John Deere 5100 RComme dans un cocon

Comme dans un cocon

Grâce à sa cabine confortable, à sa bonne maniabilité et à son moteur polyvalent, le John Deere 5100 R a séduit les deux agriculteurs essayeurs, Thierry Degait et Marcel Lelièvre, invités à tester ce tracteur sur les terres de Poitou-Charentes. Au programme : passage au banc de puissance moteur, épreuve de transport et travaux au chargeur.

Le John Deere 5100 R, le plus puissant des trois modèles de la série 5R, nous attend ce jeudi 17 novembre après-midi au siège de la Cuma du Val-de-Vienne, située à Chirac, en Charente. Comme il partage son châssis avec ses petits frères, ce tracteur présente un gabarit ramassé. Au premier coup d'oeil, les essayeurs, Thierry Degait et Marcel Lelièvre, ne sont donc pas impressionnés par la carrure de ce 100 chevaux. Ils semblent plutôt séduits par l'apparence de qualité. Avant sa prise en main, le 5100 R passe au banc de puissance de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes. Son moteur, le PowerTech E de quatre cylindres et 4,5 litres, développe 90,2 chevaux de puissance maximale. Il dévoile une large plage d'utilisation (environ 1 000 tr/min) qui devrait avantager le tracteur lors des travaux au transport et au curage programmés pour les essais. Stéphane Andreu, responsable produits chez John Deere, présente l'engin aux deux agriculteurs. Après le descriptif des différents composants et des opérations de maintenance courantes, il explique les principales commandes en cabine, notamment celles de la transmission PowrQuad Plus à quatre rapports sous charge. Le tour technique achevé, les agriculteurs attellent la remorque Deguillaume chargée de terre, d'un poids total de 12 tonnes, dont 2,8 tonnes sur l'anneau. Le convoi est alors prêt pour l'essai sur la route, un parcours réalisant une boucle de 12,9 km autour de la Cuma. Marcel Lelievre est le premier essayeur à s'élancer sur ce trajet. Dès la sortie de la coopérative, le convoi rencontre une première difficulté de 500 mètres de long et 5 % de pente. Il la gravit assez rapidement en une minute et 46 secondes sans ralentir en dessous de 12,5 km/h. Lors de la deuxième côte, de 300 mètres de long et environ 7 % de pente, le tracteur confirme sa nervosité. Il ne ralentit pas en dessous de 14 km/h et met 59 secondes à la franchir.
Une cabine à l'insonorisation réussie
À bord du 5100 R, l'agriculteur ne tarit pas d'éloges. « Le tracteur s'avère très confortable. D'une part, les suspensions gomment bien les défauts de la route malgré les à-coups de la remorque à simple essieu. D'autre part, l'insonorisation de la cabine est particulièrement réussie. » L'intensité sonore mesurée dans l'habitacle lors du test au banc de puissance moteur révèle en effet un niveau moyen de 71 dB(A) sur la plage d'utilisation conseillée (de 1 100 à 2 100 tr/min), une valeur remarquablement faible. « La facilité de conduite du 5100 R amplifie le sentiment de confort. La direction s'avère souple. Les commandes, notamment celles de transmission, bénéficient d'une bonne ergonomie. Et les quatre vitesses semi-powershift commandées par deux boutons sur le monolevier passent vite. » Les quelques regrets avancés par l'essayeur concernent le poste de conduite étroit et le manque de rangements. « Les commandes de la climatisation et du chauffage, situées au niveau du plafonnier, ne sont pas très accessibles », déplore Marcel Lelièvre. De retour à la Cuma, il laisse sa place au second agriculteur, Thierry Degait. Au départ du deuxième trajet routier, la première difficulté est franchie, après un départ arrêté, dans le même laps de temps que son collègue. La difficulté suivante confirme la générosité du quatre cylindres, avec une minute et quatre secondes pour atteindre le haut de la côte longue de 300 mètres. L'agriculteur est séduit par le débrayage électrique de la transmission disponible depuis le monolevier. Le conducteur interrompt la boîte à l'aide d'un bouton et change de gamme sans intervenir sur la pédale d'embrayage. « Cette fonction facilite les passages de vitesses. Mais ce changement est assez long alors qu'il devrait être plus rapide qu'avec la pédale », constate-t-il. L'autre