Maniabilité hors pairKubota M135 GX-S

Kubota M135 GX-S

Avec le M135 GX-S, Kubota cible le coeur des ventes de tracteurs sur le marché français. La rédaction de Matériel Agricole s'est donc logiquement attachée à tester, cet été, ce modèle d'une puissance maximale de 140 chevaux. Au menu : passage au banc de puissance, circuit routier et travaux de déchaumage dans les terres vallonnées de Basse-Normandie.

L'arrivée du Kubota M135 GX-S dans l'exploitation de Raphaël Groult, installé à Coulombs (Calvados), suscite interrogations et curiosité. Ce modèle interpelle car il investit une catégorie de puissance ultraconcurrentielle dans laquelle le constructeur japonais n'avait pas encore fait parler de lui. La possibilité de découvrir un tracteur entièrement nouveau a d'ailleurs motivé le jeune agriculteur, hôte de cette session d'essai, à en prendre les commandes. La première épreuve correspond au contrôle des performances moteur. Avant de raccorder le Kubota au banc de puissance, je parcours quelques kilomètres au volant afin de mettre à température le quatre- Kubota M135 GX-S cylindres de 6,1 litres, annoncé pour 140 chevaux CE 97/68, et la transmission à huit rapports sous charge.   La prise en main s'avère presque enfantine. Les différentes commandes sont bien repérées et logiques d'utilisation. L'aspect visuel de certains plastiques laisse cependant à désirer. Dès le retour à l'exploitation, la prise de force du M135 GX-S est reliée au banc d'essais de l'association Aile. Le tracteur délivre alors une puissance maximale de 122 chevaux OCDE au régime de 2 100 tr/min. Nous prenons note, à l'aide d'un sonomètre, du bruit en cabine que nous ne manquerons pas de réévaluer durant l'essai sur la route et lors des travaux au champ. Avant de poursuivre l'essai, Mickaël Provost, responsable produit de la série M de Kubota, nous détaille les spécificités techniques et les différentes aides à la conduite du tracteur. Je me lance le premier sur le parcours de 11,9 km alternant de belles portions routières mais aussi des côtes et des chemins.  

Du confort à bord

La remorque à deux essieux Leboulch Gold K150 XL, attelée au piton du M135 GX-S porte à 27 tonnes le poids total de l'ensemble. La large cabine, dénuée malheureusement d'un siège passager, est particulièrement lumineuse. La faible épaisseur de ses montants limite les angles morts et me permet d'aborder sereinement les intersections. Le moteur n'est pas des plus impressionnants lors de l'ascension des premières côtes. Toutefois, il ne s'écroule pas dans les portions les plus difficiles. Le niveau de bruit à bord, jugé élevé lors du passage au banc d'essais, s'avère plutôt acceptable sur la route. Après avoir géré manuellement le passage des huit rapports sous charge de la transmission, je délègue cette action à l'automatisme équipant de série ce tracteur. La molette de réglage de la sensibilité de cette fonctionnalité me permet de trouver un bon compromis entre le régime maximal de passage des vitesses et le régime minimal de rétrogradage.   Je rejoins finalement l'exploitation d'accueil en 31 minutes avec une consommation de carburant de 9,21 litres, soit une moyenne de 18,1 l/h. Raphaël Groult prend le relais. Il apprécie rapidement, sur le chemin de terre nous menant à la route, l'efficacité de la suspension du pont avant. L'agriculteur, approuvant à son tour l'habitabilité, reproche la petite taille et le manque de réglages des rétroviseurs. « Je suis agréablement surpris par le comportement général du tracteur. Sa direction est bien dosée à basse comme à plus haute vitesse. Le confort à bord ne mérite aucun reproche, d'autant que la cabine est dépourvue d'un système de suspension, signale l'essayeur. Les interrupteurs de passage des rapports sous charge sur l'accoudoir ne tombent cependant pas bien sous la main. Le levier de gamme est également trop éloigné lorsqu'il est en position rapide. »   La boucle est parcourue en 33 minutes avec une consommation de carburant de 8,8 litres, soit environ 15,9 l/h. Le troisième tour de circuit confirme les impressions de l'exploitant qui, à l'aise avec le tracteur et le parcours, réalise le même temps et parvient à maintenir sa consommation sous la barre des 16 l/h.« J'ai moyennement apprécié l'automatisme de la transmission dans les portions les plus abruptes. Il agit sur le changement de seulement quatre rapports sous charge alors qu'il y en a huit au total. Si la difficulté persiste, il faut reprendre manuellement le contrôle de la transmission », précise Raphaël Groult.  

