Matériel Agricole Numéro 175

Matériel Agricole Numéro 175
Matériel Agricole Numéro 175 Mars 2012, Kubota Rachat Ambitions pour rachat tractoriste Sur le vif 4 , Agco Tracteur Marchés émergents Sur le vif 5 , Lely Andaineur Hibiscus 1515CD Nouveautés 6 , Doosan Chargeuse sur pneus DL200-3 Nouveautés 6 , Amazone Semoir à dents Cayena 6001-C Nouveautés 6 , Amazone Cultivateur à dents Cenius T Nouveautés 6 , Franquet Strip-till - Nouveautés 8 , Väderstad Rouleau Crosscutter Nouveautés 8 , Sulky Herse rotative Cultiline HR Nouveautés 9 , Pöttinger Herse rotative Lion 302.12 Nouveautés 9 , Labbé Rotiel Déchaumeur - couverts végétaux Combx, Polycult Nouveautés 10 , Le Loulay Automoteur Steme Salon 12 , Krukowiak Nettoyeuse de légumes - Salon 12 , Grimme Butteuse GH Öko Salon 12 , Yamaha Quad Grizzly 300 Salon 14 , Thomas Pulvérisateur pour vigne Mains de traitement face extérieur Salon 14 , Bagioni Automoteur Kompact Z - récolte asperges Salon 14 , Netafim Goutte à goutte enterré Dripnet PC AS Salon 14 , Magsi Benne multiservice Shark Compact Nouveautés 16 , Magsi Godet distributeur Magsi Betta Nouveautés 16 , La Buvette Chariot de transport - Nouveautés 17 , Bugnot Pince à balles XL Pro Nouveautés 17 , D-Telekom Moniteur TV - Nouveautés 18 , Sulky Epandeurs d'engrais RS (sel, sable) Nouveautés 18 , Bobcat Godets - Nouveautés 19 , Trelleborg Pneumatique TM 1000 High Power Nouveautés 19 , Matrot Automoteurs de pulvérisation Xénon 21-4300, 23-4300, 23-5200 Descriptif technique 20 , Manitou Chariot élévateur MLT 625-75H Prise en main 24 , Valtra Tracteur A93 Hitech Essai 28 , Tracteur Norme Stage IIIB - choix constructeurs Techno 39 , Duro Déchaumeur Compil + bêches roulantes Dossier 48 , Jammet Rouleau Rouleau hacheur Dossier 50 , Buecher Eco Franc suisse trop fort Actualités 52 , Lemken Eco Résultats 2011 Actualités 52 , Lindner Eco Résultats 2011/12 Actualités 53 , Horsch Eco Résultats 2011 Actualités 53 , Manitou Eco Résultats 2011 Actualités 53 , Amazone Eco Résultats 2011 Actualités 53 , Quad Marché 2011 Actualités 53 , Coopération/valise Case IH Formation 54 , COPA Mateldis Distribution 64 ,   le magazine 100 % machinisme N° 175 - mars 2012 issn 1267-7000 - 5,50 euros ESSAI Dossier La destruction mécanique des couverts végétaux Valtra A93 instantanée Une prise en main Matrot Xénon Vision panoramique Normes antipollution Stage IIIB Les choix des constructeurs Techno Descriptif technique Avec 15 modèles de 131 ch à 228 ch tous équipés de la technologie Efficient Power, le PUMA et le PUMA CVX donnent de nouvelles perspectives à votre productivité. o Jusqu'à 38 ch supplémentaires. Le moteur équipé de la technologie SCR* permet automatiquement de gagner en productivité grâce au gestionnaire de puissance EPM. Votre tracteur peut ainsi atteindre 269 ch de puissance efficace ! o Jusqu'à 14%** de consommation de carburant en moins. Le PUMA est classé « meilleur de sa catégorie » pour ses économies de gazole. *Réduction Catalytique Sélective **Source : DLG Powermix 1000 1200 1400 1600 1800 2000 2200 204/275 186/250 168/225 149/200 130/175 112/150 93/125 75/100 kW/ch Les courbes du PUMA CVX 230 tr/min Puissance Consommation spécifique Puissance avec EPM sans EPM Ch supplémentaires avec EPM PUMA ET PUMA CVX EFFICIENT POWER Visiblement plus productifS Pour vous abonner rendez-vous P. 44 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 3 4 Sur le vif Japon : des robots pour les terres dévastées Kubota : un tractoriste en vue ? Groupe Agco : l'Afrique comme nouvelle frontière Deutz-Fahr : un motard sur le tracteur 6 Nouveautés Lely : l'Hibiscus au châssis inédit Amazone : le Cayena sait fertiliser Franquet : le strip-till en scène Väderstad : le Crosscutter tranche les couverts Sulky : les herses rotatives plus performantes Pöttinger : une Lion avec plus de mordant Labbé Rotiel : le couvert au menu 12 Vu au Salon Sival 2012 Le Loulay : la manutention tout-terrain Grimme : désherber et rebuter en un passage Yamaha : un Grizzly à deux roues motrices Thomas : l'application soignée des traitements Netafim : l'irrigation sous le champ 16 Nouveautés pièces et équipement Magsi : une benne à grappin plus compacte La Buvette : un chariot à portée de main Bugnot : le serre-balle plus costaud Manulatex : bien protégé des phytos D-Tektom : la télévision s'invite dans le tracteur Facom : les outils électriques à portée de main Trelleborg : des montes pour les fortes puissances 20 Descriptif technique Pulvérisateur automoteur Xénon de Matrot 24 Prise en main Chariot télescopique Manitou MLT 625-75H Accédez directement au site www.materielagricole.info Vos identifiants pour mars 2012 Mot de passe mat785 Login JHGK 39 Techno Normes antipollution Stage IIIB : le choix des constructeurs 52 Actualités Lindner : la conquête de l'Europe Quads : un régime en baisse Bucher : un franc suisse trop fort Lemken : un développement international Horsch : poussé par la France Amazone : mieux qu'en 2008 Manitou : à nouveau bénéficiaire 54 Formation Les élèves en action 62 L'information dans les réseaux et parcours 64 Distribution CDPA : Mateldis, une enseigne pour l'élevage Retrouvez l'agenda en page 52 66 Tracteurpool.fr Les annonces de matériels agricoles d'occasion 73 Offres d'emploi Essai 28 Sommaire 45 Destruction mécanique des couverts végétaux Des solutions qui roulent Valtra A93 Une prise en main instantanée Dossier Sur le vif 4 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 C'est rassurant ! Comme le démontre une récente enquête de l'institut de sondage BVA, diligentée par l'association Passion Céréales, les jeunes de 8 à 14 ans ont de bonnes notions des productions agricoles. Parmi les 800 enfants de l'échantillon national représentatif interrogés du 25 janvier au 4 février, 98 % d'entre eux reconnaissent une culture de blé parmi d'autres, 70 % des collégiens savent que cette céréale se récolte l'été et même, 95 % des enfants n'ignorent pas que du maïs est cultivé en France. À l'école, 64 % des enfants, notamment les collégiens, se souviennent d'avoir parlé d'agriculture. Et chose encourageante, 80 % de ceux n'en ayant pas entendu parler souhaiteraient aborder ce sujet avec leurs enseignants. Les résultats prouvent ainsi que les jeunes sont curieux de découvrir cet univers, le nôtre. En renforçant auprès d'eux la pédagogie, en les accueillant dans les exploitations et en leur montrant toute la technologie des machines, il y a indéniablement une chance à saisir pour préparer l'avenir, car, comme chacun le sait, le milieu agricole rencontre des difficultés à recruter. Le secteur du machinisme en est un bel exemple avec actuellement 5 000 postes à pourvoir, dont 90 % de contrats à durée indéterminée. Dans un contexte difficile, l'agriculture peut se targuer de proposer des formations débouchant sur des emplois. Un message à faire passer dès le plus jeune âge. David Laisney Édito Mars 2012 o encart « 100 % pur tracteur » 24 pages L'agriculture attire les enfants Japon. Des robots pour les terres dévastées ? Le ministère de l'Agriculture du Japon a l'intention de créer une ferme expérimentale de 250 hectares sur des terres dévastées par le tsunami. Ce projet de 4 milliards de yens (39 M€) prévoit d'étudier des technologies nouvelles telles que des tracteurs sans pilote, des robots luttant contre les mauvaises herbes ou l'injection dans le sol du dioxyde de carbone émis par les machines B.S. Kubota. Un tractoriste en vue ? ? Les faits : Avant même d'apposer sa signature sur le contrat final d'acquisition de Kverneland, Yasuo Masumoto, le président de Kubota, a indiqué à un journaliste de Reuters qu'il était en négociation pour acquérir un constructeur de machines agricoles. Le montant de la transaction pourrait atteindre les 200 milliards de yens, soit 1,9 Md€. Il a indiqué que la négociation pourrait être conclue à l'automne. Ensuite, il a brouillé les pistes en évoquant une cible parmi plusieurs. Les premiers commentaires : Dans leurs hypothèses, les analystes financiers de l'agence de presse estiment que la somme pourrait correspondre à la valeur d'un groupe tel que Same-Deutz- Fahr ou Claas. La faiblesse historique de l'euro ou du dollar par rapport au yen place l'industriel japonais dans une position idéale pour croître par le biais de fusions et acquisitions. D'autres commentaires : Les entreprises cotées en bourse telles que Kubota sont par principe extrêmement secrètes sur leurs négociations en cours. Pour un dirigeant, distiller des informations dans la presse représente un moyen de dévoiler quelques indices sur une stratégie de développement en cours. En l'occurrence, Yasuo Masumoto répète une intention déjà affirmée précédemment de se placer sur le marché des tracteurs de grandes cultures. Ils lui sont indispensables pour se développer en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie. Quelle solution adoptera-t-il ? Des développements en interne ? Une acquisition ? L'achat ou la construction d'un site industriel quelque part dans le monde ? Pour un groupe implanté globalement, le champ des possibles est extrêmement vaste. B.S. Après le rachat de Kverneland, Yasuo Masumoto, le président de Kubota, répète la volonté de son groupe de se placer sur le marché des tracteurs de forte puissance. Un motard sur le tracteur ? Casey Stoner, deux fois champion du monde de Grand Prix Moto, a signé un contrat de sponsoring de deux ans avec Deutz-Fahr. Ce pilote australien, champion en 2007 sur Ducati et en 2011 sur Honda, utilise un tracteur Agrotron TTV 610 pour travailler les 4 000 hectares de la ferme d'élevage familiale. est une revue mensuelle éditée par CIP 8, rue Jules-César, 75012 Paris site : www.comcip.com AGRIICOLE Principaux associés : D. Bailly, G. de Lagarde, Y. Mangart, L. Seconda Commission paritaire : 0911 T 88530 Dépôt légal : 1er trimestre 2012 Directeur de publication : Guy de LAGARDE Abonnements : Tél. : 01 40 92 70 56 - Fax : 01 40 92 70 59 Rédac tion : e-mail sur le principe de : l.seconda@comcip.com Tél. : 01 53 33 82 33 - Fax : 01 53 33 82 21 Directeur délégué : Luc SEC ONDA Rédacteur en chef : David LAISNE Y Rédacteur en chef adjoint : Aurélien GR OULT Rédacteurs : Matthieu Schubnel, Bernard SERP ANTIé, Jean-Paul RousseNnac, Paul Lacoste A par ticipé à ce numéro : Dominique berger Secrétaire de rédaction : Jean-Baptiste CAPE LLE Création graphique : Éric TOUTOUS Publicité : Tél. : 01 53 33 82 30 - Fax : 01 53 33 82 21 Christophe LEC ACHÉ (c.lecache@comcip.com) Prisca Boeuf (p.boeuf@comcip.com) Rubrique OFFRES D'EM PLOI : Valérie Quivogne : 06 70 36 38 97 valerie@quivogne.net Administra tion : Tél. : 01 53 33 82 20 Fax : 01 53 33 82 21 Patricia LAVOIE Impr ession : BLG TOUL ZI de la Croix-de-Metz 54200 TOUL Tél. : 03 83 65 20 50 Le potentiel de développement agricole de l'Afrique incite le groupe Agco à travailler à nouveau ce marché. Ses investissements récents dans les pays émergents lui donnent des arguments pour y affronter de nouvelles concurrences indiennes ou chinoises. Agco a l'intention d'investir 100 M$ pour développer ses activités en Afrique. Ce constructeur, présent depuis plus de cinquante ans sur ce continent grâce à sa marque Massey Ferguson, a l'intention d'y améliorer sa distribution et la formation des agriculteurs. Il va, pour cela, construire à Johannesburg (Afrique du Sud) un magasin de pièces détachées et multiplier les contacts avec les gouvernements locaux, des investisseurs internationaux ou des donateurs pour faire évoluer les pratiques agricoles. Son projet prévoit de financer des fermes modèles et des centres de formation en Zambie, en Éthiopie, au Maroc, en Lybie, en Algérie et en Afrique du Sud. Hubertus Muhlhauser, vice-président et directeur général d'Agco pour la région Europe Afrique et Moyen-Orient, commente : « La solution pour l'agriculture africaine est de développer un partenariat stratégique afin de fournir des productions nourrissant une population en augmentation. » L'Afrique, juge le groupe Agco, offre un potentiel de croissance dans le secteur agricole. Sa population d'un milliard d'habitants représente 20 % de l'Humanité, mais son territoire, à peine 11 % de la terre arable mondiale, parmi laquelle 86 % ne sont pas cultivés. La croissance annuelle de 2 % de sa population représente la plus importante du monde. L'Eldorado des pays émergents L'Afrique fait partie, avec le Brésil, l'est de l'Europe ou la Chine, des régions dans lesquelles Agco entrevoit de grands potentiels de développement et pour lesquelles il multiplie les investissements. Ainsi au Brésil, après avoir acquis en 2007 les semoirs Sfil, le groupe vient tout juste de mettre la main sur un fabricant de matériels pour la canne à sucre. Ce pays connaît actuellement une intense croissance de ses surfaces plantées destinées à la production d'éthanol mais aussi de biodiesel, avec le soja. En Russie, après avoir mis en route une usine d'assemblage de moteurs à Vladimir, le nouvel atelier de montage de Golytsyno, à proximité de Moscou, devrait lui permettre de finir d'assembler des tracteurs et des moissonneuses-batteuses. L'objectif est de localiser la création de valeur à un taux de 20 à 30 % encouragé par la fiscalité russe. L'acquisition récente de GSI, le fabricant américain d'infrastructures de stockage, fait aussi partie de la stratégie de développement sur les pays émergents. « Cela permet, explique Hubertus Muhlhauser, de développer des synergies dans les achats d'aciers ou les fabrications mécaniques. En outre, les produits GSI élargissent les gammes proposées par nos partenaires commerciaux dans ces régions. » Une usine de 50 000 tracteurs en Chine La Chine est certainement le pays dans lequel le groupe américain entrevoit le plus d'opportunités de développement industriel et commercial. Il y compte quatre implantations déjà en production ou en chantier. La dernière en date, celle de Chagzhou, la plus ambitieuse, va de pair avec la conception d'une nouvelle plateforme mondiale Centurion de tracteurs de 50 à 130 chevaux. Celle-ci sera déclinée en trois catégories : légers de 55 à 75 chevaux, moyens de 75 à 105 chevaux et lourds de 95 à 130 chevaux, commercialisées sous différentes marques du groupe. L'usine actuellement en construction est dimensionnée pour produire plus de 50 000 tracteurs de spécifications variables pour l'ensemble des marchés mondiaux. B.S. Groupe Agco. L'Afrique comme nouvelle frontière Hubertus Muhlhauser, vice-président et directeur général d'Agco pour la région Europe Afrique et Moyen- Orient, estime que l'Afrique possède un fort potentiel de développement agricole. 6 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Nouveautés Amazone Le Cayena sait fertiliser Le semoir à dents Cayena d'Amazone se décline désormais dans une variante 6001-C équipée d'une unité de fertilisation. Cet appareil, de six mètres de large, reçoit pour cela une cuve de 4 000 litres divisée en deux compartiments contenant 60 et 40 % du volume total. La distribution du fertilisant et celle de la semence sont gérées indépendamment par des doseurs animés électriquement. La trémie, maintenue fermée et sous pression pour optimiser l'écoulement, peut bien entendu être intégralement remplie de semences. Dans cette configuration, le premier doseur vide en priorité la section arrière afin de bénéficier du report de charge du compartiment avant sur le tracteur. Le Cayena 6001-C, capable de travailler en direct sur chaumes, s'utilise également pour implanter des couverts végétaux. Les deux parties de la cuve peuvent alors emporter des espèces de plantes différentes. Sur le plan des organes d'enterrage, le semoir Amazone conserve l'architecture du modèle Cayena classique avec trois rangées de dents, une herse de recouvrement Flexidoigts et le rouleau Matrix de 800 mm de diamètre. Le Cenius plus facile en traîné En lançant les Cenius T à châssis traîné fixe, Amazone enrichit sa gamme de cultivateurs utilisables aussi bien au déchaumage que pour le travail du sol en profondeur. Les nouveaux modèles, déclinés en largeurs de travail 3, 3,50 et 4 mètres, conviennent particulièrement aux tracteurs ne disposant pas d'un relevage suffisamment puissant. Leur rouleau arrière Matrix assure deux fonctions : celle de rappuyage et celle de train roulant pour le transport et les manoeuvres. Les Cenius T sont proposés en variantes Special et Super. Dans la première configuration, les appareils reçoivent des dents sécurisées par des boulons de cisaillement. Ils sont adaptés aux terrains légers et moyennement pierreux. Dans la seconde variante, conseillée pour les sols lourds et pierreux, les cultivateurs Amazone adoptent des sécurités non-stop à ressort. Ces outils s'équipent au choix de quatre formes de socs pour travailler de 5 à 30 cm de profondeur et accèdent, en option, au système de remplacement rapide VarioClip. Ils peuvent embarquer l'unité de semis GreenDrill pour implanter les couverts végétaux. D.L. Lely L'Hibiscus au châssis inédit ? Avec sa grande envergure, l'andaineur à quatre rotors Hibiscus 1515CD Profi de Lely devrait intéresser les ETA et les exploitations récoltant de grandes surfaces de foin et d'ensilage d'herbe. Cet appareil, intégralement animé par des transmissions mécaniques, travaille sur une largeur ajustable entre 11 et 14,80 mètres. Il se caractérise par son châssis inédit composé de deux poutres principales longitudinales qui se déploient en V pour passer en position de travail. Dotés d'une grosse roue à leur extrémité, ces longerons supportent chacun deux rotors. Sur l'ordinateur en cabine, le chauffeur paramètre la largeur de travail et la taille de l'andain de 1,20 à 4 mètres. Le terminal électronique, à technologie Isobus, sert aussi à programmer des séquences pour les manoeuvres en bout de champ en soulevant et abaissant, par exemple, chaque rotor individuellement. Pour le transport, les deux rotors arrière se replient vers l'intérieur afin de respecter une largeur de 2,99 mètres. D.L. Doosan Une chargeuse puissante et sobre ? Après la chargeuse sur pneus DL450-3 de 320 chevaux sortie en fin d'année, Doosan Infracore Construction Equipment dévoilera, au salon Intermat, organisé du 16 au 21 avril au parc des expositions de Paris Nord-Villepinte, l'articulée DL200-3 de 160 chevaux. Cette nouvelle machine allie, selon la firme, performances et économies de carburant. Son moteur turbodiesel Doosan DL06, à rampe commune d'injection, satisfait aux normes antipollution Stage IIIB en adoptant la recirculation des gaz d'échappement (EGR) et le filtre à particules diesel (DPF). Ce six cylindres propose les modes de fonctionnement Eco, Normal et Power afin d'optimiser la consommation en fonction du travail réalisé. Il intègre également la mise au ralenti automatique qui abaisse le régime moteur d'environ 200 tr/min au bout de dix secondes d'inactivité de la chargeuse. La DL200-3 accroche un godet de deux mètres cubes et présente une charge de basculement statique, en position droite, de 9 700 kg. Sa hauteur de levage à l'articulation du godet atteint 3,85 mètres et sa force d'arrachement s'élève à 9 700 kg. Cette chargeuse sur pneus pèse 12 200 kg en ordre de marche et circule à 37 km/h. D.L. Faire de la formation une réussite Avec les professionnels du machinisme agricole Grâce à 40 ans d'expérience au service de la formation et de l'emploi des TPE-PME, AGEFOS PME vous accompagne pour anticiper les évolutions de votre activité, soutenir votre développement et renforcer les forces vives de votre entreprise. En versant vos contributions formation à l'AGEFOS PME, conjuguez votre avenir au présent. agefos-pme.com © Digital Vision / Getty Images Nouveautés Väderstad Le Crosscutter tranche les couverts ? Le Crosscutter, un rouleau à lames tranchantes, a été spécialement développé par la firme suédoise Väderstad pour détruire les couverts végétaux