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Dossier distributeurs d'engrais SARL Agri Partenaires : « Mon épandeur d’engrais est taillé pour la modulation de dose »

La SARL Agri Partenaires assure les travaux des champs de huit exploitations agricoles. Aujourd’hui propriétaire de son troisième distributeur à engrais Amazone, la société épand sur une surface de 1 070 ha de cultures. Modulation de dose par cartographie parcellaire et coupure de tronçon par GPS sont de mise. David Baillet, chef de culture des huit fermes, nous en apprend davantage sur ses méthodes de fertilisation.

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La SARL Agri Partenaires siège à Brévonnes, petite commune de l’Aube à l’est de Troyes. Cette entreprise de travaux agricoles assure l’intégralité des chantiers de huit exploitations en production céréalière. Aucune des huit fermes n'emploie de salariés ni ne possède de matériels. La SARL est propriétaire de l’intégralité du parc de machines et embauche quatre personnes, dont David Baillet, pour assurer divers chantiers, du travail du sol à la récolte, en passant par les différentes opérations tout au long de la pousse des céréales. En dehors d’un apport d’engrais localisé lors des semis de betteraves et de colza, la société fertilise les parcelles à l’aide d’un distributeur à engrais centrifuge Amazone ZA-TS 4200. L’intégralité des apports d’azote se fait d’ailleurs sous forme minérale. Ce modèle d'Amazone, troisième distributeur de la SARL, autorise la coupure de section par GPS ou encore la modulation de dose grâce à la cartographie parcellaire. Plusieurs méthodes permettent par ailleurs au chef de culture de dresser des cartographies de fertilisation pour les champs. Depuis son acquisition en 2024, le ZA-TS a réalisé plusieurs milliers d’hectares par an pour couvrir l’intégralité des passages sur les 1 070 ha de cultures.

 

En cabine, un écran est affecté au guidage et un autre à la commande du distributeur. L'ensemble communique en Isobus. (© David Baillet)

La modulation de dose

La SARL Agri Partenaires inclut la modulation de dose dans ses itinéraires techniques selon deux méthodes. La première recourt au logiciel Geofolia, conçu par Isagri.

« Pour le colza, par exemple, nous réalisons une pesée des plantes à l’entrée de l’hiver et une pesée en sortie d’hiver. Nous remplissons ensuite le formulaire du logiciel avec diverses informations au sujet de la parcelle et des pratiques culturales. Le logiciel conçoit ensuite la carte de modulation. Nous l’exportons à l'aide d'une clé USB afin de l'importer dans le terminal du tracteur. Grâce à la communication Isobus avec le distributeur, les apports sont modulés en temps réel en fonction des zones », détaille le chef de culture.

Cette technique n’est cependant utilisée que pour les apports azotés et reste en phase de test, confie le salarié de la SARL. La seconde méthode de modulation fonctionne grâce à un partenariat avec l’institut Agro Conseil, sur la base des prélèvements de sols.

« Nous employons cette technique pour les fumures de fond de phosphore (P), de potassium (K) et de magnésium (Mg), précise-t-il. Agro Conseil réalise des prélèvements de sols dans les différentes zones des parcelles. Là, plusieurs échantillons sont pris à intervalles de 25 cm. L’institut établit ensuite des cartes de modulation. Ces prélèvements géolocalisés sont renouvelés tous les trois ans afin d’ajuster les valeurs. Une fois les cartes importées dans le terminal du tracteur, via une clé USB, le distributeur module seul en jouant sur l’ouverture des trappes, via la communication Isobus. »

Le bon réglage pour le bon itinéraire technique

Les assolements des différentes exploitations regroupent une multitude de cultures. Le distributeur est amené à épandre sur du blé, de l’orge d’hiver et de printemps, du colza, des betteraves, du maïs et d'autres cultures encore.

« Sur betteraves et maïs, j’épands 450 kg/ha d’ammonitrate 33,5 à 15 km/h en un seul passage ! se félicite David Baillet. C’est mon dosage le plus conséquent, et je n'atteins pas encore les limites de la machine. L’intégralité de mes apports azotés se fait sous forme minérale. Selon les cultures, je passe une, deux ou trois fois. » 

Pour régler la machine, la SARL emploie l’application Amazone mySpreader. « À l'aide des diverses informations enregistrées au préalable, l’application nous indique les réglages des pales des disques, du point de chute des billes ou encore de l’ouverture des trappes », détaille le chef de culture.

Pour son fonctionnement, l’application possède une base de données et recroise les informations suivantes : le type de machine, la variété spécifique de l’engrais, la largeur de travail et le débit. Notons également qu’un indicateur de charge est présent à l’extérieur de l’épandeur.

« Nous enregistrons dans le terminal la charge d’engrais nécessaire. Des feux, sur la cuve, nous indiquent le degré de chargement puis le poids atteint. » Une fois au champ, la coupure de section est assurée par GPS. « Le distributeur comporte 128 sections sur l’intégralité de sa largeur de travail », précise David Baillet.

 

Le distributeur Amazone ZA-TS 4200 affiche une largeur de travail de 40 m pour une nappe mesurant 56 m de large. (© David Baillet)

Un peu de mécanisation

L'Amazone ZA-TS 4200, deuxième plus gros modèle de sa gamme, se dote d’une cuve d’une capacité de 4 200 L.

« Le distributeur est attelé à un Fendt 724 Vario Gen6indique David Baillet. Au vu des surfaces à couvrir, la cuve est souvent remplie à fond au démarrage. Nous chargeons des engrais en vrac à 100 %, à l’aide du chariot télescopique ou d’une benne semi-élévatrice. Il me faut une masse de 1,8 t à l’avant du tracteur pour l’équilibrer. » Le Fendt et sa voie de 2,25 m « permettent de coller à celle du pulvérisateur automoteur », ajoute-t-il.

Ce dernier étant doté de rampes de 40 m, la largeur de travail du distributeur à engrais est identique. « La nappe mesure cependant 56 m pour assurer le recouvrement. » Bien que l’entraînement mécanique soit disponible, la SARL a fait le choix d’un entraînement hydraulique. « Un tel entraînement permet de tenir plus facilement un régime constant des disques », précise le professionnel. L'entretien du distributeur, enfin, n’est pas des plus exigeant. Il est lavé systématiquement s’il doit rester ne serait-ce qu’un ou deux jours à l’arrêt.

Pour faciliter son lavage, le chef de culture a sa technique : « Nous appliquons, à l’aide d’un pulvérisateur à dos, un produit de la marque française Primalab sur l’intégralité du distributeur. Au jet à haute pression, la terre et la poussière d’engrais se retirent plus aisément. Le produit protège également de la corrosion. » Et de conclure : « Le premier distributeur Amazone est resté quinze ans dans la société. Nous les bichonnons, car nous sommes contents de ces machines. »

 

Le Fendt 724 Vario Gen6 embarque une masse de 1,8 t à l'avant et repose sur une voie de 2,25 m. (© David Baillet)

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