AEFLa compatibilité en chantier

La compatibilité en chantier

En créant l'association AEF, les principaux constructeurs de machines agricoles et leurs syndicats se sont donné les moyens de faire taire l'une des principales critiques adressées aux systèmes Isobus : leur difficile compatibilité.

L'idée d'un terminal unique capable de gérer indifféremment des outils de n'importe quelle marque était séduisante lorsqu'elle a commencé à prendre corps dans les bureaux d'études des années quatre-vingt-dix. Mais les débuts n'ont été simples ni pour les constructeurs ni pour les utilisateurs. « Il existait des normes. Mais chaque constructeur développait ses propres écrans avec des touches disposées différemment et qui n'était pas testés avec des matériels de diverses marques, se souvient Carine Perrin, directrice produits ligne verte et presses chez Claas et membre de la commission marketing de l'AEF, l'association des principaux constructeurs de machines agricoles. Nous-mêmes, chez Claas, nous avions, à l'époque, commencé à développer des produits compatibles avec le système Fendt. » Dès l'an 2000, lorsque les matériels ont commencé à être développés avec des systèmes Isobus, les clients ont été assez vite séduits par les possibilités qu'offrait cette nouvelle technologie. Mais ils ont déchanté lorsqu'ils se sont aperçus que les systèmes ne tenaient pas leurs promesses en termes d'universalité. « À l'époque, il existait très peu de développements en commun entre les constructeurs et encore moins de tests de connexion. »La tentation de développer sa propre norme de communication et ainsi verrouiller sa clientèle sur les produits de sa gamme a pu tenter plus d'un constructeur, mais, se souvenant, peut-être, des difficultés à aboutir à un relevage trois points normalisé dans les années soixante, ils se sont vite rendu compte qu'une telle démarche présentait le risque de décourager les utilisateurs et de les détourner de leurs innovations. C'est ainsi que le 28 octobre 2008, sept constructeurs, Agco, Claas, CNH, Grimme, John Deere, Kverneland et Pöttinger, ainsi que le syndicat allemand des constructeurs de la mécanique, VDMA, et son homologue américain, AEM, ont décidé de fonder l'association AEF (Agricultural Industry Electronics Foundation). Ils lui ont assigné comme objectif de travailler sur la norme Isobus et sur les standards de transfert de données entre tracteurs et outils. Le travail de cette organisation internationale et indépendante a vite intéressé un grand nombre de constructeurs de machines agricoles. Petit à petit, les adhésions se sont internationalisées. Aujourd'hui, l'association compte 140 membres, parmi lesquels les grands noms du machinisme, des constructeurs d'outils, les spécialistes de l'électronique agricole, notamment les Français Agrotronix et Satplan, des fabricants de connecteurs et des syndicats de constructeurs, par exemple l'Unacoma italienne ou l'Atesa espagnole. Elle est organisée en six groupes de travail qui ont chacun pris en main l'avancement d'un certain aspect du projet Isobus (voir encadré). Carine Perrin, par exemple, s'est impliquée dans le groupe marketing et communication.Un speed dating pour constructeursLe rôle de l'AEF est de faire connaître et de promouvoir la norme Isobus mais aussi de se donner les moyens de contrôler les matériels compatibles. Pour cela, elle a travaillé sur des procédures de test et a conçu un logiciel de certification décrivant le niveau de conformité du matériel. Un nouveau label AEF plus complet et plus international prend ainsi le relais d'une marque de certification créée en 2000 par la DLG (société allemande de l'agriculture). Parmi les initiatives développées par l'AEF, l'une des plus spectaculaires est certainement l'organisation de Plugfest. Tous les six mois, alternativement en Europe et en Amérique du Nord, cet événement rassemble des techniciens et des ingénieurs des différents constructeurs. Chacun vient avec son matériel et le connecte successivement aux équipements de ses collègues pour en vérifier la compatibilité. À l'image d'un speed dating, tous les quarts d'heure, les techniciens changent de partenaire et vont contrôler une autre combinaison. Ces événements rencontrent un grand succès. Le tout dernier, organisé à Wieselburg, en Autriche, a rassemblé 150 participants et a permis de tester 64 terminaux universels et contrôleurs de tâches. Les résultats de ces travaux sont ensuite soigneusement répertoriés et rendus accessibles à toute la profession. Un site Internet dédié www.aef-isobus-database.org décrit chacun des matériels compatibles et permet aux professionnels de vérifier si la combinaison avec un outil de fabrication différente va fonctionner.[gallery link="file" columns="2"]

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