« La robotisation de l'élevage laitier libère du temps pour l'ETA »

« La robotisation de l'élevage laitier libère du temps pour l'ETA »

Se soulager de la contrainte horaire et se dispenser des travaux physiques répétitifs de l'élevage laitier sont les principales raisons qui ont encouragé les associés de l'EARL Jégu à automatiser la majeure partie des tâches relatives à leur troupeau laitier. Ainsi, au sein de cette exploitation bretonne, la traite, l'abreuvage des veaux et la distribution du fourrage sont confiés à des installations robotisées.

La taille de l'exploitation n'est pas un critère décisif pour franchir le cap de l'automatisation. Les associés de l'EARL Jégu, située à Erbrée, en Ille-et-Vilaine, le prouvent. Avec seulement 38 vaches laitières et une production de 400 000 litres, ils délèguent la traite, l'abreuvage des veaux et l'alimentation à des robots. « Nous avons d'abord investi 140 000 € HT fin 2009 dans le robot de traite Lely Astronaut A3 Next pour faciliter l'organisation quotidienne du travail mais aussi pour nous préserver des maladies articulaires. À force de poser les faisceaux trayeurs, je souffrais de problèmes à l'épaule ainsi qu'au niveau du canal carpien. Je ne souhaitais pas poursuivre ainsi et finir ma carrière en mauvaise condition physique », précise Olivier Jégu, installé avec son épouse Sylvaine et son frère Gaëtan.   Ces agriculteurs aux activités multiples sont sensibles aux solutions réduisant la pénibilité du travail. Ils exploitent 110 hectares et disposent d'un atelier porcin de 750 places en postsevrage engraissement. Ils conduisent également une entreprise de travaux agricoles. Le robot Astronaut leur apporte de la souplesse durant les périodes de fenaison et de battage car ils ne sont plus contraints de rentrer pour la traite. Il améliore aussi le confort des animaux. « Les vaches en début de lactation passent en moyenne 3,5 fois par jour. Elles se présentent dès qu'elles possèdent entre 10 et 15 litres de lait dans la mamelle, remarque Olivier Jégu. Elles souffrent alors moins de tensions mammaires que des VL traites classiquement deux fois par jour et donnant de 50 à 55 litres. »   Avec l'automate, l'éleveur gagne quotidiennement l'équivalent en temps d'une traite. Il s'impose deux contrôles dans la journée, aux horaires libres, pour vérifier certains critères, tels que l'indicateur de santé de la mamelle et la fréquentation. Lorsqu'il est davantage disponible, il prend le temps d'analyser davantage les différentes données fournies par le logiciel du robot.  

La robotisation favorise la production laitière

Le second automate, plus courant dans les élevages, est le distributeur d'aliment liquide (Dal) pour nourrir les veaux. « Même s'il fait gagner environ 30 minutes par jour, le Dal est arrivé en 2011 pour résoudre principalement des soucis sanitaires », note l'agriculteur. L'élevage rencontrait à l'époque des problèmes de diarrhées avec ses veaux. Le distributeur de lait formulé à base de poudre, facturé 8 500 € HT, a permis de les éradiquer car l'animal boit toujours la même quantité et à la bonne température. Avant de passer au robot d'alimentation Vector de Lely, les exploitants ont utilisé pendant six mois l'automate Juno, du même constructeur, conçu pour repousser le fourrage.   « Les avantages du robot repousseur dépassent le simple gain de temps, confie Olivier Jégu. Cet appareil passe aux horaires définis par l'éleveur et incite les vaches laitières à venir manger. Ainsi l'animal ingère davantage et sa production de lait augmente. » En programmant un passage du Juno toutes les deux heures, 24 heures sur 24, les exploitants ont également constaté une corrélation entre le repoussage du fourrage et l'activité du robot Astronaut. « Le creux à la traite rencontré auparavant durant la nuit s'est estompé. » Avant le Juno, Olivier Jégu repoussait la ration seulement le midi et le soir avec un quad. Les associés de l'EARL comptaient en rester là en termes d'automatisation et ils n'avaient pas programmé d'investir dans le robot Vector. Ils se sont néanmoins décidés à franchir le pas suite à la proposition de Lely de devenir une exploitation test pour cet outil.   L'automate de distribution des fourrages est entré en service en août 2012. Son installation a imposé la création d'un bâtiment spécifique pour loger le dispositif de chargement du bol du robot d'alimentation. Cette construction, baptisée cuisine, abrite les blocs d'ensilage d'herbe et de maïs, le foin, les aliments concentrés et les minéraux. Elle demande d'être approvisionnée deux fois par semaine. Ce travail prend 45 minutes à chaque fois. L'ensilage est déposé dans la cuisine avec une désileuse de cube. Il est ensuite chargé automatiquement par un grappin dans la cuve du Vector.  

Le fourrage distribué pour 1,50 € d'électricité par jour

« Le gain de temps est réel car, auparavant, nous passions chaque jour entre 45 minutes et une heure à distribuer la ration aux génisses et aux vaches laitières avec une désileuse semi-portée équipée d'une fraise pour le chargement », apprécie l'éleveur. Comme le robot d'alimentation défibre moins l'ensilage, les éleveurs ont dû revoir la longueur de coupe à l'ensilage en la réduisant de 19 à 15 mm pour le maïs. Ils précisent que le mode de désilage impose des silos peu bombés, bien tassés et des hauteurs de front d'attaque multiples de celles des cubes, soit 1,5 mètre dans leur cas. Le robot Vector est, dans l'EARL Jégu, paramétré pour deux routes : vaches laitières et génisses. Il passe toutes les heures pour repousser le fourrage des VL. Lors de cette intervention, il mesure au laser la hauteur de matière restante et revient ensuite distribuer, après un passage à la cuisine, si la valeur relevée est inférieure à 88 mm. Olivier Jégu a programmé une pause dans l'alimentation entre 5 heures et 7 h 30 afin de pouvoir retirer les refus dès le matin.   « Les déchets sont enlevés une fois par semaine et partent directement à la fumière. Avant, nous les ramassions tous les deux jours et ils étaient recyclés dans la ration des génisses, remarque-t-il. L'apport de la ration en plusieurs fois et son repoussage régulier favorisent l'ingestion. » Pour les génisses, le Vector intervient entre 9 heures et 18 heures. Il repousse l'ensilage toutes les deux heures en mesurant également la quantité restante. Cet automate réalise trois types de rations dédiées aux élèves de 6 à 15 mois, aux génisses plus âgées et aux vaches laitières. Il est animé par des batteries se rechargeant pendant les phases d'inactivité grâce à une borne située à l'entrée de la cuisine.   Son autonomie s'élève à deux heures et, comme il se déplace à 2 km/h, il peut parcourir 4 km aller-retour à chaque intervention, une distance largement supérieure au besoin de l'exploitation de la famille Jégu. Sa consommation en électricité mesurée par les éleveurs se limite à 1,50 € HT par jour. Ce faible coût d'utilisation, l'accroissement des performances, les gains de temps et de confort obtenus avec le Vector sont autant de points à prendre en compte pour se lancer dans cet investissement conséquent. Il faut en effet compter 145 000 € dans la configuration de l'earl Jégu avec une cuisine de six mètres de large et 24 mètres de long, le système d'incorporation d'aliments concentrés et de minéraux.  

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