Automoteur d'épandageLe Claas Xerion qui voulait être automoteur

Le Claas Xerion 4200, dans sa version Saddle Trac, offre un espace suffisant sur sa plateforme arrière pour installer cette cuve Kaweco de 16 m³.
Le Claas Xerion 4200, dans sa version Saddle Trac, offre un espace suffisant sur sa plateforme arrière pour installer cette cuve Kaweco de 16 m³.

Le Claas Xerion brille par sa forte puissance et par sa polyvalence. Capable d’effectuer des travaux de traction, il s’illustre également au crochet des broyeurs de branches. Sa cabine pivotante, en finition Trac VC, facilite la tâche du conducteur qui a ainsi une vue imprenable sur son équipement. Mais dans sa version Saddle Trac ici présentée, le Xerion joue dans la cour des automoteurs spécifiquement conçus pour porter des équipements sur leur châssis.

Le Claas Xerion est un tracteur unique en son genre. Présenté en 1993 avec ses quatre roues égales et sa cabine pivotant à 180°, il a rapidement marqué les esprits grâce à sa polyvalence et sa forte puissance. Un quart de siècle plus tard, la liste des missions qu’il peut accomplir n'en finit pas de s'allonger. La division française du constructeur a ainsi équipé un Xerion 4200 Saddle Trac, la version autorisant l’adaptation de matériels spécialisés, avec un ensemble d’épandage de lisier spécifiquement conçu par le Néerlandais Kaweco.

Le groupe de pompage prend place à l’avant, avec le bras articulé doté d’un accélérateur de flux et le bac à pierres retenant les corps étrangers.

Dans cette configuration, la cabine prend place tout à l’avant du tracteur, fixée sur un châssis au-dessus du bloc de refroidissement. La place ainsi libérée sur le plateau central et au-dessus de l’essieu arrière permet d’y installer une cuve en polyester de 16 m3. En dessous prennent place le moteur et la transmission. Claas s’appuie sur son partenaire historique, Mercedes-Benz, pour équiper le Xerion d'un six-cylindres de 10,6 L. Ce bloc, conforme à la norme antipollution Stage V, développe 462 ch. Il anime une transmission à variation continue ZF Eccom 4.5.

En cabine, de bas en haut, le conducteur retrouve le terminal regroupant les informations du tracteur, la console de guidage et le boîtier de contrôle de l’équipement Kaweco.

Les quatre roues motrices et directrices reçoivent des pneumatiques Michelin CerexBib 2 en 900/60 R38. Ces derniers, couplés à l’optionnel système de télégonflage, autorisent la diminution de leur pression afin de limiter la compaction du sol. Notre Xerion de démonstration n’étant pas doté de cette option, ses pneus sont gonflés à 2 bar, autorisant ainsi les transferts sur route en toute sécurité. La pression pourrait être réglée à 1,5 bar pour effectuer de l’épandage de lisier plus confortablement sur terrain humide.

Moins de deux minutes de remplissage

Une fois le tour du propriétaire effectué, il est temps de rentrer dans le vif du sujet. L’automoteur est conçu pour fournir un gros débit de chantier d’épandage de lisier. Sa cuve en polyester est remplie à l’aide d’un groupe de pompage fixé à l’avant du Xerion, au pied de la cabine. Un bras articulé, portant un tuyau souple, facilite l’aspiration depuis un cône ou directement dans une fosse.

Le bras de pompage autorise le remplissage depuis une fosse, à condition que celle-ci soit à proximité des parcelles. En effet, le Xerion ne peut pas circuler cuve pleine sur la voie publique.

Une turbine centrifuge, montée au niveau de l’articulation supérieure du bras, accélère le flux. Le lisier traverse ensuite un crible retenant les corps étrangers, qui sont stockés dans le bac à pierres, puis un broyeur afin de réduire les plus grosses particules. La pompe à lobes Vogelsang, débitant jusqu’à 9 000 L/min et placée sous l’arrière de la cuve, aspire ensuite le lisier à travers un tube de 275 mm de diamètre. Elle reflue directement dans la cuve, dispensant ainsi de faire le vide à l’intérieur de cette dernière. Pendant la phase de remplissage, un capteur de substance à infrarouges (NIR) mesure les taux d’azote, de phosphore et de potassium.

Deux vérins horizontaux animent l’orientation du relevage arrière par rapport au châssis afin de compenser la marche en crabe.

