McCormick X60.30Son moteur nerveux compense ses défauts de transmission

Son moteur nerveux compense ses défauts de transmission

Si le McCormick X60.30 participait à une élection, il devrait probablement sa victoire à son moteur efficace sur une large plage d'utilisation, voire à sa cabine à quatre montants. Sa défaite serait sans doute imputable à sa transmission, qui plaide moins en sa faveur. Tel est l'avis des deux essayeurs invités à tester l'engin mi-novembre en Charentes.

Tout changement de gamme s'accompagne de quelques sérieux remaniements. Les tracteurs McCormick X60, remplaçant les modèles de la série CX présents depuis dix ans au catalogue, n'échappent pas à cette règle. Pour marquer ce changement de dénomination commerciale, le constructeur a retouché certains composants essentiels, à l'instar de la cabine, du circuit hydraulique et de la transmission. Si le nouveau poste de conduite semble une réussite, les changements opérés au niveau de la boîte de vitesses ne paraissent pas suffisants selon les deux agriculteurs, Guillaume Manceau et Anthony Charles, invités pour tester cette nouvelle mouture au siège de la Cuma du Val-de- Vienne, située à Chirac (Charente). Au programme des essais : le passage au banc de puissance moteur puis des travaux au chargeur et au transport. Lors de la présentation technique par Frédéric Widiez, responsable produits, les essayeurs découvrent le tracteur X60.30 prêté par McCormick. Ils semblent d'abord séduits par sa conception simple et l'accès facile pour l'entretien aux différents composants malgré la présence du chargeur frontal Manip' avec qui McCormick vient de signer un accord commercial. Après le passage au banc de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes, le moteur, qui développe 90 chevaux de puissance maximale et dévoile une large plage d'utilisation, est suffisamment monté en température, comme la transmission. Il est prêt à effectuer un trajet routier inaugural, avec à son bord le premier essayeur, Anthony Charles. En allant d'abord atteler la remorque Deguillaume chargée de terre, d'un poids total de 12 tonnes, dont 2,8 tonnes sur l'anneau, l'agriculteur semble vite se familiariser avec le tracteur. Puis il s'élance sur le parcours. Une centaine de mètres après la sortie de la cour de la Cuma, juste après une première intersection, le convoi fait un arrêt avant de s'élancer dans une première montée, de 500 mètres de long et dont la pente avoisine les 5 %. Il la gravit en une minute et 55 secondes, un score qui justifie l'appréciation du conducteur : « Le quatre cylindres Perkins s'avère nerveux. » Il confirme d'ailleurs sa bonne résistance dans la deuxième difficulté de 300 mètres de long et 7 % de pente. Il la franchit en une minute et dix secondes sans ralentir en dessous de 12 km/h, une belle performance comparée aux autres tracteurs de la même catégorie. Et le moteur procure ce résultat sans se montrer trop gourmand en carburant : lors de ce trajet routier de 12,9 km, bouclé en 35 minutes et 25 secondes, le tracteur a en effet absorbé 6,7 litres, soit 11,3 l/h. La pesée du bidon lors du second parcours effectué en 37 minutes et 50 secondes confirme la sobriété du Perkins. Il a en effet consommé autant, soit une valeur horaire de 10,6 litres.
Le moteur au secours de la transmission
Lors des montées, le conducteur doit fréquemment solliciter la transmission semi-powershift à 36 rapports avant et 12 arrière, munie d'un tripleur. « L'étagement des différentes vitesses pourrait être meilleur. Il manque un quatrième rapport Powershift. Et il y a trop peu d'écart entre la deuxième et la troisième vitesse synchronisée », constate l'essayeur. Autre point faible : l'absence d'automatisme sélectionnant le rapport du tripleur le plus approprié lors du changement de vitesse impose au conducteur de bien le choisir manuellement. « Comme il faut souvent changer de vitesse, la sélection manuelle des rapports sous charge devient vite fastidieuse », regrette Anthony Charles. Après cette seconde difficulté, le convoi entame une longue descente passant par le lieu-dit L'Aumônerie. Dans cette portion du parcours, le conducteur se sent bien en sécurité malgré la route étroite et le revêtement assez dégradé. Ce sentiment provient notamment de la qualité de freinage de l'ensemble, jugée très efficace, tout en étant souple. Le