et hacher les pailles. Il s'utilise également pour émietter les résidus de récolte de céréales, de tournesol, de maïs, voire de colza, afin d'en accélérer la décomposition. Cet équipement, disponible à l'automne prochain, s'adapte à l'avant des déchaumeurs à disques indépendants Carrier 650 et 1225, de 6,50 et 12,25 mètres de largeur de travail. Le rouleau Crosscutter compte six rangées de couteaux réversibles en acier. Il se divise en plusieurs tambours d'un à 1,50 mètre de long montés indépendamment sur des suspensions en caoutchouc pour optimiser le suivi du terrain et protéger les lames tranchantes des pierres. Sa hauteur de travail et sa pression s'ajustent hydrauliquement depuis la cabine. D.L. Franquet Le strip-till en scène ? Le constructeur Franquet annonce pour le printemps l'arrivée d'un outil de striptill conçu pour une utilisation en solo ou en combinaison avec un semoir. La technique consiste à travailler uniquement la bande de terre dans laquelle est déposée simultanément ou ultérieurement la semence des cultures en rang, telles que le maïs. Elle intéresse les agriculteurs car elle diminue les coûts d'implantation en limitant la surface réellement travaillée d'une parcelle. L'appareil préparé par Franquet repose sur un parallélogramme. Il dispose de deux roues de jauge en caoutchouc entre lesquelles s'intercale un disque plat crénelé qui ouvre la terre et coupe les débris. Deux roues étoiles, réglables en hauteur et en inclinaison, interviennent ensuite pour écarter les débris végétaux avant le passage de la dent plate. Celle-ci travaille et fissure le sol en profondeur, jusqu'à 30 cm. Deux disques réglables en hauteur et en orientation, situés de chaque côté de la dent, canalisent le flux de terre pour former une petite butte. À l'arrière, un rouleau en caoutchouc, réglable et escamotable, termine la préparation en rappuyant la bande travaillée. D.L. Sulky Les herses rotatives plus performantes ? La firme Sulky, principalement connue pour ses semoirs en ligne et ses épandeurs d'engrais, commercialise également des herses rotatives à châssis rigide et repliable. Ces machines d'appellation Cultiline HR, fabriquées par l'Italien Frandent selon le cahier des charges du constructeur breton, sont notamment prévues pour intégrer des semoirs avec des pressions d'enterrage élevées comme le Xeos Pro (80 kg). Elles sont en cours de renouvellement avec l'arrivée des séries 1000. Les Cultiline HR de dernière génération disposent d'une tête d'attelage renforcée, d'un boîtier d'entraînement plus puissant, d'une Une Lion avec plus de mordant La Lion 302-12, nouvelle herse rotative de Pöttinger, adopte quatre rotors au mètre. Cette machine de trois mètres devrait attirer producteurs de pommes de terre et maraîchers pour sa capacité à produire de la terre fine. Elle est adaptée aux tracteurs de plus de 180 chevaux. D.L. Pöttinger planche niveleuse arrière réglable en hauteur par manivelle et, en option, d'efface-traces protégés par une sécurité non-stop à ressorts. Leurs déflecteurs latéraux comptent davantage de réglages et disposent d'une prolonge ajustable pour guider le flux de terre devant le rouleau afin d'éviter la formation de billons. Les herses rotatives de la série 1000 conservent quatre rotors au mètre et se déclinent en châssis fixe de 3, 3,50 et 4 mètres de largeur. Leur lamier, protégé par un limiteur de couple à déclenchement et réarmement automatiques, utilise des roulements coniques à rouleau et supporte au choix des dents boulonnées ou à démontage rapide. Chaque largeur est disponible avec deux solutions de boîtier d'entraînement. Le premier montage offre deux vitesses par inversion des pignons. Le second comprend un levier de sélection et des pignons réversibles pour un total de quatre rapports. Les nouvelles Cultiline accèdent à trois types de rouleaux : packer de 460 ou 550 mm de diamètre, rayonneur à billes en caoutchouc de 580 mm et cage de 500 mm. Les modèles packer adoptent désormais le réglage centralisé des décrottoirs. De leur côté, les herses repliables Sulky, disponibles en largeurs de 4, 4,50, 5, 6 et 8 mètres, ne changent pas de dénomination. Elles accèdent en revanche à la nouvelle conception de rouleau packer et, comme les Cultiline HR Séries 1000, bénéficient d'une garantie de trois ans sur le boîtier et le lamier. D.L. 10 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Nouveautés Labbé Rotiel Bétaillères agricoles, remorques routières porte-outils ou basculantes pour véhicules légers, matériels de préparation du sol, citernes à eau... la large gamme de produits du constructeur breton Labbé Rotiel s'adresse à une clientèle particulièrement diversifiée. Son offre dans le travail du sol se limite pour l'instant à des outils de déchaumage ou de reprise de labour, dont le plus répandu est le Frontor, un appareil frontal polyvalent à dents. Mais l'industriel suit de près les évolutions du marché et le fort développement imposé des couverts végétaux lui donne des idées. Afin d'accroître son activité, il complète son offre en lançant une gamme de déchaumeurs conçus pour détruire ces cultures intermédiaires. Dénommés Combx, ces matériels se composent de deux rangées de dents et d'une rangée de disques crénelés de 540 mm de diamètre, destinés à sectionner les tiges et dont l'angle d'attaque se règle de 5 à 15 degrés. Ils se déclinent en version KRC (rouleau cage) ou KRS (rouleau sillonneur). Lors de la commande, l'acquéreur choisit les étançons en spirale C35 pour travailler les terres légères. Les variantes non-stop à lames de ressort (STP) ou à double ressort hélicoïdal (RS40) sont davantage adaptées aux sols profonds, les dernières étant recommandées en présence de pierres. Le constructeur adapte désormais ces pièces travaillantes sur l'ensemble de sa gamme. Les modèles à trois rangées de dents Polycult, munis d'étançons STP, plus lourds, reçoivent une tête de potence du châssis redimensionnée. Labbé Rotiel a également préparé les déchaumeurs Combx et les existants Polycult au semis des Cipan : dans leur version repliable, tous reçoivent de série un aménagement pour accueillir une passerelle et un semoir. À la demande du client, le fabricant monte un équipement d'implantation fourni par Delimbe (jusqu'à 200 litres de capacité) ou Sepeba (jusqu'à 600 litres). M.S. Voilà plus de trente ans déjà que Jean-Yves Labbé et Bertrand Rotiel vendent et fabriquent des machines agricoles. Les deux beaux-frères emploient aujourd'hui une vingtaine de salariés à Augan, dans l'est du Morbihan. Le premier dirige la concession de matériels agricoles et de motoculture, tandis que le second organise la production d'une gamme de matériels agricoles et paysagers, commercialisés sous la marque Labbé Rotiel. Le fabricant annonce un chiffre d'affaires approchant les 4 millions d'euros en 2011, dont la moitié environ en production. Dans le spacieux bâtiment industriel, les composants des matériels sont débités, pliés, soudés et peints sur place. Une cisaille de trois mètres de largeur et une presse plieuse de 220 tonnes de capacité font partie des équipements utilisés pour préparer les châssis. Seules les découpes laser et la galvanisation sont externalisées. Afin de mieux maîtriser le développement des nouveaux matériels, le bureau d'étude dispose depuis peu d'un logiciel de conception assistée par ordinateur. Pour l'instant, Labbé Rotiel n'exporte pas ses produits, mais il dispose d'un réseau dense de concessionnaires répartis au nord d'une ligne Bordeaux-Mulhouse, ainsi que de quelques distributeurs en Corse. Trente ans de production Chaque année, l'industriel transforme en remorques agricoles une petite dizaine de camions à niveaux multiples destinés au transport des porcs. Seule la caisse est conservée et adaptée sur un châssis de type agricole. Une fois leur circuit hydraulique reconfiguré, ces remorques de grande capacité sont soumis à l'homologation auprès des services de la Dreal. Le couvert au menu Les déchaumeurs Combx à deux rangées de dents, adoptent des disques crénelés, un rouleau cage ou sillonneur et, sur demande, un semoir à Cipan. Le constructeur vient d'adapter sa gamme de déchaumeurs au semis ou à la destruction des cultures intermédiaires. Spécialisé dans les matériels d'élevage et de travail du sol, ainsi que dans les remorques routières légères, le fabricant breton Labbé Rotiel compte bien profiter du développement imposé des couverts végétaux pour accroître son activité. Le site d'Augan (Morbihan) regroupe la concession (au premier plan) et l'usine de production Labbé Rotiel. Caisse régionale d'Assurances Mutuelles Agricoles. Entreprise régie par le code des assurances. Document et visuels non contractuels. Crédits photos : Claas - Illustration : ODEKA / Agence L'un&l'autre - Being - Janvier 2012 www.groupama-agri.fr Groupama 100% avec les PROS Assurance Titane Pro NOTRE MISSION, PROTÉGER VOTRE OUTIL DE TRAVAIL DU SUR MESURE POUR VOS TRACTEURS ET MATÉRIELS AGRICOLES*. Avec Titane Pro, protégez séparément vos tracteurs et votre parc de matériels en bénéfi ciant d'une couverture personnalisée. De plus, profi tez d'une protection spécifi que pour vos matériels attelés d'une valeur supérieure à 30 000 €. Contactez votre conseiller Groupama pour plus de renseignements. * Selon les limites et conditions fi xées au contrat. 12 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Sival 2012 Salon Sival 2012 Le végétal à l'honneur Les 600 exposants de l'édition 2012 du Sival ont attiré près de 20 000 visiteurs au parc des expositions d'Angers. L'occasion pour les maraîchers, arboriculteurs, viticulteurs, horticulteurs, cidriculteurs et autres agriculteurs d'arpenter les allées du salon et de découvrir les dernières nouveautés. Après la présentation des produits primés au palmarès dans le numéro 173 de Matériel Agricole, cette sélection met en lumière quelques solutions innovantes proposées aux professionnels des productions végétales. Par Matthieu Schubnel Le Loulay La manutention tout-terrain ? Pour déplacer les palox et les palettes sur tous les terrains, le constructeur vendéen Le Loulay a lancé l'automoteur Steme LM 465 à destination des maraîchers. Cette machine à quatre roues motrices est animée par un moteur Lombardini à quatre cylindres de 65 chevaux. Longue de 6,02 mètres à l'extrémité des flèches, elle dispose de trois modes directionnels. Sa transmission hydrostatique la mène à 25 km/h. Le dégagement sous châssis, défini à la commande, est compris entre 55 et 70 cm. Le LM 465 présente une voie fixe de 1,30 à 1,80 mètre, ou réglable hydrauliquement en option. Muni de deux mâts de manutention, l'engin embarque une palette à l'avant et une autre à l'arrière. Un presse-palettes maintenant la charge équipe chacun d'entre eux. Le modèle présenté au Sival, conçu pour évoluer dans les serres, lève à 1,20 mètre de hauteur (jusqu'à trois mètres sur demande). Le poste de conduite est monté sur une tourelle et surplombé par un arceau de sécurité. Les commandes électrohydrauliques s'adaptent automatiquement à la position du siège pour conserver une cohérence par rapport au sens d'avancement. Pour améliorer la visibilité du chauffeur, son assise se surélève de 55 cm si nécessaire. En option, Le Loulay propose un attelage trois points, une prise de force entraînée hydrauliquement et une homologation autorisant la circulation sur la route. Krukowiak Des légumes propres ? Le constructeur de matériels agricoles polonais Krukowiak, présent pour la première fois au Sival, propose une nettoyeuse de légumes alimentée électriquement par un courant triphasé. Dix brosses rotatives de 55 centimètres de large frottentles racines, les tubercules ou les cucurbitacées au régime de 180 tr/min. La machine, montée sur roulettes, est utilisée essentiellement par les producteurs de pommes de terre, de carottes et de potirons. Krukowiak avance le bon rapport qualité/prix de cet équipement. Grimme Un combiné pour désherber et rebuter ? Pour sa deuxième année de présence au Sival, l'Allemand Grimme a présenté le buttoir GH Öko. Ce matériel combiné de désherbage mécanique et de rebuttage se destine à toutes les cultures sur buttes, en particulier la pomme de terre. Il se compose d'éléments montés sur parallélogramme, comprenant une roue de jauge et une lame, associés à des disques ou à des socs buttoirs côté droit. La moitié gauche de l'outil offre deux capes qui remontent la terre et resserrent la butte sur les côtés. Des dents vibrantes complètent le travail dans l'interrang. Le GH Öko dispose d'un dégagement sous bâti de 70 cm autorisant le travail sur cultures levées. Il est proposé en versions deux, quatre, six ou huit rangs, avec écartement de 75, 80 ou 90 cm. Geotrac : La Gamme de tracteurs La pLus vendue d'autriche en 2011 Bureau de liaison - lindner France 7B rue du Général de Lattre de Tassigny - 68730 BLOTZHEIM Tél. : 03 89 68 92 43, www.lindner-traktoren.at de 1946 à nos jours, lindner répond aux besoins des agriculteurs ? Le goutte-à-goutte enterré Dripnet PC AS proposé par la société israélienne Netafim pourrait intéresser les agriculteurs concernés par les restrictions d'eau en période de sécheresse. L'entreprise est spécialisée dans les apports localisés, courants sur l'arc méditerranéen, l'Italie et les États- Unis notamment. Avec cette technique réservée aux adeptes du semis direct et du travail simplifié, elle s'attaque désormais au marché de la grande culture en France. Des conduits de 16 à 24 mm de diamètre sont enterrés avec une sous-soleuse à 45 centimètres de profondeur et espacés de 1 à 1,20 mètre. Chaque ligne reçoit des goutteurs distants de 50 centimètres et alimentés par une pompe électrique. Une filtration à 130 ?m élimine tout risque de bouchage. La pression de fonctionnement requise, bien inférieure à celle d'une installation classique, est comprise entre 0,5 et 1,8 bar. L'utilisateur surveille le bon déroulement de l'irrigation à l'aide de sondes placées en zones supérieure et inférieure. La solution se caractérise par son faible besoin en énergie, compte tenu des quantités limitées d'eau pompées. Suivant le type de sol, le fabricant annonce une économie d'eau de 10 à 30 % en comparaison d'un équipement d'irrigation traditionnel. Elle peut également servir à la fertilisation minérale avec une pompe doseuse, afin de réduire les pertes par lessivage. Dans ce cas, les apports doivent être complétés par un amendement organique. L'agriculteur accède à ce type d'installation à partir de 2 700 €/ha. Netafim estime à 20 hectares la surface minimale de grande culture nécessaire pour présenter un intérêt économique. La durée de vie de l'installation atteint au minimum vingt ans, selon le constructeur. Les systèmes d'irrigation de goutte-à-goutte enterré Netafim sont commercialisés par IMH Distribution dans le nord-ouest de la France. 14 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Sival 2012 Salon Yamaha Un Grizzly à deux roues motrices Thomas L'application soignée des traitements ? Le fabricant Thomas propose, sur ses équipements de pulvérisation sur vignes VariLarge et OptiLarge, deux mains de traitement supplémentaires. Celles-ci pulvérisent les faces extérieures du rang emprunté par la machine. La culture bénéficie ainsi d'une précision d'application supérieure. L'opérateur pulvérise ainsi simultanément six faces de rangs avec davantage de précision. Netafim L'irrigation sous le champ Bagioni La récolte assistée des asperges ? Le Grizzly 300, dernier-né des quads du Japonais Yamaha, s'adresse aux professionnels ou aux particuliers. Ce modèle utilitaire d'entrée de gamme à deux roues motrices, disponible depuis janvier, adopte une transmission par cardan. Il est animé par un moteur à essence à quatre temps de 288 cm3 à refroidissement liquide et démarré électriquement. Le chauffeur bénéficie d'un passage automatique des rapports dans les deux gammes de vitesses. Pesant 230 kg, le quad reçoit trois freins à disque à commande hydraulique ainsi qu'un frein de parking commandé par un levier au guidon. La suspension arrière à ressorts s'ajuste selon cinq niveaux de dureté. Yamaha monte d'origine deux porte-bagages et une potence d'attelage. Dans sa version non homologuée, le Grizzly est accessible à partir de 3 900 € HT. Pour un peu moins de 5 000 € HT, le constructeur propose une variante autorisée à circuler sur la route et destinée aux titulaires d'un permis B. ? Le chariot automoteur Kompact Z de l'Italien Bagioni apporte une assistance mécanique à la récolte d'asperges blanches. Il soulève le film à ourlets puis le repose sur la butte après son passage. La machine se déplace ainsi au rythme de la cueillette. Elle suit la butte grâce à ses deux roues de jauge appliquées de part et d'autre du monticule. Les deux moteurs électriques propulsent les deux roues motrices à une vitesse allant de 1,6 à 2 km/h. La sécurité de fonctionnement se compose d'un émetteur et d'un récepteur à ultrasons. Elle stoppe automatiquement la course du chariot dès que l'opérateur quitte la zone de travail définie préalablement avec précision (entre les roues avant et arrière). En bout de rang, un différentiel électronique facilite les demi-tours. L'opérateur débraye la transmission pour tracter le chariot lors des déplacements entre parcelles. L'autonomie du Kompact Z varie suivant le type de batteries utilisées. Bagioni annonce une durée de vie de trois à cinq campagnes en parcourant trois à sept kilomètres par jour. Ce matériel estampillé CE est distribué au nord de la Loire par Degrav'agri, installé dans l'Oise, et, pour le reste de la France, par l'entreprise Sedima (Société d'études de diffusion d'entretien du matériel), implantée dans le Lot-et-Garonne. Pièces et équipement Nouveautés Le Magsi Betta gère les betteraves Magsi propose un godet conçu pour charger, nettoyer, découper et distribuer les betteraves fourragères. Cet équipement, dénommé Magsi Betta, s'adapte sur le relevage trois points, sur un chargeur frontal ou sur un chariot télescopique. Il dispose d'un système de brassage nettoyant mécaniquement les racines et d'un fond ajouré pour évacuer la terre, les cailloux... Cette action est renforcée par le montage en option d'une rampe pulvérisant de l'eau. La découpe des betteraves et la distribution s'opèrent via une trappe latérale munie de couteaux. Le Magsi Betta est disponible en trois modèles mesurant 1,95, 2,20 et 2,45 mètres de large, emportant respectivement 500, 700 et 1 000 kg de racines. D.L. Magsi Une benne à grappin plus compacte Avec la benne à grappin Shark Compact, l'équipementier Magsi propose un outil adapté aux chariots télescopiques de trois à quatre tonnes de capacité de charge. Ce godet multifonction, doté de deux vérins en partie arrière, se distingue par l'ouverture intégrale du grappin sur une hauteur de 1,50 mètre, qui permet de reprendre la matière au pied des murs. Il se décline en largeur de 1,90, 2,10, 2,30 et 2,45 mètres pour des volumes allant de 1 100 à 1 400 litres mâchoire crocodile fermée. Comme la Shark classique, la variante Compact reçoit un grappin à doigts forgés ou oxycoupés. Elle se complète en option d'une casquette, de joues latérales et d'une contre-lame boulonnée réversible. Manulatex Bien protégé des phytos Grâce au tablier à manches S-protec de la société Manulatex, la manipulation des produits phytosanitaires s'effectue avec un maximum de protection. Cet équipement a été conçu par la firme sarthoise en partenariat avec Syngenta et avec l'appui d'agriculteurs. Proposé en taille unique ajustable, lavable et réutilisable durant toute la campagne, ce tablier est collecté en fin de vie par une filière spécifique. Son prix de vente conseillé est de 17 € HT. D.L. Bugnot Le serre-balle plus costaud La confection de balles de fourrage enrubanné de plus en plus lourdes a conduit la