John Deere se jette à l'eau

John Deere se jette à l'eau
L'implication de John Deere dans l'irrigation est une affaire récente. À l'ombre de ses productions de tracteurs et d'automoteurs de récolte, elle a facilement pu passer inaperçue jusqu'à aujourd'hui. Pourtant, avec ses treize usines dans dix pays, parmi lesquelless deux sites, 137 salariés et 37 M€ de chiffre d'affaires en France, le groupe américain fait d'ores et déjà partie des leaders mondiaux des systèmes d'irrigation par goutte à goutte. Il a commencé à investir dans ce domaine en 2006 en procédant à l'acquisition de l'Américain Roberts Irrigation Products. Deux ans après, il achevait de se doter d'une gamme complète, d'un réseau commercial mondial ainsi que d'une réelle expertise dans le domaine en achetant coup sur coup deux autres spécialistes : T-System et Plastro. « Il s'agit pour John Deere de se placer sur un secteur d'activité stratégique pour ses développements actuels. Dans le monde, 18 % des terres arables sont irriguées. Celles-ci représentent 60 % de la production céréalière et 40 % de la production alimentaire », explique Sébastien Vallas, responsable marketing de John Deere France. Et parmi les trois modalités d'irrigation possibles : la gravité, l'aspersion ou le goutte à goutte, le constructeur  s'est délibérément focalisé sur le troisième. Cette technique présente selon lui un avantage certain dans les régions limitées en ressources hydriques. « Elle garantit 90 % d'homogénéité alors que les irrigations gravitaires ne dépassent pas les 50 %, argumente Damien Julian, directeur commercial de John Deere Water. Cela rend possible d'associer l'apport d'eau à des techniques de fertigation. » Il s'agit également d'une pratique largement diffusée dans le monde : 35 % des surfaces agricoles irriguées y auraient recours. Les techniques d'aspersion par enrouleurs, pivots ou couvertures intégrales ne représenteraient que 10 % du total. Le reste, donc l'immense majorité (55 %), est représenté par les techniques traditionnelles d'arrosage gravitaire à la raie ou par submersion.
Un département dédié
Les trois entreprises acquises par John Deere ont désormais perdu toute trace de leurs anciennes raisons sociales. De concurrentes, elles sont devenues complémentaires et ont été regroupées au sein d'un nouveau département John Deere Water. Les personnels ont été dûment formés aux procédures industrielles, administratives et commerciales du groupe. Un réseau spécialisé John Deere Water Elite couvre les zones à potentiel. Il devrait continuer à se développer en s'appuyant sur les distributeurs agricoles. Des concessionnaires, notamment Haag dans le Haut-Rhin ou Peillet dans la Drôme proposent déjà la gamme. En France, les activités se déploient sur deux sites. Celui de Lespinasse, près de Toulouse, s'occupe de la fabrication de gaines souples Drip Tape. L'autre de Chateaurenard, près d'Avignon, est dédié à la logistique des différents produits utilisés sur le marché français. Il réceptionne notamment les différents produits fabriqués dans les usines de Gvat (Israël), Valdosta (États-Unis) ou Mansanares (Espagne). La gamme de systèmes d'irrigation est complète et s'adresse à toutes les catégories d'utilisateurs de ce type de produits : l'agriculture, les serristes ou les espaces verts. Elle propose toutes sortes de goutteurs pour des débits de 0,25 l/hà 600 l/h, des turbulents, autorégulants, des brumiseurs, des microjets, des mini-arroseurs, mais aussi des raccords ou des systèmes de filtration. Dans les prochains mois, le cheval de bataille sera certainement des goutteurs adaptés aux cultures en plein champ. Des dérouleurs portés sur tracteurs autorisent des temps de pose ne dépassant pas les 45 minutes par hectare. De tels systèmes sont déjà utilisés pour irriguer des plantations de tabac, melon, voire maïs dans des secteurs où la ressource en eau mérite d'être raisonnée au plus juste.
Des outils high tech en préparation
Et pour encore mieux la gérer, les équipes de John Deere Water sont en train de travailler sur une centrale d'acquisition de données climatiques. Elle récupérera les mesures de plusieurs  capteurs de température, d'hygrométrie, de pluviométrie ainsi que des indications sur l'humi-dité du sol à différents niveaux fournies par une sonde capacitive. Ces centrales connectées au réseau téléphonique GSM permettront d'une part de calculer des données d'évapotranspiration, d'autre part de contrôler l'humidité dans le sol. Ce produit de haute technologie devrait être mis en œuvre dans les concessions par les mêmes équipes que celles qui commencent à s'impliquer par les systèmes télématiques JD Field Connect ou de guidage Farmsight.

Réagir à cet article

Sur le même sujet

Pommes de terre

La planteuse Terra-Protect de Grimme succède au Dyker

Semoir

Un interrang supplémentaire pour l'U-Drill de Kverneland

Résultat troisième trimestre

John Deere ralentit

Semoir direct

Le semoir Simtech aux boudins en élastomère

Arracheuse intégrale à betteraves

Les heures n’effraient pas la Ropa EuroTiger V8-4

Pulvérisation

Basf transfère les bidons en sécurité

Utilitaire

Un SSV à pris attractif chez Can-Am

Pommes de terre

Un système anti-érosion chez AVR

Broyeur à axe vertical

Un gyrobroyeur rigide Quivogne de 3,50 m