dispositif très apprécié par le conducteur est la sélection automatique des vitesses sous charge lors des changements de gamme. En montée, par exemple, le tracteur engage automatiquement le rapport semi-powershift le mieux adapté au régime moteur lors de la descente d'une gamme. Le freinage, assuré par des disques refroidis par huile logés dans le pont arrière, s'accompagne de l'engagement du pont avant. « Il se révèle souple tout en étant efficace dans la descente la plus abrupte du parcours, celle traversant le lieu-dit L'Aumônerie, et malgré les douze tonnes de la remorque attelée, juge Thierry Degait. Le frein-moteur pour sa part n'est toutefois pas aussi énergique qu'espéré. » Du côté du tableau de bord, l'agriculteur se montre assez négatif dans son jugement. Il ne trouve pas l'ordinateur très lisible du fait de la présence de deux cadrans et de son emplacement derrière la colonne de direction. « Et le clignotant sonne lorsqu'il est actif mais ne retourne pas en position neutre après l'intersection. Du coup, l'alerte sonore persiste en cabine et c'est un peu pénible ! »
Une maniabilité étonnante
Un troisième trajet routier de 12,9 km est bouclé. Tous les parcours sont réalisés en moyenne en un peu plus de 37 minutes. Lors de ces trois répétitions, un bidon installé sur le tracteur dévie l'alimentation en carburant et mesure la consommation pendant le trajet. En moyenne, le tracteur a absorbé 11,6 l/h de GNR, un score le positionnant dans la moyenne des tracteurs testés de la même catégorie. Le vendredi matin, les agriculteurs préparent le 5100 R pour les essais au curage. Ils lui attellent une masse arrière et le godet multifonction. « L'accrochage d'un outil sur le chargeur n'est pas aisé, constate l'un d'eux. La visibilité depuis le siège n'est pas suffisante vers l'avant. Et les coupleurs hydrauliques ne sont pas faciles à connecter. » Accessoires installés, le John Deere se dirige vers l'exploitation de Thierry Degait. Sur la route, il fait une nouvelle fois preuve de confort. Il bénéficie en plus de la suspension du chargeur, désactivable à l'aide d'une vanne, jugée efficace par les essayeurs. Les agriculteurs prennent tour à tour les commandes du 5100 R pour curer le bâtiment. Le fumier est chargé dans une remorque. Dans la stabulation comme sur la route, Thierry Degait est gêné par le bâti de la fourche, les conduites hydrauliques apparentes et la poutre transversale du chargeur placée haut entre les brancards. « Ces éléments obstruent la visibilité. Le godet, lorsqu'il est posé au sol, est quasiment invisible. Sur le reste de la course des vérins de levage, la vue est toutefois bonne, constate l'exploitant. L'absence de repères au niveau de la tige indiquant la position du godet ne facilite pas non plus la mise à niveau de l'outil. » John Deere propose pour cela un système automatique optionnel, baptisé MemoSystem, qui n'était pas présent sur le chargeur John Deere 633 de notre essai. L'un des principaux points forts du 5100 R dans la stabulation est sa maniabilité. « Le tracteur n'éprouve aucune difficulté à se faufiler dans le bâtiment, à y faire demi-tour ou à nettoyer autour d'un poteau. » De plus, le John Deere adhère bien et se montre stable dans la stabulation. Marcel Lelièvre reprend ensuite les commandes pour terminer le curage. Comme son collègue, il apprécie la maniabilité du 5100 R. Il souligne la souplesse de l'inverseur, qui dispose d'une commande bien accessible sous le volant. « Le levier du chargeur intègre deux boutons commandant le passage des vitesses powershift. Cette conception facilite les manœuvres et la rapidité d'évolution dans la stabulation et autour de la remorque. Néanmoins, le levier en croix est placé trop loin du conducteur. À mon goût, il serait mieux au bout de l'accoudoir du siège. » Parmi les autres points négatifs, l'agriculteur regrette le manque de débit hydraulique, qui pénalise la vitesse de montée du chargeur. Mais à la manutention, comme au transport, la maniabilité, le confort, les automatismes et l'ergonomie des commandes de transmission ont séduit les deux agriculteurs.

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