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Déchaumeur à disques indépendants  Essai du déchaumeur Grégoire Besson Occitan T60 : l’habit ne fait pas le moine

À la mi-octobre, le Grégoire Besson Occitan T60 a permis la préparation des terres pour les semis de blé.
À la mi-octobre, le Grégoire Besson Occitan T60 a permis la préparation des terres pour les semis de blé. (©Aurélien Guillard)
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Nous avons essayé le déchaumeur à disques indépendants Occitan T60 de Grégoire Besson pour les semis de blé de 2025. Pas commun à l’automne, me direz-vous. Avec ses airs de cover-crop, cet outil a ainsi dû faire ses preuves aussi bien lors de travaux profonds et en forte présence de résidus, que dans des itinéraires techniques plus superficiels. Embarquez avec moi pour quelques journées d’essai aux conditions multiples.

Les modes changent, me direz-vous. La seconde moitié du XXe siècle prônait les cover-crops. Ces outils à trains de disques, en « V » ou en « X », étaient présents dans toutes les cours de ferme. La réforme de la politique agricole commune (PAC) en 1992 et l'essor des techniques culturales simplifiées (TCS) ont fait tomber de son piédestal cet outil. Les déchaumeurs à disques indépendants ont progressivement remplacé les cover-crops sur les chantiers au cours des années 2000.

Certains itinéraires techniques, cependant, réclament toujours de la profondeur de travail, sans avoir pour autant à sortir un outil à dents ou une charrue. Grégoire Besson l’a bien compris et propose l’Occitan. Le plus petit des deux modèles semi-portés, le T60, autorise une profondeur de travail jusqu'à 15 cm grâce à des disques de 620 mm de diamètre et de 6 mm d’épaisseur. C’est précisément cet outil que nous mettons à l’épreuve. Afin de tester ses aptitudes, plusieurs chantiers dans des sols variés, avec ou sans résidus ni cailloux, et à différentes profondeurs de travail sont au programme.

Le déchaumeur arrivé à bon port par camion sur la ferme en ce mois d’octobre, la batterie de tests va pouvoir débuter. J’équipe de son jumelage arrière le John Deere 7810 de l’exploitation familiale et lui accroche une masse de 810 kg à l’avant. J’attelle ensuite l’Occitan aux bras de relevage, connecte les quatre prises hydrauliques à double effet ainsi que le freinage à simple ligne hydraulique. Le 4x4 de la ferme passe devant avec un gyrophare, et me voilà parti en direction de la parcelle.

Ne pas se fier aux apparences

Le premier chantier consiste à réaliser un déchaumage derrière du soja, en vue d’un semis de blé. L’objectif est par ailleurs d’effectuer un seul passage d’outil avant la herse rotative qui viendra préparer le lit de semence. Je positionne les bras inférieurs du tracteur parallèlement au sol et remonte complètement l’essieu de l’Occitan. J’ajuste ensuite hydrauliquement le report de charge du timon et le nombre de cales sur le vérin puis la position du rouleau, afin de placer l’appareil de 5,2 m à plat. Allez ! Je pousse les vitesses powershift du tracteur et déchaume sur quelques mètres. Le travail est trop superficiel, et la surface n’est pas nivelée par endroits. Je descends alors légèrement le relevage du tracteur et remonte le rouleau de l’appareil en conséquence. C’est reparti ! La profondeur de travail est à présent suffisante.

Derrière du soja, l'Occitan est capable de réaliser un brassage superficiel sans piocher trop en profondeur. (© Aurélien Guillard)

Avec un outil à plat et un réglage du rouleau au cran 3 de la réglette, la profondeur de travail n’excède pas les 10 cm et convient à un travail superficiel, tout en nivelant la surface. Je ne touche plus aux réglages désormais et réalise les demi-tours en bout de champ sur l’essieu. Côté vitesse de travail, de 8 à 10 km/h suffisent pour un bon brassage. À 1 800 tr/min, le tracteur de près de 200 ch oscille autour des 9 km/h dans cette parcelle au sol limoneux. Quelques taches d’argile et de petites côtes font cependant tomber la vitesse de travail à 7 km/h par endroits. Même à 7 km/h, l’Occitan réalise un mulch satisfaisant dans les pailles de soja. Les 12 ha de la parcelle étant terminés, c’est une première mission accomplie pour cet outil aux faux airs de cover-crop, néanmoins capable de ne réaliser qu’un brassage superficiel.

Derrière du soja, le John Deere 7810 évolue aisément à 9 km/h pour une profondeur de travail de moins de 10 cm. (© Aurélien Guillard)

On ne peut pas tout avoir

Forcément, un châssis semi-porté est plus rassurant pour un déchaumeur pesant 7 t. Cependant, qui dit semi-porté, dit maniabilité moindre qu’avec un châssis porté. On ne peut pas tout avoir ! L’Occitan embarque un essieu positionné entre la seconde rangée de disques et le rouleau. Dans les bouts de champ, je prévois suffisamment de place pour les demi-tours. À titre indicatif, si je réalise mes passages les uns à côté des autres sans manœuvre, juste en braquant, trois tours de champ suffisent pour réaliser les fourrières. Attention cependant avec les roues jumelées ! Les panneaux frontaux de signalisation de l’outil ne me permettent pas de braquer jusqu’à positionner la tête d’attelage perpendiculairement au timon. Le tracteur jumelé mesure 3,8 m de large, et les roues viendraient alors frotter la barre supportant les panneaux réfléchissants. Sans jumelage cependant, aucun problème ! Pour autant, il ne faudrait pas y aller trop fort, la tête ne possédant pas de caoutchouc faisant office de butée bumper contre le timon. Pour ce qui est des déplacements routiers, l’outil semble bien équilibré et n’engendre pas de ballant sur le tracteur à la vitesse de 25 km/h. L’Occitan se voit en effet doté d’un système de freinage simple hydraulique qui, soit dit en passant, suffit amplement à arrêter l’ensemble. Dans les virages, il convient de tourner de façon relativement large afin de ne pas l'envoyer dans le bas-côté ou, lors de la traversée d'un village, dans le coin d’une maison. Aucun risque, enfin, que l’outil se déplie, et ce même en cas de fuite, des clapets pilotés sécurisant le tout. Pour les manœuvres à la ferme, la tête d’attelage pivotante, accrochée aux bras de relevage, permet à l'Occitan de se faufiler, dans la limite de son gabarit, presque partout. Un vrai point positif pour le remisage.

