Mariage réussiNew Holland T6.150 Auto Command

New Holland T6.150 Auto Command

La transmission à variation continue se démocratise chez New Holland. Après les T7 et les T8, ce sont les tracteurs à quatre cylindres de la série T6 qui ont adopté cette transmission à l'occasion du Sima. Matériel Agricole a eu l'opportunité d'essayer, dès la fin des moissons, un T6.150 Auto Command de présérie. Le passage au banc moteur, les essais sur la route et ceux de déchaumage ne nous feront pas regretter les transmissions semi-powershift habituellement commercialisées avec ce tracteur.

La transmission à variation continue a fait ses preuves sur les tracteurs de grosse puissance New Holland. La marque propose aujourd'hui cette technologie sur des modèles moins imposants tels que les T6 à moteur quatre cylindres. Matériel Agricole s'est donc attaché à essayer le T6.150 Auto Command dès les premiers champs libérés de leur culture. La rédaction du magazine a donc réuni le banc d'essai de l'association Aile, située à Rennes, et le tracteur test sur l'exploitation de Raphaël Groult, agriculteur à Coulombs (Calvados). Le design de ce nouveau modèle me rappelle rapidement celui du T7.210 Auto Command essayé un an plus tôt (Matériel Agricole n° 188 de mai 2013). Mes premières impressions se confirment une fois à bord où, excepté la longueur du capot, la ressemblance est flagrante.   Seul le bruit m'indique que je suis à bord d'un quatre-cylindres. La prise en main ne pose que peu de problème. Marche avant engagée, il suffit d'appuyer sur l'accélérateur ou sur le joystick pour réaliser les premiers tours de roues sur le sentier bordant la ferme. Le moteur régule alors automatiquement son régime en fonction de la charge. Le frein moteur offert par la transmission s'avère, lui, particulièrement important, voire même surprenant, à chaque décélération. La cabine s'illustre par son insonorisation d'autant que le moteur se contente d'un régime de 1 550 tr/min pour atteindre la vitesse maximale de 40 km/h. Je ne manquerai pas de New Holland T6.150 Auto Command réévaluer ces premières impressions plus tard, lors de l'essai routier. La mécanique à température, nous débutons la batterie de tests par un passage au banc d'essai.   Le moteur FPT de 4,5 litres délivre alors une puissance maximale de 107 chevaux OCDE, à comparer aux 133 chevaux ECE R120 annoncés. Nous relançons la prise de force mais, cette fois, en activant manuellement le système de surpuissance à gestion électronique. Le T6.150 offre alors 125 chevaux OCDE contre 154 chevaux ECE R120 indiqués dans la brochure commerciale. Le tracteur est ensuite attelé à une remorque Leboulch Gold K150 XL chargée de sable. Je m'élance le premier sur le circuit routier de 11,9 km au volant de cet ensemble de 27 tonnes.  

Un confort appréciable

La transmission, réglée en mode automatique, est commandée depuis la pédale d'accélérateur. Lors de l'ascension de la première côte, le tracteur se cale au régime de 1 900 tr/min puis régule ensuite sa vitesse de rotation en fonction de la charge. J'aborde les descentes sereinement, notamment grâce à l'important frein moteur. L'insonorisation à bord me permet de faire facilement part de mon ressenti au passager. Le départ arrêté dans la seconde côte est l'occasion de tester le système Active/Stop de la transmission. Toutes commandes lâchées, le tracteur s'immobilise parfaitement dans la montée. Ce premier tour de circuit est réalisé en 30 minutes et 30 secondes.   La consommation de carburant mesurée par notre débitmètre nous indique un volume de 8,3 litres, soit une consommation moyenne de 16,33 l/h. Romain Triboulet, agriculteur voisin de l'exploitation d'accueil, se met à son tour au volant du tracteur. « Le travail des différentes suspensions est assez remarquable. Chauffeur et passager sont relativement bien isolés des oscillations et du bruit moteur », confie l'essayeur. Lui aussi apprécie la capacité de l'ensemble moteur-transmission à retenir les poussées de la remorque dans les descentes. Après 31 minutes et 53 secondes, l'ensemble est de retour. Sa consommation moyenne établie ici à 14,8 l/h sera encore réduite durant le troisième tour.   Florent Lampson, responsable produit de la marque, limite, pour y parvenir, le régime maximal du moteur à 1 600 tr/min, valeur à laquelle le tracteur a délivré, lors du passage au banc d'essai, des données de couple et de puissances proches de leurs maximums.Ce réglage n'aura finalement pas de mauvaise incidence sur les performances du tracteur. Romain Triboulet descendra au contraire de 52 secondes son temps au tour. La consommation moyenne chutera, elle, à 14,2 l/h. « La limitation du régime moteur maximal a également contribué à réduire légèrement le bruit en cabine », précise l'agriculteur à son arrivée. La remorque est ensuite dételée puis remplacée par un déchaumeur Bonnel Multicultor de 4,3 mètres de large. Une masse de 900 kg attelée au relevage avant contrebalance le poids de l'outil à dents.   La parcelle de féveroles à déchaumer s'avère relativement sèche et présente des passages parfois tassés. Notre essayeur engage le mode Cruise de la transmission et travaille à une vitesse d'environ 9 km/h. Cette allure ne permet pas au tracteur de bénéficier des quelques chevaux supplémentaires offert par le système de surpuissance. Les portions les plus difficiles contraignent plutôt la traction du New Holland. Comme le T6.150 affiche à peine plus de six tonnes sur la balance, quelques masses de roues auraient sûrement contribué à endiguer ce problème. Le relevage, alimenté par une pompe hydraulique à cylindrée variable débitant 150 l/min, ne montre aucune difficulté pour sortir l'outil de terre en bout de champ. Le confort à bord reste de premier ordre. Le chauffeur modifie facilement les paramètres liés au relevage depuis son accoudoir ou via l'écran couleur et tactile Intelliview III (remplacé depuis par l'Intelliview IV).  