société Bugnot à développer une version renforcée de son serreballe. Ce nouveau modèle, dénommé XL Pro, voit ainsi sa capacité de charge progresser à 900 kg, contre 800 kg pour la variante standard. Il adopte deux vérins pour manipuler les deux pinces capables de reprendre une balle d'un mètre à 1,70 mètre de diamètre. Le serre-balle XL Pro s'adapte sur les chargeurs frontaux ainsi que sur les chariots télescopiques dotés de circuits hydrauliques aux débit et pression élevés. D.L. La Buvette Un chariot à portée de main Le fabricant ardennais La Buvette, spécialisé dans les équipements d'élevage, propose un petit chariot de transport à destination des agriculteurs. Ce matériel, doté d'un châssis galvanisé à chaud, se compose d'une surface plane en contreplaqué antidérapant haute de 49 cm. Il repose sur quatre roues gonflables de 400 mm de diamètre et supporte une charge maximale de 600 kg. Selon la forme des produits transportés, l'opérateur place les ridelles en tube cintré aux extrémités ou sur les côtés, à l'horizontale ou à la verticale. Il braque l'essieu directionnel dépourvu de butée à l'aide du timon repliable surélevé par des ressorts qui intègre un attelage pour microtracteur. M.S. Pièces et équipement Nouveautés 18 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 D-Tektom La télévision s'invite dans le tracteur Facom Les outils électriques à portée de main Avec l'armoire latérale Jet + Power adaptable sur ses servantes, Facom propose un accessoire dédié au stockage et à l'utilisation des outils électroportatifs. Cet équipement, muni d'un support de rangement universel en mousse, est conçu pour accueillir trois machines de toute marque et de tout type. Il permet également de ranger trois chargeurs. Une multiprise à six emplacements avec un bouton marche/ arrêt est disponible à l'intérieur pour brancher les chargeurs des matériels électroportatifs, une lampe, un ordinateur... La connexion au réseau électrique s'effectue à l'aide d'un enrouleur automatique de cinq mètres. L'armoire Jet + Power est équipée d'un rideau avec serrure à clé permettant de protéger tous les outils. La recharge des batteries s'effectue donc avec ce volet roulant ouvert ou fermé, durant les heures de travail ou la nuit. D.L. Sulky Des épandeurs pour le sel et le sable Le fabricant breton Sulky élargit son catalogue de distributeurs centrifuges avec l'arrivée de modèles à monoplateau conçus pour l'épandage de sel et de sable. Ces nouveaux appareils, baptisés RS, se déclinent en deux capacités : 350 litres pour le RS de 755 kg de charge utile et 1 000 litres pour le RS 1000 emportant jusqu'à 2 160 kg. Le plus gros se complète en option de la régulation DPAE (débit proportionnel à la vitesse d'avancement à gestion électronique) et de la modulation du dosage depuis le poste de conduite. Les deux épandeurs reçoivent en standard une commande hydraulique, un agitateur spécifique et un tamis. Ils peuvent être utilisés pour l'apport d'engrais solide sur dix mètres de large, afin de fertiliser, par exemple, les espaces verts et les terrains de sport. D.L. Les systèmes de guidage automatique et le séquençage des manoeuvres en bout de champ équipant les tracteurs modernes libèrent les chauffeurs des actions répétitives et fatigantes. Alors, pour tuer le temps, à défaut de téléphoner ou d'écouter la radio, il devient possible d'embarquer en cabine un petit écran et d'accéder à toutes les chaînes de la TNT. D-Tektom, distributeur de la marque G-Média, propose ainsi d'adapter sur les tracteurs des décodeurs mobiles déjà plébiscités par les taxis, les transporteurs routiers et les camping-caristes. L'équipement complet, vendu 490 € TTC, comprend le démodulateur, un écran couleur de sept pouces, une télécommande et deux antennes. Le tout se raccorde à une prise 12 volts. Il existe plusieurs choix d'antennes : petits modèles intérieurs à scotcher sur les vitres, face à face, à hauteur de la tête ou variantes étanches à fixer à l'extérieur. Le choix entre les deux montages dépend surtout de la qualité du signal disponible sur la zone géographique. La mise en route est rapide, il suffit de lancer un balayage des fréquences pour enregistrer les chaînes disponibles. Les antennes à l'essai La solution des antennes intérieures, essayée sur une exploitation à proximité de Montargis, n'a pas donné satisfaction. Le décodeur rencontrait des difficultés à conserver le signal dès que le tracteur quittait la cour de la ferme. Le second test, réalisé avec les récepteurs extérieurs, s'est révélé concluant avec 18 chaînes enregistrées. Malgré quelques coupures, notamment lors des demi-tours, la qualité de réception reste acceptable. Sur le plan de l'image, le moniteur ne bénéficie pas de la même définition qu'un grand écran plat de dernière génération. Les reflets du soleil y sont parfois gênants. Pour le son, le haut-parleur intégré suffit. Il est toutefois possible d'exploiter les enceintes du tracteur. Sur la route, la conduite en regardant la télévision est illégale et sévèrement réprimée. Dans les champs, rien n'interdit à l'agriculteur d'adapter un petit écran en cabine et, grâce à la solution du décodeur mobile, de suivre son programme favori. Par Sylvain Deseau, conseiller machinisme à la Chambre d'agriculture du Loiret Les deux récepteurs extérieurs - cube marron sur la photo - captent aussi bien le signal qu'une antenne râteau de 80 cm. L'écran couleur de sept pouces se pilote à l'aide d'une télécommande. Bobcat commercialise une large gamme d'accessoires pour adapter ses chargeuses compactes aux travaux hivernaux : turbines à neige, lames de déneigement, godets à neige, épandeurs de sel et de sable. Pour accroître l'efficacité de ses machines, la firme propose également des chenilles en acier à monter par-dessus les pneus, ainsi que des chaînes à installer sur chaque roue. Les turbines à neige se déclinent en largeurs de travail allant de 1,22 à 2,13 mètres. Leur goulotte d'éjection orientable à déflecteur réglable projette à une distance variant de 7,60 à 13,70 mètres. Les lames droites de déneigement existent en six largeurs, de 1,21 à 2,43 mètres. Les modèles en V s'utilisent selon cinq configurations : chasseneige en V fermé, pousseur-ramasseur en V ouvert, droit et orienté de 30 degrés d'un côté ou de l'autre. Les godets, de largeur allant de 1,37 à 2,54 mètres, emportent entre 0,36 et 1,53 m3 de neige. L'épandeur de sel et de sable, d'une capacité de 250 litres, se charge en poussant directement dans le tas. Il épand sur un rayon de 5,60 à 8,70 mètres, selon le débit hydraulique de la chargeuse. Le constructeur compte aussi à son catalogue une décapeuse conçue pour décoller la neige compactée et la glace. D.L. Trelleborg Des montes pour les fortes puissances L'arrivée de tracteurs de très forte puissance a amené Trelleborg à leur consacrer une nouvelle gamme baptisée TM 1000 High Power. À l'Agritechnica, le manufacturier en présentait deux dimensions : IF 750/75 R 46 et IF 650/65 R 34, toutes deux conformes aux standards IF (flexion améliorée) de l'ETRTO et compatibles avec ses nouveaux modèles de jantes THK. Celles-ci sont pourvues d'un moletage dont les dents plus profondes augmentent l'adhérence entre le talon du pneu et l'épaule de la jante. Ainsi les couples extrêmes infligés par les tracteurs les plus puissants risquent moins de provoquer des phénomènes de rotation. B.S. Bobcat Le déneigement au programme 20 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Descriptif technique Matrot Xénon Vision panoramique L'automoteur de pulvérisation Xénon de Matrot, dévoilé il y a un an, est présenté comme le successeur à court terme du modèle haut de gamme Maestria. Pour s'en différencier, il peut compter sur une nouvelle cabine dotée d'un terminal centralisant l'ensemble des commandes. Il inaugure également des châssis et des cuves redessinés. Par Aurélien Groult À 1 750 tr/min sur la route Les moteurs six cylindres Deutz du Xénon, de 6 et 7,2 litres selon les modèles, développent respectivement 210 ou 235 chevaux de puissance maximale. Ils bénéficient de la régulation électronique du régime inaugurée sur les Maestria. Ce système, nommé Eco-Control, adapte automatiquement le régime en fonction de la charge, engendrant une diminution potentielle de la consommation de carburant. Sur la route, par exemple, le Xénon, homologué pour circuler à 40 km/h, tourne au régime moteur de 1 750 tr/min. À l'aide des fonctions Tempomat (pour les champs) et Automotive (sur la route), l'opérateur mémorise et sélectionne une allure constante. Le six cylindres anime la transmission hydromécanique bien connue du constructeur picard. Celle-ci se compose d'une pompe hydrostatique et d'un moteur à cylindrée variable monté sur la boîte de transfert. Matrot installe, de série, un second moteur sur le plus gros modèle 23-5200 (en option sur les deux automoteurs pourvus d'une cuve de 4 300 litres). Deux cardans transmettent le mouvement à deux ponts mécaniques de type portique pourvus d'un différentiel autobloquant. Ces derniers intègrent des freins multidisques immergés. Le Xénon dispose de quatre roues motrices et directrices. Aidé par sa transmission hydromécanique, le Xénon, chargé d'une cuve de 5 200 litres, grimpe une pente de 50 %. Au printemps 2012, le six cylindres Deutz répondra à la norme antipollution de niveau IIIB en embarquant un filtre à particules. Grâce aux deux gammes mécaniques et aux quatre cylindrées du moteur hydrostatique, la transmission propose huit plages de vitesses : de 0 à 12 km/h pour la première et de 0 à 40 km/h pour la huitième. Le châssis du Xénon adopte une suspension pneumatique comptant trois poumons (deux sur le pont arrière, un à l'avant). Stabilis facilite le travail en pente Le système Stabilis de Matrot, proposé en option sur le Xénon, corrige les dévers de pente jusqu'à 28 %. Ce dispositif breveté permet au châssis, à la cuve et à la cabine de conserver une position horizontale malgré le dévers. Les ponts et la rampe restent pour leur part parallèles au sol. L'automatisme se compose de deux vérins agissant sur le pont arrière selon les informations d'un inclinomètre et d'un capteur d'angle placés sur le châssis. Deux autres vérins, positionnés également sur cet essieu, fonctionnent en circuit fermé avec ceux du correcteur de dévers de la rampe. Ainsi, cette dernière suit automatiquement le sol, sans que le conducteur ait besoin de corriger manuellement sa position. En déplaçant le centre de gravité de l'appareil vers l'amont, le système Stabilis garantit la stabilité et le confort en cabine. Selon Matrot, il autorise également une plus grande vitesse d'évolution dans les bouts de champ. L'essieu arrière du Xénon reçoit quatre vérins animant le système de compensation de pente Stabilis. Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 21 Le système Stabilis, breveté par Matrot, corrige les dévers pouvant atteindre 28 %. Caractéristiques techniques du Xénon Modèle 21-4300 23-4300 23-5200 Capacité de la cuve principale 4 300 litres 5 200 litres Pompes 1 centrifuge de 1 100 l/min 1 piston-membrane de 72 l/min Rampe Aluminium de 24 à 50 mètres Transmission Hydromécanique (1 ou 2 moteurs hydrauliques) Moteur Deutz de 210 ch Deutz de 235 ch Réservoir à carburant 340 litres Largeur de la voie De 1,90 à 2,70 m Garde au sol 1,10 m Pneumatiques standard 480/80 R50 L x l x h 11,52 x 2,55 x 4,15 m Poids À partir de 9 600 kg 22 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Descriptif technique Plus de gestion du fond de cuve grâce au ZVM Lors de la pulvérisation, l'opérateur est averti lorsqu'il reste dans la cuve un certain niveau de bouillie préprogrammé. Le dispositif ZVM (zéro volume mort) se met alors en marche automatiquement en coupant le brassage. Environ cinq litres avant le désamorçage de la pompe principale centrifuge, la vanne d'aspiration se ferme. La seconde pompe à pistons-membranes envoie alors de l'eau claire vers la rampe. Une troisième pompe électrique vidange en même temps le puisard. La pulvérisation s'arrête dès que toute la bouillie a été épandue, le circuit ne contient alors que de l'eau claire. Le ZVM breveté se substitue à la dilution et au rinçage du fond de cuve. Il n'exige donc pas la préparation d'une quantité d'eau supplémentaire nécessaire à la gestion des volumes résiduels. La circulation continue et les vannes motorisées figurent parmi les équipements indispensables au fonctionnement de cet automatisme. La visibilité comme point fort La pulvérisation automatisée Le Xénon embarque des cuves en polyéthylène rotomoulé. La principale contient 4 300 ou 5 200 litres, celle de rinçage dispose d'une capacité de 520 litres. Le poste de mise en oeuvre compte deux vannes multivoies manuelles. En option, Matrot monte des modèles motorisés hydrauliquement. L'automoteur adopte, en standard, deux pompes. La première, de type centrifuge, débite 1 100 l/min. Elle gère la pulvérisation, le brassage et remplit, grâce à des canalisations de trois pouces, la cuve de 5 200 litres en cinq minutes et trente secondes. Pour sécuriser le remplissage, la jauge électronique (jauge sèche en complément) permet l'arrêt automatique au volume programmé à l'aide du boîtier Tank Control. Dès le ravitaillement terminé, les vannes se positionnent automatiquement en mode pulvérisation, afin de rendre l'appareil directement opérationnel. La deuxième pompe, à pistons-membranes, fournit 72 l/min. Elle sert à l'amorçage de la pompe principale, au rinçage extérieur, à l'incorporation et au transfert de l'eau claire. En option, une troisième pompe électrique, intégrant le kit zéro volume mort, vide le puisard de la cuve principale contenant environ dix litres. Outre le tamis de remplissage au niveau du trou d'homme, les pulvérisateurs Xénon adoptent deux niveaux de filtration : l'un à l'aspiration, l'autre composé d'un filtre par demi-rampe. Matrot propose une régulation DPAE combinant un débitmètre et un capteur de pression, ce dernier étant davantage sollicité pour la pulvérisation à bas volume. En cabine, le terminal 500 Confort regroupe les fonctions de régulation et de mise en oeuvre. 1- La cabine à quatre montants du Xénon bénéficie d'une large surface vitrée. 2- Le cadre de rampe redessiné dégage bien la vue vers l'avant. 3- Le conducteur accède facilement au poste de conduite via l'échelle escamotable hydrauliquement. 4- Le terminal 500 Confort regroupe désormais l'ensemble des commandes du Xénon, sauf les informations relatives au moteur, intégrées à la colonne de direction réglable. La nouvelle cabine à quatre montants du Xénon a été spécialement développée pour la pulvérisation. Matrot a particulièrement travaillé la visibilité panoramique et le confort sonore. Le dessin du cadre de rampe, plus épuré que sur le Maestria, dégage la vue vers l'avant, au champ comme sur la route. La forme de la cuve et celle du support des rampes facilitent désormais l'accès en cabine tout en libérant la visibilité sur les côtés et vers l'arrière de l'appareil. Le poste de conduite gagne en ergonomie avec l'arrivée du terminal 500 Confort pourvu d'un écran couleur de 26 pouces. Cette console centralise l'ensemble des fonctions du Xénon, à l'instar de la régulation, de la mise en oeuvre, du dépliage des rampes, de la transmission, du Stabilis ou des automatismes associés au GPS (guidage, coupure des tronçons). Elle affiche également les images d'une caméra de recul optionnelle, par exemple. L'écran 500 Confort dispose d'un port USB autorisant l'exportation des données. Côté confort, le conducteur bénéficie d'un siège à suspension pneumatique et de l'éprouvé système Clinair coupant automatiquement le recyclage de l'air dès l'ouverture de la pulvérisation. Ce dispositif compte trois niveaux de filtration dont un à charbon actif. La cabine pressurisée adopte, de série, une climatisation à régulation automatique, un autoradio et deux espaces de rangement. Particulièrement bien équipé en éclairage, le Xénon compte huit phares de travail réglables à 180 degrés. 2 4 1 3 1- Le poste de mise en oeuvre utilise deux vannes multivoies à commande hydraulique (option). 2- Le bac incorporateur, de 37 litres de capacité, s'escamote hydrauliquement. Il intègre un rince-bidons utilisable couvercle ouvert ou fermé et une cuve lave-mains de 45 litres. 3- Depuis le poste de mise en oeuvre, l'opérateur sélectionne jusqu'à 19 opérations via le boîtier Tank Control. 4- Chaque demi-rampe adopte un filtre. 2 4 1 3 La poignée multifonction commande l'avancement, les mouvements de la rampe, la pulvérisation et l'ouverture/ fermeture séquentielle des tronçons. Circulation continue PPI de série Matrot monte exclusivement des rampes en aluminium sur les automoteurs Xénon, comme sur l'ensemble de sa gamme. Dotées d'un nouveau cadre de support particulièrement épuré, elles mesurent de 24 à 50 mètres et reçoivent jusqu'à 13 tronçons. Elles se caractérisent par leur circulation continue sans retour en cuve, nommée PPI (pulvérisation précise et instantanée) et montée de série. Hors pulvérisation, la bouillie circule en continu dans les canalisations. Dans le circuit, une pression d'attente est programmée pour assurer un démarrage rapide. Pendant la pulvérisation, la vanne principale s'inverse et empêche les retours en cuve. La rampe est alimentée en quatre points (deux au centre et un par extrémité). Ce système simple nécessite une faible longueur de tuyau donc moins de 1- Une suspension pendulaire et deux accumulateurs oléopneumatiques, couplés aux vérins de levage par parallélogramme, assurent la suspension de la rampe. 2- Les rampes reçoivent un système antifouettement, un correcteur de dévers et une géométrie variable animée par deux vérins couplés à une boule d'azote. 3- Les pentajets intègrent une commande pneumatique favorisant leur réactivité à l'ouverture et à la fermeture. volumes résiduels. Lors de la pulvérisation, en raison de l'absence de retour en cuve, tout le liquide traversant le débitmètre est épandu, ce qui favorise la précision de la régulation. L'autre originalité de la rampe est son contrôle de hauteur automatique H-tronic, monté en option. Cet équipement fonctionne grâce à un capteur d'angle placé sur le parallélogramme de relevage. L'opérateur mémorise deux hauteurs de rampe : l'une au travail et l'autre pour les bouts de champ. Grâce à deux boutons, il rappelle ces deux hauteurs. Le système fonctionne avec l'arrêt ou l'ouverture de la régulation, voire avec la localisation par GPS. Les rampes en aluminium du Xénon reçoivent, de série, la circulation continue PPI. 1 2 3 24 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Prise en main À l'origine, Manitou a élaboré le chariot télescopique MLT 625-75H pour les professionnels intervenant dans les endroits exigus tels que les aviculteurs, les pépiniéristes et les maraîchers disposant de cultures hors sol. Mais depuis sa mise sur le marché au printemps 2011, le plus petit modèle de la gamme Manitou rencontre également un certain succès auprès d'autres éleveurs. Dans les petites structures, ce chariot télescopique compact sert de machine à tout faire. Si le MLT 625 s'apparente parfaitement à un modèle de plus forte capacité, il ne dispose pas de la même polyvalence, selon le constructeur. Compte tenu de son gabarit réduit, l'engin s'utilise davantage pour les travaux de manutention que pour la traction ou les chargements intensifs. Certaines exploitations de taille plus conséquente s'en servent même comme d'un appareil de manutention complémentaire au principal. Il affiche une hauteur (5,90 mètres) et, dans une moindre mesure, une capacité de levage (2,5 tonnes) supérieures à celles d'un valet de ferme. Ce chariot télescopique, fabriqué dans l'usine de Laille, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), est proposé en deux finitions. La version Classic se contente de série d'un siège mécanique, d'un système de nettoyage automatique des radiateurs ainsi que d'un autoradio simple. La variante haut de gamme Premium (+ 3 000 euros), moins plébiscitée, dispose notamment en standard de la climatisation, d'un siège pneumatique et de l'équipement Easy Connect System facilitant la connexion des outils hydrauliques. Nerveux et peu bruyant Le MLT 625 est l'unique machine de la gamme agricole à être animée par un moteur Kubota. Placé longitudinalement, l'organe de quatre cylindres et 3,33 litres développe 75 chevaux et doit être vidangé toutes les 500 heures. Il fait preuve d'une certaine nervosité tout en restant assez silencieux (76 dB(A) cabine fermée, selon le constructeur). Un Lancé au Sima 2011, le chariot télescopique MLT 625-75H est, à ce jour, diffusé à plus de 500 exemplaires à travers le monde. Caractérisé par sa compacité et sa polyvalence, il représente en France près de 10 % des ventes d'automoteurs agricoles chez Manitou. Matériel Agricole a pris en main cette machine sur l'exploitation de Nicolas Laurent, dans la Vallée du Rhône. Par Matthieu Schubnel MLT 625-75H Le miniManitou Le MLT 625-75H, plus petit modèle de la gamme Manitou avec son 1,80 mètre de largeur, entre dans un caisson ampliroll large de 2,20 mètres. Sous le capot moteur, l'opérateur contrôle facilement les niveaux et accède sans encombre aux filtres à air, à huile et à gazole. La cabine, au plancher bas et dépourvue de marchepied, facilite les montées et descentes répétées. Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 25 réservoir à gazole de 63 litres situé à l'arrière, sous la base de la flèche, l'alimente. La pompe hydraulique à engrenages fournissant 90 l/min et 235 bars alimente la direction assistée, en priorité, et toutes les électrovannes commandant le bras. Le réservoir d'huile, intégré juste derrière la cabine, est accessible mais sa jauge extérieure manque de visibilité. Placé transversalement à l'avant du compartiment moteur, le ventilateur à entraînement hydraulique dispose d'une fonction d'inversion périodique du sens de rotation. Une fois l'interrupteur dédié enclenché, il nettoie automatiquement et toutes les trois minutes, les grilles du capot moteur pendant dix secondes environ. Le châssis mécanosoudé du MLT 625 est conçu pour recevoir le bras le plus possible dans l'axe de la machine, afin d'optimiser la stabilité. Ce chariot télescopique compact chausse des pneus de 18 pouces. Sa garde au sol atteint 38 centimètres et son rayon de giration 3,19 mètres. Manitou propose les trois modes directionnels classiques : deux et quatre roues directrices ou marche en crabe. Afin de limiter les projections sur les vitres, les garde-boue avant et arrière gauche pivotent selon un angle identique à celui des pneumatiques. Le chauffeur contrôle l'alignement des roues à l'aide de témoins lumineux en cabine, qui ne sont parfois pas présents sur certains modèles de cette catégorie. Transmission hydrostatique Le chariot télescopique MLT 625 dispose de deux vitesses à passage sous charge en douceur. Le chauffeur modifie l'allure au moyen d'une commandeélectrohydraulique. Lors des déplacements, la vitesse maximale atteint 25 km/h. Contrai- L'ergonomie travaillée du poste de pilotage met l'ensemble des commandes à disposition de l'opérateur. Seule l'utilisation de l'autoradio, placé façade vers l'avant de l'automoteur, à côté du chauffeur, est peu commode. Le ventilateur réversible expulse les brindilles agglomérées sur les grilles du capot de protection du moteur. 26 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Prise en main rement à son habitude, Manitou choisit, pour ce modèle compact, une transmission hydrostatique (mentionnée par la lettre H dans sa dénomination). Elle est jugée plus précise qu'un convertisseur de couple : dès que le chauffeur lève le pied de l'accélérateur, la machine s'arrête. L'agriculteur regrette au passage la hauteur élevée de la pédale fatiguant les muscles releveurs du pied. Avec la seconde pédale, bien plus large, il assure les manoeuvres d'approche en coupant la transmission sur la première partie de la course. Une spécifique pour ce modèle. Le poste de conduite est doté d'un volant réglable en hauteur et en inclinaison. Il se rapproche de celui d'une voiture : gestion des feux sur le comodo de pression plus forte déclenche les quatre freins multidisque à bain d'huile. L'opérateur actionne, à l'aide d'un interrupteur, le frein à main. Celui-ci se serre automatiquement en cas d'arrêt du moteur. Dépourvu de marchepied, l'habitacle est facilement accessible. Le volume compact du MLT 625 a conduit Manitou à développer une cabine gauche et contrôle des essuie-glaces à droite. L'inverseur électrohydraulique, lui, se retrouve sur le monolevier JSM à droite du chauffeur. Ce joystick, désormais monté par Manitou sur l'ensemble de sa gamme agricole, dispose d'une ergonomie étudiée. Il supporte le poignet du chauffeur, qui anime la flèche et le tablier par des mouvements amples. Le levier multifonction reçoit en partie supérieure un interrupteur rouge à trois positions destiné à l'inversion du sens de marche avec l'index. Deux molettes placées au niveau du pouce contrôlent la longueur de la flèche télescopique et les mouvements du tablier. Au transport, lorsque le bras n'est pas utilisé, le chauffeur peut bloquer les fonctions du JSM grâce à un interrupteur. Le tableau de bord indique les principaux paramètres nécessaires à l'utilisation, notamment le nombre Trois cents heures au compteur Nicolas Laurent cultive en agriculture biologique 30 hectares de tomates, 40 hectares de blé et 15 hectares de luzerne. Avec le MLT 625, il manoeuvre ainsi plus de 500 tonnes de compost, 200 tonnes de blé stockées à la ferme et 1 000 tonnes de tomates conditionnées en palox. Chargement occasionnel de terre, déplacement d'installations d'irrigation ou de bottes de paille et de luzerne... Nicolas Laurent exploite les capacités de son chariot télescopique avec seulement trois outils : un pic à balles, un godet de 930 litres et une fourche à palettes. Grâce à son crochet d'attelage optionnel, le chariot télescopique tracte occasionnellement une remorque. Lorsque les températures montent, Nicolas Laurent a pris l'habitude d'ouvrir la vitre arrière et celle de la portière à mi-hauteur. Dans la configuration Classic ici présentée, l'habitacle ne dispose en effet pas de climatisation. « Je conseillerais cet équipement dans les environnements de travail poussiéreux », estime toutefois l'agriculteur. La machine d'un coût de 50 000 euros accessoires compris, a été livrée début juillet 2011. Elle affiche à ce jour plus de 300 heures au compteur. Nicolas Laurent, gérant de la SCEA du Béal, à Châteauneuf-du-Rhône, près de Montélimar (Drôme), utilise son MLT 625 pour de nombreux travaux. Avec une hauteur de 2 mètres et un rayon de braquage de 3,19 mètres, le chariot télescopique se faufile aisément dans les bâtiments exigus. L'agriculteur remplit le réservoir de carburant depuis l'arrière de la machine, après avoir déverrouillé la petite trappe métallique à l'aide de la clé de contact. d'heures total et celui restant avant la prochaine révision, le niveau de carburant, le régime moteur, la vitesse, le débit hydraulique... Un emplacement est prévu à droite pour accueillir la molette de réglage du débit hydraulique pour la fonction optionnelle de pompage continu. L'unité de contrôle des mouvements aggravants prend place côté droit sur le tableau de bord. La manutention sécurisée Les fonctions hydrauliques du MLT 625 présentent trois modes d'utilisation : standard (chariot à l'arrêt), godet (reprise de vrac, pour pouvoir vidanger en toutes circonstances) ou potence (verrouillage de l'inclinaison du tablier et augmentation de la marge de 10 %, utilisé surtout dans le secteur du bâtiment). Si, pour une raison particulière, le chauffeur souhaite contourner cette sécurité, il lui suffit de maintenir enfoncé un interrupteur situé près du JSM et de manipuler simultanément le levier multifonction avec l'autre main. Un interrupteur coup-de-poing placé à portée de main du chauffeur permet également de stopper d'urgence les mouvements de la machine. Manitou fournit en standard quatre rétroviseurs (gauche, droite, intérieur et arrière pour faciliter l'accrochage d'une remorque). Le pare-brise avant, le hayon arrière et la vitre de toit bénéficient chacun d'un essuie-glace de série. La cabine loge plusieurs espaces de rangement, notamment sous et derrière le siège. Les petites pièces et le téléphone portable trouvent leur place dans l'accoudoir principal, à proximité de l'allume-cigare. À l'image des autres modèles de la gamme, le MLT 625 reçoit deux phares de travail à l'avant comme à l'arrière et accède, en option, à deux projecteurs en bout de flèche. Le toit vitré de la cabine, muni en standard d'un essuie-glace, dégage la visibilité pour un travail à une hauteur maximale de 5,90 mètres. Le MLT 625, remplaçant du MLT 523 à moteur arrière, offre une plus grande visibilité derrière la machine. Avec un poids de 4,9 tonnes, et malgré son petit gabarit, le MLT 625 sait se montrer à la hauteur en cas de besoin en levant jusqu'à 2 500 kg. 28 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Essai Mi-novembre, le siège de la Cuma de Chirac (Charente) accueille l'équipe de Matériel Agricole et les techniciens de la Chambre d'agriculture de Poitou- Charentes pour deux semaines de tests de tracteurs développant entre 90 et 100 chevaux. Attendu l'après-midi du mardi 15 novembre, le Valtra A93 Hitech, le tracteur le plus puissant de la série A avec 101 chevaux ISO TR 14396, mis à disposition par la filiale française de la marque finlandaise, arrive par la route sur le site pour deux demijournées d'essais. Son moteur et sa transmission étant à température, nous attaquons la séance d'évaluation par le trajet routier. Au préalable, Alexandre Chantrelle, responsable produit Valtra, effectue une présentation rapide du poste de conduite à Fabrice Dufournaud et Guillaume Langelier, les deux agriculteurs venus l'essayer. Ceux-ci mémorisent sans difficulté les commandesde transmission qui se limitent à deux grands leviers à l'avant du siège côté droit et à la manette d'inverseur sous charge située à gauche sous le volant. « Avec une boîte mécanique comptant seulement douze rapports, dont quatre vitesses rampantes, la prise en main ne peut guère être plus simple, soulignent les éleveurs. La commande du frein de parking intégrée au levier d'inversion est vraiment une bonne idée. Elle est facile d'utilisation et le risque de rouler avec le frein engagé s'en trouve écarté. » La benne Deguillaume à simple essieu, d'un poids total de 12 tonnes, dont 2,8 tonnes sur l'anneau, est ensuite accrochée au tracteur. « La vue sur l'attelage est assez dégagée. De plus, le rétroviseur sur le hayon permet de situer le piton », apprécient les essayeurs. Pour contrôler la consommation de carburant, un bidon, monté temporairement, shunte le réservoir. Fabrice Dufournaud et Guillaume Langelier réalisent tour à tour les 12,9 km du trajet. Le premier boucle le circuit en 34 minutes et 16 secondes. Le second met une minute de plus. Si la durée diffère, la consommation reste identique avec 6,4 litres, soit une moyenne horaire de 11 litres. Pour évaluer ses capacités, le Valtra A93 Hitech a été testé au transport et à la distribution du fourrage sur les terres de Charente. Les deux agriculteurs essayeurs, déplacés spécialement, se sont ainsi forgé une idée de ce tracteur plutôt destiné aux exploitations d'élevage. Texte et photos : David Laisney Valtra A93 Hitech Une prise en main instantanée Le parcours de l'essai Début montée (200 m) Tisseuil (262 m) Début montée La Grelière (240 m) Le Maramet (201 m) Le Maramet (201 m) 0,6 km 2,1 km 0,3 km 0,8 km 2,1 km 2,9 km 2 km 2,1 km Distance parcourue : 12,9 km Fin montée (260 m) L'Aumônerie (231 m) Foulounoux (184 m) École de Chabanais (155 m) Sur le parcours routier de 12,9 km, le Valtra A93 Hitech s'est révélé assez sobre, avec une consommation horaire moyenne de 11 litres. Fiche technique du Valtra A93 Hitech Ce résultat place le Valtra A93 Hitech parmi les modèles les plus sobres de sa catégorie lors de ce test routier. Lors du parcours, les deux éleveurs sont particulièrement chahutés à cause du revêtement routier et du tangage du convoi généré par la remorque à simple essieu. Heureusement, le siège suspendu du chauffeur absorbe une grande partie des à-coups. En manque de rapports sous charge En revanche, le passager, installé sur un strapontin fixé dans l'angle arrière gauche de l'habitacle, rencontre des difficultés pour trouver une position confortable. Les essayeurs partagent le même ressenti : « Le tracteur se comporte bien et son freinage est efficace. Les gammes et les vitesses se sélectionnent aisément avec les deux grands leviers. » Ils regrettent cependant l'absence de vitesses sous charge et apprécieraient une boîte avec davantage de rapports, car seuls huit sont exploitables au total pour les travaux courants. « L'étagement oblige lors des départs à agir simultanément sur les deux leviers afin, par exemple, de démarrer en troisième moyenne puis de passer en première rapide, constate Fabrice Dufournaud. Heureusement que les boutons de débrayage sur les pommeaux simplifient la manipulation en perMoteur Trois cylindres Agco Sisu Power de 3,3 litres Puissance Maximale annoncée (norme ISO TR 14396) 101 ch (74 kW) à 2 270 tr.min-1 Maximale mesurée (norme OCDE) 89,5 ch (65,8 kW) à 2 085 tr.min-1 Transmission 12 av/12 ar avec inverseur sous charge Hydraulique Centre ouvert, pompe à engrenage, débit annoncé de 52 l/min Poids tous pleins faits 3 750 kg La distribution d'ensilage a permis de tester les automatismes de transmission : N Auto pour stopper l'avancement puis repartir en agissant uniquement sur la pédale de frein et régulateur Cruise pour mémoriser un régime moteur. Les essayeurs Fabrice Dufournaud et Guillaume Langelier, éleveurs en Charente, apprécient particulièrement l'intégration de la commande du frein de parking sur le levier d'inverseur. 30 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Essai mettant de changer de gamme et de rapport sans appuyer sur la pédale d'embrayage. » Les performances du moteur à trois cylindres de 3,3 litres semblent séduire les agriculteurs. « Dans les portions difficiles, il se maintient à 1 500 tours par minute », constatent-ils. Le passage au banc de puissance, réalisé aussitôt l'essai routier terminé, confirme qu'aux alentours de ce régime, le Valtra bénéficie du couple maximal et affiche la consommation spécifique la plus faible. Cette mesure des performances, qui clôture la première demi-journée, montre aussi que le tracteur développe 89,5 chevaux selon la norme OCDE. L'effet coupleur appréciable pour les travaux d'élevage Le 16 novembre au matin, le rendez- vous est pris chez Guillaume Langelierpour alimenter son troupeau de bovins viande. Avant d'attaquer le travail, Alexandre Chantrelle effectue la présentation détaillée du tracteur. Il insiste notamment sur les deux automatismes de transmission, N Auto et Cruise, particulièrement adaptés à la distribution des fourrages et au paillage. Le premier, qualifié d'effet coupleur, permet de stopper l'avancement et de redémarrer en appuyant uniquement sur la pédale de frein. Le second, le Cruise, correspond à un régulateur mémorisant soit un régime moteur, soit une vitesse d'avancement. Après le tour technique, les deux essayeurs attellent la remorque distributrice sans difficulté. Ils se succèdent pour le paillage et la distribution. Ils relèvent en point fort la maniabilité et la bonne visibilité sur le travail effectué, tout en appréciant l'utilité des automatismes N Auto et Cruise. « Les leviers des distributeurs, à droite en contrebas du siège, sont mal placés », remarque Guillaume Langelier, avant de conclure, en concertation avec Fabrice Dufournaud, que le ValtraA93 Hitech est véritablement adapté aux travaux dans les cours de ferme. Les deux agriculteurs regrettent par ailleurs de ne pas avoir pu tester ce tracteur avec un chargeur frontal, afin de vérifier si les 52 l/min de débit hydraulique répondent à leurs exigences en termes de performances et de réactivité. La visibilité sur l'attelage a été appréciée. Le tracteur, malmené par la benne à simple essieu et le revêtement routier dégradé, a, selon les essayeurs, fait preuve d'un bon comportement. Les éleveurs estiment que la cabine à six montants dégage une bonne visibilité lors des travaux de paillage et de distribution. Les grands rétroviseurs réglables sont particulièrement efficaces avec la remorque. 32 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Essai Les mesures effectuées sur le Valtra A93 Commentaires La cabine du Valtra A93 manque incontestablement d'insonorisation. Dès 1 550 tr.min-1 de régime moteur, le bruit dépasse les 80 dB(A). À partir de cette valeur considérée comme seuil d'alerte, le chauffeur s'expose à un risque potentiel de lésion de l'oreille interne. Ainsi, en cas d'exposition prolongée, le port de protections auditives peut s'avérer judicieux. Rappelons que le niveau du bruit double lorsque l'émission augmente de 3 dB(A) et qu'au-delà de 85 dB(A), une exposition prolongée devient dangereuse. La mesure des performances du moteur du Valtra s'effectue à l'aide du banc de la Chambre d'agriculture de Poitou- Charentes. Le tracteur, affichant 86 heures au compteur, est testé selon le protocole d'évaluation OCDE. Son trois cylindres de 3,3 litres délivre 89,5 chevaux (65,8 kW) de puissance maximale à 2 085 tr.min-1. À ce régime de rotation, il présente un couple de 30,59 daN.m et une consommation spécifique de 279 g.kW-1.h-1. Au couple maximal mesuré de 32,91 daN.m, le moteur Agco Sisu Power tourne à 1 558 tr.min-1. Il développe alors 71,9 chevaux (52,8 kW) et sa consommation spécifique se situe au plus bas avec 254 g.kW-1.h-1, une valeur maintenue jusqu'à 1 462 tr.min-1. Commentaires La puissance maximale du Valtra A93 est annoncée à 101 chevaux (74 kW) ISO TR 14396 à 2 270 tr.min-1. La valeur relevée au banc s'avère donc nettement inférieure, avec un écart de 11,5 chevaux. Toutefois, il est important de préciser que la norme retenue par Valtra fait référence à une puissance brute et, dans ce cas, la mesure s'effectue sans ventilateur ni radiateur, car le refroidissement est réalisé par un circuit externe. En revanche, le moteur dispose du filtre à air et du pot d'échappement. De surcroît, les données ISO TR 14396, contrairement à celles OCDE de l'essai, ne tiennent pas compte du rendement de la transmission, ni de la puissance consommée par les pompes hydrauliques et l'alternateur. Tous ces éléments peuvent contribuer à expliquer la différence entre la valeur annoncée et celle enregistrée. Le couple maximal du trois cylindres testé se trouve également en dessous des données du constructeur, 32,91 daN.m contre 37 daN.m, mais il s'obtient à un régime proche. Matériel Agricole estime à 5 % de la valeur maximale le seuil en deçà duquel la puissance et le couple sont considérés comme constants. Par conséquent, la plage de puissance constante s'étend entre les régimes de 1 980 et 2 200 tr.min-1. Le couple demeure constant entre 1 460 et 1 980 tr.min-1. La large plage d'utilisation, s'inscrivant entre 1 460 et 2 200 tr.min-1, est en phase avec le caractère polyvalent du tracteur. Le travail est, si possible, à privilégier entre 1 460 et de 1 800 tr.min-1, afin de profiter d'une consommation spécifique inférieure à 260 g.kW-1.h-1 et d'exploiter le moteur là où il présente le meilleur rendement. Jusqu'à 2 100 tr.min-1, la consommation demeure en dessous de 280 g.kW-1.h-1. Le bloc permet de travailler avec des outils animés en limitant la consommation de carburant, car les régimes de prise de puissance de 540, 540 Eco et 1 000 tr.min-1 s'obtiennent respectivement à 1 874, 1 530 et 2 080 tr.min-1. Aussi, ce moteur se caractérise par son couple quasiment constant, autour de 30 daN.m, de 1 100 à 2 100 tr.min-1. Pendant le passage au banc de puissance, le niveau de bruit a été mesuré dans la cabine du Valtra A93, toutes portes et fenêtres fermées, climatisation et ventilation éteintes. Les valeurs indiquées à différents régimes du tracteur en charge intègrent le bruit extérieur du banc d'essai d'environ 100 dB(A). 