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ETA Henry  L’enfouissement de câbles de fibre optique, un créneau porteur

La trancheuse Stehr SGF 800 est attelée au relevage d'un tracteur Fendt 720 Vario favorisant le travail à faible allure.
La trancheuse Stehr SGF 800 est attelée au relevage d'un tracteur Fendt 720 Vario favorisant le travail à faible allure. (©C.G.)
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En 2019, l’ETA costarmoricaine Henry a saisi l’opportunité du développement de la fibre en Bretagne pour lancer une nouvelle activité. Elle s’est équipée d’une trancheuse Stehr pour enterrer les câbles dans le sol. Son activité s’est ensuite élargie à l’implantation des réseaux d’eau potable et d’électricité.

Alexandre Henry a toujours conduit son entreprise dans une optique de diversification et d’adaptation à la demande locale. Lors de l’installation de la fibre en Bretagne, l’idée lui est venue de s’orienter vers un nouveau créneau de développement.

Alexandre Henry mise sur le développement des réseaux enterrés pour pérenniser son activité. (© C.G.)
« Depuis une dizaine d’années, les collectivités locales ainsi que les entreprises Bouygues et Vinci faisaient partie de mes clients dans le cadre de prestations de travaux publics. Lors du développement de la fibre dans la région, l’entreprise Bouygues cherchait une solution technique pour enterrer les câbles dans le sol et m’a sollicité. Intéressé par cette perspective, j’ai étudié les matériels disponibles sur le marché. Je me suis ainsi rapproché de l’entreprise vosgienne Lomater qui importe des trancheuses de marque allemande Stehr », se remémore l’entrepreneur.

Fin 2019, il acquiert le modèle SGF 800 et signe un contrat avec l’entreprise Bouygues lui assurant deux années de chantier de pose de câbles de fibre optique.

Attelée au tracteur Fendt 720 Vario

Pour gagner en autonomie lors des déplacements entre les chantiers, la trancheuse est montée sur l’attelage à trois points d’un tracteur Fendt 720 Vario. La machine travaille en position déportée aux abords des accotements routiers. Elle s'équipe d’une roue de fraisage dotée de dents en carbure de tungstène. Cette roue, entraînée par la prise de force du tracteur au régime de 1 000 tr/min, creuse une tranchée dans le sol à une profondeur maximale de 85 cm et sur une largeur de 25 cm. Les câbles sont déroulés et déposés en profondeur, via un poseur au fur et à mesure de l’avancement, à une vitesse variable de 100 à 300 m/h. Une pelleteuse vient ensuite récupérer la terre criblée et referme le sillon grâce à un rail de compactage.

Les câbles sont déroulés et déposés en profondeur, via un poseur au fur et à mesure de l’avancement. (© C.G.)
« Un tracteur est dédié à cette activité. Sa transmission à variation continue est plus adaptée qu’une boîte mécanique en raison de la faible vitesse d’avancement lors des chantiers. Nous le rentabilisons grâce à son utilisation complémentaire pour les prestations d’ensilage, de fauchage et de pressage », commente Alexandre Henry.

Une profondeur de travail homogène

Sur les chantiers, le chauffeur est accompagné d’un opérateur chargé de contrôler la profondeur qui doit impérativement rester homogène. Une caméra en cabine lui permet de surveiller le poseur et de communiquer avec l’opérateur, qui l’informe en continu sur la profondeur de travail effective. En raison de la profondeur de ce type d'intervention, l’usure des dents s’avère importante et nécessite un temps d’entretien long, soit trois jours de soudure après une semaine de chantier. Au fil des années, les travaux d’enfouissement de câbles de fibre optique se sont étendus à la Normandie et aux Pays de la Loire. C’est non sans fierté que l’entrepreneur fait référence au chantier réalisé à Belle-Île pendant trois semaines, impliquant le transport de la trancheuse par bateau. Ce nouvel investissement a créé des opportunités que l’entreprise a su saisir, sollicitée par exemple pour installer des réseaux d’eau potable et des câbles électriques. De même, l’agrandissement des fermes conduit les exploitants agricoles à opter pour des systèmes souterrains d’alimentation en eau des troupeaux. Alexandre Henry estime le volume de travail annuel à 30 km pour la pose de câbles de fibre optique, 15 km pour l’installation des réseaux d’eau potable et 15 km pour l’enfouissement des câbles électriques.

Les chantiers d’enfouissement des câbles de fibre optique ont lieu en Bretagne, comme ici vers Belle-Île où la trancheuse est transportée par bateau, ainsi qu'en Normandie et dans les Pays de la Loire. (© C.G..)
« Les chantiers d’implantation des réseaux d’eau potable et de câbles électriques représentent une véritable opportunité pour amortir l’utilisation de la trancheuse, qui s’étend du printemps au mois d’octobre, et pallier la baisse de l’activité agricole, souligne-t-il. Ces prestations permettent de nous démarquer et de travailler avec d’autres professionnels. Cela nous enrichit techniquement et humainement. Au plus fort de cette activité, le chiffre d’affaires représentait 30 % du CA global. À ce jour, je n’ai pas de visibilité sur les années à venir, mais je crois au développement de ces prestations, car l’avenir tend vers les réseaux enterrés. »
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