La traite en toute quiétude à la ferme de Béthanie / Picauville (Manche)

La traite en toute quiétude à la ferme de Béthanie / Picauville (Manche)
Matériel Agricole vous propose, tout au long de ce mois de novembre, de (re)découvrir un dossier sur les installations de traite conventionnelles. Ce travail, paru en début d'année dans Matériel Agricole n°219, relate plusieurs expériences d'éleveurs dotés d'équipements de traite différents.   L'établissement et service d'aide par le travail (Esat) de Béthanie, géré par la Fondation Bon Sauveur, constitue un support favorisant l'autonomie, l'emploi et l'insertion des travailleurs handicapés. Installée à Picauville dans la Manche, cette structure médico-sociale dispose d'une exploitation laitière employant notamment six moniteurs techniques qui encadrent le travail de 34 personnes rencontrant des difficultés comportementales. Dans cette ferme pédagogique, la salle de traite de 40 postes est particulièrement épurée afin de limiter le nombre de composants dans la zone de travail des opérateurs. Sa construction a accompagné le développement considérable de l'atelier lait. En effet, la production annuelle est passée de 285 000 L en 2005 à 1,5 million de litres aujourd'hui, dont 100 000 L traités par l'atelier de transformation ouvert en 2015.
La construction du bâtiment pour les vaches laitières était indispensable pour suivre l'évolution de production laitière annuelle de la ferme de Béthanie qui est passée de 285 000 L en 2005 à 1 500 000 L aujourd'hui.
Ce changement radical de dimension a permis d'accroître la capacité d'accueil en travailleurs handicapés. Il s'est aussi accompagné d'investissements conséquents et notamment de la construction en 2013 d'une stabulation à logettes de 224 places. Ce projet a été conduit par Christophe Piedagnel, responsable technique, qui avait pour mission première de bien prendre en compte l'ergonomie des postes de travail ainsi que le bien-être des animaux sans écarter le volet économique. L'exploitation doit en effet dégager du revenu pour rémunérer la main d'œuvre particulièrement abondante. « J'ai visité, avec Patrice Lucas, le directeur de l'ESAT, plusieurs bâtiments d'élevage en France, en Allemagne et en Italie afin d'en extraire les meilleures solutions et les reproduire sur notre exploitation », souligne-t-il.
Christophe Piedagnel a visité plusieurs exploitations en France et à l'étranger pour en capter les meilleures solutions techniques.
Ces déplacements ont, par exemple, permis aux deux responsables de se rendre rapidement compte que la salle de traite rotative ne correspondait pas aux exigences de la ferme de Béthanie, alors qu'elle s'annonçait initialement comme la solution idéale. « La traite se déroulant en présence de trois à quatre travailleurs handicapés, le roto n'aurait pas permis au moniteur de surveiller correctement son équipe de trayeurs. De surcroît, ce type d'équipement occupe une plus grande surface au sol qu'une installation conventionnelle, demande davantage de travaux de maçonnerie et représente un investissement plus important, autant de points en désaccord avec le budget », précise le responsable technique.   Une cave technique sous les quais L'installation de 2 x 20 postes en traite par l'arrière avec sortie rapide est alors apparue comme la configuration la plus adaptée pour remplacer la 2 x 8 en épi. « Un modèle 2 x 16 aurait suffi mais le constructeur Delaval a su nous convaincre de passer à la taille supérieure », reconnaît Christophe Piedagnel. Afin de maîtriser au maximum le montant de l'investissement, la décision a été prise de valoriser deux des quatre aires d'exercice en parc d'attente. Un chien mécanique a donc été installé dans ces deux couloirs pour guider les vaches laitières vers la salle de traite.
Pour valoriser au maximum l'espace du bâtiment et limiter l'investissement, le responsable technique a choisi d'utiliser les couloirs des logettes comme parc d'attente. Cette solution a conduit au montage de deux chiens mécaniques.