Demi-tour toute

La batterie de tests se poursuit au champ. L'agriculteur accroche, sur le Kubota, le déchaumeur porté Bonnel Multicultor de 4,3 mètres de large. « La visibilité arrière est correcte mais la très faible longueur des bras de relevage ne facilite pas l'accès entre le tracteur et l'outil pour fixer le troisième point et les différents flexibles hydrauliques. L'essayeur se dirige vers une parcelle de féveroles pour un deuxième déchaumage. Le champ, au sol sec, comporte des dénivelés importants. Le M135 GX-S atteint une vitesse d'avancement de 7 km/h sur les parties les plus planes, contre 4 à 5 km/h dans les zones les plus vallonnées.   « Le réglage des différents paramètres du relevage arrière se révèle particulièrement simple. En bout de champ, l'activation du dispositif de demi-tour rapide intégré au pont avant offre un rayon de braquage exceptionnel, souligne l'agriculteur. L'automatisme de gestion de tâches en fourrière s'avère en revanche assez simpliste. Seule la transmission rétrograde, selon le réglage, d'un, de deux voire de trois rapports lorsque le relevage arrière est sollicité. » Lors du bilan, chacun s'accorde sur le bon niveau de confort procuré par l'unique dispositif de suspension présent sur le pont avant. Le Kubota n'affiche en revanche pas les meilleures performances de sa catégorie sur le parcours routier mais il se rattrape au champ grâce à sa grande maniabilité.  

Dans la cour des grands

Le M135 GX-S possède de bons arguments pour aider Kubota à se défaire d'une fausse image de constructeur de tracteurs low cost. Le dernier-né de la marque intègre en effet une nouvelle cabine proche des standards actuels et dispose d'une transmission à huit rapports sous charge dotée de série d'un mode automatique. Il bénéficie également d'un pont avant suspendu jusque-là indisponible chez le fabricant.  

Un gros quatre-cylindres maison

Le Kubota M135 GX-S est le seul tracteur de la marque à disposer de la nouvelle motorisation à quatre cylindres de 6,1 litres conforme à la norme antipollution Stage IIIB. La plaque d'identification accolée au bloc rappelle que le constructeur japonais, en plus d'être tractoriste, est également un grand motoriste. Ce moteur, d'une puissance maximale de 140 chevaux CE 97/68, dispose d'une injection par rampe commune fonctionnant à une pression maximale de 1 600 bars. Il s'alimente dans un réservoir à carburant d'une capacité de 190 litres. Le turbocompresseur, suivi de l'intercooler, suralimente en air frais la chambre de combustion avant l'explosion. Une vanne EGR contrôlée électroniquement redirige une partie des gaz d'échappement vers l'admission. Les émissions restantes traversent un catalyseur d'oxydation (DOC) et un filtre à particules (FAP) situés sous le capot au-dessus du moteur.   Ces différents modules de dépollution se régénèrent automatiquement en fonction de la charge appliquée au moteur. En cas de colmatage trop important, un nettoyage forcé s'active et porte à 630 °C la température des gaz d'échappement. Ce processus nécessite cependant l'activation de l'automatisme de cette fonction depuis un interrupteur placé sur le tableau de bord. Dès 2014, ce dispositif fonctionnera par défaut. Le ventilateur viscostatique, pour sa part, s'engage automatiquement en fonction de la température du moteur. Kubota préconise un renouvellement de l'huile moteur toutes les 500 heures. En cabine, le chauffeur dispose d'un interrupteur autorisant la mémorisation de deux régimes moteur et d'un potentiomètre limitant le régime maximal. L'ordinateur de bord informe, lui, du taux de remplissage du filtre à particules. Il indique aussi la consommation instantanée et moyenne en carburant.  