Un terminal nouvelle génération

L'activation d'une séquence de bout de champ s'effectue après avoir mémorisé, en roulant, les différentes opérations à effectuer. L'opérateur dispose ensuite, sur le joystick multifonction, d'un interrupteur lui permettant de déclencher le processus à l'approche d'une fourrière. Le confort de conduite et la grande liste d'équipements offerts par le T6.150 ont été, lors du bilan de cette journée, deux critères particulièrement appréciés par l'essayeur. Sur le parcours routier, le New Holland s'est illustré par son niveau de performances comparable à celui de ses concurrents. Sa consommation en carburant s'est cependant montrée, elle, légèrement inférieure. Le mariage de la transmission à variation continue avec le moteur quatre cylindres de ce petit tracteur semble donc réussi.  

Les attributs des plus grands

New Holland propose pour la première fois sa transmission à variation continue Auto Command sur des tracteurs de moins de 150 chevaux. Les modèles de la série T6, dotés d'un moteur quatre cylindres développant 121 à 143 chevaux, bénéficient en effet de ce module depuis le dernier Sima. Leur cabine à quatre montants Horizon reçoit pour l'occasion quelques modifications au bénéfice de l'ergonomie.  

Une fonction Active/Stop appréciable

La commercialisation d'une transmission à variation continue n'est pas une nouveauté pour New Holland. En revanche, la combinaison d'une transmission de ce type avec un moteur à quatre cylindres est une première pour la marque. Dans la gamme T6, seuls les modèles T6.140, T6.150 ici essayé et T6.160 sont éligibles au montage de la boîte Auto Command fabriquée dans l'usine CNH d'Anvers (Belgique). Cette transmission intègre deux plages mécaniques pour la marche avant, contre une seule pour la marche arrière. Deux embrayages pilotés automatiquement en fonction de la vitesse d'avancement assurent le passage de la première à la seconde plage en limitant le phénomène de rupture de couple et sans s'arrêter.   En marche avant, le tracteur circule à une allure minimale de 20 m/h et maximale de 40 km/h à 1 550 tr/min. Le levier d'inverseur placé sur la colonne de direction intègre également une position de frein de parking. L'opérateur dispose des quatre stratégies de conduite Auto, Cruise, PTO et Manuel similaires à celles des plus gros T7 Auto Command. En mode Auto, le moteur interagit avec la transmission pour fonctionner à son régime optimal. Le conducteur contrôle dans ce cas l'allure via la pédale d'accélérateur ou par impulsion sur le joystick. La sélection d'une des trois vitesses cibles programmées enclenche le mode Cruise, le quatre-cylindres régule alors automatiquement son régime pour maintenir la vitesse souhaitée. Lors des travaux à la prise de force, la fonction PTO privilégie le maintien du régime moteur aux dépends de la vitesse d'avancement.   Enfin, le mode manuel offre une conduite similaire à celle d'une transmission à rapports sous charge. Avec cette solution, le conducteur ajuste le régime moteur via la pédale d'accélérateur et modifie l'allure d'avancement en actionnant le levier multifonction. New Holland a doté la boîte Auto Command d'une fonction Active/Stop immobilisant le tracteur dans une côte lorsque le conducteur ne sollicite pas la transmission. Enfin, l'opérateur modifie la réactivité et les capacités de frein moteur de la boîte depuis un interrupteur à trois positions placé sur le clavier de son accoudoir.   La prise de force arrière des New Holland travaille, de série, aux régimes de 540, 540 Eco ou 1 000 tr/min. Son enclenchement s'effectue progressivement à l'aide d'un embrayage hydraulique multidisque. Le pont avant suspendu Terraglide est monté de base sur ce modèle. Le pont SuperSteer proposé en option améliore le rayon de braquage du tracteur de 40 % mais reste incompatible avec le montage d'une suspension.  