70 Régime moteur (en tr.min-1) 1000 1100 1200 1300 1400 1500 1600 1700 1800 1900 2000 2100 2200 2300 2400 2500 80 75 85 90 Plage d'utilisation préconisée par Matériel Agricole Intensité sonore en cabine dB(A) 0 Régime moteur (en tr.min-1) 20 40 60 80 puissance kW Plage de puissance constante (5 % d'écart) 1000 1100 1200 1300 1400 1500 1600 1700 1800 1900 2000 2100 2200 2300 2400 0 Régime moteur (en tr.min-1) 10 20 30 40 Plage de couple constant (5 % d'écart) couple daN.m 1000 1100 1200 1300 1400 1500 1600 1700 1800 1900 2000 2100 2200 2300 2400 200 Régime moteur (en tr.min-1) 240 220 260 280 300 320 consommation spécifique g.kW-1.h-1 Plage d'utilisation préconisée par Matériel Agricole 1000 1100 1200 1300 1400 1500 1600 1700 1800 1900 2000 2100 2200 2300 2400 Sa puissance, son couple , sa consommation Son nivea u sonore Son encombrement Son débit hydrauli que Sa puissance, son couple Son nivea u sonore Son encombrement Son débit hydrauli que , sa consommation Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 33 Le Valtra est passé au banc moteur au régime de prise de puissance de 1 000 tr.min-1. Rayon de giration extérieur en deux roues motrices 5,35 m Longueur hors tout (relevage arrière horizontal au support de masse frontale) 4,26 m Largeur hors tout 2,17 m Hauteur hors tout 2,70 m Empattement 4,14 m Monte de pneumatiques avant 340/85 R24 Monte de pneumatiques arrière 420/85 R34 (16,9 R34) Distance horizontale pneu arrière/rotule arrière 26 cm Garde au sol au crochet d'attelage 41,5 cm Garde au sol sous le pont avant 42 cm Masse totale (sans lestage) 3 750 kg % sur l'avant 37 % % sur l'arrière 63 % Distance du sol au plancher de cabine 102 cm Hauteur du marchepied 49 cm Largeur de cabine (au centre) 151 cm Profondeur de cabine (au centre) 131,5 cm Hauteur intérieure de cabine (au centre) 122,5 cm La cabine du Valtra A93, d'une largeur de 151 cm au centre, manque un peu d'espace pour accueillir le passager sur un siège confortable. Elle se décline en deux hauteurs. La version basse permet de gagner 15 cm et d'abaisser la hauteur hors tout du tracteur à 2,55 mètres, contre 2,70 mètres pour la variante haute. Le contrôle du circuit hydraulique du Valtra A93 a été effectué au régime moteur maximal en raccordant le débitmètre sur un distributeur auxiliaire arrière. La mesure révèle des valeurs maximales conformes aux données du constructeur avec 53 l.min-1 pour le débit et de 200 bars pour la pression. Son encombrement Son débit hydrauli que Son débit hydrauli que Deux modèles dans la série A Hitech Modèle A83 A93 Moteur Agco Sisu Power 33CTA, trois cylindres de 3,3 litres Puissance ISO TR 14396 88 ch à 2 270 tr.min-1 101 ch à 2 270 tr.min-1 Transmission 12 avant + 12 arrière et inverseur sous charge Poids annoncé avec réservoir plein 3 750 kg Réservoir à carburant 90 litres 34 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Essai o L'accès direct aux filtres à air, à huile et à carburant. o Le marchepied escamotable dégageant le compartiment à batterie. On a bien aimé o Les vis permettant d'escamoter le refroidisseur d'huile et le condenseur de climatisation ne restant pas attachées à ces éléments risquent d'être perdues lors des opérations de nettoyage. o Le manque d'accès au filtre d'habitacle situé sous le capot moteur. On a moins aimé Les tracteurs Valtra de la série A Hitech jouent la carte de la simplicité et de la facilité d'utilisation. Ils se caractérisent par leur motorisation à trois cylindres développant jusqu'à 101 chevaux sur le modèle A93. Valtra A93 Hitech Priorité à la simplicité Trois cylindres pour 101 chevaux 1 - Le capot monobloc dégage bien l'accès au trois cylindres du Valtra A93. 2 - Les filtres, le bol décanteur à carburant et la jauge à huile sont accessibles du côté gauche. 3 - Le filtre à air, placé au-dessus du moteur, se dépose aisément. 4 - Le refroidisseur d'huile de transmission et le condenseur de climatisation basculent pour faciliter le nettoyage du radiateur moteur formant un ensemble monobloc avec l'échangeur d'air (intercooler). 5 - L'alternateur et le démarreur prennent place du côté droit. 6 - Le marchepied s'escamote pour dégager l'ouverture du compartiment à batterie. Les Valtra A83 et A93 Hitech logent un trois cylindres fourni par Agco Sisu Power et répondant aux normes antipollution Stage IIIA. Ce moteur de 3,3 litres à deux soupapes par cylindre, d'appellation 33CTA, développe respectivement 88 et 101 chevaux ISO TR 14396. Sur les deux modèles, il est alimenté par un réservoir de 90 litres intégré dans le châssis. Cette motorisation adopte la recirculation interne des gaz d'échappement (EGR), un circuit d'injection par rampe commune, un turbocompresseur et un refroidisseur d'air d'admission (intercooler). Son système de refroidissement utilise un ventilateur viscostatique. La vidange, préconisée toutes les 500 heures, est facilitée par le regroupement sur le côté gauche de l'ensemble des filtres, de la jauge et du bouchon de remplissage d'huile (7,5 litres). Le seul bémol du côté de l'entretien est le manque d'accessibilité au filtre d'habitacle, placé sous le capot moteur. 2 1 3 4 5 6 o L'automatisme N Auto permettant d'arrêter le tracteur en appuyant uniquement sur la pédale de frein. o La commande du frein de parking intégrée au levier d'inverseur. On a bien aimé o L'absence de vitesses sous charge. o Le nombre de rapports avant, limité à douze, dont quatre en gamme rampante. On a moins aimé Construit en Finlande, le Valtra A93 propose des automatismes appréciables pour les travaux d'élevage. Des automatismes de transmission intéressants Valtra joue la carte de la simplicité pour la transmission des séries A. Ces tracteurs se contentent en effet d'une boîte synchronisée à quatre vitesses et trois gammes, dont une rampante (non synchronisée), pour un total de douze rapports avant et arrière. Le Valtra A93 Hitech testé, comme le A83 Hitech, bénéficie d'un inverseur sous charge et de la fonction Hishift. L'inversion du sens de marche est gérée par deux embrayages multidisques à bain d'huile, l'un pour la marche avant et l'autre pour la marche arrière. Ces deux packs de six disques servent également à interrompre la liaison entre le moteur et la boîte de vitesses lorsque le conducteur appuie sur la pédale d'embrayage. Le levier d'inverseur, situé à gauche sous le volant, intègre la commande électrohydraulique du frein de parking. Celui-ci s'engage automatiquement dès l'arrêt du moteur et lorsque le tracteur en fonctionnement reste immobile plus de trente secondes. La fonctionnalité Hishift se résume à la présence d'un bouton sur chacun des leviers de gammes et de vitesses qui permet de changer de rapport sans agir sur la pédale d'embrayage. Le modèle A93 Hitech propose de base l'automatisme N Auto. Ce dispositif, qualifié d'effet coupleur par le constructeur, permet de gérer l'allure avec l'accélérateur et de stopper le tracteur en appuyant uniquement sur la pédale de frein. Il est particulièrement appréciable pour les travaux demandant des arrêts répétés tels que le pressage. Autre automatisme, le régulateur Cruise, option uniquement disponible avec le tableau de bord Proline, s'utilise pour mémoriser au choix une vitesse d'avancement ou un régime moteur. Cette programmation est utile pour certaines activités telles que le paillage. Le pont avant de marque Dana, à différentiel à glissement limité, s'engage électrohydrauliquement et s'active automatiquement au freinage. Le pont arrière du Valtra loge un différentiel à blocage électrohydraulique et, de 1 - Le pont avant fourni par Dana utilise un différentiel à glissement limité. 2 - Le levier d'inverseur intègre la commande électrohydraulique du frein de parking. 3 - L'engagement électrohydraulique du pont avant et du blocage du différentiel arrière se pilote depuis deux interrupteurs fixés sur la console de droite. 4 - Les trois gammes et les quatre vitesses de la boîte mécanique se sélectionnent à l'aide de deux grands leviers. 1 2 3 4 Les interrupteurs entourés d'orange pilotent les automatismes de la transmission : N Auto et régulateur Cruise de vitesse ou de régime moteur. chaque côté, un module de frein composé de quatre disques humides. Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 35 36 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Essai Des bras de relevage télescopiques Deux tailles de cabine Le système hydraulique du Valtra A93 Hitech comprend deux circuits partageant la même huile que celle de la boîte de vitesses, soit un volume total de 43 litres, dont 24 litres exportables. Le premier est alimenté par une pompe fournissant 23 l/min et 18 bars. Il dessert les embrayages multidisques de l'inverseur sous charge, d'engagement du pont avant, du blocage du différentiel arrière et de la prise de force, ainsi que le mécanisme du frein de stationnement. Ce circuit assure également la lubrification de la transmission et des arbres de prise de force. Le second travaille au maximum à 205 bars et débite 52 l/min à 2 270 tr/min de régime La cabine des Valtra A Hitech compte six montants, deux portes entièrement vitrées, un plancher plat et un toit opaque ouvrant vers l'avant. Reposant sur quatre silentblocs, elle se décline, en option, en version rabaissée de 15 cm par rapport à la variante standard. À l'intérieur, le chauffeur trouve de série des pédales suspen1 - La valve de retour libre est fournie en standard en dimension d'un demi-pouce. 2 - La sélection du régime de prise de force s'effectue à l'aide d'un levier en cabine. 3 - Les deux premiers distributeurs auxiliaires se pilotent à l'aide d'un levier en croix situé à droite du siège. 4 - Les commandes extérieures de relevage font partie des équipements de série. Elles se complètent en option du bouton d'engagement de la prise de force. 5 - Un contacteur à l'arrière du tracteur joue le rôle d'arrêt d'urgence de la prise de force. 6 - Parmi les versions disponibles, les bras de relevage inclus de base disposent d'une extrémité télescopique facilitant l'attelage. 7 - Le relevage à commande électronique équipe d'office les séries A en finition Hitech. moteur. Il alimente la direction en priorité, les distributeurs hydrauliques, le relevage et la valve de freinage de remorque. Le tracteur adopte de série dues, un volant réglable en hauteur et en inclinaison. Le siège inclus de base, de marque Grammer et à suspension mécanique, pivote sur 180 degrés. Il laisse place en option à un modèle à suspension pneumatique, avec ou sans assise chauffante, fourni par le même équipementier. Le passager, moins bien loti, doit se contenter d'un petit 1 - La vitre arrière est munie d'un essuie-glace et d'un rétroviseur pour visualiser le piton d'attelage. 2 - Les bouches de chauffage et de ventilation sont situées sur le tableau de bord. Celles de la climatisation prennent place au plafond. 3 - Le filtre de climatisation est logé sur le toit. 4 - Deux phares de route intègrent de base le toit de la cabine. Ils s'utilisent notamment lorsqu'un équipement frontal obstrue le faisceau des projecteurs avant. 5 - Le tableau de bord Proline optionnel est indispensable pour accéder au régulateur Cruise mémorisant une vitesse d'avancement ou un régime moteur. 4 1 6 3 7 2 3 4 1 5 2 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 37 o Les bras de relevage télescopiques facilitant l'attelage. o La possibilité de monter un bloc de deux distributeurs hydrauliques indépendants pour piloter le chargeur frontal ou le relevage avant à partir d'un monolevier intégré à l'accoudoir. On a bien aimé o La position, à droite en contrebas du siège, du levier en croix contrôlant les deux distributeurs hydrauliques auxiliaires. o L'extrémité télescopique des bras de relevage est incompatible avec les modèles à crochet automatique. On a moins aimé o La possibilité d'une cabine basse, limitant la hauteur du tracteur à 2,55 mètres avec les pneumatiques arrière 16,9 R34. o La bonne visibilité sur l'attelage arrière. On a bien aimé o L'emplacement du module de climatisation à l'avant du toit. o Le faible espace disponible pour le passager. On a moins aimé un relevage à contrôle électronique d'une capacité de 3 300 kg sur toute la course et un contrôle d'effort au niveau du troisième point. À partir de la console de droite, le chauffeur paramètre la vitesse de descente, la butée haute et le contrôle d'effort. Il bénéficie également du terrage forcé et de l'amortisseur d'oscillation. Les deux distributeurs à double effet inclus en standard se commandent mécaniquement au moyen d'un monolevier situé en contrebas à droite du siège. Ils se complètent en option de deux autres modèles pilotés chacun par un levier indépendant. Si le tracteur est équipé du relevage avant optionnel d'une capacité de 2,8 tonnes, le troisième distributeur est affecté à cet équipement. Cependant, le constructeur propose d'ajouter un bloc de deux distributeurs électrohydrauliques indépendants pour piloter le relevage avant ou le chargeur frontal à partir d'un monolevier intégré à l'accoudoir. Le Valtra accède au choix à deux configurations de régimes de prise de force : 540 et 1 000 tr/min ou 540 et 540 Eco. Une fonctionnalité optionnelle stoppe automatiquement l'animation de l'outil porté dès que le chauffeur commande la montée du relevage. Une prise de force avant, tournant à 1 000 tr/min, est aussi disponible. strapontin situé dans l'angle arrière gauche de l'habitacle. La climatisation apparaît uniquement en option sur les modèles à cabine standard. Son module investit la partie avant du toit de la cabine et alimente en air conditionné les bouches situées au plafond. Le circuit de chauffage et de ventilation est indépendant de celui de la climatisation. Son filtre loge sous le capot moteur et ses ouïes d'aération sont réparties sur le tableau de bord. Celui-ci est proposé dans une variante optionnelle Proline offrant davantage d'informations. Il indique sur son petit écran la vitesse d'avancement, le régime moteur, la vitesse de rotation de la prise de force, la hauteur du relevage arrière, la surface travaillée, la distance parcourue, les consommations moyenne et instantanée. 5 Techno Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 39 Norme antipollution Stage IIIB Les choix des constructeurs L'année 2012 marque l'entrée en vigueur de la norme antipollution Stage IIIB pour les moteurs neufs d'une puissance supérieure à 76 chevaux. Motoristes et tractoristes travaillent de concert pour y répondre. Les premiers s'efforcent de réduire les émissions d'oxydes d'azote et de particules aux niveaux définis par l'Union européenne. Les seconds se démènent pour limiter les surcoûts liés à ces aménagements et convaincre les agriculteurs de la pertinence de leurs choix technologiques. Matériel Agricole a sollicité chaque tractoriste pour faire le point sur les systèmes de dépollution choisis ou envisagés sur les modèles standard concernés, ainsi que sur le calendrier de leur mise en oeuvre. L'application progressive des normes d'émissions contraint les fabricants d'automoteurs agricoles à adapter leurs gammes de machines et remet en question certains partenariats. Les constructeurs restentdonc parfois discrets sur leur stratégie. La baisse du niveau de puissance des matériels concernés, de plus petite taille, complique également l'intégration sous le capot de ces dispositifs de dépollution. Deux solutions s'offrent aux fabricants pour réduire l'empreinte environnementale de leurs tracteurs. La technique de réduction catalytique sélective (SCR), de loin la plus répandue, optimise la combustion à l'intérieur du moteur pour diminuer sensiblement le nombre de particules. Les gaz d'échappement concentrent une quantité importante d'oxydes d'azote (NOx). La pulvérisation d'un volume précis d'AdBue apporte l'ammoniac nécessaire à la transformation de ces émanations en azote et en vapeur d'eau. Un catalyseur d'oxydation diesel (DOC) chauffé au minimum à 200 °C favorise, s'il est présent, les réactions chimiques. Autre technique : la recirculation des gaz d'échappement (EGR) limite, elle, la température interne et la quantité d'oxydes d'azote générés lors de la combustion. Son principe consiste à refroidir puis à renvoyer une partie des gaz d'échappement vers l'admission, sous le contrôle d'une valve. La pression élevée d'injection réduit le niveau de production de particules. Un filtre additionnel piège les suies. Des phases de régénération, d'autant plus fréquentes que le moteur tourne à faible charge, évitent son encrassement. Il est généralement associé à un catalyseur qui permet aux gaz émis de réagir avec l'oxygène présent dans l'échappement pour former du CO2 et de l'eau. M.S. CASE IH Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration Quantum 65 - 97 ch Fiat Powertrain Technologies NC NC Farmall U 90 - 110 ch EGR + FAP + DOC Juin 2012 Maxxum 101 - 140 ch SCR Disponible Puma 130 - 215 ch Puma CVX 130 - 230 ch Magnum 235 - 340 ch Steiger 350 - 450 ch Avril 2012 Quadtrac 450 - 600 ch Disponible Case IH intègre déjà, pour une grande partie de son offre, des moteurs Stage IIIB. À partir de l'été 2012, tous les tracteurs d'une puissance supérieure à 97 chevaux disposeront ainsi d'une telle configuration. Seule la date de passage à la norme Stage IIIB des modèles Quantum (65 à 97 chevaux) n'est pas encore définie. Le constructeur bénéficie des avancées technologiques du motoriste Fiat Powertrain Technologies, l'une des filiales soeurs de Case-New Holland dans le groupe Fiat Industries. La dépollution par recirculation des gaz d'échappement est complétée par un filtre à particules et un DOC (catalyseur d'oxydation diesel). Les dispositifs SCR fonctionnent tous avec pulvérisation d'AdBlue dans les gaz d'échappement mais ne sont pas systématiquement dotés d'un catalyseur d'oxydation diesel (DOC). Techno 40 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 CLAAS Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration ELIOS 72 - 88 ch Fiat Powertrain Technologies NC NC NEXOS 72 - 101 ch AXOS 75 - 102 ch Perkins ARION 400 100 - 130 ch Deere Power System ARION 500 117 - 160 ch ARION 600/600C 135 - 180 ch AXION 800 180 - 238 ch AXION 900 280 - 410 ch Fiat Powertrain Technologies SCR Septembre 2012 Xerion 3800/3300 335 - 380 ch Caterpillar NC NC Xerion 5000/4500 483 - 524 ch DEUTZ-FAHR Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration Agroplus 82 - 95 ch Deutz AG NC NC Agrofarm 85 - 109 ch Agrotron K 100 - 127 ch Agrotron M 134 - 185 ch Agrotrac 140 - 163 ch Série 6 150 - 190 ch SCR Septembre 2012 Agrotron L 197 - 220 ch NC NC Série 7 210 - 250 ch SCR Septembre 2012 Agrotron X 227 - 277 ch NC NC FENDT Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration 300 NC Deutz AG SCR NC 400 700 145 - 240 ch Octobre 2011 800 220 - 280 ch Octobre 2010 900 240 - 390 ch Janvier 2011 JCB Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration FASTRAC 3000 195 - 230 ch Agco Sisu Power SCR + DOC Printemps 2012 FASTRAC 8000 279 - 306 ch Automne 2011 Pour ses tracteurs Fastrac, JCB n'a pas renouvelé son partenariat avec le motoriste Cummins et préfère s'approvisionner auprès du fournisseur Agco Sisu Power. Le fabricant d'outre- Manche dotera en revanche, à partir de fin 2012, ses chariots de manutention de ses propres blocs JCB Ecomax. Ces modèles à quatre cylindres, développant de 75 à 175 chevaux, reçoivent un turbo à géométrie variable et une vanne EGR pour réduire les concentrations de polluants en deçà des limites fixées par la norme Stage IIIB. Fendt réitère sa confiance au motoriste Deutz AG pour équiper les tracteurs de ses gammes. Les modèles de puissance moyenne (séries 300 et 400) devraient également adopter à terme la technologie SCR. John Deere a fait le pari de l'EGR et du filtre à particules et se distingue donc de ses concurrents dans le choix du système de dépollution pour les fortes et moyennes puissances. L'Américain n'a pas encore dévoilé son orientation pour les modèles de faible puissance 5R et 5M. Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration 5M 70 - 100 ch Deere Power System NC NC 5R 80 - 100 ch 6R 105 - 210 ch EGR+FAP+DOC 2011-2012 7R 200 - 280 ch 8R 260 - 360 ch 2011 9R NC La gamme Axion 900 dévoilée par Claas lors du dernier Sima est pour l'instant l'unique série à répondre aux exigences Stage IIIB. Le tractoriste d'outre-Rhin ne fabriquant pas ses propres moteurs, il fait appel à quatre fournisseurs différents. La motorisation est donc un sujet sensible. Des aménagements dans certaines gammes devraient être dévoilés à l'été 2012, lors du lancement des nouveaux Arion. Avec la présentation au Sima 2011 du TTV 7.260, Deutz-Fahr indique vouloir équiper tous les tracteurs au-delà de 130 kW d'un dispositif SCR. En deçà de cette puissance, le constructeur ne communique pas d'information pour l'instant. JOHN DEERE 40800 Aire sur l'Adour - Tél. : 05.58.71.65.83 www.remorques-gourdon.com - Mail : caroline@remorques-gourdon.com FIABILITÉ - LONGÉVITÉ REMORQUE GOURDON MULTICAISSON À BRAS GUIMA : 2 - 3 ESSIEUX o 19 T / 24 T / 29 T et 32 T de PTAC o Porte hydraulique à grand dégagement avec connexion automatique du circuit hydraulique (Hydro Self Concept, Système Breveté) Un constructeur au service des professionnels de l'agriculture LOCATION VENTE BENNE TERRASSIERE 12M3 à essieux moteurs avec assistance hydraulique POCLAIN BENNE MONOCOQUE GRAND VOLUME LOCATION VENTE 18/ 21 / 24 T 42 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Techno KUBOTA Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration M60 (ex M40) 86 - 100 ch Kubota EGR + FAP + DOC Mi-2012 M - GX 110 - 135 ch LANDINI Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration Série 7 175 - 232 ch Fiat Powertrain Technologies SCR Deuxième semestre 2012 LINDNER McCORMIK Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration X70 175 - 232 ch Fiat Powertrain Technologies SCR Deuxième semestre 2012 Kubota choisit la recirculation des gaz (EGR) pour limiter les rejets en oxydes d'azote. Un filtre à particules et un catalyseur d'oxydation complètent la ligne d'échappement afin d'adapter le niveau d'émissions à la norme de niveau IIIB. En début de cycle, le système d'injection à rampe commune CRS contrôle électroniquement le point d'injection et la quantité de carburant fournie au moteur. Le gazole pénètre à haute pression d'une manière progressive. Le fabricant met en avant un ratio de combustion optimum et une bonne efficacité de combustion dans les cylindres, contribuant ainsi à réduire l'empreinte environnementale au niveau requis. Le groupe Argo décline, pour les tracteurs Landini les plus puissants, la solution SCR adoptée chez McCormick. La marque ne dévoile pas encore sa stratégie pour adapter les moteurs des autres gammes de la marque (Landpower, Powermondial, Série 5H, Powerfarm et Alpine). À l'heure où nous mettons sous presse, Lindner ne communique pas encore sa stratégie. Son fournisseur Perkins s'est orienté vers la solution EGR. MASSEY FERGUSON Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration MF3600 69 - 100 ch Agco Sisu Power NC NC MF4400 74 - 101 ch MF5400 82 - 145 ch Perkins MF6400/7400 100 - 240 ch Agco Sisu MF7600 185 - 235 ch Power SCR + DOC Janvier 2012 MF8600 270 - 370 ch 2011 Massey Ferguson, précurseur du système SCR dans le milieu agricole avec sa gamme 8600, vient d'étendre cette technologie à ses tracteurs 7600. McCormick a présenté son premier tracteur conforme Stage IIIB en 2010 et va bientôt en commercialiser les premiers exemplaires. La marque ne communique pas encore ses choix pour les machines moins puissantes (MTX, MC, G-Max, T-Ma et C-Max). La plupart des gammes de tracteurs New Holland concernées par le passage à la norme Stage IIIB ont déjà franchi le cap, ou sont en cours de transition. La division Fiat Powertrain Technologies du groupe Fiat Industries a fait preuve de réactivité pour adapter les machines de la marque aux contraintes environnementales en vigueur. Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration T4 65 - 97 ch Fiat Powertrain Technologies Technologie EGR NC T5 88 - 114 ch EGR + FAP + DOC Été 2012 T6 110 - 175 ch SCR Printemps 2012 T7 125 - 269 ch T8 257 - 389 ch Printemps 2011 T9 354 - 557 ch New Holland SAME Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration Dorado 3 82 - 95 ch Deutz AG NC NC Explorer 3 85 - 109 ch Silver 3 99 - 109 ch Laser 3 140 - 163 ch Iron 100 - 220 ch SCR Diamond 250 - 275 ch NC Valtra est déjà bien avancé dans l'intégration de nouveaux moteurs mais n'indique pas encore les modifications apportées à ses modèles de moins de 124 chevaux. Pour développer ces solutions, il a profité des synergies historiques avec le motoriste Valmet, devenu SisuDiesel et désormais Agco Sisu Power. Zetor ne souhaite pas communiquer sur les choix à venir concernant ses propres moteurs. ZETOR Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration Proxima 85 - 105 ch Zetor NC NC Forterra 85 - 128 ch VALTRA Gammes de tracteurs Intervalle de puissance (> 76 ch) Moteur Système de dépollution Premières livraisons dans cette configuration Série A 74 - 101 ch Agco Sisu Power NC NC Série N (113, 123, 143, 163) 124 - 163 ch SCR + DOC Septembre 2012 Série T 141 - 215 ch Mars 2012 Série S 270 - 370 ch Mars 2011 Same met à contribution le motoriste Deutz Ag pour finaliser l'intégration des moteurs à technologie SCR sur ses modèles Iron. Les choix concernant les autres modèles ne sont pas encore connus. Mais Same devrait rester fidèle à son fournisseur de moteurs : le groupe Same Deutz- Fahr détient 25,1 % de son capital. A B O N N E Z -V O U S ! 3packs au choix 3 bonnes raisons de s'abonner ESSAI Landini 7-165 Fière allure LE MAGAZINE 100 % MACHINISME N° 167 - JUIN-JUILLET 2011 ISSN 1267-7000 - 5,50 EUROS AGUIRRE P 1200 AMAZONE UF 1201 BERTHOUD ELYTE CARUELLE OLYMPIA 120S GYRLAND TOPFLOW JOHN DEERE 512 KUHN DELTIS LEMKEN SIRIUS 9 SEGUIP VXP 120S TECNOMA MAXIS VICON IXTER B13 VOGEL ET NOOT IS LES PULVÉRISATEURS PORTÉS Descriptif technique Fendt 700 Vario SCR : vision panoramique Nouveautés Väderstad : des Carrier portés pour la France PLATE-FORME D'OBSERVATION Exclusif MAT167- Couverture.indd 1 08/06/11 16:39 PACK ÉCO ÉQUIPEMENT ENTREPRISE Tour de marché Les pulvérisateurs automoteurs HORS-SÉRIE N° 9 - MAI 2011 ISSN 1267-7000 - 5,50 Chenilles pour intervention sans souci Xérion Villeton : le Claas de neige INNOVATIONS... 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Exploitant ? ETA ? Concessionnaire ? Autre : __________________________________________ SAU : ______________________________________________________ ha Je souhaite recevoir Décisions Machinisme : par E-mail: _____________________________________________ par Fax : _________________________________________________________ ? Je joins mon chèque de règlement ? 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Les agriculteurs contraints de couvrir une partie de leurs sols avec des cultures intermédiaires se sont parfois retrouvés à multiplier les interventions pour venir à bout de cette masse végétale abondante. La méthode de destruction chimique reste la plus fréquemment utilisée pour sa facilité d'intervention, son faible coût et son efficacité sur la majorité des espèces. Mais le contexte réglementaire actuel restreint les possibilités d'usage des herbicides. Dans ce dossier, Matériel Agricole s'est intéressé à des moyens de destruction mécanique innovants. Nous avons rencontré deux agriculteurs ainsi qu'un expert d'Arvalis-Institut du Végétal. Le premier met tout en oeuvre pour détruire au mieux ses couverts végétaux alors qu'il ne laboure plus. Le second vient d'essayer un original rouleau hacheur qui s'utilise en combinaison avec la charrue. Un dossier d'Aurélien Groult 46 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Dossier « Dépasser le stade de la moutarde et du broyage » Arvalis-Institut du Végétal mène, depuis 2005, des essais sur la destruction des couverts végétaux. Parmi les différentes opérations possibles, Jérôme Labreuche, ingénieur travail du sol au sein de cet organisme, fait part de son analyse sur l'espèce de culture intermédiaire à choisir selon son mode de dégradation. Son avis aiguisé remet un peu en question les pratiques les plus répandues actuellement. Matériel Agricole : Quels enseignements retenir de votre enquête menée auprès de mille agriculteurs abordant notamment les méthodes de destruction des couverts végétaux ? Jérôme Labreuche : Deux pratiques majeures se distinguent chez les agriculteurs labourant systématiquement avant une culture de printemps (48 % du panel). Le broyage destiné à détruire les cultures intermédiaires reste chez eux une technique assez répandue (cf. encadré). Autre constat, 50 % de ces adeptes du labour sèment systématiquement une moutarde. Certes, cette culture s'avère facile à implanter et peu coûteuse en semence, mais elle engendre souvent un important surcoût lors de sa destruction par broyage, une opération qui s'avère également gourmande en main-d'oeuvre. Ce surcoût peut-être évité en semant d'autres espèces de cultures intermédiaires n'exigeant pas de lourds moyens de destruction, à l'instar de la phacélie, voire de la navette. Les non-laboureurs, pour leur part, ne sont que 15 % à implanter de la moutarde. Ces agriculteurs, qui affichent davantage d'attentes sur le plan agronomique, sèment souvent plus tôt leurs cultures intermédiaires que les laboureurs. Ils font plus souventappel à des mélanges d'espèces (avoine et vesce ou radis et vesce par exemple). Ils remplacent alors le labour par une destruction chimique et privilégient le déchaumage au broyage. M.A. : Quelle est la date optimale pour détruire la culture intermédiaire ? J.L. : D'un point de vue purement agronomique, deux mois d'intervalle sont nécessaires entre la destruction du couvert végétal et le semis de la culture de printemps suivante. Le couvert a ainsi le temps de pousser et de faire son travail : piéger l'azote, protéger le sol... Le même laps de temps s'avère également nécessaire après sa dégradation pour qu'il préserve la disponibilité en eau ou en azote et ne gêne pas l'implantation de la culture suivante. Pour une céréale d'hiver, la destruction peut intervenir au dernier moment, juste avant le semis. Mais quelles que soient les situations, il faut se référer à l'arrêté préfectoral de la directive nitrates de chaque département qui dicte, sur le plan réglementaire, la date seuil autorisant la destruction. Dans de nombreux cas, l'opération est possible à partir du 15 novembre mais cette date varie notamment, dans certains départements, selon le type de sol. M.A. : Quel mode de destruction choisir ? J.L. : Il existe différents moyens de dégradation d'une culture intermédiaire : le gel, l'intervention chimique ou mécanique (cf. figure 1). Globalement, plus la végétation est développée, plus elle sera sensible au gel et à une destruction mécanique. Certaines espèces périssent bien sous l'effet du gel (nyger, tournesol) mais exercent une concurrence assez limitée sur les adventices ou les repousses. D'autres comme la moutarde blanche, la phacélie, l'avoine fourragère, la vesce ou la lentille s'avèrent un peu plus résistantes au gel. Bien développées, elles peuvent se dégrader si le thermomètre atteint - 5 à - 10 °C. Certaines espèces se Cinq questions à Jérôme Labreuche ingénieur travail du sol à Arvalis-Institut du Végétal Deux grands profils de destructeurs Arvalis-Institut du Végétal vient d'enquêter auprès d'environ mille agriculteurs sur leurs pratiques de travail du sol. Au sujet de la destruction du couvert végétal, deux profils se distinguent, ceux labourant systématiquement avant une culture de printemps et ceux n'utilisant pas la charrue. Destruction chimique Labour 64 % 56 % 32 % 15 % 15 % Destruction chimique Broyage Déchaumage Déchaumage Broyage Roulage Roulage 33 % 9 % 5 % 4 % Les laboureurs Les non-laboureurs Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 47 s'avère très différente d'une espèce à l'autre (cf. figure 2) et selon le stade du couvert. Sans atteindre le résultat optimal, le roulage permet une bonne destruction de la moutarde blanche et de la phacélie. Sur d'autres espèces comme l'avoine ou les légumineuses, les effets varient selon le développement du couvert. La vesce peu développée, le colza, le triticale ou le trèfle incarnat résistent aussi bien au gel qu'à l'action des rouleaux. Cette méthode peu coûteuse se révèle toutefois aléatoire du fait de son intervention quasiment indispensable les jours de gel. Et peu de jours sont disponibles dans l'année selon les régions. Dans certains cas, une date de destruction tardive s'avère moins adaptée au semis d'orge de printemps par exemple. Et attention aux repousses, car le rouleau détruit le couvert, mais ne nettoie pas la parcelle. M.A. : En excluant le rouleau, quels résultats attendre des autres matériels susceptibles de détruire un couvert végétal ? J.L. : Il n'y a pas de matériel miracle mais un choix judicieux à faire en fonction du couvert végétal et de la culture suivante programmée dans la rotation. Si le labour est bien refermé, la charrue figure comme l'un des outils les plus performants pour détruire les couverts. La majorité des plantes sont sensibles à cette technique, sauf une moutarde très développée qui ne sera pas enfouie et qui obligera à coupler l'intervention avec un broyage. Autre plante récalcitrante, le radis peut parfois repousser après un labour. Le mode de destruction par un travail superficiel du sol nécessite un outil présentant suffisamment de dégagement pour faciliter le passage des résidus, à l'instar des déchaumeurs à disques indépendants, des bêches roulantes voire de certains outils à dents. Le broyage a peu d'impact sur le sol, en dehors du tassement engendré par les roues du tracteur. Seules les espèces poussant en hauteur ou suffisamment développées (phacélie, nyger) et celles ne repoussant pas après avoir été coupées sont adaptées à ce mode de destruction, à l'image de la moutarde, du tournesol ou du sarrasin. Le déchaumage, adapté à un plus grand nombre d'espèces que le broyage, ne permet pas non plus de tout détruire. Certains couverts végétaux repartent par leur pivot, ou par tallage à l'instar des graminées. A.G. montrent moins sensibles au gel et au roulage, comme les céréales d'hiver au stade tallage ou les crucifères au stade rosette. Mais attention, si un couvert gèle tôt, il lève alors la concurrence vis-à-vis des adventices. La destruction chimique est facile à mettre en oeuvre et peu dépendante de l'humidité du sol. Elle bénéficie d'un bon débit de chantier et de multiples espèces y sont sensibles. Toutefois, la réglementation limite son recours dans de nombreux départements, sauf si la culture suivante est semée en non-labour (dérogations possibles). Quant à l'intervention mécanique, différentes options sont possibles : le labour, le déchaumage, le broyage ou encore le roulage. Viser 100 % de destruction de la culture intermédiaire n'est pas nécessaire. L'opération demande tout de même de la prudence car certaines plantes peuvent repiquer et monter en graine dans la culture suivante, à l'instar du radis, du trèfle incarnat ou du seigle. D'où la nécessité de bien choisir son espèce de couvert en fonction de son mode de destruction et des possibilités de rattrapage dans la culture suivante. M.A. : Quelles sont les conclusions des essais menés par Arvalis- Institutdu Végétal sur la destruction mécanique des couverts ? J.L. : Entre 2005 et 2010, Arvalis- Institut du Végétal et les chambres d'agriculture des Pays de la Loire ont mené 18 expérimentations pour évaluer l'impact du roulage sur la destruction du couvert végétal. Lors de ces essais, nous avons utilisé trois variantes de rouleau. Les modèles conventionnels, de type Cambridge ou Cultipacker, appareils souvent déjà présents sur l'exploitation, ont l'intérêt de bien suivre les dénivellations du terrain. Les rouleaux « hacheurs » sont creux et intègrent des fers plats en périphérie servant à couper la végétation. Moins agressifs, les rouleaux « couteaux » sont quant à eux pleins et munis de cornières destinées à pincer le couvert. Moins sensibles au bourrage en conditions collantes, ces derniers sont inspirés des modèles américains knife rollers ou brésilien rolo faca. Si l'écart en termes d'efficacité entre les différents types de rouleaux est limité, la sensibilité au roulage Sensibilité des couverts végétaux à différents modes de destruction. Source : Arvalis-Institut du Végétal Effet de la destruction mécanique par roulage de différentes espèces de cultures intermédiaires 5 4,5 2,5 3,5 1,5 4 2 3 1 0,5 0 Source : Arvalis-Institut du V égétal Mo bl = moutarde blanche ; Phac = phacélie ; Av p = avoine de printemps ou fourragère ; Radis f = radis fourrager ; Leg = féverole, pois, gesse, lentille ou trèfle d'Alexandrie ; Vesce = vesces commune ou pourpre ; TrCoTri = trèfle incarnat ou colza fourrager ou triticale. Synthèse de 18 expérimentations menées entre 2005 et 2010 par Arvalis-Institut du Végétal et les chambres d'agriculture des Pays de la Loire. Mo bl roulée Phac roulée Av p roulée Radis roulé Leg roulée Vesce roulée Mo bl Phac Av p Radis f Leg Vesce TrCoTri roulé TrCoTri Note de destruction 5 : totalement détruit 0 : non détruit Figure 2 Figure 1 EARL Delaitre Jean-François / Ussy-sur-Marne (Seine-et-Marne) Selon Jean-François Delaitre, agriculteur à Ussy-sur-Marne, plus le couvert végétal est développé, plus les bêches roulantes s'avèrent efficaces pour le détruire. 