Case IH rouge comme un couteau suisse

Case IH rouge comme un couteau suisse

Qu'on se le dise, Case IH monte sur ses tracteurs et ses moissonneuses-batteuses des moteurs Fiat Powertrain Technologies ! Le constructeur s'en montre d'autant plus fier qu'ils bénéficient des talents d'ingénieurs suisses.

L'histoire industrielle mouvementée de Case IH n'a pas toujours mis à l'aise ses services marketing. La marque rouge International Harvester est devenue Case IH. Elle a hérité des technologies des tracteurs David Brown, puis de celles de Steyr et, enfin, elle s'est retrouvée hébergée aux cotés de New Holland dans le groupe CNH, lui-même intégré dans Fiat Industrial. Ce maelstrom technologique a pu rendre ses plus fidèles défenseurs perplexes, le vilipendé de la veille se transformant en l'argument du moment. Il fut un temps, pas si éloigné, où le constructeur mentionnait laconiquement « Case IH » dans la case moteur de ses brochures commerciales pour éviter d'en justifier l'origine. Des moteurs Cummins ou Perkins ont pu succéder à des blocs IH avant d'être remplacés par des Sisu ou des Iveco. Ces multiples transitions, forcément aussi difficiles à justifier par les hommes du marketing qu'à comprendre par la clientèle, paraissent définitivement digérées. Il semble que les techniciens de l'usine autrichienne de Case IH à Saint Valentin aient retrouvé, avec les équipes de développement moteur de Fiat Powertrain, une qualité de collaboration digne de leurs attentes. Il faut dire qu'ils n'éprouvent aucune difficulté à trouver une culture technique et un langage communs. L'héritage Saurer Le bureau d'études chargé de développer les nouvelles générations de moteurs diesel de Fiat Powertrain Technologies (FPT) se trouve à Arbon en Suisse alémanique. Situé au bord du Lac de Constance, il est éloigné d'un vol de cygne de l'Autriche ou de l'Allemagne. À l'image des techniciens de Saint-Valentin qui n'ont aucune raison de renier leurs racines Steyr, Case ou IH, ceux d'Arbon héritent d'une riche histoire industrielle. Leur site avait, en effet, été fondé par l'industriel suisse Franz Saurer en 1853 pour fabriquer d'abord des métiers à broder, puis des camions. Ses fameux Saurer ont marqué le paysage de la Confédération tout au long du XXe siècle. Les fameux bus postaux jaunes côtoient au Panthéon des objets et marques populaires helvétiques, les chocolats Toblerone, les crayons Caran d'Ache, les couteaux Victorinox, voire l'eau minérale Henniez. À Arbon, la production de poids lourds a cessé dans les années quatre-vingt. Mais les techniciens et les ingénieurs du bureau d'études ont su valoriser leurs talents de diéséliste en rejoignant l'activité moteur de FPT. Cette équipe qui sous les couleurs Saurer réussissait dès 1928 à intégrer le premier moteur diesel sur un poids lourd, à développer en 1934 les premières injections directes, à mettre au point, dans les années quatre-vingt, les premières rampes communs d'injection, a continué à proposer des avancées technologiques. La marque Saurer a laissé la place à la raison sociale Dereco, puis à Iveco Motorenforschung et, aujourd'hui à Fiat Powertrain Technologies. Les moyens d'essais et d'expérimentation sont désormais essentiellement mobilisés pour atteindre des objectifs de réduction d'émissions polluantes et de consommation en fiouls. Une équipe internationale de 209 techniciens et ingénieurs développe l'ensemble des moteurs diesel de FPT et travaille à leurs intégrations sur les camions et bus Iveco, sur les machines agricoles et engins de TP de CNH. Les moyens ne manquent pas. Le site dispose de 32 cellules d'essais pour tester les moteurs dans toutes les configurations possibles. Des laboratoires spécialisés étudient les systèmes d'injection, la dynamique de combustion, la résistance des matériaux. Le récent objet de fierté de l'équipe est d'être parvenu à mettre au point les nouvelles générations de moteurs Stage IV en se limitant à l'usage d'un catalyseur SCR.

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