Simple équipement : débit de traite élevé et investissement réduit

Simple équipement : débit de traite élevé et investissement réduit
Matériel Agricole vous propose, tout au long de ce mois de novembre, de (re)découvrir un dossier sur les installations de traite conventionnelles. Ce travail, paru en début d'année dans Matériel Agricole n°219, relate plusieurs expériences d'éleveurs dotés d'équipements de traite différents. En ce matin d'hiver, les vaches Holstein du Gaec Wilt à Dachstein, près de Strasbourg (Bas-Rhin), attendent leur tour dans l'aire d'attente en ruminant tranquillement. La salle de traite swing over, implantée dans un hangar attenant dédié jusqu'alors au stockage, accueille le troupeau deux fois par jour depuis plus de deux ans. Ses bras centraux pivotants soutiennent les 16 griffes de traite de l'installation et desservent, à droite comme à gauche, les 16 places de chaque quai. « Quel intérêt à installer des doubles postes pour ne les utiliser que la moitié du temps ? », lance Olivier Wilt, l'un des membres du groupement. Le jeune éleveur de 35 ans, son cadet Nicolas et ses parents Jean-Claude et Anne-Lise Wilt se disent tous convaincus par le simple équipement. La nouvelle salle de traite, mise en service le 10 mars 2014,  remplace l'ancienne installation 2 x 5 postes en épi. « Auparavant, la traite de nos 90 vaches occupait une personne pendant 2 heures et demi. La cadence à deux trayeurs est désormais similaire à celle d'un roto, soit 120 vaches/h », apprécie Olivier Wilt. Dans cet élevage, la traite des 112 vaches est aujourd'hui assurée par un ou deux associés selon les disponibilités de chacun. « 14 postes en swing over constitue un minimum pour un trayeur seul, estime l'exploitant. Et nous souhaitions nous réserver la possibilité de traire seul si nécessaire. »
« Notre installation est dimensionnée pour accueillir 180 vaches sans investissement supplémentaire », expliquent les associés de l'élevage Wilt à Dachstein (Bas-Rhin).
Cette tâche prend ainsi une heure, nettoyage compris, à deux trayeurs et ne dépasse pas une heure et demi pour une personne seule. Selon ces éleveurs, l'accès à la mamelle par l'arrière ménage davantage les épaules car la mamelle se trouvant plus proche du bord du quai. Ceux-ci, larges de 1,70 m, présentent chacun une hauteur au plancher de 87 cm. Les associés se sont bien posé la question d'investir dans des robots, mais cette hypothèse fut rapidement écartée  « Le coût de notre salle de traite avec la porte de tri et le chien mécanique de l'aire d'attente équivaut à celui d'un seul automate alors que deux étaient nécessaires pour passer 112 vaches !, s'exclame l'éleveur. Nous avons également renoncé au robot au regard des coûts d'entretien et de concentré trop élevés. »   50000 cellules/mL en moins Le troupeau laitier du Gaec est divisé en trois lots, que le trayeur pousse dans l'aire d'attente. À chacun des sept passages, seize vaches investissent simultanément l'un des quais et se positionnent selon un angle de 80 degrés par rapport à la fosse, laissant à l'opérateur un confortable accès arrière à la mamelle. Un portillon pivotant accompagne le mouvement de chaque animal. « Il arrive parfois qu'une vache en chaleur ou une génisse refuse un placement parallèle à ses congénères, mais les choses rentrent rapidement dans l'ordre.  »
La lice animée pneumatiquement contient les vaches à leur entrée sur le quai puis se soulève en fin de traite pour les libérer.
Dairymaster déconseille l'installation de pare-bouse, la vache déféquant le plus souvent lorsqu'elle investit ou quitte la salle de traite.
Après avoir verrouillé la porte arrière, le trayeur applique une mousse désinfectante de prétrempage sur les trayons, puis les essuie au papier et branche successivement les faisceaux trayeurs. Pour ne pas stimuler les 16 productrices de chaque passage trop longtemps à l'avance, il opère d'abord sur la moitié d'entre elles, puis sur l'autre moitié. Compteurs à lait, lactoduc central de 100 mm de section, système de pesée du lait... à l'exception des jetters dédiés au lavage, l'ensemble des équipements est placé en hauteur, juste au-dessus des trayeurs. Un lactoduc secondaire, d'un diamètre de 50 mm récupère et transfère le lait impropre à la consommation. L'éleveur s'épargne ainsi le nettoyage des bidons tout en réduisant le risque de contaminations croisées. « Tout le concept de traite Dairymaster repose sur la ligne haute, ce constructeur étant une référence en la matière », indique Olivier Wilt.