48 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 culture de printemps », constate l'agriculteur. L'objectif de la destruction mécanique est de briser les tissus des plantes afin que le gel pénètre et fasse son effet. Pour cela, l'agriculteur utilise un déchaumeur Compil de Duro muni de bêches roulantes qui déchausse les racines et brise les tiges plutôt que de les découper. En travaillant toujours cas de fort gel) ni dégrader le sol s'il est trop humide. Et je travaille jusqu'à ce que la gelée s'estompe, souvent vers neuf heures du matin. En roulant à 14 km/h, je détruis jusqu'à 50 hectares dans la nuit avec mon outil de six mètres de large. En deux, voire trois opérations nocturnes, j'arrive à gérer tous mes couverts végétaux précédant une à 5 cm de profondeur, l'appareil laisse les résidus en surface. La date de destruction aléatoire Le Compil, acheté en copropriété, est utilisé depuis quatre ans par Jean-François Delaitre et son voisin Jean-Marie Bouillé. Renouvelé l'année passée, il intervient sur une surface totale de 470 hectares, soit, en développé, environ 1 500 hectares. Le matériel sert également au déchaumage, au semis des couverts végétaux comme des céréales et à la préparation des sols au printemps. « Si la température ne descend pas suffisamment bas, la destruction mécanique manque d'efficacité. Cette année, par exemple, j'ai détruit les couverts début décembre. Le sol était sec mais pas gelé. Comme l'outil travaille en surface, certaines moutardes sont reparties », regrette l'exploitant. Les plantes s'avèrent moins difficiles à détruire au stade floraison qu'au stade montaison. Globalement, plus elles sont développées, plus elles se dégradent facilement. Mais il faut trouver un bon équilibre entre le temps que le couvert fasse son travail et l'effet dépressif possible sur la culture suivante. La moutarde, par exemple, se lignifie au stade floraison. La lignine alors produite se dégrade difficilement dans le sol, ce qui retarde la disponibilité en azote. L'appareil à tout faire L'agriculteur ne laboure plus depuis 2004 et implante systématiquement un couvert végétal avant une culture de printemps. Cette Dossier « Je n'hésite pas à détruire les couverts la nuit pour profiter du gel » Depuis 2004, Jean-François Delaitre, agriculteur en Seine-et-Marne, implante systématiquement des couverts végétaux avant ses cultures de printemps. Il sème tôt un mélange d'une petite dizaine d'espèces qu'il détruit mécaniquement la nuit à l'aide d'une bêche roulante, quasiment le seul outil de travail du sol et de semis désormais présent sur l'exploitation. Apercevoir l'hiver un tracteur dans un champ au milieu de la nuit est assez rare. Cela se produit pourtant deux à trois fois par an à Ussy-sur-Marne (Seine-et- Marne). Là-bas, un jeune exploitant, Jean-François Delaitre, a de la suite dans les idées. Friand d'expérimentations et d'observations, il s'est rendu compte que la température optimale pour détruire efficacement ses cultures intermédiaires oscillait entre - 8° et - 10 °C. L'hiver, à partir du 15 novembre, il se tient donc prêt à faire feu. En se fiant aux prévisions météorologiques, notamment à celles de température, il guette les conditions optimales. « Je me lève vers 2 heures du matin, vérifie la température et la consistance du sol car l'opération doit permettre de bien briser la végétation sans user le matériel (en Le Compil compte douze trains de bêches répartis sur quatre rangées. Les paliers de ces organes utilisent un graissage centralisé facilitant l'entretien. L'indispensable autoguidage par GPS Chez Jean-François Delaitre, agriculteur à Ussy-sur-Marne (Seine-et- Marne), l'outil à bêches roulantes Compil de Duro de six mètres de large est le couteau suisse de l'exploitation. Il fait tout : déchaumer, implanter les couverts végétaux et préparer les sols au printemps. Il sert également à la destruction des couverts végétaux, souvent de nuit, et au semis de toutes les céréales. Comme ce matériel est dépourvu de traceurs, le système d'autoguidage par GPS s'est vite révélé indispensable à l'agriculteur. L'équipement s'adapte aussi bien sur le tracteur destiné à tracter le Compil que sur l'automoteur de pulvérisation. L'exploitant a choisi le système EZ-Steer de Trimble qui, grâce à un moteur électrique installé sur le volant, pilote la direction. L'agriculteur peut ainsi confortablement travailler la nuit ou contrôler de manière sécurisée le travail de son outil. Il limite également les recoupements entre les passages, gage d'économie de temps, de carburant et d'intrants. Bien adapté à ses méthodes de travail, le système d'autoguidage par GPS EZ-Steer de Trimble permet à Jean- François Delaitre de semer toutes ses céréales et de détruire ses couverts végétaux la nuit pendant le gel avec son déchaumeur à bêches roulantes. L'EARL Delaitre Jean-François en bref 235 ha de SAU dans la Vallée de la Marne, 2/3 de limons profonds et 1/3 de limons superficiels et caillouteux séchants, assolement : 50 % de blé tendre, 20 % de betterave sucrière, 17 % de colza, 13 % de féveroles. VÉHICULES DE TRANSPORT ROLLAND Tél. 02 98 85 13 40 Fax : 02 98 21 38 15 info@remorquerolland.com 15 FAMILLES ET PLUS DE 100 MODÈLES CHOISISSEZ LE VÔTRE SUR WWW.REMORQUEROLLAND.COM pratique agit positivement sur la structure, la vie biologique du sol et la biodiversité. Le semis intervient tôt, vers le 10 août, au même moment que le déchaumage. Pour cela, Jean-FrançoisDelaitre combine un épandeur pneumatique Nodet DPS 12, réduit à six mètres de large, installé sur le relevage avant du tracteur, à son outil de déchaumage traîné. Il panache 40 kg/ha de féverole à 10 kg de vesce, 5 kg de tournesol, 2 kg de phacélie et 500 grammes de moutarde ou de radis. Le mélange varie selon les opportunités et le prix de la semence. Mais l'agriculteur tient à associer plusieurs espèces afin de s'assurer du développement de la végétation quelles que soient les conditions météorologiques. « Le semis est généralement réussi. Le Compil nivelle bien le sol. Il projette la terre et les graines qui se déposent par gravité. Les semences les plus lourdes se placent en effet davantage en profondeur que les légères. Par rapport à un appareil à disques, les bêches roulantes limitent le lissage, optimisent l'infiltration et la remontée d'eau par capillarité », estime Jean-François Delaitre. Le matériel Duro demande de la puissance de traction du fait de son poids, avoisinant six tonnes. Il nécessite environ 200 chevaux sur le plat et jusqu'à 250 chevaux dans les pentes. Du fait de sa longueur importante, il ne se montre pas des plus maniables, ce qui ne facilite pas son évolution en agglomération et exige des bouts de champs de 24 voire 30 mètres de large. A.G. Le Compil de Duro, qui sert à détruire les couverts végétaux, intervient ici au semis en recouvrant les semences déposées à la volée par l'épandeur pneumatique DPS 12. La hauteur de travail se règle facilement en positionnant des cales sur la tige du vérin principal qui anime la montée et descente de l'outil. Le rouleau à double barre casse les mottes et assure la finition. Le contrôle de la profondeur est pour sa part réalisé par les roues de l'outil. Vincent Huguet / Tripleville (Loir-et-Cher) « Plus l'outil rencontre de masse végétale, plus il est efficace et moins il devient sensible aux bourrages », constate Vincent Huguet, l'essayeur du rouleau Jammet. « Le rouleau hacheur de couverts s'utilise en combinaison avec la charrue » Dossier 50 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 du Loir-et-Cher (cf. encadré). L'outil, qui est pour l'instant au stade de prototype, sert à détruire les cultures intermédiaires avant un labour. Il à geler facilement et leur simplicité d'implantation. Mais suite à un essai avec la Chambre d'agriculture de son département, il pourrait bien changer ses pratiques. Il vient en effet de tester, sur une de ses parcelles, un rouleau hacheur fabriqué par le constructeur Jammet suite à une demande de Franck Baechler, conseiller à la Chambre d'agriculture «Choisir un bon couvert végétal revient à trouver un bon précédent, considère Vincent Huguet, agriculteur à Tripleville dans le Loir-et-Cher. Il ne doit pas pénaliser la culture suivante, c'està- dire ne pas gêner mécaniquement son semis et ne pas freiner la disponibilité en éléments minéraux. » Aujourd'hui, l'exploitant doit couvrir 80 % de ses sols l'hiver et laboure presque systématiquement. Avant une culture de printemps, il sème de la moutarde ou du sarrasin. Il a choisi ces espèces pour leur capacité s'attelle sur le relevage avant du tracteur et se combine à la charrue. Mi-novembre, l'agriculteur a monté le rouleau Jammet sur le relevage avant de son tracteur John Deere 6620 de 120 chevaux. Il a positionné 200 kg de lestage sur le porte-masses intégré à l'outil et enlevé les rasettes de sa charrue quadrisoc. Il a labouré les cinq variantes de couverts présentes sur l'essai, surtout composées de mélanges de légumineuses et de graminées (avoine, phacélie, vesce, navet, lentille, féverole ou moutarde). Plus efficace sur les couverts bien développés « Dans les couverts bien développés, le rouleau s'avère efficace et le labour laisse une surface propre. En revanche, avec une végétation peu fournie, notamment certaines plantes de moins de 30 cm ou une moutarde lignifiée au stade floraison, l'outil rencontre des difficultés à tout détruire », constate l'agriculteur. L'abondance de masse végétale limite la surface de contact du rouleau avec la terre, donc les risques de bourrage. L'évolution lorsque les températures sont négatives amplifie par ailleurs Le déport latéral hydraulique et la position flottante au travail facilitent l'évolution du rouleau en combinaison avec la charrue, même si l'appareil peut convenir également à des itinéraires techniques sans labour. Le rouleau Jammet intègre des barres plates intercalées et inclinées. Un parallélogramme animé par un vérin à double effet articule le châssis du rouleau hacheur et permet son déport à droite ou à gauche selon le sens de travail de la charrue. Vincent Huguet, agriculteur dans le Loir-et-Cher, vient d'essayer le nouveau rouleau hacheur de Jammet. L'outil, qui détruit un couvert végétal juste devant la charrue, a révélé ses capacités sur différentes espèces. Cette expérimentation, menée en collaboration avec Franck Baechler, conseiller à la Chambre d'agriculture du Loir-et-Cher, devrait inciter l'agriculteur à modifier ses pratiques. Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 51 différence d'efficacité. En revanche, certaines espèces de couverts se montrent beaucoup moins gourmandes en puissance de traction lors du labour. La moutarde, par exemple, figure parmi celles demandant le plus d'énergie lors de son retournement », constate Vincent Huguet. Une observation qui semble le convaincre à choisir une autre espèce pour les années à venir. A.G. son action. Le cylindre Jammet, de 850 mm de diamètre, pèse environ 800 kg. Il intègre des barres plates intercalées et inclinées. Son agressivité se modifie en inversant son sens de rotation. La largeur de travail, de 1,55 mètre pour le moment, correspond à une charrue de quatre corps de 16 pouces de largeur de raie. Du fait de son envergure fixe, il ne permet pas d'exploiter toutes les capacités d'une charrue à largeur de raie variable. L'essai comparait également un itinéraire de couvert broyé à un autre non broyé. « Entre les deux modalités nous n'avons pas constaté de Le rouleau hacheur de Jammet intègre un porte-masse, situé sur la barre d'attelage, qui autorise le lestage avant du tracteur. « Le rouleau hacheur favorise le labour agronomique » Franck Baechler, conseiller à la Chambre d'agriculture du Loir-et-Cher, anime des formations sur l'intérêt des couverts végétaux dans les itinéraires incluant un labour. « La destruction mécanique des cultures intermédiaires engendre souvent un passage supplémentaire, synonyme de tassement et de surcoût, notamment en cas de broyage. Cette pratique, en accélérant la décomposition des plantes, permet une redistribution plus rapide de l'azote. Mais elle engendre des mauvais labours en plaçant les résidus dans le fond de la raie », indique Franck Baechler. Le conseiller a donc fait appel, il y a deux ans, au constructeur d'outils de travail du sol Jammet pour concevoir un appareil capable de détruire les cultures intermédiaires en un seul passage lors du labour. L'outil devait répondre à trois objectifs : coucher, blesser et aider à l'enfouissement du couvert. La verse des cultures intermédiaires facilite le passage de la charrue. La blessure, en deux, voire trois endroits de la plante, optimise sa dégradation. Elle doit permettre de se substituer au broyage en évitant les repousses. En facilitant l'enfouissement des résidus, le rouleau dispense de la présence de rasettes sur la charrue et engendre un labour plus favorable sur le plan agronomique. Les débris sont en effet répartis sur l'ensemble de l'horizon travaillé. Ils ne sont pas plaqués en fond de raie et n'empêchent donc pas la circulation de l'eau. « Certes, la moutarde est une culture intermédiaire peu coûteuse et facile à implanter. Mais il existe d'autres solutions, notamment en mélangeant des espèces, plus intéressantes d'un point de vue agronomique. Ces variantes de couverts peuvent se détruire facilement grâce au rouleau hacheur. Elles apportent une réponse agronomique à une contrainte réglementaire », conclut Franck Baechler. Des coutres circulaires optionnels, montés sur des ressorts réglables en pression, prédécoupent le passage du soc de la charrue et facilitent l'écoulement des résidus. Actualités 52 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Du 2 au 4 mars : Foire à l'occasion de Retiers La ville de Retiers, en Ille-et-Vilaine, organise du 2 au 4 mars sa réputée foire aux matériels agricoles d'occasion. Cette manifestation est animée par les concessionnaires de la région. Tél. : 02 99 43 52 47 Les 3 et 4 mars : Agri-occase (Belgique) Ciney, en Belgique, organise sa traditionnelle foire aux matériels d'occasion les 3 et 4 mars. Cet événement rassemble des matériels agricoles, horticoles et de génie civil, ainsi que des pièces détachées. www.cineyexpo.be Les 28 et 29 mars : SIAD Le Salon international du bio et de l'agriculture durable se tient au parc des expositions d'Agen les mercredi 28 et jeudi 29 mars. Cette manifestation propose des conférences axées sur la gestion de l'eau et accueille des exposants de matériels adaptés à l'agriculture biologique. Tél. : 05 53 77 83 55 - Fax : 05 53 96 62 27 info@orgagri.org - www.salon-agriculture-durable.org Du 16 au 21 avril : Intermat Salon international des matériels de travaux publics, Intermat s'installe au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte du 16 au 21 avril. Cet événement accueille notamment de nombreux constructeurs d'engins de manutention et la plupart des motoristes. Tél. : 01 76 77 11 93 - www.intermat.fr Les 23 et 24 mai : Salon de l'herbe Les mercredi 23 et jeudi 24 mai, le Salon de l'herbe retrouve les terres bretonnes de Nouvoitou (Ille-et- Vilaine). L'événement, qui attend 30 000 visiteurs, comprend 22 hectares de ray-grass anglais tardif dédiés aux démonstrations de récolte. Il propose également un hectare de vitrines végétales. www.salonherbe.com Le 28 juin : Mécatraction Le réseau des Cuma de l'Ouest organise le jeudi 28 juin son nouvel événement Mécatraction à Gaël, en Ille-et- Vilaine. Cette journée technique sera animée par des démonstrations et abordera différents sujets tels que la traction, la manutention, la consommation de carburant, les pneumatiques, les coûts de revient... Tél. : 02 99 54 63 15 Fax : 02 99 54 85 49 communication.ouest@cuma.fr - www.ouest.cuma.fr Du 27 au 30 juillet : Foire de Libramont La foire agricole, forestière et agroalimentaire de Libramont( Belgique) se déroulera du vendredi 27 au lundi 30 juillet. Elle attend 200 000 visiteurs et 1 500 exposants sur un site de 30 hectares. Tél. : +32(0) 61 23 04 04 - Fax : +32(0) 61 23 04 09 - www.foiredelibramont.be Agenda Bucher. Un franc suisse trop fort Le groupe Bucher a apprécié en 2011 les performances de ses différentes activités, notamment Kuhn. Mais leur transcription en franc suisse peut s'avérer décevante. Lemken. Un développement international La campagne 2011 a permis à Lemken d'oublier 2009 et 2010 et de retrouver le chemin de la croissance. Son chiffre d'affaires de 266 M€, en progression de 31 %, se situe au-dessus de celui de 2008. Franz-Georg von Busse, le P.-d.g. de ce constructeur allemand de matériels de travail du sol, estime qu'il a profité de la stabilité des prix des produits agricoles ainsi que d'un effet de rattrapage du marché. Lemken a progressé sur chacun de ses grands marchés internationaux, notamment en France et en Russie. En 2011, la firme a entrepris une large offensive pour se développer sur le plan international. Elle a ainsi créé quatre nouvelles filiales en Scandinavie, en Espagne, au Portugal et en Afrique du Sud. Il a entrepris, par ailleurs, de construire deux nouvelles usines, à Nagpur en Inde et à Quingdao en Chine, pour desservir les marchés émergents. La première offrira dès 2012 une capacité de production de mille petites charrues. B.S. La vigueur du franc suisse a été la principale source d'inquiétudes du groupe Bucher en 2011. Elle a rendu plus délicate la compétitivité de ses productions nationales en composants hydrauliques ou en matériels d'entretien communal et a atténué les bons résultats de ses différentes divisions, notamment Kuhn. Pour autant, le groupe helvétique ne se plaint pas. Son chiffre d'affaires de 2,02 milliards de francs suisses (1,67 Md€) a progressé de 14,9 % en un an, soit, en tenant compte des variations de taux de change, de 27,2 %. Étonnamment, aucune crise de la dette publique n'a affecté la demande en véhicules communaux. Le groupe Kuhn, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 1,02 milliard de francs suisses (847 M€), reste la division la plus importante de Bucher. Son effectif atteint 4 230 personnes, soit 637 de plus en un an. Le montant de ses ventes a progressé, en valeur brute, de 20,6 % et de 36,3 %, en corrigeant les variations de change. Kuhn a profité des conditions favorables dans chacun de ses grands marchés, en Europe de l'Ouest et de l'Est, aux États-Unis ou au Brésil, mais aussi de son acquisition de Krause Corporation, un fabricant d'outils de travail du sol du Kansas. Le carnet de commandes épais de 506 millions de francs suisses (417 M€), en progression de 41,8 %, offre de bonnes perspectives au constructeur. B.S. Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 53 Lindner. La conquête de l'Europe Grâce à ses résultats en Allemagne, en Suisse et en France, Lindner est parvenu à hisser la proportion de ses ventes à l'exportation de 40 % à 44 %. Sur son territoire, l'Autriche, il atteint la troisième place du podium avec 13 % du marché. En Allemagne, il a progressé de 26 % avec 226 tracteurs immatriculés et en Suisse de 15 % avec 144 unités. Le marché français s'est également montré soutenu et particulièrement demandeur en modèles Geotrac de plus de 100 chevaux. Le constructeur espère un chiffre d'affaires de 75 M€ pour son exercice 2011-2012 se clôturant en mars. B.S. Quads. Un régime en baisse L'engouement pour les quads et SSV semble se tasser. Les immatriculations de ces engins hésitant entre une vocation ludique et des usages professionnels ont baissé de 8,84 %, passant de 31 941 unités en 2010 à 29 117 en 2011. Le TaïwanaisKymco et le Japonais Yamaha se détachent en tant que leaders du marché. B.S. Horsch. Poussé par la France En 2011, le marché français a joué un rôle majeur dans la croissance de Horsch. La firme allemande a en effet enregistré un chiffre d'affaires de 30 M€ dans notre pays, soit 11 M€ de mieux qu'en 2010. La France est le plus important marché à l'exportation de ce fabricant bavarois de semoirs et de matériels de travail du sol. L'arrivée, dans la gamme, d'outils de trois et quatre mètres de large lui a été bénéfique pour se développer dans des régions telles que le Sud-Est ou la vallée du Rhône. Aujourd'hui, Horsch se déploie en France sur un réseau de 89 concessionnaires exclusifs. Il a réalisé, cette année, un chiffre d'affaires global de 165 M€ avec 735 salariés. Pour 2012, le constructeur vise 205 M€. Il a pour cela multiplié les investissements immobiliers. Le siège de Schwandorf va ainsi se voir doter d'un nouveau centre de développement. L'usine de Ronneburg va être agrandie pour doubler ses capacités de production et à Landau, les matériels de pulvérisation Horsch Leeb seront bientôt montés dans un nouveau bâtiment. B.S. Amazone. Mieux qu'en 2008 Avec 395 M€ de chiffre d'affaires, Amazone est parvenu à dépasser, en 2011, son record de 2008 (380 M€) et à se rétablir de 35 % par rapport à 2010. Grâce à des marchés particulièrement porteurs en Russie, en France, au Royaume- Uni, en Australie, en Nouvelle-Zélande, dans les Pays Baltes, en Tchéquie ou en Bulgarie, le constructeur a réalisé 80 % de ses ventes à l'export. L'année 2011 a été marquée pour Amazone par un programme d'investissement de 12 M€ pour agrandir les sites de production. En 2012, la firme prépare un nouveau site de stockage et de logistique à Leipzig (Allemagne). B.S. Manitou. À nouveau bénéficiaire La remontée de ses différents marchés a permis à Manitou de poursuivre sa reprise. Sur son exercice 2011, son chiffre d'affaires de 1,13 Md€ se situe entre son plancher de 2009 (684 M€) et son record de 2007 (1,59 Md€). La rentabilité retrouve des couleurs avec une marge opérationnelle de 4,5 % et un résultat net enfin positif. Les actionnaires vont donc pouvoir espérer un retour de leurs dividendes. La progression est soutenue sur chacun des segments de marché du constructeur de matériels de manutention de Loire-Atlantique. Son carnet de commandes bien rempli lui permet d'envisager une croissance de 10 à 15 % en 2012. B.S. Marques Immatriculations Parts de marché 1 Kymco 4 303 14,8 % 2 Yamaha 3 885 13,3 % 3 TGB 3 410 11,7 % 4 Polaris 2 901 10,0 % 5 Hytrack 2 458 8,4 % 6 Can Am 1 899 6,5 % 7 Goes 1 286 4,4 % 8 Shineray 1 093 3,8 % 9 Arctic Cat 1 047 3,6 % 10 Masai 784 2,7 % Formation 54 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Plusieurs lycées professionnels sont engagés dans des projets de coopération avec des partenaires africains ou d'Europe de l'Est. Focus sur l'expérience des lycées de Savy-Berlette (Pas-de-Calais) et de Lamballe (Côtes-d'Armor). Le 28 septembre dernier, dans la cour du lycée d'enseignement agricole privé et unité de formation apprentis de Savy-Berlette (Pas-de-Calais) stationnait un container en partance pour la République de Guinée, à l'ouest de l'Afrique. Huit apprentis et deux de leurs formateurs s'appliquaient à le charger sans perdre de place en y logeant trois tracteurs de 65 à 80 chevaux, trois cover-crops neufs et trois charrues trisocs d'occasion, auxquels s'ajoutaient des fournitures scolaires et du matériel paramédical. Les six mois précédents, les jeunes et les enseignants s'étaient activés pour trouver ces matériels auprès des concessionnaires locaux puis pour les remettre en état. Depuis maintenant dix ans, l'établissement scolaire noue un partenariat, via l'AFDI locale (Agriculteurs français et développement international), avec la Fédération des paysans du Fouta Djallon (FPFD). Cette région est réputée être le château d'eau de l'Afrique de l'ouest. Avec le développement des cultures de pommes de terre puis d'autres espèces (oignons, tomates), la création d'unions de zone et de magasins de stockage, les besoins en mécanisation se sont accentués et diversifiés : motoculteurs, charrues trisocs, faucheuses, broyeurs, arracheuses aligneuses de pommes de terre, matériels d'irrigation... Tous les trois ans, une mission se rend sur place pour monter le matériel expédié, effectuer la maintenance des machines déjà opérantes et former des chauffeurs. « Il y a un déficit dans la connaissance de la conduite et de la maintenance. Il faut aussi pallier le turnover important des chauffeurs car de nombreux jeunes quittent les zones rurales », constate Pascal Burel, professeur de mécanique au lycée, membre de l'AFDI et responsable du projet. Pour la quatrième mission des apprentis en Guinée, rien ne s'est déroulé comme prévu. Le container est arrivé là-bas alors qu'ils étaient rentrés en France. Malgré cette déception, le séjour de novembre restera longtemps gravé dans leur mémoire. « Ils étaient sans Dans les établissements d'enseignement du machinisme agricole, les professeurs et leurs élèves mènent souvent des actions collectives en parallèle des cours. Comme l'illustrent les articles suivants, les partenariats s'établissent parfois avec des constructeurs pour travailler concrètement sur des solutions techniques ou bien dépassent les frontières et, dans ce cas, le côté humanitaire prend le dessus. Quelles que soient les différentes approches, les objectifs restent les mêmes : mobiliser les jeunes autour d'un projet commun, développer leur autonomie et préparer leur entrée dans la vie professionnelle. Par Dominique Berger Tous les trois ans, des jeunes du lycée d'enseignement agricole privé de Savy-Berlette (59) se rendent en Guinée, y remontent le matériel expédié, effectuent la maintenance des machines déjà opérantes et forment des chauffeurs. Les élèves en action À Savy-Berlette, les jeunes et les enseignants se sont affairés l'an dernier pour trouver des matériels auprès des concessionnaires locaux, des fournitures scolaires et des équipements paramédicaux et pour les expédier par container vers la République de Guinée, à l'ouest de l'Afrique. Coopération Un dépaysement formateur Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 55 repère face à une réalité difficile et presque incroyable pour eux : les villes plongées dans le noir dès 19 heures, l'inconfort, le manque de moyens, le rythme de vie différent, la débrouillardise... Ils sont rentrés avec un autre regard et du coeur à l'ouvrage, conscients d'avoir de la chance, notamment d'étudier », commente l'enseignant. Transmettre ses connaissances Plus à l'ouest de la France, plus précisément au lycée des métiers Henri-Avril de Lamballe, dans les Côtesd'Armor, a démarré en 2010 un projet avec le Sénégal. Il concerne un petit village de 1 000 habitants, Louly N'Gogom, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, Dakar. Là-bas, les paysans sont passés en dix ans d'une culture strictement vivrière à la commercialisation de leur production de légumes. Un parc de matériels a été rassemblé à leur intention et commencé à être réhabilité par un groupe d'étudiants de première bac pro maintenance des matériels agricoles : un tracteur Farmall F 240, plusieurs charrues, une herse, une remorque de 4,5 tonnes, une tonne à eau, un pulvérisateur... Il a fallu adapter le matériel aux besoins locaux, notamment les charrues ramenées à un ou deux socs. À la dernière rentrée, un nouveau groupe d'élèves a pris le relais. « Ils sont en seconde et cette approche d'ensemble tracteur-outil est en cohérence avec leur apprentissage », note Gilles Quehé, le chef des travaux de l'établissement, insistant sur une démarche qui bénéficie aux paysans sénégalais mais aussi aux jeunes apprentis. « Ils doivent rédiger des fiches de dépannage pour chaque matériel. Il leur faut identifier les symptômes de la panne, les causes probables (batterie ou bougie défectueuse, manque de carburant...) et indiquer la procédure pour réparer. Écrire ses savoirs est la meilleure façon de s'assurer de ses propres acquis. » Comme à Savy-Berlette, au fur et à mesure de l'avancement du projet, les jeunes apprennent à anticiper, à élargir leur cercle de connaissances aux différents partenaires, aux donateurs... Une dimension humaine En marge du projet africain, d'autres élèves du lycée des métiers Henri-Avril ont aussi été confrontés à des conditions de vie différentes des leurs. Cela fait plusieurs années que des groupes partent en mission à Padrenti, une petite ville du nord-est de la Roumanie jumelée avec la commune bretonne de Merdrignac, et à Goradze, la capitale de la Bosnie. Ils y emmènent des bennes à ordures et des camions de pompiers qu'ils ont rénovés et mis en conformité avec les normes européennes. Ces jeunes sont en section véhicule industriel (bac pro) ou agent de sécurité et travaillent en partenariat avec le service départemental d'incendie et de secours des Côtes-d'Armor. Commentaire de Gilles Quehé, coordonnateur de ce projet : « Ce voyage les a secoués, dit-il, énumérant ce qui a le plus impressionné ses élèves : la pauvreté à seulement 3 000 km de la France, les traces de la guerre avec l'impact des balles toujours sur les bâtiments et des routes interdites à cause des mines... » Ce dépaysement ouvre les yeux et les consciences. La dimension humaine de ces échanges entre bien dans les objectifs des équipes pédagogiques : comparer, réfléchir et se projeter comme citoyen du monde. Des projets mobilisateurs En seconde bac pro maintenance des matériels agricoles au lycée Henri-Avril de Lamballe (Côtesd'Armor), les apprentis participent à un projet de coopération avec le Sénégal. L'an prochain, ils livreront eux-mêmes une benne trois points et tout un container de matériels aux maraîchers du village de Louly N'Gogom, près de Dakar. De la conception à la réalisation du rouleau, un casse-tête et au bout du chemin, la fierté des jeunes de Lamballe, une meilleure appropriation des connaissances et des savoir-faire. Fédérateurs, les projets de coopération sont néanmoins lourds à organiser et gourmands en temps, en énergie et en finances. Ils nécessitent un fort engagement de la part de l'équipe pédagogique qui encadre les jeunes volontaires. La mobilisation dépasse souvent le cadre de l'établissement en impliquant les concessionnaires et les agriculteurs locaux. À Lamballe, dans les Côtes-d'Armor, tout un dispositif a été mis en place pour récolter des fonds pour le voyage au Sénégal, prévu l'an prochain (un budget de l'ordre de 18 000 €) : ventes de galettes, d'oeufs en chocolat au sein du lycée, vaste opération de collecte de journaux auprès des riverains et des invendus d'Ouest France dont la revente à une société de recyclage de journaux à Morlaix( Finistère) rapporte 100 €/t. L'exemple de ces établissements fait de plus en plus d'émules comme en témoignent les trois cas suivants. Le lycée Marcel-Barbanceys de Neuvic, en Corrèze, rassemble du matériel pour le centre de formation de Niaouli, à 50 km de Cotonou, au Bénin. En parallèle de l'appui pour la formation à la maintenance des matériels agricoles, deux jeunes en BTS agroéquipement partiront cette année pour concevoir et réaliser, avec deux étudiants béninois, un prototype de machine à dessoucher. Toujours au Bénin, le lycée des métiers des Portes-du-Lot à Clairac, dans le Lot-et- Garonne, monte un projet, à Ina, dans le nord du pays, en partenariat avec Cuma-Bénin, une association de Dordogne. Outre la mission d'un groupe de jeunes sur place et l'envoi de matériels, il est question d'ouvrir une section de maintenance agricole au collège technique du secteur. Au Mali, le lycée Gustave-Eiffel de Gannat, dans l'Allier, souhaite reprendre son chantier, interrompu pour cause d'insécurité, à Niafunké, dans le nord du pays. Il s'agit de matériel d'irrigation et d'un camion-atelier. Formation 56 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 En association avec le constructeur Case IH et son distributeur local Agridis 64, cinq étudiants de terminale bac pro maintenance des matériels - options matériels agricoles et travaux publics/manutention - du lycée Champo de Mauléon, dans les Pyrénées-Atlantiques, ont mené à bien un projet simplifiant la mise en oeuvre d'un kit de diagnostic pour la gamme de tracteurs Puma. Une expérience de collaboration école-entreprise hors du commun. Montre en main, l'identification d'un problème d'engagement de prise de force sur un tracteur ne demande désormais plus que cinq minutes au lieu des vingt habituelles. Cet exemple n'est pas le résultat d'un tour de passe-passe, mais le fruit de neuf mois de travail sur un package diagnostic confié par Case IH à cinq élèves du lycée Champo de Mauléon (Pyrénées- Atlantiques) en terminale bac pro maintenance des matériels, dont quatre sont en option matériels agricoles et un en option travaux publics/manutention. Le projet est né grâce aux relations tissées par Luc Marty, inspecteur technique chez le tractoriste sur le secteur Sud-Ouest, avec les chefs d'ateliers du réseau. En 2004, il a pris l'initiative de rassembler ces responsables, une fois par an dans un des lycées de sa zone, pour une réunion de deux jours où un temps est consacré à l'échange avec les élèves et les équipes pédagogiques. En janvier 2010 c'est au tour du lycée Champo et, très vite, l'idée d'un partenariat prend corps. Le sujet du moment : la valise de diagnostic EST (Electronic Service Tool) intégrant l'équipement Datar (oscilloscope portatif). En représentant graphiquement le comportement des éléments électriques ou hydrauliques, cet outil permet au technicien de plonger au coeur des systèmes et d'interpréter les résultats par rapport à des courbes de référence. Une avancée appréciable dont la mise en oeuvre n'est pas si simple : il faut alors six valises pour transporter le tout (ordinateur, interfaces, câbles...). Le challenge est donc d'améliorer cet ensemble, des prises de mesures au remplissage des caisses. Satisfaire au cahier des charges du constructeur Travailler directement pour un constructeur : une première pour les cinq lycéens, qui ont dû répondre à un cahier des charges bien précis et s'atteler à un exercice inhabituel, la restitution en public et devant un jury du produit fini. Un enjeu de taille aussi pour les deux professeurs impliqués dans l'aventure, Rémi Bourderiouxet Alexandre Cabrol : « Concevoir un produit susceptible d'être vendu par la marque, cela change par rapport aux montages d'atelier auxquels nous sommes habitués », confient-ils. Le lycée, ancré en zone rurale, entretient de bonnes relations avec les concessionnaires locaux grâce à ses infrastructures et au dynamisme de son équipe enseignante. Bernard Mouchet, chef des travaux, qualifie ce travail d'expérience pédagogique hors du commun, où la passion l'a emporté sur toute autre considération. Les jeunes ont pu travailler sur un Puma CVX de 225 chevaux mis à disposition par le constructeur et équipé des dernières avancées technologiques. Le Datar a été prêté par la concession Case IH Agridis 64. De nombreux partenaires comme Panasonic France, Berner, Bosch, Tyco... ont été associés au projet. Autre cheville ouvrière de cette aventure, Philippe Nivert, alors chef d'atelier chez Agridis 64 sur la base de Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques) : « Jacques Poey, mon responsable, m'a laissé le champ libre. J'ai participé à la constitution du cahier des charges et j'ai assuré l'interface entre Luc Marty et les professeurs du lycée. » Sa fierté est d'avoir mené à bien ce projet à partir d'une feuille blanche. Un fort engagement des jeunes L'implication des jeunes a impressionné le chef d'atelier. « Ce projet nous a permis d'aller beaucoup plus loin dans la pratique et d'approfondir nos connaissances dans les nouvelles technologies », reconnaissent QuentinPoustis, Alexandre Colbert et Sylvain Cantau, qui poursuivent actuellement leur cursus à Carmaux en Partenariat école-entreprise La valise magique du lycée Champo Luc Marty, inspecteur technique Case IH, rappelle l'objectif de cette collaboration écoleentreprise : faciliter et rendre plus performant le travail des techniciens du réseau lors de la recherche de panne. Alexandre Cabrol et Rémi Bourderioux, les deux professeurs, ont insufflé à ce projet une belle énergie. Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 57 BTS agroéquipement pour les deux premiers et en TP pour le troisième. Pouvoir « rentrer » à l'intérieur même du système de diagnostic et mieux découvrir une marque, voilà les deux éléments essentiels que retient un autre étudiant, Jérôme Preuilh, aujourd'hui technicien polyvalent à Saint-Paul-les-Dax (Landes) chez Euromagri, concession Fendt. À tout cela s'ajoute la fierté de travailler pour un constructeur. De fait, les élèves se sont mobilisés d'octobre 2009 à avril 2010, en rajoutant quelque 100 heures chacun hors du temps scolaire. Les deux jeunes professeurs ont dû jongler avec l'emploi du temps pour mener de front le programme classique en vue du bac et le projet, sans pénaliser le reste de la classe. Sans compter le travail de fourmi pour trouver les composants (voir encadré). « Nos élèves savent fabriquer des composants, mais ils devaient cette fois prendre en considération des contraintes de volume », explique Rémi Bourderioux. Et Alexandre Cabrol de rajouter : « Nous étions limités à un seul prototype, sans possibilité de multiplier les essais, si ce n'est sur du carton. Ce handicap les a poussés à bien réfléchir avant de faire un trou ou une soudure. » Les professeurs ont choisi de se mettre en retrait pour laisser l'initiative aux jeunes. Élèves de terminale, ces derniers avaient déjà passé quinze semaines de stages en entreprise et connaissaient donc bien le travail des techniciens d'atelier, mais aussi les impératifs de la clientèle. La réalisation dévoilée en public Ils ont donc sué, creusé, taillé, pesté, testé, pour arriver à cet emboîtement de quatre caisses qui se porte d'une seule main. Ils ont résolu la problématique de l'ordinateur posé sur le volant du tracteur ; ils ont trouvé l'alternative aux pique-fils qui, à force, détériorent les faisceaux, proposant ainsi un moyen d'acquisition fiable des mesures électriques et hydrauliques, notamment pour repérer les pannes intermittentes. Ils ont réduit de moitié le temps de mise en oeuvre de l'outil de diagnostic. Mais au-delà des aspects techniques, il a fallu aussi soigner le packaging, respecter les codes couleurs de la marque, écrire le mode d'emploi... et in fine, présenter ce travail en public. Rémi Bourderioux et Alexandre Cabrol ont ouvert le feu lors d'une séance officielle, au centre de formation de Case IH à Monthyon (Seine-et-Marne), devant tout le staff du constructeur. « Avec une caméra embarquée, nous avions filmé une intervention classique de dépannage sur un tracteur, afin de pointer les difficultés. Après la présentation de la vidéo, nous avons effectué une démonstration en temps réel avec notre système », expliquent les enseignants. Les jeunes ont pris le relais, revenant au lycée après leur bac, devant un parterre de professionnels. Ximun Darritchon, apprenti technico-commercial chez Stockman, société de vente de matériel de manutention de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), estime qu'au-delà des compétences techniques, cette expérience l'a aidé à développer sa capacité à communiquer, ce qui lui est utile aujourd'hui. Et sur un curriculum vitae, la mention d'une telle réalisation est un atout. Les deux professeurs et les élèves ont travaillé le scénario puis se sont préparés comme des acteurs (voix, posture, repères au sol) pour donner le plus de lumière possible à ce travail de longue haleine. « Efficace », commente Luc Marty, qui salue l'enthousiasme de l'équipe. La suite appartient au constructeur, avec une phase de test en concession de deux prototypes, avant l'étape de validation. D.B. Derrière le pack de diagnostic, le lycée Champo a mené un projet complet et audacieux partant de la réalisation de faisceaux intermédiaires, de connecteurs hydrauliques standardisés, d'une platine convertible pouvant accueillir un ordinateur tactile avec les interfaces d'acquisition et allant jusqu'au démarchage et au marketing. Philippe Nivert, ancien chef d'atelier chez Agridis, a participé à l'élaboration du cahier des charges. Les cinq étudiants, Sylvain Cantau, Alexandre Colbert, Quentin Poustis, Ximun Darritchon et Jérôme Preuilh, présentent leur valise de diagnostic aux professionnels de la région. La recherche de composants : un vrai travail de fourmi Les tâches étaient bien réparties : aux élèves d'identifier les composants dont ils avaient besoin, aux professeurs de les trouver. Ils ont fait appel à de nombreux sous-traitants en électronique, hydraulique, électricité et informatique, dont les partenaires habituels de Case IH. Achat, don, récupération d'échantillons, recyclage (mousses de l'avionneur Airbus) tout était bon... Pas facile de négocier le prix d'une pièce quand le fournisseur parle d'un lot de 500 ! Ils ont surfé sur Internet, parfois avancé les sommes sur leurs propres deniers... À les entendre, le plus stressant était que ces composants arrivent à temps pour ne pas bloquer les élèves. Pari gagné ! Pièces et équipement 58 Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 Pièces et équipement Matériel Agricole - N° 175 - Mars 2012 59 La CELLULE SÉCHEUSE par la combinaison du système de brassage et du passage

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