux tonnes de plants de pommes de terre stockés dans la trémie, à l’extrémité du combiné, pèsent très lourd au moment de lever l’ensemble. Si le relevage de catégorie IV, offrant une capacité de 10 tonnes, ne faiblit pas, les roues ont, trémie vide, déjà beaucoup de mal à rester en contact avec le sol malgré le lestage frontal d’une tonne. Le gonflage à l’eau des pneumatiques et l’ajout d’une masse avant de 900 kg ne seront pas de trop pour tourner en bout de champ. Le tracteur, pesant environ 17 tonnes à vide, soit près de 3 tonnes de plus que la version à roues, frôle, ainsi lesté, les 20 tonnes. Les chenilles de 610 millimètres de large et les pneus avant de 620 millimètres auront donc fort à faire pour compenser cette masse. « La surface de contact au sol atteint cependant celle du même ensemble jumelé de pneumatiques de 710 millimètres de large à l’arrière contre 650 millimètres à l’avant », tempère Sylvain Garnier, responsable produit de la filiale française de Case IH. Après avoir calibré le système de guidage RTK, intégré à la console à écran couleur et tactile AFS Pro 700, l’engin est enfin prêt à fouler les plaines limoneuses entrecoupées de veines argileuses. Pour y parvenir, le Magnum Rowtrac doit quitter le village par les départementales. Son homologation routière et sa largeur hors tout inférieure à 3 mètres lui permettent cependant de rejoindre facilement les champs. « Il est quand même préférable de ne pas aller trop loin », précise Philippe Messean. Malgré l’intégration de silentblocs entre les barbotins de la chenille et leur cadre porteur, les irrégularités de la chaussée se ressentent, il est vrai, nettement plus en cabine que sur la version à quatre roues. L’entraînement de la bande de roulement, dit « positif », par une roue dentée, contraint également le tracteur à ne circuler que sur de courtes distances à la vitesse maximale de 40 km/h. « Au champ, par contre, le confort à bord est tout à fait similaire aux pneumatiques », note l’agriculteur. La conduite du tracteur est, elle aussi, comparable à celle d’un modèle standard.

 

 

« Le Magnum reste très maniable, et les chenilles ne créent pas plus de ripage qu’un large pneumatique même lors du découplage des freins, décrit le conducteur. Celles-ci offrent également davantage de tenue dans les dévers que le tracteur standard habituellement utilisé. » Le système de guidage RTK n’intervient, il est vrai, qu’assez rarement pour corriger la dérive du tracteur dans les pentes. « Son engagement à l’arrêt, en marche avant voire en marche arrière, est plutôt pratique à l’utilisation. Dommage, par contre, que son bouton d’activation, présent sur l’accoudoir, ne soit pas plutôt placé sur le joystick multifonction. » Le chantier file à une vitesse moyenne de 6 km/h à travers la plaine picarde. Le décompacteur, travaillant à une profondeur de 25 centimètres, supprime les traces bien planes, mais assez profondes, formées par les chenilles et alimente la herse rotative brassant, elle, 20 centimètres de terre. Le plant est ensuite déposé avant d’être butté par la cape formeuse.

Un moteur bien occupé

Malgré les 418 voire 435 chevaux fournis par le moteur après activation de la surpuissance, le six-cylindres FPT de 8,7 litres n’est pas à la fête. Celui-ci travaille au régime de 1 800 tr/min correspondant à la fois au régime nominal de la prise de force et au point de puissance maximale. « La consommation instantanée affichée sur le terminal oscille, en moyenne, entre 60 et 70 litres par heure », ajoute Philippe Messean. Le mode automatique de la transmission à variation continue CVX doit également ralentir la cadence, dans les zones argileuses ou en montée, au risque de voir chuter le régime moteur. Perché en cabine, le conducteur bénéficie d’une visibilité optimale sur le chantier porté, même si ce dernier n’est finalement pas le plus adapté à ce type de tracteur. « Le surpoids engrangé par les trains de chenilles et le lestage frontal amenuisent, à mon avis, le bonus procuré par la large surface de contact au sol. La capacité de traction du Rowtrac, à la vue du très faible taux de patinage, semble néanmoins bien supérieure à celle d’un modèle à roues », conclut l’agriculteur.

 

Case IH Magnum Rowtrac (9)

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