Mitsubishi L200 Double Cab Instyle : un cran au-dessus

Mitsubishi L200 Double Cab Instyle : un cran au-dessus

Nouveau moteur, nouvelle transmission, châssis allégé et habitacle revu : le Mitsubishi L200 place la barre encore plus haut. Cette cinquième génération arrive à point nommé dans le petit monde du pick-up en pleine effervescence suite à l'annonce du renouvellement des cadors du marché, le Ranger de Ford et le Hilux de Toyota, et à l'arrivée des futurs Renault, Fiat et Mercedes.

Le Mitsubishi L200 est loin d'être un débutant dans le domaine du pick-up. Cela fait 37 ans et quatre générations que le constructeur japonais écoule son utilitaire, vendu à plus de 4 000 000 d'exemplaires à travers le monde. Fut un temps, le Mitsu s'est même hissé sur la plus haute marche du podium des ventes dans l'Hexagone. Mais depuis, la concurrence s'organise et les nouvelles stars du marché ne s'endorment pas sur leurs lauriers. Toyota et Ford, qui font à eux seuls la moitié des immatriculations en France, renouvellent eux aussi leurs moutures tandis que les futurs Fiat Fullback, un descendant de ce nouveau L200, et le Renault Alaskan, un cousin du Nissan Navara, pointent le bout de leur nez. Dévoilée au salon de Francfort (Allemagne), en mars 2015, la cinquième génération de L200, toujours fabriquée en Thaïlande, arrive donc à point nommé. Pour séduire un maximum de professionnels, le fameux pick-up compte notamment sur sa subtile retouche stylistique. La plus frappante est la signature J-Line, la virgule, séparant l'habitacle de la caisse de ce modèle à double cabine, désormais moins prononcée que sur la précédente génération de L200. La porte arrière s'élargit et l'accès à bord est facilité. Ce nouveau design s'accompagne d'arêtes plus tendues conférant au pick-up un style plus musclé et plus dynamique. Ajoutez une imposante calandre chromée et le nouveau L200 se révèle plus agréable à l'oeil. Si cette version à double cabine, nommée Double Cab, reste la plus vendue en France, le constructeur nippon conserve une variante à cabine approfondie, baptisée Club Cab. Cette dernière inaugure chez Mitsubishi des portes antagonistes à l'arrière que certains concurrents comme le Ford Ranger utilisent depuis quelques années déjà. Le modèle à simple cabine, pour sa part, disparaît du catalogue. Certes, il ne représentait pas une grosse part des ventes, mais sa longueur de caisse devait sans doute plaire aux agriculteurs transportant fréquemment des objets volumineux et peu de passagers.  

Un confort de premier plan

  Mitsubishi a également revu le poste de conduite pour accueillir plus confortablement les occupants. L'habitabilité progresse tant aux places avant qu'aux places arrière. Pour le conducteur, l'assise et la position de conduite sont améliorées tandis que le volant se règle désormais en hauteur et en profondeur. Pour encore plus de confort, le constructeur promet avoir optimisé les réglages de suspension. Le L200 conserve les doubles triangles avec ressorts hélicoïdaux à l'avant et les ressorts à lames à l'arrière. Ces derniers sont redessinés et allongés. Le résultat est plus que satisfaisant ! Le nouveau L200 distille un confort de premier ordre, digne d'une berline familiale, et se distingue par sa souplesse de conduite. Côté finition, malgré les efforts des ingénieurs japonais sur la qualité des matériaux et le nouveau dessin du tableau de bord, ce n'est ni très joli ni d'une très grande qualité. Cependant, l'assemblage ne souffre d'aucun reproche et les matériaux semblent conçus pour durer. Mitsubishi aurait également revu l'isolation acoustique. Le L200 n'est effectivement pas bruyant. Le coefficient aérodynamique de 0,40 (une performance pour ce type de véhicule) n'est sans doute pas étranger à cette performance. De nouveaux équipements de sécurité comme l'airbag aux genoux pour le conducteur, l'avertisseur de changement de file, l'aide à la stabilité de la remorque, l'assistance au démarrage en côte ou encore les projecteurs au xénon avec feux de jour à LED font leur apparition au catalogue. D'autres nouveaux accessoires participent à la montée en gamme du pick-up, à l'instar de la caméra de recul, de l'ouverture et du démarrage mains libres, du régulateur et limiteur de vitesse, de la climatisation automatique bizone, du port USB...  

