Kubota M8540Bien noté dans les cours

Bien noté dans les cours

Léger, simple et maniable : trois adjectifs qui caractérisent le Kubota M8540. Ce tracteur de 86 chevaux, testé mi-novembre sur les terres de Charente, a, certes, été malmené au transport, mais s'est bien illustré au cours des travaux d'élevage.

La cour de ferme semble le terrain de prédilection du Kubota M8540. Ce tracteur de conception légère, développant 86 chevaux, se distingue par sa simplicité, sa bonne maniabilité et sa facilité d'entretien. S'il peut paraître rustique avec son relevage à commande mécanique, ce modèle construit au Japon propose tout de même de série un siège à suspension pneumatique, la climatisation, une transmission entièrement synchronisée comptant 36 rapports avant et arrière, dont les rampantes, un inverseur sous charge et un doubleur. Le tracteur est acheminé par la firme nippone sur le site de la Cuma de Chirac, en Charente. Jacques Dudouit et Benjamin Hallais, tous les deux éleveurs et utilisateurs de modèles concurrents plus puissants, vont tester le M8540. Trois activités sont retenues pour qu'ils se forgent une opinion sur le Kubota : distribution de fourrages, paillage et transport. Avant d'entamer l'essai, Alexandre Roch, du service commercial Kubota Europe, présente techniquement le M8540. Les agriculteurs remarquent d'emblée le pont avant sans cardan, une conception qui limite les opérations d'entretien : quatre graisseurs en tout. La cabine les interpelle. Plutôtétroite, elle dégage au chauffeur une bonne visibilité panoramique mais manque de rangements. L'absence de siège passager, même en option, est aussi regrettée par les éleveurs, ainsi que l'engagement électrohydraulique du blocage du différentiel par un contacteur au talon droit.
Adapté aux travaux d'élevage
Les travaux d'élevage se déroulent chez Benjamin Hallais. Jacques Dudouit prend les commandes du tracteur pour atteler la remorque mélangeuse Keenan. « Le piton n'est pas visible, même en se penchant vers l'arrière. Il est caché par la bavette en caoutchouc située au-dessus de la prise de force », note-t-il. Benjamin Hallais, au sol, s'occupe du raccordement du cardan et des flexibles hydrauliques. Il constate que les distributeurs ne disposent pas de récupérateur d'huile. L'éleveur remplit ensuite la mélangeuse avec son tracteur-chargeur afin que Jacques Dudouit distribue la ration aux vaches laitières. L'essayeur, découvrant les bâtiments et le M8540, ne rencontre pas de difficulté majeure à réaliser cette opération et apprécie la maniabilité. Les nombreux rapports de la boîte de vitesses lui permettent de trouver la bonne allure pour déposer la ration sur toute la longueur de la table d'affouragement. L'alimentation terminée, Benjamin Hallais monte à bord pour accrocher la pailleuse semi-portée Jeantil. « L'embrayage de la transmission, souple et précis, facilite l'approche », apprécie-t-il. Les raccords hydrauliques de la machine fixés au tracteur, l'agriculteur découvre que les manettes des distributeurs ne disposent pas de verrouillage en position de pompage continu. « C'est dommage de devoir maintenir le levier avec un bout de ficelle pour alimenter le bloc hydraulique de l'outil », déplore-t-il. À la mise en route de la pailleuse, le manque de progressivité de l'embrayage de la prise de force entraîne la rupture du boulon de sécurité protégeant l'entraînement du démêleur. La pièce de protection remplacée, Benjamin Hallais s'assure que la balle n'est pas en contact avec le démêleur pour éviter les contraintes sur la transmission au moment de la mise en route. Lors du paillage, l'éleveur apprécie la visibilité sur le travail. Comme Jacques Dudouit, il trouve que le Kubota est un modèle bien adapté aux exploitations de polycultureélevage.
Sobre au transport
Au transport, le ressenti des essayeurs diffère. La benne Deguillaume, d'un poids total de 12 tonnes, dont 2,8 tonnes sur l'anneau, occupe pleinement le tracteur pesant près de quatre tonnes avec ses masses frontales de 470 kg. Le Kubota, passé au banc moteur de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes, est en dessous des performances de puissance annoncées. Il développe en réalité 75,8 chevaux selon la norme OCDE, contre 86 chevaux ECE R24 sur la fiche commerciale. Ce manque de puissance se ressent sur la route. Dans les montées, afin d'éviter que le régime du moteur ne s'écroule, les agriculteurs doivent, en effet, agir en permanence sur le levier de vitesses et sur le bouton du doubleur intégré au pommeau. Le trajet est aussi rendu pénible par les à-coups donnés par la benne à simple essieu sur l'arrière du tracteur. Le chauffeur est malmené malgré la suspension pneumatique du siège. La mesure ultérieure de la pression dans les pneumatiques révélera un gonflage excessif qui a incontestablement amplifié ce sentiment d'inconfort. La consommation du M8540 est contrôlée à deux reprises lors du trajet routier de 12,9 km. Pour le premier tour, bouclé en 37 minutes et 35 secondes, le tracteur a absorbé sept litres, soit 11,2 l/h. Lors du second parcours effectué en 35 minutes et 20 secondes, il a consommé 6,7 litres, soit une valeur horaire de 11,4 litres. Ces chiffres situent le Kubota parmi les tracteurs les plus sobres de sa catégorie.

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