Zetor Proxima 90 Power« Rien à envier aux concurrents »

« Rien à envier aux concurrents »

Le test du Proxima 90 Power s'est déroulé en Charente sur une zone couverte par un concessionnaire Zetor particulièrement actif. La marque est donc assez répandue dans les exploitations du secteur. Les deux agriculteurs essayeurs ne connaissent pas les produits de la firme tchèque. Ils arrivent curieux et sans a priori pour découvrir le tracteur lors de travaux de transport et de manutention.

Hasard du calendrier, la journée dédiée à l'essai du nouveau Zetor Proxima 90 Power coïncide avec la sortie du Beaujolais nouveau, fin novembre. Vérifions alors que la cuvée 2011 dégage de nouvelles saveurs. Raison oblige, nous axons bien évidemment nos efforts sur l'essai du tracteur. Comme convenu avec Laurent Pral, le directeur commercial du tractoriste tchèque, au service de la marque depuis vingt ans, le test débute à 14 heures au hangar de la Cuma du Val-de-Vienne située à Chirac (Charente). Le Proxima 90 Power, d'une puissance annoncée de 85 chevaux ECE R24, est préparé et livré par la route par le concessionnaire local, les Éts Guy Betton de Saint- Quentin-sur-Charente. Comme il vient de parcourir une dizaine de kilomètres, nous profitons que le moteur soit chaud pour effectuer en premier l'essai routier dans des conditions de lumières favorables aux prises de vue. Avant de partir, nos deux essayeurs, Lionel Macé et Christophe Papin, découvrent la cabine et les commandes essentielles, en présence de Laurent Pral. L'habitabilité et le siège passager digne de ce nom séduisent d'emblée les deux agriculteurs. La transmission à 24 vitesses avant et arrière est facile à gérer avec un inverseur sans débrayer, deux gammes (lièvre et tortue), quatre vitesses et trois rapports sous charge. En revanche, les espaces de rangement manquent cruellement. Durant la rapide prise en main, Didier Langlois, le technicien du banc moteur de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes, monte le bidon de gazole non routier (GNR) pour contrôler la consommation du tracteur lors de l'essai routier.
Une motorisation performante
Le test est réalisé sur un parcours de 12,9 km, au revêtement routier dégradé, réservant quelques difficultés liées, notamment, à de longues côtes. Pour l'effectuer, le Proxima est attelé à une benne Deguillaume à simple essieu chargée de terre  d'un poids total de 12 tonnes, dont 2,8 tonnes sur l'anneau. Christophe Papin accroche la remorque. « La visibilité sur le piton, procurée par le hublot inférieur arrière, est convenable. En revanche, l'inverseur sous charge réagit brutalement », confie-t-il. Il cède ensuite sa place à Lionel Macé pour le premier trajet. Engagé sur la route, l'essayeur sélectionne le mode de passage automatique des trois rapports sous charge, une des dernières évolutions du tracteur. « Dans la première montée, le Zetor se défend bien. Le moteur descend à 1 500 tr/min et résiste à ce régime », précise-t- il, en se demandant si le quatre cylindres n'est pas survitaminé. L'agriculteur ne rencontre aucune difficulté pour passer les vitesses synchronisées. « Le grand levier à grille en H se manipule aisément. Il intègre même sur son pommeau un bouton pour débrayer la transmission sans appuyer sur la pédale d'embrayage. » Lionel Macé regrette en revanche le comportement de l'automatisme de passage des vitesses sous charge. Il remarque que, lors des montées, le système réagit en permanence et par conséquent le régime moteur ne cesse de varier. « La sensation est désagréable et je ne suis pas sûr que les changements trop fréquents soient bons pour la longévité des embrayages multidisques », souligne-t-il. L'essayeur repasse alors, à mi-parcours, en sélection manuelle des rapports. Contacté ultérieurement, le service technique du constructeur précise que le paramétrage de l'automatisme du tripleur n'était certainement pas adapté au travail demandé. Le chauffeur a en effet la possibilité de programmer les régimes moteur haut et bas décidant du seuil de changement automatique des vitesses sous charge. Après quelques kilomètres, le tracteur s'engage dans une longue et chaotique descente. L'agriculteur freine pour éviter l'emballement du convoi. « Le Proxima retient bien la charge et garde un comportement sain alors qu'il est chahuté par la benne à simple essieu », apprécie-t-il.
