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Youngtimer Valtra 8350-8550-8950 : trois légendes finlandaises

Les Valtra 8350, 8550 et 8950 de l’exploitation affichent entre 6 000 et 10 500 heures au compteur.

Agriculteur et entrepreneur à Rollot, dans la Somme, Roan Moitoiret a le plaisir de conduire trois Valtra de la série 50, du 8350 au 8950, en passant par le 8550. Ces youngtimers sont pour lui gage d’économies, que ce soit à l’achat ou, ensuite, à l’entretien.

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« Comparé à un actuel Valtra T215, le 8950 n’a pas à rougir de ses performances et de son confort malgré les vingt ans et quelques qui les séparent », raconte Roan Moitoiret, fraîchement installé et salarié sur l’exploitation de Jean-Marie Choisy, à Rollot (Somme). Cette ferme en polyculture-élevage de 170 ha de surface agricole utile, il la connaît depuis l'enfance. À l’époque déjà, des tracteurs Valtra étaient présents. Le 8350, acheté neuf en 2002, fait toujours son office sur l’exploitation. Il réalise diverses tâches, de la fauche au transport, en passant par l’éparage ou la pulvérisation, et totalise près de 6 000 heures au compteur.

Roan Moitoiret, agriculteur et salarié d’une ferme dans la Somme, utilise trois légendes Valtra pour tous les travaux. (© Joseph Marien)

Le 8550, de la même année que son petit frère, est quant à lui arrivé en 2016 pour remplacer un Valmet 8100. Acheté avec 7 200 heures, il dépasse aujourd’hui les 10 000 heures de travail. Le youngtimer effectue du déchaumage, des labours, une partie des semis ou encore de l’andainage. L’entretien basique des tracteurs est effectué à la ferme. Pour les plus gros travaux, l’exploitation fait appel aux Ets Poittevin-Dewaele, la concession Valtra du secteur.

La montée en cabine s'effectue facilement via trois marches en forme d’escalier et un large seuil. (© Joseph Marien)

Une base commune

En 2023, Roan Moitoiret jette son dévolu sur un nouveau tracteur de tête, le plus puissant de la série, un 8950 de 2003. « C’est la même base mécanique que celle des deux autres, qu'il s'agisse de la transmission, de la cabine ou encore du moteur du 8550, explique l’agriculteur, ce qui nous rassure sur la fiabilité et nous simplifie la tâche pour la maintenance. Le tracteur est aussi imbattable en termes de prix d’achat, par rapport à la puissance développée, et l’amortissement est plus rapide. »

Les trois tracteurs sont dotés de l’optionnel relevage avant, d’une capacité de 3,5 t. (© Joseph Marien)

Le 8950 a la particularité de bénéficier d’un intercooler – système de refroidissement du flux d'air dédié à l’admission turbocompressée –  et d’un pont avant suspendu pneumatiquement. Ce dernier est constitué de coussins d’air et d’amortisseurs, comme certains Valtra de la gamme actuelle.

Le tracteur de tête profite de l’optionnel pont avant suspendu pneumatiquement à l'aide de deux coussins d’air et d'amortisseurs. (© Joseph Marien)
(© Joseph Marien)

« J’ai eu l’occasion d’essayer un T215 récemment et il a encore beaucoup en commun avec son prédécesseur : le moteur de 7,4 L, le pont avant suspendu, l’inverseur ou encore le petit volant… », estime le Samarien. Le 8950 réalise les semis, du transport et du travail du sol avec un déchaumeur à dents SMS de 4,3 m de large et un cover-crop de 4 m. Les trois tracteurs de la ferme tournent, du moins puissant au plus puissant, de 250 à 400 heures par an.

Motorisation Sisu-Valmet

Si la série 50 demeure une référence, c'est aussi grâce à sa motorisation Sisu, motoriste historique de la marque et désormais connu sous le nom d'Agco Power au sein du groupe Agco. Le 8350 est animé par un bloc de 6,6 L de cylindrée turbocompressé développant 140 ch. Le 8550 et le 8950 s’équipent du moteur de 7,4 L également turbocompressé, développant 165 ch sur le premier et jusqu’à 205 ch sur le second. Pour cela, le tracteur de tête dispose d’une surpuissance déjà dénommée à l’époque « Sigma Power ». Si son activation se faisait d’origine automatiquement lors du déclenchement de la prise de force, l’exploitant peut à présent l’activer ou la désactiver via un bouton en cabine.

Le 8550 et le 8950 s’équipent du moteur de 7,4 L turbocompressé développant 165 ch sur le premier et jusqu’à 205 ch sur le second. (© Joseph Marien)

Cette solution a été installée à la suite d'un souci sur une carte électronique. Le tracteur peut ainsi passer de 165 à 205 ch selon les besoins. « Quand je l’attelle à la faneuse, je n’utilise pas la surpuissance pour limiter ma consommation. Mais, au travail du sol ou au semis, je l’active d’emblée, précise Roan. J’ai déjà essayé plusieurs fois au transport de rouler sans, puis de l’activer, et la différence est bluffante ! » Passé au banc de performance moteur dans l’année, le Valtra 8950 de 10 500 heures sort toujours ses chevaux. Il a développé 197,9 ch, un résultat en phase avec les performances annoncées à sa sortie.

L’une des caractéristiques esthétiques de la série, au-delà de l’imposant capot, est la petite « cheminée » pour l’admission d’air. (© Joseph Marien)

« Semi-powershift » et inverseur électro-hydraulique

Les trois youngtimers sont dotés de la même transmission, à savoir une semi-powershift à 3 gammes, 4 vitesses et 3 rapports sous charge, avec débrayage sur le levier pour passer les vitesses sans toucher la pédale. La première gamme, dite « extra-lente », rappelle la vocation « forestière » de ces tracteurs tout droit venus de Scandinavie. La conception de la cabine à six montants en est aussi le signe. En effet, l'habitacle dispose d’un plancher plat sur toute sa surface, chose rare à l’époque.

Le 8950 réalise notamment du transport avec une benne Huret de 21 t, ici à la moisson au côté d’une moissonneuse-batteuse Laverda. (© Roan Moitoret )

L’espace conséquent sur l’arrière est taillé pour accueillir aisément un poste inversé. Baptisé « TwinTrac », celui-ci est composé d’un petit volant et d’un inverseur placés sur la gauche. Une pédale d’embrayage à commande électronique est venue s'ajouter, ainsi qu’un deuxième écran d’affichage HiTech. Le premier, installé d’office, est intégré dans le montant droit. Il indique le sens de marche, le rapport sous charge, une aide pour monter ou descendre un rapport selon la sollicitation, des informations sur la prise de force, la température extérieure et, enfin, la vitesse d’avancement.

Les youngtimers disposent d’une commande pour gérer le relevage arrière et activer la prise de force depuis les ailes. (© Joseph Marien)

Du côté de l’hydraulique, les trois tracteurs disposent d’une pompe à engrenage débitant 73 L/min et trois ou quatre distributeurs hydrauliques à commande mécanique. Le relevage arrière bénéficie d’une capacité de 7 t avec une suspension de série. Les trois tracteurs sont dotés de l’optionnel relevage avant, d’une capacité de 3,5 t.

« La seule évolution que nous pourrions apporter à nos tracteurs, ce serait d'y installer le guidage GPS, note Roan Moitoiret. Mis à part cela, ils nous suffisent amplement et ont encore de belles années devant eux ! »

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