Bienvenue à bord

Connaisseurs et amateurs des tracteurs New Holland ne seront pas perdus à bord des T6. La cabine à quatre montants Horizon offre en effet le même environnement de conduite que les plus puissants T7 et T8. L'ensemble des fonctions est en effet rassemblé sur l'accoudoir droit du siège. Celui-ci supporte le joystick intégrant les commandes de la transmission, de l'inverseur, de deux distributeurs, du relevage arrière et de l'autoguidage. Un levier en croix et quatre autres gâchettes offrent différentes possibilités de piloter les fonctions hydrauliques. L'opérateur dispose à proximité d'un clavier rassemblant les interrupteurs du pont avant, du différentiel et du gestionnaire des tâches en fourrière.   L'écran couleur et tactile de sept pouces Intelliview III, fixé en tête d'accoudoir, répertorie l'ensemble des paramètres liés à la transmission, au moteur et au circuit hydraulique. Depuis l'essai, New Holland a modifié le catalogue d'équipements des T6 Auto Command. Ces derniers disposent désormais de l'Intelliview IV offrant les mêmes fonctionnalités que son prédécesseur mais adoptant un écran de 10,4 pouces pour davantage de confort. Compatible avec la norme Isobus, il se substitue également au montage d'un terminal supplémentaire lorsqu'un outil est connecté au tracteur. La prédisposition du T6.150 au montage complet d'un système de guidage permet également à l'écran d'être utilisé comme interface de navigation.   Le conducteur bénéficie de série d'un siège à suspension basse fréquence. New Holland fournit en standard une suspension de cabine en quatre points. Le toit intègre désormais les commandes de la climatisation et du chauffage, autrefois placées sur un montant arrière. Cette modification permet au constructeur d'ajouter, au catalogue des options, une régulation électronique de la température en cabine. Un clavier situé à proximité de l'autoradio Bluetooth gère le pilotage des dix phares de travail répartis à l'avant et à l'arrière du tracteur.  

Un débit maxi avec l'AutoCommand

New Holland équipe de série le T6.150 d'une pompe hydraulique à cylindrée variable offrant un débit maximal de 150 l/min. Celle-ci alimente les trois distributeurs à double effet présents à l'arrière. Chacun d'entre eux est réglable en débit et en temporisation depuis l'écran tactile Intelliview III ou IV. Le constructeur ajoute deux modules supplémentaires sous la cabine lors du montage d'usine d'un chargeur frontal d'origine Stoll. Le circuit hydraulique à détection de charge alimente également le relevage arrière d'une capacité de 7,9 tonnes aux rotules. New Holland propose en supplément un relevage frontal levant jusqu'à 3,2 tonnes et s'alimentant auprès d'un quatrième distributeur. Cet équipement s'accompagne aussi d'un indicateur de position ainsi que d'un compensateur d'oscillations. En option, la marque lui ajoute une prise de force tournant à 1 000 tr/min.  

Des chevaux en réserve

Le tracteur New Holland T6.150 ici essayé intègre un moteur FPT à quatre cylindres de 4,5 litres. Celui-ci dispose de quatre soupapes par cylindre, d'une injection à rampe commune, d'un turbocompresseur et d'un intercooler. Il est annoncé une puissance maximale de 133 chevaux ECE R120. Lorsque le moteur est fortement sollicité hydrauliquement, au transport ou lors de travaux mobiles à la prise force, la puissance maximale augmente progressivement jusqu'à 154 chevaux ECE R120. Le respect de la norme antipollution Stage IIIB passe par l'adoption d'un dispositif de traitement postcombustion SCR.   Le quatre-cylindres s'alimente dans un réservoir à carburant d'une capacité de 170 litres, contre 37 litres pour la solution de dépollution AdBlue. La marque a doté les T6 d'un super-ralenti abaissant le régime à 650 tr/min lorsque le chauffeur n'est plus présent sur son siège. Les différents échangeurs sont tous placés devant le ventilateur viscostatique. Les utilisateurs d'outils frontaux opteront pour l'optionnel ventilateur à entraînement hydraulique autorisant l'inversion périodique de son sens de rotation. New Holland préconise un intervalle de vidange de 500 heures.  

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