Sabi AgriAlpo bouscule les codes du tracteur

Laure et Alexandre Prévault Osmani ont fondé en 2017 la société Sabi Agri, employant aujourd'hui 16 personnes.
Laure et Alexandre Prévault Osmani ont fondé en 2017 la société Sabi Agri, employant aujourd'hui 16 personnes. (©Sabi Agri)

La société auvergnate Sabi Agri conçoit et assemble des tracteurs électriques polyvalents destinés au maraîchage, à l’arboriculture ou encore à la viticulture. Ces engins conçus sur mesure répondent parfaitement aux besoins spécifiques de chaque agriculteur.

L’aventure Sabi Agri débute en 2014. Alexandre Prévault, installé en tant que maraîcher en agriculture biologique, juge que le matériel dont il dispose n’est pas adapté à ses pratiques culturales. Il conçoit alors un prototype de porte-outil polyvalent à partir de barres de fer et de roues de motoculteur. Dispensé de moteur, ce véhicule intègre des pédales, actionnées par son conducteur. Ce premier concept valide l’intérêt d’une structure légère, causant peu de dégâts sur le sol et nécessitant moins d’énergie pour réaliser des opérations superficielles tel le binage. Son inventeur, titulaire d’un diplôme d’ingénieur en mécatronique, mûrit alors ce projet et crée en 2016 un prototype de porte-outil animé par des moteurs électriques. Il se rend ensuite dans des exploitations pour en faire la démonstration.

L'Alpo Basic compte deux roues motrices et peut embarquer deux outils simultanément sur son relevage et son chargeur.

Face à l’enthousiasme suscité, il fonde, avec Laure Osmani, la société Sabi Agri en août 2017. Le premier modèle de tracteur Alpo commercialisé est présenté sur le salon Tech & Bio, fin septembre de la même année. Il a reçu à cette occasion le premier prix Technovation, récompense décernée à la suite du vote du public. L’année suivante, l’entreprise réalise une levée de fonds lui permettant de se développer. Aujourd’hui, elle emploie 16 personnes, et l’effectif devrait atteindre une vingtaine de salariés d’ici à la fin de l’année. L’équipe s’emploie à construire les trois modèles de tracteurs Alpo en répondant au cahier des charges de chaque client.

Une conception modulaire

Le modèle Basic compte deux roues motrices et deux roues directrices. Ses moteurs délivrent ensemble 25 ch électriques, et sa batterie lui offre environ huit heures d’autonomie, après une charge de 1 heure 30. Le siège, installé au centre du châssis, intègre un joystick autorisant la conduite. Il pivote à 180° afin de travailler dans un sens ou dans l’autre.

L'Alpo 4x4 est semblable au Basic, mais il reçoit une transmission intégrale et se dote d'un volant.

L’Alpo affiche un poids à vide compris entre 750 et 800 kg, selon sa configuration. Il intègre un relevage à l’arrière et un chargeur à l’avant, tous deux animés par des vérins électriques. Sa largeur hors tout, déterminée à la commande, varie de 1 à 2,20 m, tout comme sa garde au sol, de 0,50 à 0,65 m. Ce tracteur se destine à diverses opérations culturales tels le travail du sol ou l’implantation et l’entretien des cultures.

L'enjambeur porte des outils positionnés entre ses roues ainsi qu'à l'arrière, de chaque côté du rang de vigne qu'il survole.

Le modèle Alpo 4 x 4, pour sa part, reprend la même conception que le Basic. Il intègre deux roues motrices supplémentaires lui offrant une transmission intégrale. Sa puissance est donc portée à 50 ch électriques. L'engin se recharge également en 1 heure 30. Son poids oscille entre 900 et 950 kg, selon ses équipements. Le troisième modèle proposé, que l’entreprise vient de présenter, est l’Alpo enjambeur viticole. Il peut passer au-dessus de rangs de vigne dont la hauteur atteint 2 m. Tout comme le 4 x 4, il embarque quatre roues motrices, totalisant 50 ch électriques. Il peut réaliser des opérations de travail du sol entre les rangs et d’entretien de la vigne. Il compte des supports porte-outils à l’arrière et en dessous de son châssis, entre les deux essieux. Il profite d’une voie variable de 20 cm.

L’entreprise tournée vers l’avenir

Tout comme les autres modèles Alpo, l’acquéreur détermine à la commande la largeur dont il a besoin. L’enjambeur embarque un panneau solaire en guise de toit lui apportant jusqu’à 20 % d’autonomie supplémentaire, en plus des cinq à dix heures permises par une recharge de 1 heure 30. Le constructeur propose une centrale hydraulique pour l’animation des outils utilisés habituellement avec un tracteur standard.

Les tracteurs Alpo s'avèrent particulièrement bien adaptés aux opérations de maraîchage et offrent une très bonne visibilité sur l'outil frontal.

Tous les modèles Alpo sont pensés pour travailler, un jour, de manière totalement autonome. En effet, avec une durée de vie des batteries d’au moins 20 ans, à pleine capacité, il est probable que la robotisation s’accélère au cours de la vie des engins déjà en service. Il suffira alors d’injecter un programme spécifique dans l’ordinateur de l’Alpo et de le doter de différents capteurs. Sabi Agri, en tant que constructeur et programmateur de ses véhicules, travaille d’ores et déjà sur l’automatisation des tâches. L’entreprise fait partie de l’association RobAgri, spécialisée sur le sujet. Elle a été sélectionnée par l’Agence nationale de robotique et par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) afin de mener des recherches sur la place que pourraient occuper les robots dans l’agriculture de demain.

L'acquéreur choisit à la commande la largeur hors-tout de son Alpo afin de le configurer en fonction de ses besoins.

 

Réagir à cet article

Sur le même sujet

Miniatures
Miniatures

Universal Hobbies, des éditions limitées au programme

Miniatures

Ros, un Hürlimann dans la gamme

Miniatures

Tekno, la récolteuse Ploeger EPD540e récolte les pois

Miniatures

Schuco en mode "Old School" avec le John Deere 4955

Miniatures

NZG propose le Zoomlion, un tracteur venu du continent Asiatique

Parution

1,023 kg d’essais tracteur

Miniatures

weise-toys commercialise deux nouveaux MB-Trac

Miniatures

Marge Models propose des véhicules de transports Mercedes