Kuhn TKS FeedRobot : la ration distribuée par un automate norvégien

Kuhn TKS FeedRobot : la ration distribuée par un automate norvégien

Dans un contexte d'agrandissement des structures d'élevage, Kuhn compte bien se faire une place sur le marché émergent mais prometteur des robots distributeurs de fourrage. La marque alsacienne commercialise d'ailleurs, depuis l'an dernier, des automates d'alimentation fournis par le Norvégien TKS. Le premier installé, un modèle K2 FeedRobot 1200, fonctionne chez un éleveur du Maine-et-Loire. La rédaction de Matériel Agricole s'est déplacée dans son exploitation pour voir ce matériel en action et vous propose ici de le découvrir en détail.

Parmi les robots d'alimentation de la firme norvégienne TKS proposés par Kuhn en France (voir encadré), l'automate K2 FeedRobot 1200, le plus petit, se destine aux troupeaux de bovins jusqu'à 250 vaches laitières. À l'image des modèles concurrents, cet équipement se compose d'un ensemble de trémies, sorte de cuisine, associé à un chariot de distribution suspendu. Il s'installe dans tout type de bâtiment offrant une hauteur sous rail minimale de 2,40 m, idéalement entre 3 et 5 m. Le convoyeur distribue les rations dans des couloirs de 2 à 4 m de large. Il peut évoluer dans des pentes jusqu'à 2 % et se montre également capable de tourner à 90° sur une portion de rail d'au moins 2 m de long. Il progresse à la vitesse maximale de 50 m/min sous deux rails distants de 30 cm et installés audessus du couloir d'alimentation. Le premier, en acier, supporte les 1 650 kg du chariot. Le second, en PVC ignifugé, fournit l'électricité. Le robot FeedRobot 1200, fonctionnant en intégralité avec l'énergie électrique, est alimenté par un courant triphasé d'une tension de 400 V. Selon Kuhn, il se révèle peu énergivore. Par exemple, dans une ferme de 70 vaches, sa consommation électrique avoisinerait les 1,5 kWh/jour, soit un coût équivalent à 0,65 €/ jour.  

Jusqu'à 16 ingrédients

  Son chariot de distribution suspendu utilise quatre moteurs dédiés respectivement à l'avancement, à l'animation du tapis en fond de caisse, à l'entraînement du rouleau démêleur et au fonctionnement des deux brosses inférieures balayant la table d'alimentation. Lors de la distribution de la ration, en cas d'obstacle, le système de pilotage détecte une surcharge au niveau du moteur d'avancement et stoppe le chariot. Pour concevoir la zone de préparation, à l'emprise au sol limitée, l'acquéreur choisit le nombre de trémies adapté à la composition de sa ration, sachant que le TKS est capable de gérer jusqu'à 16 ingrédients différents. Les éleveurs projetant un agrandissement augmentent ainsi aisément le nombre d'éléments de stockage. Le catalogue propose quatre trémies de volumes différents (5, 11, 20 ou 30 m3) à réapprovisionner périodiquement. Ces unités de stockage temporaire disposent sur leur paroi ou leur fond d'un tapis à chaînes et barrettes. Elles se révèlent adaptées au remplissage avec un godet. Par exemple, celle de 11 m3 mesure 3,90 m au point le plus large. Le tapis est animé par un unique moteur électrique, qui transborde le fourrage dans le chariot de distribution. Les deux modèles de plus grande capacité disponibles se présentent, eux, sous une forme horizontale. La cuisine se complète d'un module additionnel unique, dénommé K2 CombiCutter, préparant le foin, la paille ou le fourrage enrubanné. Cet appareil, le plus gourmand en puissance de l'installation, absorbe ponctuellement une intensité de 13 A, selon la marque. Sur demande, son plateau de réception se prolonge à 3 m pour davantage d'autonomie. Certains élevages adeptes de rations particulièrement sèches utilisent également une mélangeuse à poste fixe. Enfin, dans les exploitations ne disposant que d'une place très limitée, la solution consiste à se passer de trémies et à installer exclusivement un bol stationnaire. Dans ce cas, bien entendu, l'autonomie de fonctionnement diminue, et la fréquence des chargements augmente.  