Les demi-tours se font sur l'essieu, positionné entre la seconde rangée de disques et le rouleau. (© Aurélien Guillard)

Un bon brassage à vitesse modérée

Pour tenter de sortir l’Occitan de sa zone de confort, j’intègre un chantier de déchaumage derrière du maïs grain fraîchement moissonné. Objectif : deux passages pour un semis de blé en combiné dans la foulée. La parcelle s'avérant par ailleurs légèrement montante, je sais que la vitesse de travail sera restreinte. En sol argilo-calcaire, je me dis qu’une vitesse limitée et une quantité importante de résidus mettront à mal les aptitudes en matière de brassage de l’Occitan. Le John Deere 7710 jumelé de la ferme voisine évolue à 8 km/h dans le sens de la pente et à 6 km/h en côte avec le déchaumeur. À une profondeur de travail d’environ 12 cm, la forme concave et les grands créneaux des disques suffisent à mélanger terre et résidus.

Lors d'un premier passage dans du maïs grain, une vitesse de travail de 8 km/h suffit à mélanger terre et résidus. (© Aurélien Guillard)

Marc Besson, responsable marketing de la société Grégoire Besson, m’avait dit avant l’essai : « Tu verras, la forme des disques permet un bon mélange sans besoin de grande vitesse. » C’est chose vérifiée ! Risque de fusariose oblige, les pailles doivent être enterrées correctement. Dans les zones jonchées de petits cailloux, le déchaumeur pianote aisément grâce à la sécurité non-stop à ressort des bras de disque. Le double rouleau cage rappuie ensuite le travail et émiette un peu la surface. Bien que certains endroits soient humides, les cailloux et les pailles de maïs évitent que le rouleau ne se remplisse de terre. Venu à bout de la parcelle, ce sont d’autres conditions et un changement de cavalerie qui attendent notre déchaumeur.

Le John Deere 7710 maintient une allure de 8 km/h pour une profondeur de travail de 12 cm dans les résidus de maïs grain. (© Aurélien Guillard)
Le double rouleau cage nivelle le travail et permet un émiettement accru de la surface. (© Aurélien Guillard)

Changement de cavalerie

Vous n’êtes pas sans savoir que nous avons essayé à l’automne le Fendt 829 Vario Gen5. Après avoir présenté cet essai côté tracteur dans Matériel Agricole no 325, passons maintenant côté outil. Le Fendt tout juste livré, je mets en route l’ensemble en réalisant le deuxième passage dans la parcelle au sol argilo-calcaire déchaumée précédemment. Une bonne partie des résidus étant déjà enfouie, je peux rouler à 10 km/h sans souci. Le tracteur évolue à moins de 1 300 tr/min. Ce deuxième passage terminé, je me dirige vers un champ au sol sableux, sans cailloux, dont le rendement du maïs s'élevait à 125 q/ha sec. Autant vous dire que la quantité de résidus jonchant le sol est beaucoup plus importante. Je me lance ! Dans le but de passer ensuite un outil à dents, les pailles doivent être bien découpées pour éviter les bourrages. La puissance étant au rendez-vous, j’augmente profondeur de travail et vitesse.

Les 290 ch du Fendt 829 ont permis de tester l'outil à des profondeurs et vitesses de travail supérieures. (© Aurélien Guillard)

Les 290 ch du tracteur me permettent de tracter l’Occitan à 11 km/h au régime d’environ 1 300 tr/min. À une profondeur de travail avoisinant les 15 cm, je n’ai pas à remonter les deux herses peignes, dont le réglage est pourtant au plus bas. L’une est placée entre les deux rangées de disques, et l’autre devant le rouleau. Si j’augmente la vitesse de travail, ce n’est pas dans les herses que se coincent les débris végétaux, mais dans les disques. Le flux remonte, se voit bloqué contre le bras supportant deux disques et crée un bouchon. Inutile, cependant, d’aller jusque-là. À 11 km/h et 15 cm de profondeur, les résidus sont découpés et mélangés à la terre. Clap de fin après deux journées d’essai ! Missions accomplies pour notre déchaumeur aux faux airs de cover-crop certes, mais aux multiples facettes.

Même dans les résidus d'un maïs à 125 q/ha, l'Occitan permet un bon flux de matière à 15 cm de profondeur et plus de 10 km/h. (© Aurélien Guillard)
Quelques gros cailloux peuvent se coincer entre les deux disques d'un même étançon. (© crédit)
L'Occitan embarque deux herses peignes. L'une est positionnée entre les deux rangées de disques, et l'autre derrière la seconde rangée de disques. (© Aurélien Guillard)
Sur le plat, les 170 ch du John Deere 7710 sont suffisants pour maintenir une allure de près de 10 km/h lors d'un deuxième passage. (© Aurélien Guillard)

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