Après avoir fait le plein, la pompe continue de tourner à un régime réduit afin de brasser le liquide et d’éviter le dépôt des sédiments en fond de cuve. Ce brassage autorise aussi le système à établir une moyenne des taux mesurés par le capteur NIR pour l’ensemble de la cuve. Ces valeurs, combinées aux consignes d’épandage, souvent exprimées en unités d’azote par hectare, déterminent le débit avec lequel le lisier devra être épandu.

Le lisier mieux valorisé

Une rampe Bomech assure la répartition de la matière sur une largeur de 15 m. Ses patins permettent l’enfouissement du lisier à une profondeur de 2 ou 3 cm. Ceci évite les pertes ammoniacales dans l’air, ainsi que le ruissellement dans les parcelles en pente. Cette technique limite également les odeurs caractéristiques d'un épandage en plein air. Afin de réduire le tassement du sol, en particulier lors de l’épandage sur céréales, le Xerion propose la marche en crabe. Avec des pneumatiques larges de 900 mm, les traces des quatre roues se positionnent quasiment les unes à côté des autres.

Le capteur NIR, dissimulé dans ce coffret en plastique gris, analyse en continu le lisier pompé pour déterminer les taux d’azote, de phosphore et de potassium.

De plus, la répartition du poids à 50 % entre les essieux avant et arrière de l’automoteur, quel que soit le niveau de remplissage de la cuve, assure une pression quasi identique sur chaque roue. Le relevage arrière, supportant la rampe, bénéficie d’un montage sur pivot afin de compenser la marche en crabe et d’assurer à celle-ci un travail toujours perpendiculaire au sens d’avancement. Le dispositif GPS Claas prend également en compte cette position particulière pour guider correctement l'engin lors de l’épandage. Lorsque la bande restant à épandre n’est plus assez large, l’opérateur a la possibilité de couper l’alimentation de la moitié de la rampe, d’un côté ou de l’autre.

Lors des demi-tours en bout de champ, la rampe se relève afin de limiter le surdosage dans les fourrières et de conserver un remplissage optimal des descentes.

En effet, deux broyeurs répartiteurs, munis chacun d’une vanne fermant l’arrivée de lisier, assurent l’alimentation des descentes. Les deux extrémités de la rampe, chacune de 1,5 m de long, peuvent être repliées manuellement afin d’atteindre une largeur de travail de 12 m. Lorsque l’agriculteur ne souhaite pas enfouir le lisier, la rampe peut travailler au-dessus du sol, se comportant alors comme une machine dotée de pendillards. La variation de régime de la pompe à lobes, dont une vanne à trois voies renvoie le flux vers la rampe, assure la modulation de la dose.

L’arme de la logistique

Le Claas Xerion ainsi équipé n’est pas prévu pour travailler seul. Il a été pensé pour s’intégrer dans une chaîne logistique comprenant le transport du lisier sur la route par des ensembles spécialement dédiés. Ainsi, Kaweco a mis à la disposition de Claas France une citerne routière de 26 m3 reposant sur trois essieux.

Cette cuve de transport de 26 m³ approvisionne le Xerion qui n’effectue pas de trajets routiers avec sa cuve pleine, son PTAC de 24 t ne le permettant pas. © Simon Badouard

Tirée par un tracteur standard, elle approvisionne l’ensemble d’épandage, qui n’a pas besoin de prendre la route. Les rendements deviennent ainsi plus importants, tout en diminuant l’usure des pneumatiques du Xerion. Cette logistique évite également un épandage fortuit de la boue sur la voie publique. Quoi qu'il en soit, l’automoteur avec son équipement d’épandage ne pourrait pas circuler sur la route avec sa cuve pleine. En effet, il pèse environ 23 t à vide et son homologation MAGA lui autorise un poids total en charge de 24 t. Au champ, après avoir fait le plein, il atteint donc quasiment 40 t.

Grâce à un entonnoir placé à l’arrière de la citerne, le bras de pompage Kaweco facilite le remplissage de l’automoteur sans nécessiter le raccordement de tuyaux. © Simon Badouard

Lorsque la saison d’épandage se termine, l’ensemble des équipements de pompage et d’épandage se dépose en quelques heures, le Xerion pouvant alors s'atteler à d’autres travaux. Le constructeur propose, en plus du relevage arrière pivotant, une optionnelle prise de force, ainsi qu’un relevage avant. Ces équipements dopent la polyvalence du tracteur et peuvent faciliter sa revente pour effectuer d’autres tâches dans une éventuelle seconde vie.

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