X60.30 dispose en effet de multidisques à bain d'huile intégrés dans chaque pont ce qui lui autorise un freinage intégral sur les quatre roues. « Le tracteur se révèle stable et confortable. Il est souple à conduire », apprécie l'agriculteur. Guillaume Manceau est le deuxième essayeur à réaliser le trajet routier avec le X60.30 attelé à la remorque Deguillaume. Il gravit d'abord la première côte de 5 % dans le même laps de temps que son collègue, sans descendre sous 13 km/h ni 1 500 tr/min de régime moteur. Selon l'agriculteur, il s'agit là du seuil minimal de changement de vitesse. « En dessous, le quatre cylindres s'écroule », constatet- il. Dans l'habitacle du X60.30, il apprécie l'accès facile aux différentes commandes de transmission, sauf le levier des gammes, jugé un peu trop éloigné des autres et plus dur à manipuler. « La pédale d'accélérateur est haute et fatigue vite le pied », déplore Guillaume Manceau. Parmi les éléments appréciés par l'essayeur, le bouton de débrayage électrique de la transmission, situé sur le levier regroupant les vitesses et l'interrupteur du tripleur, évite de solliciter la pédale. « Il fournit davantage de confort de conduite. Et il accélère le passage des vitesses, en comparaison avec l'embrayage au pied. Le tracteur reprend plus vite », estime l'essayeur. Après un second départ arrêté, le convoi gravit la deuxième côte, de 300 mètres et 7 % de pente, en une minute et six secondes sans baisser l'allure sous 12,5 km/h, une performance qui confirme la générosité du Perkins.
Maniabilité et visibilité sont ses meilleures alliées au curage
Avant d'aller curer la stabulation de Benjamin Hallais, les essayeurs réalisent un exercice d'accrochage/décrochage du chargeur frontal Manip' MPower 80. « La manoeuvre est facile. La visibilité est non seulement bien dégagée vers l'avant du tracteur grâce au capot plongeant, mais aussi le verrouillage automatique des brancards et le multicoupleur hydraulique montés en standard rendent l'opération confortable », juge l'un des deux agriculteurs. Lors de cette manoeuvre, le principal regret concerne les béquilles, jugées pas faciles à ranger. « Et, en position repliée, elles s'avèrent assez exposées aux chocs contre les ridelles de remorque par exemple. » Anthony Charles, le premier essayeur à attaquer le curage de la stabulation est vite séduit par la stabilité et la bonne adhérence du tracteur. Il n'éprouve en effet pas trop de difficulté à emmener les grosses fourchées de fumier d'un bout à l'autre du long bâtiment. Cette grande stabulation soulève un nouveau point faible au niveau de la transmission : l'absence de vitesse Powershift en marche arrière. « Sans rapport sous charge en marche arrière, il faut faire tourner le moteur au régime maximal pour reculer vite dans le bâtiment », regrette l'essayeur. Un second constat déroute l'agriculteur. La progressivité de l'inverseur PowerShuttle diffère entre la marche avant et arrière. Mais sur ce point, le constructeur affirme être en cours de reconditionnement du logiciel et de la calibration des embrayages multidisques. Le second essayeur prend à son tour les commandes du McCormick pour terminer le curage du bâtiment. Il doit donc s'approcher davantage des murs et tourner autour des poteaux. Même s'il ne connaît pas le bâtiment, l'agriculteur se montre rapidement très à l'aise dans cet exercice, signe que le tracteur est facile à prendre en main et que les commandes bénéficient d'une bonne ergonomie. Mais les gros points forts du X60.30 lors de ce travail à la ferme sont sa maniabilité et sa visibilité. La vue offerte par sa cabine à quatre montants facilite en effet son évolution dans la stabulation. L'essayeur apprécie la visibilité sur le chargeur même lorsque le godet est posé au sol. « Grâce au capot moteur plongeant et à la cabine disposant d'une bonne surface vitrée, la vue est bien dégagée pour curer, apprécie l'essayeur. Seul le pare-soleil, jugé trop grand, gêne quand le godet est en hauteur. » Cet agriculteur, qui fait la finition, regrette aussi le manque de réactivité du chargeur. Lors de ces travaux de curage, les essayeurs semblent néanmoins unanimes dans leur jugement : comme lors du transport, la cabine et le moteur offrent de sérieux avantages, la transmission assombrit un peu le tableau.

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