Désileuses automotrices Kuhn SPH et SPW Compact

Désileuses automotrices Kuhn SPH et SPW Compact

Quoi de mieux qu'un test grandeur nature pour vérifier les dires des constructeurs sur les bienfaits des nouvelles normes antipollution sur la consommation de carburant ? Le magazine Matériel Agricole s'est engagé dans des séries de mesures pour contrôler l'appétit de la désileuse automotrice Kuhn SPH à vis horizontales et de sa remplaçante, la SPW Compact de type bol.

Deux générations de motorisation confrontées

  La mode des désileuses automotrices semble aujourd'hui essentiellement porter sur les machines de type bol. Chez Kuhn, la réputée SPH à deux vis horizontales s'est alors vue, fin 2012, contrainte de quitter le catalogue pour des raisons de non-conformité de son moteur avec les nouvelles normes antipollution. Sa remplaçante, la SPW Compact à deux vis verticales, au tarif depuis deux ans, présente de réels atouts en termes de confort d'utilisation, de performances techniques et de puissance développée. Mais, outre ces critères, certes séduisants, cette automotrice doit montrer qu'elle est capable de respecter les références économiques établies par son aînée.   La consommation de carburant, un des postes clés du coût de revient, mérite donc d'être observée avec attention. Pour contrôler ce critère, Matériel Agricole a confronté, au sein de la Cuma de Pléchâtel (Illeet- Vilaine), les deux générations d'automotrices à deux périodes de l'année. Les mesures prennent ainsi en compte la préparation des rations estivales et hivernales, soit des données à mi-charge et à pleine charge.   Le chauffeur, Cyril Orain, avait donc à réaliser, avec chaque machine et dans des conditions similaires, une tournée de 29,6 km pour nourrir les animaux de 12 élevages répartis sur 13 sites. Dans ce groupe d'exploitations, les rations des vaches laitières se composent d'ensilages de maïs et d'herbe ainsi que de paille et d'aliments concentrés. Celles des génisses associent la paille et l'ensilage de maïs. Les quantités de fourrages distribuées s'élèvent en moyenne à 57 tonnes par jour en hiver et à 32 tonnes par jour l'été. Les deux machines comparées ici affichent la même capacité de 14 m3 et des poids à vide proches : 12 220 kg pour la SPH14 et 12 880 kg pour la SPW 14 Compact.  

Deux machines taillées pour la route

  radicalement différent, leur châssis présente certaines similitudes de conception puisqu'il est développé pour avaler des kilomètres. Cette prédisposition aux trajets routiers est particulièrement importante car certaines automotrices utilisées en Cuma effectuent des tournées de plus de 50 kilomètres par jour, soit près de 20 000 kilomètres par an. La SPW reçoit, comme la SPH, un train avant à suspensions indépendantes et un pont arrière moteur suspendu par des lames de ressort. Elle reprend également à son aînée le module de désilage constitué de la fraise de deux mètres de large et du convoyeur à tapis PVC. La SPH 14 de notre test appartient à la Cuma et a réalisé 4 400 heures en deux ans et demi, soit 1 700 heures/an. La conduite de ce modèle à deux vis horizontales est parfaitement maîtrisée par Cyril Orain, à la fois agriculteur adhérent de la coopérative et chauffeur remplaçant de l'automotrice.Cette machine dispose d'un moteur John Deere de 173 chevaux conforme à la norme antipollution Stage II.   Elle reçoit une fraise de désilage animée par un moteur hydraulique de 123 chevaux et propose une distribution à droite et à gauche. La SPW 14, prêtée par l'atelier des prototypes de Kuhn, affiche 88 heures au compteur. Elle a été mise à disposition de Cyril Orain avant les mesures officielles afin qu'il puisse bien la prendre en main. Son moteur à six cylindres Fiat Powertrain Technologies (FPT) de 247 chevaux satisfait à la norme Stage IIIB. Il s'accompagne, pour répondre à la réglementation, d'un système de traitement des gaz d'échappement à l'AdBlue (technologie SCR).Cette automotrice se distingue de la SPH 14 par l'adoption d'un circuit hydraulique de 160 chevaux animant la fraise de désilage. Pour la distribution, la SPW 14 Compact de notre test dispose d'un tapis transversal en partie avant de la cuve pour déverser la ration à droite ou à gauche.   Kuhn propose également sur cette automotrice des trappes arrière prolongées par une goulotte pour un déchargement direct, un équipement quasi indispensable dans les couloirs d'alimentation en cul-de-sac. Place maintenant à l'évaluation de la consommation. Pour boucler le parcours de 29,6 km, préparer et distribuer la ration hivernale, les deux automotrices ont mis quasiment le même temps, soit un peu plus de cinq heures. Le procédé de mélange n'intervient donc pas, avec les rations réalisées lors du suivi, sur le débit de chantier.La SPH 14 d'ancienne génération a absorbé 15,7 l/h de GNR tandis que la SPW 14 Compact s'est contentée de 14,4 l/h. En période estivale, le trajet a duré une heure de moins et les machines se sont montrées un peu moins gourmandes.  

