« L'épi classique convient particulièrement aux vaches normandes »

« L'épi classique convient particulièrement aux vaches normandes »
Matériel Agricole vous propose, tout au long de ce mois de novembre, de (re)découvrir un dossier sur les installations de traite conventionnelles. Ce travail, paru en début d'année dans Matériel Agricole n°219, relate plusieurs expériences d'éleveurs dotés d'équipements de traite différents. Benoît Duquesne, comme ses parents avec lesquels il est associé en Gaec depuis 2012, est un fervent représentant et défenseur de la race normande. Cet agriculteur, âgé de 25 ans, a en effet hérité du plaisir familial de participer aux concours de bovins. Alors, quand l'heure est venue de réfléchir à la construction du nouveau bâtiment pour les vaches et de l'installation de traite, cette passion pour les Normandes a clairement influé sur les aménagements. La stabulation compte ainsi 102 couchages en logettes ainsi que 20 places en aire paillée pour choyer les plus beaux spécimens sélectionnés pour les compétitions. Les laitières dormant dans les logettes profitent cependant d'un bon niveau de confort grâce aux matelas gonflés à l'eau et aux séparations battantes. Toutes bénéficient de tapis posés sur l'intégralité des caillebotis recouvrant le sol du parc d'attente et l'ensemble des aires d'exercice.
Le parc d'attente et les aires d'exercice sont équipés de caillebotis recouverts de tapis pour un confort optimal des animaux.
Le confort des trayeurs a, quant à lui, été pris en compte lors de l'acquisition de la salle de traite de 2 x 10 postes en épi à 30 degrés et sortie rapide. Les éleveurs connaissaient déjà ce type d'équipement puisqu'ils disposaient au préalable d'une 2 x 6 en épi classique. « Nous avons eu l'occasion d'échanger avec des producteurs expérimentés en traite par l'arrière et leurs ressentis nous ont incités à écarter ce procédé, confie Benoît Duquesne. Mon beau-frère, qui utilise cette solution dans son installation en épi à 60 degrés depuis 11 ans, se plaint notamment de douleurs aux épaules. » Les critères morphologiques des animaux de race normande ont aussi joué en défaveur de la traite arrière. « L'aplomb de ces bovins ne dégage pas suffisamment de place entre les pattes pour passer les bras et poser confortablement le faisceau trayeur », précise l'éleveur.
Benoît Duquesne, installé en Gaec avec ses parents, considère que la traite en épi à 30 degrés est la configuration la mieux adaptée avec les vaches de race normande.
  Le roto trop cher L'investissement dans une salle de traite rotative avec les vaches disposées en épi à 30 degrés a un temps été envisagé par le Gaec Duquesne, mais son montant a été rédhibitoire.  « Le surcoût en matériels s'élevait déjà à 35000 € HT, sans compter les frais de maçonnerie supplémentaires. Un roto de 24 postes nous obligeait également à retenir une charpente du bâtiment plus onéreuse. Il imposait en effet des fermes d'une portée de 12 m alors que notre salle de traite s'intègre dans deux mètres de moins », souligne le jeune éleveur. L'installation de 20 postes s'est donc présentée comme la plus économique et se révèle aujourd'hui comme la plus judicieuse au vu du prix du litre de lait pratiqué actuellement. « Même s'il était plus cher à l'achat, le roto était envisageable financièrement au moment de la mise en place du projet car le lait était encore à un prix correct. Aujourd'hui, à 300 € la tonne, nous considérons que nous avons fait le bon choix pour produire 800000 L », reconnaît l'éleveur.
La salle de traite en épi à 30 degrés et sortie rapide GEA 1200 RE se caractérise par l'espace de 120 cm entre chaque vache. Le quai mesure ainsi 12 mètres de long du premier au dernier poste.
L'équipement de traite acquis par le Gaec Duquesne est par ailleurs en parfaite adéquation avec les caractéristiques structurelles de l'exploitation. « Vu notre situation géographique, nous savons que notre surface actuelle de 120 ha ne progressera plus. Nous avons donc construit un ensemble conçu pour accueillir un troupeau en rapport avec notre assolement », précise Benoît  Duquesne. Après deux hivers dans les nouveaux bâtiments, l'éleveur se félicite des résultats obtenus sur le plan de l'hygiène des animaux. « Nous ne cherchons pas le débit mais la qualité. Nous prenons le temps de préparer les mamelles avec un trempage moussant avant le nettoyage à la lavette individuelle passée au préalable à la machine à laver. En fin de traite, nous effectuons systématiquement un trempage », souligne-t-il.
La barrière du système de sortie rapide se relève pour libérer simultanément toutes les vaches. Son niveau de fermeture s'ajuste manuellement en fonction du gabarit des bovins. Cela permet par exemple de brider davantage un animal agité.
    05b-dos-gaec_duchesne L'hiver, le passage des 120 laitières dure 1h45 en moyenne à deux opérateurs. En été, le débit est supérieur avec 90 à 100 vaches par heure. Dans l'ensemble, les chiffres parlent. Les analyses relèvent en moyenne moins de 100 spores butyriques et des comptages cellulaires stabilisés en dessous de 100000 leucocytes. « L'entrée dans la nouvelle salle de traite n'a pas eu de mauvaise incidence sur les cellules car nous avons uniquement connu au départ un pic à 150000 », se rappelle l'agriculteur. Le troupeau particulièrement choyé évolue en effet dans un environnement sain et cela se vérifie au niveau du nombre de problèmes de mammites qui reste mensuellement limité à deux en moyenne.
Le double lactoduc limite les manipulations de bidons pour isoler la traite des animaux à problème. Le déplacement d'une simple vanne suffit en effet à dévier le lait vers un tank spécifique.
 Retrouvez ici d'autres articles sur le thème de la traite  

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