Le moins polluant de sa catégorie

  Le nouveau pick-up doit aussi sa souplesse de conduite à son nouveau moteur diesel, de 2,4 L, développant 154 ou 181 ch. La variante la plus puissante ici essayée assure un bon agrément et relance correctement l'engin, notamment avec la nouvelle boîte manuelle à six rapports, mais ne devrait pas faire de miracle dès que la benne sera chargée ou qu'une remorque sera attelée. Le quatre-cylindres, à 16 soupapes et rampe commune, se caractérise par son bloc-moteur en aluminium, plus léger, son faible taux de compression et sa distribution variable. Il accède au système Auto Stop & Go coupant et démarrant automatiquement le moteur lorsque le véhicule est à l'arrêt. Doté de ce nouveau bloc maison, le L200 est annoncé comme le modèle le moins polluant de sa catégorie, avec 169 à 189 g/km de CO2, une autre petite prouesse technologique dans cette catégorie de véhicule. Pour consommer moins, le nouveau pick-up a aussi perdu du poids, entre 50 et 100 kg en comparaison de son prédécesseur, pour atteindre seulement 1 875 kg sur le modèle essayé. Grâce à son châssis porteur rigidifié et allégé, il peut charger un peu plus de 1 t dans sa caisse et remorquer jusqu'à 3 100 kg. Le Mitsu se maintient en longueur à 5,205 m. Les dimensions de sa benne n'évoluent donc guère, excepté les ridelles, plus hautes de 15 mm, soit 475 mm dorénavant. L'empattement, lui, s'avère plus court et favorise la maniabilité. Le nouveau pick-up surprend en effet par son faible rayon de braquage, de 5,90 m, et devrait ainsi se faufiler aisément entre deux bâtiments d'une exploitation agricole. La transmission intégrale reprend celle de la précédente génération de L200, inaugurée à l'origine sur le Pajero. Elle n'est plus commandée par un levier mais par un sélecteur à l'ergonomie sans reproche, toujours positionné sur la console centrale. Le conducteur a ainsi le choix entre quatre modes de traction. Il passe de deux à quatre roues motrices jusqu'à 100 km/h. Dans ce dernier mode, le constructeur propose en plus de verrouiller le différentiel central ou d'enclencher la gamme de vitesses lentes. Le seul regret concerne le temps parfois long de passage d'un mode à l'autre. Outre la boîte manuelle à six rapports ici présentée, le constructeur monte la nouvelle transmission automatique à cinq rapports inaugurée sur le Pajero. Cette dernière se dote d'un mode sport mais n'est disponible qu'avec le moteur de 181 ch et la finition haut de gamme Instyle.  

Avis d'essayeur : Sébastien Bue

  Sébastien Bue, agriculteur à Esches, dans l'Oise, a essayé cette cinquième génération de Mitsubishi L200. Dès le premier coup d'oeil, il a été séduit par le look, notamment la calandre plus sportive et la virgule moins prononcée à la séparation de la cabine et de la caisse. Le hardtop apporte lui aussi une touche plus dynamique tout en autorisant le transport d'objets en toute sécurité. Mais ces derniers ne doivent pas être trop volumineux. Et cet accessoire cache la visibilité arrière, notamment sous la pluie puisque ni la vitre arrière de la double cabine, ni celle du hardtop ne sont pourvues d'essuie-glaces. « Il offre le confort et la souplesse de conduite d'une berline familiale. Les sièges, certes en cuir dans cette finition haut de gamme, profitent d'un excellent maintien », apprécie l'agriculteur. Le L200 s'avère à l'aise pour circuler entre les bâtiments de l'exploitation agricole. Sébastien Bue est même agréablement surpris par la maniabilité, malgré le gabarit imposant. Et la caméra de recul se révèle être un bon allié lors des manoeuvres ou pour, éventuellement, atteler une remorque. « Dommage que cette caméra ne s'accompagne pas de radars de recul », regrette l'essayeur. En comparaison de son Toyota Land Cruiser de 160 ch et boîte mécanique, il juge le moteur de 2,4 L et 181 ch du L200 plutôt nerveux sans être sportif. « La boîte de vitesses mécaniques à six rapports s'avère bien étagée, mais son levier manque de précision. » En dehors des sentiers battus, le Mitsu révèle une bonne adhérence, même en deux roues motrices et avec des pneus à profil routier. « Le L200 offre de bonnes aptitudes en tout-terrain et le sélecteur du mode de traction s'avère bien plus ergonomique que le précédent levier placé à droite de celui des vitesses. Le temps de réponse pour le passage d'un mode à l'autre peut néanmoins s'avérer gênant lors d'un besoin urgent de motricité », souligne l'exploitant.    

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