Le gros moteur plus sobre

  La SPH 14 a repris l'avantage avec une moyenne de 13,7 l/h, légèrement inférieure à celle de la SPW Compact établie à 13,9 l/h. Avec la SPW 14 Compact, il convient de ne pas oublier de comptabiliser l'absorption d'AdBlue. Cette solution à base d'urée, représentant 4 % de la quantité de GNR, est indispensable au bon fonctionnement du système de dépollution des gaz d'échappement. Les valeurs relevées montrent que, malgré son plus gros moteur, la plus récente sait maintenir les références de son aînée, voire se tenir en dessous. Ses 74 chevaux supplémentaires ne se ressentent donc pas à la pompe. Ils font en revanche la différence en termes de sobriété avec la ration hivernale qui correspond à la période où les machines réalisent le plus d'heures.   Les 160 chevaux disponibles à la fraise avantagent particulièrement la SPW 14 Compact pour le chargement des produits fibreux tels que le fourrage enrubanné et l'ensilage d'herbe. Ils autorisent également la reprise du maïs à un régime moteur plus faible pour limiter la consommation de carburant. Les 247 chevaux du six cylindres sont appréciables sur la route. Ils permettent, grâce au système de gestion Automotive de la transmission, d'adapter le régime à la charge et, par exemple, de circuler à 40 km/h au régime de 1 500 tr/min. Grâce à l'automatisme, le moteur grimpe si nécessaire à 1 800 tr/min dans les montées ou chute à 1 350 tr/min en descente. Ces configurations ne sont pas envisageables avec la SPH 14 qui atteint son allure maximale au régime de 2 200 tr/min.Les essais menés avec Matériel Agricole ont encouragé Kuhn à effectuer des mesures sur d'autres sites.   La SPW 14 Les deux générations d'automotrices partagent la même fraise et le même convoyeur de chargement. En revanche, le circuit hydraulique de 160 chevaux alimentant la fraise de la SPW autorise à désiler le maïs à un régime moteur plus faible afin de limiter la consommation de carburant. Compact se satisfait, par exemple, de 11 l/h de GNR dans une grosse exploitation individuelle (Gaec de la Sapinière à Challans en Vendée). Ce constat montre que les trajets routiers influent particulièrement sur le poste carburant. L'important dénivelé du parcours de la Cuma de Pléchâtel n'est donc pas étranger à l'écart de consommation observé entre une automotrice utilisée en groupe et une autre travaillant sur un seul site. La mise en conditions réelles de la machine revêt donc une grande importance avant de finaliser l'investissement.  

Réagir à cet article

Sur le même sujet

Entretien du paysage

Une portée de 16 m pour le broyeur automoteur Athena d'Energreen

Manutention

Un pelle sur pneus Liebherr de 14 t

Récolte

Geringhoff resserre les maïs

Tracteur

Les séries 6 Deutz-Fahr en édition Warrior !

Presse haute densité d'occasion

Fiche occasion : des presses New Holland bien carrées

Pièces d’outils de travail du sol

Industriehof aux commandes de Forges de Niaux

Equipement

Des phares de travail a LED Hella

Manutention

Une chargeuse Case au méthane

Entretien du paysage

Quitté récupère l'herbe du broyeur pour la méthanisation