  « Pour des raisons de budget, nous n'avons pas mis de dispositif empêchant l'accès aux logettes lorsque nous parquons les vaches. Par conséquent, les chiens ne servent aujourd'hui que de barrières mobiles et l'un des trayeurs doit se déplacer dans le bâtiment pour faire quitter les bovins de leur couchage », remarque le responsable technique, indiquant qu'un système de fermeture des logettes sera prochainement installé. Le plus surprenant dans la salle de traite est la seule présence dans la fosse des griffes et des supports de nettoyage des faisceaux trayeurs. « Notre objectif était de limiter au maximum le nombre de composants dans l'espace de travail. Nous avons donc réalisé un tunnel sous les quais qui héberge notamment les systèmes de pulsation, les compteurs à lait et le lactoduc », explique Christophe Piedagnel.
Les compteurs à lait, le compresseur, le lactoduc, la pompe à vide et le bac de lavage sont logés dans le tunnel sous les quais.
Cette cave technique peut impressionner en termes de conception mais en réalité elle ne demande pas beaucoup de maçonnerie supplémentaire. Le surcoût qu'elle a engendré est d'ailleurs estimé à 12000 € HT. Ce local souterrain libère en revanche de l'espace pour loger des composants encombrants tels que la pompe à vide, le bac de lavage, le compresseur d'air, la réserve d'eau pour le surpresseur de lavage ainsi que l'échangeur à plaques pour refroidir partiellement le lait. « En stockant ces équipements sous la salle de traite, nous dégageons des mètres carrés utiles en surface », apprécie le responsable technique.   Un bâtiment toutes options L'investissement dans la salle de traite s'est accompagné de l'informatisation des données du troupeau grâce au logiciel Alpro de Delaval. Cet outil facilite bien entendu le suivi des bovins laitiers et constitue également une sécurité contre les risques d'erreur des travailleurs handicapés. Les moniteurs peuvent en effet créer une alerte pour les animaux à problèmes et indiquer au trayeur la démarche à suivre ou tout simplement en interdire la traite. Comme le bâtiment de 45 m de large est strictement symétrique, il possède deux couloirs d'alimentation. « Nous fonctionnons avec deux lots d'animaux de taille similaire. D'un côté, les plus productrices bénéficient d'une ration riche en énergie tandis que de l'autre les vaches en fin de lactation reçoivent un mélange plus économique », souligne Christophe Piedagnel. Cette séparation du troupeau en deux est rendue possible grâce à la porte de tri située à la sortie de chaque sas réceptionnant les animaux quittant la salle de traite. Pour le confort des opérateurs et faciliter le nettoyage des quais, des buses projetant de l'eau sont intégrées dans les rives.
Des buses intégrées dans les rives de quai permettent d'humidifier rapidement le sol.
Et pour le bien-être des animaux, des lampes Delaval s'allument automatiquement en fonction de la luminosité pour assurer un éclairage du bâtiment comparable à la lumière du jour. Une brosse rotative est par ailleurs accessible à proximité de chaque couloir d'alimentation. Cet équipement est particulièrement apprécié des vaches laitières puisqu'elles l'utilisent 20 heures sur 24 !  
Selon Christophe Piedagnel,, la marche de 23 cm en sortie de salle de traite ne représente pas de danger pour les animaux, mais crée une position inconfortable les incitant à quitter rapidement leur place.
    ________________________________________________ Carte d'identité de l'exploitation de la Béthanie Propriété de la Fondation Bon Sauveur, 6 moniteurs encadrant 34 travailleurs handicapés, 1,5 million de litres de lait produit, 514 animaux, dont 170 vaches laitières et 40 vaches allaitantes Limousine, 235 ha cultivés, dont 75 ha de maïs ensilage, 8 ha de maïs épi, 4 ha de betteraves fourragères, 13 ha de luzerne et 24 ha d'orge, Stabulation à logettes de 224 places, Salle de traite  2 X 20 postes en sortie rapide.   Retrouvez ici d'autres articles sur le thème de la traite

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