Dossier distributeurs d'engrais  SCEA Odille : « Je contrôle presque l’intégralité du distributeur sur le terminal en cabine »

SCEA Odille : « Je contrôle presque l’intégralité du distributeur sur le terminal en cabine »
(©Arnaud Odille)

À la suite de la reprise d’une exploitation agricole, la SCEA Odille a également fait l’acquisition d'un distributeur d’engrais Kubota DSX-W présent dans le parc de matériels. Propriétaires pendant des années d’un modèle d’une autre marque, Arnaud Odille et sa sœur, associés au sein de la SCEA, se sont en effet laissés séduire par cet équipement. Doté d’un mode de communication Isobus, le distributeur permet la coupure de section par GPS ou l’ajustement de paramètres en temps réel.

Arnaud Odille est installé à Sornay, dans la Haute-Saône. Avec sa sœur, ils sont à la tête d’une exploitation de polyculture-élevage. La part de la surface agricole utile (SAU) consacrée aux grandes cultures est de 300 ha. Bien que lisier et fumier soient produits à profusion par les quelque 480 têtes de l’élevage bovin, les engrais minéraux restent bien évidemment utilisés. La SCEA épand, par exemple, 15 t de fumier par hectare en amont des semis de colza ou 25 t/ha avant ceux de maïs. Environ 150 unités d'azote sont apportées sur les céréales au printemps sous forme chimique. Urée, ammonitrate, phosphore, potasse, magnésium et autres engrais de synthèse sont incorporés sous forme solide. À ce titre, la ferme a récemment fait l’acquisition d’un distributeur d’engrais Kubota DSX-W de 2021. Ce dernier est venu remplacer leur machine plus ancienne d’une autre marque, aux fonctionnalités moindres. Doté d’un système de communication Isobus avec le tracteur, le DSX-W ouvre le champ des possibles en matière d’actions en temps réel. Aujourd’hui, il travaille sur près de 800 ha par an, dans le cadre de chantiers recourant à des dosages qui peuvent atteindre 400 kg/ha.

Le distributeur Kubota DSX-W est entraîné mécaniquement, via la prise de force du tracteur. (© Aurélien Guillard)

Un épandeur de grande capacité

Muni des plus grandes rehausses disponibles de série, la trémie affiche un volume de 3 900 L. « Si je prends mes petits tracteurs de quatre cylindres équipés d’une masse de 900 kg à l'avant, je ne peux pas mettre plus de 3,2-3,3 t dans la trémie. Un coup d’accélérateur trop fort dans une côte, et le tracteur se cabre. En revanche, avec les modèles de six cylindres, je peux remplir le distributeur à ras bord, explique Arnaud Odille. Je mets tout de même 4 t d’ammonitrate dans la cuve ! »

Début mars, sur la luzerne, l’agriculteur peut épandre jusqu’à 400 kg/ha d’engrais 0-15-25. La largeur de travail, pour sa part, atteint 28 m. « Cette largeur concorde avec les rampes de mon pulvérisateur pour les passages de traitement. La nappe, cependant, doit mesurer plus de 50 m de large », ajoute-t-il. Côté entretien, l’épandeur n’est pas des plus gourmand.

Certaines tâches nécessitent néanmoins une réalisation méticuleuse. « Le lavage est long. Pour faire les choses bien, il faut démonter certaines protections et carters en plastique », précise-t-il. Il convient ensuite de graisser quotidiennement les croisillons du cardan et les vérins assurant l’ouverture et la fermeture des trappes. « Avant le remisage, j’enduis les disques d’huile », termine-t-il.

Le distributeur se dote des plus grandes rehausses disponibles, permettant un volume de cuve de 3 900 L. (© Aurélien Guillard)

Une communication Isobus

Le Kubota DSX-W embarque un système de communication Isobus avec le tracteur. « Avec mes John Deere série 6R, je pilote directement le distributeur en Isobus via le terminal du tracteur. Si je prends mon John Deere 7710 exempt de terminal, j’utilise alors le boîtier tactile du distributeur et son faisceau mobile », explique Arnaud Odille. L’intégralité des tracteurs étant prédisposée pour le guidage, la coupure de section par GPS est de mise. « J’ai la possibilité de gérer individuellement jusqu’à sept sections de 4 m sur les 28 m de la largeur de travail », souligne-t-il.

Le distributeur autorise également l’ajustement en temps réel de la quantité épandue, de la largeur de travail ou encore des pesées. « Je programme mes pesées en fonction de la quantité de produit dans la cuve. Plus le tonnage contenu et épandu est important, moins les pesées sont régulières, et inversement. » Notons que celles-ci sont assurées par quatre pesons et un capteur de référence, sur lesquels reposent la cuve.

« Pour calibrer les pesons, précise-t-il, je détermine la densité de l’engrais grâce à un récipient de 1 L, puis j'enregistre les valeurs dans le terminal. La densité de l’ammonitrate, par exemple, s'élève à 0,8, et celle des engrais de fond, plus lourds, à 0,95. »

Le distributeur est piloté en Isobus depuis le terminal du tracteur. Si ce dernier n'en dispose pas, l'agriculteur emploie le boîtier tactile de la machine. (© Arnaud Odille)

Un distributeur à pales fixes

Le distributeur bénéficie de l’unité de dosage RotaFlow accélérant progressivement l'intégration de l'engrais dans le bol de dosage. D’après le constructeur, le produit étant mis en mouvement avant réception par les pales, les grains sont moins sujets à la casse. Chaque disque comporte huit pales, dont six fixes et deux réglables. Le point de chute des billes d’engrais sur les disques peut d’ailleurs être modifié.

« J’ajuste cela via une manette à positionner sur une réglette graduée de A à U. Plus les engrais sont lourds, plus les billes doivent être prises en charge près du centre du disque. Pour les produits légers, c’est l’inverse, sinon la largeur d’épandage serait trop faible », précise Arnaud Odille. Il convient donc, en amont, de déterminer la granulométrie de l’engrais, via une boîte graduée prévue à cet effet.

L’exploitant joue également sur la vitesse de la prise de force du tracteur. « Je fais osciller cette vitesse entre 520 et 540 tr/min pour des disques tournant entre 940 et moins de 1 000 tr/min, en fonction du poids de l’engrais », ajoute-t-il. Plus les produits sont légers, moins la vitesse de rotation des disques est élevée, et inversement. En bordure de parcelle, Arnaud Odille ajuste hydrauliquement le déflecteur de bordure. « Je l'utilise le long des cours d’eau, par exemple. Cependant, le dosage s’en voit réduit en bord de champ », termine-t-il.

Chaque disque comporte huit pales, dont six fixes et deux réglables. Le point de chute se règle à l'aide d'une manette. (© Aurélien Guillard)
Le déflecteur de bordure, employé par exemple au bord des cours d'eau, s'ajuste hydrauliquement. (© Aurélien Guillard)

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