L'ensemble des équipements est regroupé au-dessus des trayeurs à l'abri des salissures.
Les équipements de traite du fabricant se caractérisent par une succion simultanée des quatre trayons et non en alternance comme pour les autres acteurs du marché. Ils présentent également des niveaux de dépression spécifiques appliqués au trayon durant le cycle de traite. En phase de succion, celui-ci s'élève à 50 kPa, contre 42 kPa pour une autre installation. À l'opposé, en phase de massage, il ne dépasse pas 15 à 20 kPa, une valeur bien inférieure à celles observées habituellement. « Au final, notre niveau de dépression moyen apparaît plus faible, assure l'éleveur. Avec près de deux ans de recul sur notre installation, nous constatons un bon état des sphincters et une réduction de la numération cellulaire d'environ 50 000 cellules/ml de lait. Les génisses ne donnent pratiquement plus de coup de pied en salle de traite tandis qu'auparavant, nous ramassions une griffe à chaque passage. » La fosse de traite, composée de caillebotis en plastique, présente une largeur réduite à 1,88 mètre. « Compte tenu du peu d'équipements installés sur le flanc de chaque quai, cet espace suffit largement pour ne pas se gêner. » En fin de traite, l'éleveur applique un produit de post-trempage. Il commande alors l'élévation pneumatique de la lice pour libérer les vaches qui quittent la salle par l'avant, en file indienne. Ce type de sortie  limite l'emprise au sol de l'installation, donc la surface de nettoyage. Les animaux se dirigent vers un unique couloir de retour raclé, large de deux mètres. « Nous ne regrettons pas ce vaste couloir tampon car il accueille sans problème 25 à 30 vaches traites sans perturber le groupe suivant. »
-En sortie de salle de traite, les vaches empruntent un large couloir raclé au bout duquel opère une porte de tri orientant les vaches vers l'un des trois lots prédéfinis.
  120 000 € d'investissement En termes d'entretien, chaque lavage de la machine à traire requiert 500 L d'eau, selon Olivier Wilt. « Une partie de cette eau-là est récupérée grâce à une vanne pilotée et transite par un surpresseur afin de nettoyer les quais de la salle de traite. »
« Le nettoyage des sols en fin de traite à l'aide d'un puissant jet prend moins de cinq minutes », estime Olivier Wilt.
Comme les griffes sont relativement sollicitées, les associés respectent les périodicités de remplacement de 2500 traites pour les manchons caoutchouc (soit 6 mois pour cet élevage) et de de 3 ans pour les tuyaux à lait. Le montant de l'investissement amorti sur 13 ans s'élève à 120 000 €. Il comprend la salle de traite, la porte de tri, les barrières et le montage. Les associés ont assuré eux-mêmes les travaux de maçonnerie. « Ce coût est 40 à 50 % inférieur à celui d'un roto de 24 postes », estime l'éleveur. Excepté pour les deux pré-refroidisseurs, le Gaec n'a bénéficié d'aucune aide. « Nous n'avons franchement aucun regret pour le moment », confie Olivier Wilt. Après 30 ans de bons et loyaux services, l'ancienne salle de traite Westfalia était largement amortie. « Nous espérons bien que cette nouvelle installation tiendra aussi longtemps que la précédente ! »   ------------------------------------------------------------------------------------------------------ Carte d'identité du Gaec Wilt 4 associés : Olivier, Nicolas, Anne-Lise (retraitée en mars 2016) et Jean-Claude Wilt (retraité à fin 2016), 150 ha de surface agricole utile, dont 43 ha de maïs grain, 15 ha de maïs ensilage, 25 hectares de blé, 7 ha de betteraves et 60 ha de prairies, - Un atelier lait (75 % du chiffre d'affaires) comptant 130 vaches laitières Holstein à 9900 kg de moyenne et 140 génisses, - 1,1 million de litres de lait livré à la laiterie Alsace Lait, - Un lait payé 300 €/tonne en février 2016.   Retrouvez ici d'autres articles sur le thème de la traite

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