Clarté et habitabilité

Le M135 GX-S de Kubota se distingue des autres modèles de la marque par sa cabine à quatre montants. Celle-ci offre suffisamment d'espace à bord pour recevoir confortablement le chauffeur et son éventuel passager. Notons cependant que le siège d'appoint n'est, pour l'instant, pas proposé de série. Le chauffeur dispose d'une partie des commandes sur son accoudoir. Il y retrouve notamment les deux boutons-poussoirs modifiant manuellement les rapports sous charge de la transmission, l'accélérateur à main et le contrôle de position du relevage arrière.   Le panneau latéral droit du poste de conduite reçoit, lui, le levier de commande des trois gammes synchronisées, les potentiomètres de réglage du relevage arrière ainsi que les leviers des distributeurs. L'opérateur dispose également d'un ordinateur de bord, doté d'un écran monochrome, affichant les régimes moteur mémorisés, les consommations de carburant et autorisant la mesure des surfaces travaillées. Les travaux au chargeur frontal seront facilités par la présence d'un toit ouvrant vitré et par l'absence de commande en hauteur, ce qui libère la visibilité. La nuit, les chantiers seront éclairés par les quatre projecteurs avant et les deux arrière. Deux phares supplémentaires, à l'avant comme à l'arrière, figurent au catalogue des options.  

Un seul circuit hydraulique au catalogue

Le constructeur japonais ne propose qu'un seul circuit hydraulique à centre ouvert sur son tracteur. La première pompe de 62 l/min fournit exclusivement le système de direction assistée et la transmission. La seconde, débitant 83 l/min, alimente les deux vérins externes du relevage arrière, d'une capacité de 6 100 kg, ainsi que les deux distributeurs à commande mécanique. Sur demande, Kubota ajoute un à deux modules supplémentaires. Le catalogue d'options comprend également un relevage avant d'origine MX d'une capacité de 2 800 kg.   Celui-ci s'avère éligible au montage d'une prise de force tournant à 1 000 tr/min et de deux lignes hydrauliques auxiliaires. La commercialisation de ce tracteur marque également l'arrivée d'une suspension hydraulique du pont avant. Celle-ci, d'un débattement de 75 mm, amortit les oscillations à l'aide d'une boule d'azote. Un premier interrupteur autorise le réglage de sa sensibilité. Un second permet d'activer ou non son fonctionnement, de déclencher sa désactivation automatique sous 5 km/h afin d'offrir, au chargeur frontal par exemple, une meilleure précision de travail, ou, enfin, de modifier manuellement sa hauteur.  

Huit rapports sous charge

En plus des moteurs, Kubota fabrique ses propres transmissions. Le M135 GX-S intègre en effet une boîte de vitesses dotée de trois gammes mécaniques synchronisées et de huit rapports sous charge. L'engincircule ainsi à une vitesse de 40 km/h au régime maximal. La commande de l'inverseur électrique, placée sur la colonne de direction, permet de changer le sens d'avancement sans débrayer. En option, une variante équipée d'une gamme rampante porte à 32 le nombre total de rapports et offre ainsi une vitesse minimale d'avancement de 150 m/h. L'opérateur passe manuellement les différents rapports powershift sur le levier de sélection des gammes ou depuis deux boutons placés sur l'accoudoir. L'activation du mode automatique permet de déléguer le changement des vitesses à l'électronique.   Ce dispositif contrôle ainsi le passage des rapports sous charge par groupe de quatre (un à quatre et cinq à huit). Au-delà de cette plage, le chauffeur doit donner une impulsion sur une des commandes des powershift pour passer les vitesses restantes. Un interrupteur à deux positions permet d'adapter la réactivité de la transmission au travail réalisé. Ainsi, en mode champ, l'automatisme rétrograde, selon le choix du chauffeur, un, deux voire trois rapports dès la levée de l'outil pour réduire la vitesse d'avancement durant les manoeuvres. Sur la route, il privilégie la plage de puissance maximale et n'hésite pas à descendre les rapports pour maximiser les capacités du frein moteur. Un potentiomètre permet cependant d'ajuster la sensibilité de cet automatisme.   L'entraînement du pont avant intègre deux embrayages multidisques commandés hydrauliquement autorisant, lors d'un braquage important des roues, la modification de leur régime de rotation. L'accélération de leur vitesse de rotation, en bout de champ par exemple, réduit le rayon de braquage du M135 GX-S. Le pont avant n'utilise, lui, aucun cardan mais des renvois d'angle à pignons. Deux régimes de prise de force sont proposés par la marque. De série, le tracteur anime les outils attelés à une vitesse de 540 ou 1 000 tr/min. Sur demande, Kubota remplace le plus rapide par le 540 Eco.  

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