Pas de superflu
Au bout de trente minutes et vingt secondes, le tracteur regagne la cour de la Cuma. Pour boucler les 12,9 km de routes de campagne, il a consommé 7,3 litres, soit une moyenne horaire de 12 litres. Christophe Papin réalise à son tour le trajet et met dix secondes de plus avec une consommation inférieure : 6,9 litres, soit 11,3 l/h. Durant son test routier, le second essayeur apprécie également le niveau de performance du moteur et le sentiment de sécurité à bord malgré la forte poussée de la benne dans les descentes. « Seules ombres au tableau, le passage des trois vitesses sous charge est brutal et l'automatisme de la transmission me donne l'impression que le tracteur cherche toujours le meilleur rapport, sans le trouver. » L'essai routier effectué, le Proxima rejoint le banc moteur. La mesure des performances du quatre cylindres Zetor révèle des valeurs conformes à celles annoncées par la firme avec 81,7 chevaux de puissance maximale (norme OCDE). Vient ensuite le tour technique. Durant la présentation, les deux agriculteurs soulignent la facilité d'entretien des radiateurs, la lecture directe du niveau d'huile de transmission sur le pont arrière et l'accessibilité à la batterie fixée sous le marchepied gauche. La présence, à droite, du bouchon de remplissage du réservoir à carburant et de la jauge à huile moteur n'apparaît pas contraignante. Les essayeurs regrettent d'être obligés de dételer le chargeur frontal pour nettoyer le filtre à air et de devoir escalader le capot moteur pour accéder aux filtres d'habitacle, logés à l'avant sous le toit de la cabine. Après la première demi-journée d'essai, les deux éleveurs repartent avec une appréciation positive du Zetor.
La progressivité retrouvée
Le lendemain matin, dès 8 h 45, Christophe Papin reprend les commandes pour rejoindre l'exploitation d'accueil pour le curage de la stabulation. Il roule une vingtaine de minutes. En arrivant, son ressenti sur le manque de souplesse des rapports sous charge et de l'inverseur demeure. « Sans la remorque, le confort est nettement meilleur. La masse de 1 200 kg sur le relevage arrière et la suspension par boule d'azote du chargeur frontal agissent positivement en équilibrant l'ensemble », note-t-il. L'agriculteur remplit une benne de fumier puis laisse sa place à Lionel Macé. Tous les deux reprochent à la forme bombée du capot moteur d'obstruer la visibilité sur l'outil frontal. Ils regrettent également le manque de débit hydraulique. « Même si le chargeur réagit plutôt bien, les mouvements sont lents, notamment lors de la fermeture et de l'ouverture de la mâchoire crocodile du godet multifonction », précisent-ils. Les deux agriculteurs sont par ailleurs un peu agacés par l'alarme sonore retentissant dès qu'ils gardent trop longtemps leur pied sur la pédale d'embrayage. À la mi-temps de l'opération de manutention, le technicien du concessionnaire Zetor décide de revoir le calibrage des embrayages multidisques de l'inverseur et du tripleur. Il effectue la manipulation en quelques minutes, sans ordinateur, à l'aide d'une simple notice laissée à disposition de l'acquéreur. Lorsqu'ils reprennent le tracteur, les deux éleveurs voient une nette amélioration dans la progressivité des passages. Ils soulèvent alors un petit problème d'ergonomie : l'absence de boutons sur le joystick du chargeur pour monter et descendre les rapports sous charge. Le constructeur trouve rapidement la parade en leur recommandant d'activer la gestion automatique du tripleur. Ainsi, lorsqu'ils accélèrent pour circuler dans le bâtiment, les vitesses montent et quand ils ralentissent pour manœuvrer, les rapports descendent. Finalement, la deuxième demi-journée effectuée à la manutention, comme la première dédiée au transport, se révèle favorable au tracteur tchèque : « Il a tout ce qu'il faut, sans superflu, et rien à envier aux modèles concurrents de même catégorie de puissance », concluent les essayeurs. Espérons que ce millésime vieillisse bien !

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