« Tout ce qui n’est pas tassé ne nécessite pas d’être décompacté », constate François Blanchet.
L’agriculteur exploite un peu plus de 200 ha, dont 150 environ en céréales. Installé sur la commune de Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, il s’est adressé à l’agence voisine Côté Route by First Stop afin d’optimiser le choix de ses pneumatiques. Cette base emploie trois techniciens spécialisés dans le montage et la réparation des pneumatiques sur les machines agricoles et les véhicules industriels. La clientèle agricole représente environ 30 % de son chiffre d’affaires, en plus des véhicules lourds (50 %) et des voitures (20 %). Le réseau First Stop (propriété de Bridgestone) compte en France 15 technico-commerciaux déployés sur le terrain afin de conseiller les agriculteurs dans le choix de leurs pneumatiques.
« Notre but est que les clients usent leurs pneus, analyse Yohan Micol, référent agricole du groupe en France. L’objectif est de rentabiliser à 100 % l’investissement. Nous devons donc bien comprendre les attentes de nos clients, les questionner sur leurs besoins pour les orienter vers le bon produit. Notre réseau intégré compte 115 points de vente. Nous pouvons en plus nous appuyer sur nos franchisés, qui totalisent 200 points de vente. Nous avons notre propre centre de formation, à Carpentras [Vaucluse]. Tous nos techniciens y sont formés. Ceci nous permet d’assurer à nos clients une prise en charge sous 2 heures. En 2024, nous avons réalisé 20 000 interventions. Nous effectuons également des astreintes pendant les périodes de récolte. La base de Saint-Pourçain-sur-Sioule va même plus loin, avec une permanence 24 heures sur 24 pendant toute l’année, étant donné qu’elle intervient aussi pour les poids lourds. »

Faire baisser la pression
De son côté, François Blanchet s’intéresse de près au sujet des pneumatiques. Il veille toujours à ajuster le lestage et la pression de gonflage en fonction des outils qu’il utilise. Il en veut pour preuve les pneus de son ancien tracteur qu’il a gardés, l’acheteur souhaitant changer de monte. Ces pneumatiques (des Bridgestone en 800 mm à l’arrière et des Continental en 750 mm à l’avant) affichent 6 000 heures de travail et une usure de 70 %.
« Nous avions fait une projection pour ces pneus : ils auraient normalement atteint 11 000 heures avant d’être complètement usés », constate Yohan Micol.
L’agriculteur possède désormais un Fendt 724 Vario. Ce tracteur est chaussé de pneumatiques Bridgestone VF 600/65 R28 à l’avant et VF 710/70 R38 à l’arrière. Il n’est cependant pas équipé de système de télégonflage.

« Il faut faire un compromis sur la pression, constate François Blanchet. Je descends jusqu’à 0,8 bar, mais la flexion des pneumatiques devient presque dangereuse sur route. J’ai acheté plus récemment un second tracteur, un Fendt 728 Vario, doté du télégonflage VarioGrip. Pour les mêmes travaux, je peux aller jusqu’à 0,6 bar à l’arrière et à 0,7 bar à l’avant. Ceci permet de limiter le tassement. Ce tracteur était équipé de pneumatiques Michelin XeoBib de 710 mm que j’ai fait remplacer par des modèles en 800 mm. Cette largeur s’avère plus polyvalente, tout en limitant le tassement. »

Travail superficiel et météo
Si l’agriculteur prend soin d’abaisser autant que possible la pression de ses pneumatiques, il veille également à limiter l’impact de son travail sur ses sols. Sur sa ferme, pas de labour, seulement de la fissuration et du travail superficiel.
« Lorsque la météo n’est pas favorable, je préfère retarder les travaux plutôt que de tasser exagérément les terrains. Ceci a un double avantage : d’une part, en travaillant dans de bonnes conditions, je réduis la consommation de carburant et l’usure du matériel, et, d’autre part, je n’ai pas besoin de décompacter le sol. Je suis la même logique pour la récolte. L’année dernière, par exemple, la météo n’était pas favorable pour la moisson du maïs. J’ai préféré attendre jusqu’au printemps que le sol soit ressuyé et porteur. Finalement, je n’ai pas perdu grand-chose en termes de rendement, et j’ai même gagné en taux d’humidité, ce qui m’a évité des frais de séchage supplémentaires. »
Et la réflexion autour des pneumatiques ne s’arrête pas aux tracteurs. En effet, François Blanchet a récemment remplacé sa moissonneuse-batteuse. Son ancienne Claas Lexion 650 était chaussée de Michelin MachXBib, alors que sa remplaçante, la Lexion 6600, reçoit des CerexBib 2. Ce changement de profil autorise une pression de gonflage diminuée de 1 bar.
« Sur la moissonneuse-batteuse, l’idéal serait d’avoir des pneus en 900 mm, mais ceci est parfois un peu large pour circuler sur route, donc je suis resté sur une monte en 800 mm », conclut-il.