Le mélange opéré à la vidange

  Le FeedRobot 1200 se montre capable de préparer des rations de base, semicomplètes ou complètes. Le cycle de remplissage du chariot avec quelques ingrédients prend moins d'une dizaine de minutes. De fines couches homogènes se déposent sur toute la longueur du wagonnet posté successivement devant chacune des trémies. Celui-ci reste stationnaire ou, en présence d'un tapis convoyeur de largeur plus faible, se déplace automatiquement en va-et-vient d'après les informations recueillies par deux pesons embarqués. Il se comporte de la même manière lors du chargement des concentrés. Des vis volumétriques assurent leur dosage ainsi que l'incorporation des minéraux embarqués sur le chariot dans deux petites trémies de 120 L de capacité. Le remplissage de ces dernières a lieu selon trois modes au choix : manuel, automatique se déclenchant lorsque le niveau du stock en trémie devient insuffisant, ou semi-automatique. Dans ce dernier cas, l'automate refait le plein d'aliments à chaque chargement de fourrage. Des cellules photoélectriques alertent le système lorsque le contenu de l'une des trémies atteint un niveau critique. Lors du déchargement, le rouleau démêleur transversal du chariot suspendu mélange la ration préparée au moment de la distribution. L'automate, informé par un capteur du niveau d'intensité requis par le cylindre, régule l'avancement du fond mouvant du chariot. Le mélange tombe sur un tapis transversal qui l'achemine devant le cornadis, à droite ou à gauche. Selon Kuhn, la texture des ingrédients chargés n'est plus modifiée. La vidange complète du wagonnet ne prend que cinq minutes. Sous la caisse du convoyeur, deux balais rotatifs intégrés sous le chariot et disponibles en plusieurs diamètres, assurent une repousse entre chaque distribution. Ils se chargent également de balayer les résidus de ration vers le cornadis préalablement à tout nouveau passage, selon une vitesse définie par l'éleveur. Celui-ci a d'ailleurs le choix de programmer jusqu'à 12 brossages quotidiens de la table d'alimentation.  

Trois modèles pour couvrir la demande

  Le chariot du robot d'alimentation K2 FeedRobot que propose Kuhn aux éleveurs français est disponible en trois variantes, dont le nom indique approximativement la largeur en millimètres : 1200 (volume de 2,60 m3), 1600 (volume de 3,60 m3) ou 1600 en version longue pour une capacité de 5,20 m3. Cette offre résulte d'un partenariat industriel et commercial à double flux. Le groupe Kuhn fournit au Norvégien TKS en mélangeuses stationnaires pour certaines installations hors de France. En échange, les automates construits en Norvège sont commercialisés sous les couleurs de la marque alsacienne dans l'Hexagone et livrées directement chez le client.  

Un robot facile à programmer

  Le système de gestion du K2 FeedRobot prend place à l'avant du chariot suspendu. Il s'accompagne d'un écran tactile d'environ 6 pouces bénéficiant d'une interface de contrôle conviviale. L'automate gère jusqu'à 99 lots et 16 produits différents. L'éleveur définit la composition des rations en choisissant le type et la quantité d'aliments. Il précise également la fréquence de passage dans le couloir d'alimentation pour chaque lot (jusqu'à 99). Une fois les rations définies, l'agriculteur ajuste facilement les quantités distribuées d'un jour à l'autre en fonction des refus. Il lui suffit pour cela de fixer une proportion du volume de distribution programmé initialement. L'opérateur peut reprendre la main sur les mouvements et les actions du robot, quand il le souhaite, via le terminal. Par ailleurs, le chariot TKS n'est pas connecté à Internet. Il possède toutefois une antenne wi-fi grâce à laquelle il communique avec chacune des trémies de l'installation. De plus, s'il se trouve dans la zone du réseau sans fil de l'exploitation, l'éleveur ou le technicien peuvent prendre la main sur l'automate depuis leur ordinateur ou leur appareil mobile. En option, Kuhn propose une carte SIM (abonnement requis) pour transmettre, via le réseau GSM, les alertes de fonctionnement au téléphone mobile de l'éleveur, telles qu'un bourrage du CombiCutter, un bouton d'arrêt d'urgence enfoncé ou encore une durée de chargement trop longue signalant une trémie de stockage vide.  

Gaec des Châtaigniers (Maine-et-Loire) Stéphane et Jean-Yves Barbot : « Nous gagnons une heure par jour »

  Les deux frères associés du Gaec des Châtaigniers, installés à La Pouëze dans le Maine-et-Loire, ont investi dans un automate d'alimentation Kuhn au mois de juillet. « Nous avons pris du temps pour mûrir notre décision, en visitant plusieurs fermes équipées de ce type d'automate, en France et aux Pays-Bas. » Le FeedRobot sert actuellement deux types de rations, l'un destiné aux 60 productrices traites actuellement et l'autre pour le lot de taries. « Nous gagnons environ une heure par jour, explique Jean-Yves Barbot, l'aîné. L'automate remplace notre vieille mélangeuse à pales. J'estime le nombre d'heures de tracteurs économisées à 350 ou 400 annuellement. » Actuellement, le robot assure sept rotations quotidiennes. « Le premier passage est programmé à 5 heures du matin. En journée, un affourragement toutes les deux heures semble convenir aux animaux », estime-t-il. Du fait des distributions répétées, l'éleveur peut envisager d'augmenter jusqu'à 30 % le nombre de vaches de son troupeau, sans créer de places supplémentaires au cornadis.

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