Fendt 716 Vario ProfiPlusLa descendance assurée

La descendance assurée

Fendt a mis les bouchées doubles pour renouveler sa série 700 Vario. Le constructeur allemand s'est en effet attaché à développer des tracteurs radicalement différents de ceux des générations précédentes, talonnés par des modèles concurrents toujours plus pointus. Matériel Agricole n'a pas manqué d'évaluer l'un des nouveaux venus, le 716 Vario, et vous a récolté, au travers de trois épreuves, les chiffres clés et avis d'essayeurs invités pour l'occasion.

  « Le  changement est radical », note d'emblée Raphaël Groult, notre essayeur. Ce jeune agriculteur nous a reçus l'été dernier sur son exploitation de Coulombs, dans le Calvados, pour tester le nouveau 716 Vario en version haut de gamme ProfiPlus. Il connaît bien les produits de la marque bavaroise et possède un modèle de même puissance de la génération précédente. L'occasion est donc idéale pour prendre la mesure des modifications apportées sur les nouveaux 700 Vario. Le tracteur testé est mis à disposition par Fendt France. Raphaël Groult s'installe rapidement à bord et se rend à la coopérative locale. Une bascule nous y attend pour mesurer le poids et la répartition des masses du 165 chevaux. Les quelques kilomètres effectués sur le trajet portent la mécanique à la température optimale. De retour à la ferme, le tracteur passe alors entre les mains expertes de Matthias Reveleau, technicien de l'association bretonne Aile, pour un passage au banc de diagnostic moteur. Rien n'est laissé au hasard durant cette procédure. Puissance, couple, consommation et bruit en cabine sont mesurés à différents régimes. Les résultats sont conformes aux valeurs annoncées. Vendu pour une puissance maximale de 165 chevaux ECE R 24, le six cylindres développe 149 chevaux OCDE à la prise de force. Antoine Brissart, responsable produit Fendt, réalise ensuite une présentation technique de ce 716 Vario. Une des principales modifications concerne la mise en conformité du moteur à la norme Stage IIIB. Le bloc Deutz conserve, certes, son injection par rampe commune et ses quatre soupapes par cylindre, mais la vanne EGR disparaît. Il se complète désormais d'un système de dépollution SCR injectant, entre la sortie du turbo et le pot catalytique, l'AdBlue dans le gaz d'échappement. La cabine est aussi entièrement revue. « Fendt rectifie le tir avec le nouvel habitacle. Le manque d'espace à bord constituait incontestablement le gros point faible des précédents 700 Vario. Le pare-brise panoramique des nouveaux modèles est remarquable. Il apporte un réel plus en termes de visibilité et de luminosité », remarque Raphaël Groult. Le terminal Vario de 10,4 pouces, optionnel, couleur et tactile, présent sur le tracteur testé, rassemble les paramètres essentiels et affiche les données des outils compatibles Isobus. « Les icônes représentent clairement les fonctions et facilitent la prise en main. L'emplacement idéal de l'écran, au bout de l'accoudoir, n'entrave pas la visibilité avant », souligne l'agriculteur.   [gallery link="file" order="DESC" columns="2" orderby="rand"]   Performant et confortable   L'heure du test routier sonne. Le circuit de 11,9 km est sillonné par trois fois afin d'établir des mesures cohérentes. Le débitmètre électronique de l'association Aile mesure, au cours du parcours, les départs et retours de carburant afin de calculer la consommation exacte de GNR. Raphaël Groult, notre essayeur, attelle la remorque à deux essieux Hardy chargée de sable. « La visibilité sur le piton est bonne. Le branchement des flexibles hydrauliques est facilité par la position basse des distributeurs ainsi que par leur identification grâce à des codes couleurs », souligne-t-il. Chronomètre actionné, l'essayeur élance le convoi de 34,5 tonnes sur les routes normandes. « J'ai l'habitude de commander la transmission à variation continue depuis le joystick. Je trouve d'ailleurs ce levier un peu large. À l'inverse, la gâchette de déverrouillage du sens d'avancement me paraît trop petite. Le tableau de bord, très incliné, reste partiellement caché par le volant », relève-t-il. La première côte se présente rapidement. Après un départ arrêté, le tracteur attaque le dénivelé en deuxième gamme, au régime régulé de 1 600 tr/min. Il atteint rapidement 25 km/h. Surpris positivement par l'aptitude de l'engin à franchir la côte en deux minutes et six secondes, le chauffeur est plus mitigé sur les qualités du frein-moteur en descente. « Il me semble quasi inexistant mais heureusement, le freinage, progressif et puissant, rattrape la donne. » Le piton d'attelage, placé relativement bas, transfère une part importante du poids sur l'essieu arrière et nuit au bon fonctionnement de la suspension du pont avant, alors délesté. « Cependant la cabine et ses deux poumons pneumatiques filtrent le reste des irrégularités, à tel point qu'on en oublie la remorque qui, elle, subit les trous », commente le chauffeur. La seconde côte, courte mais abrupte, demande au convoi deux minutes et huit secondes. « L'insonorisation est bonne sans être exceptionnelle. Le siège offre des prestations haut de gamme et un accoudoir bien organisé. Les rétroviseurs dotés d'un miroir à grand-angle devraient faciliter les manoeuvres d'approche. » De retour à la ferme, le volume de GNR absorbé s'établit à 10,7 litres pour un parcours proche de 30 minutes, soit une consommation instantanée moyenne de 21,6 litres par heure. Le dispositif de dépollution SCR a réclamé 0,7 litres d'AdBlue, soit environ 6,5 % de la consommation en carburant.   L'électronique simplifie la conduite   Place à l'essai au champ : le Fendt 716 troque sa remorque Hardy contre un déchaumeur Amazone Catros de cinq mètres de large. L'outil semiporté à disques indépendants est attelé sans difficulté sur les bras de relevage. La suspension de cabine confirme son efficacité dans le chemin qui nous mène à la parcelle. Nous avons volontairement sélectionné, pour bien tester le moteur et la traction, un champ de chaumes aux flancs vallonnés. La première gamme mécanique offre plus de couple à la transmission qui emmène le Catros à 10 km/h dans la côte puis à 12-13 km/h sur le plat. « Le réglage de la vitesse cible depuis les boutons C1 et C2 du joystick est facile à exécuter. L'enregistrement d'une séquence de bout de champ, en statique ou en action, nécessite un temps d'adaptation mais devient un jeu d'enfant comparé à celui du terminal d'ancienne génération », précise Raphaël Groult. L'écran tactile facilite la navigation et simplifie le changement des paramètres de la séquence de fourrière. Par exemple, la temporisation s'ajuste par simple appui sur la case à modifier. Des icônes en bordure d'écran suppriment ou permutent des fonctions et évitent ainsi la reprogrammation complète de la séquence. « Les manoeuvres en fourrière disposent, en plus des séquences, d'une fonction limitant à deux tours de volant la plage totale de la direction. Le terminal intègre des menus successifs pour paramétrer, par exemple, sans se tromper, l'autoguidage par GPS », souligne le chauffeur.

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