Mccormick X7.670 Pro Drive : la boîte Pro en attendant la Plus

Mccormick X7.670 Pro Drive : la boîte Pro en attendant la Plus

Exit la transmission de Saint-Dizier (52) et la vieillissante cabine des X70, le dernier-né des McCormick de la série X7 accueille une boîte semipowershift signée ZF et un poste de conduite nettement plus accueillant. Fin mars, au Gaec Chantegeay, dans la Vienne, Nicolas Maturier avait rendez-vous avec le X7.670, de 175 chevaux. S'il complimente globalement la cabine de ce tracteur, il reste plus mitigé sur sa transmission.

J'étais assez impatient de tester le nouveau McCormick X7.670 dont la motorisation, la transmission et la cabine témoignent d'une forte rupture technologique avec les productions antérieures. J'ai pu finalement en prendre les commandes, fin mars, au Gaec Chantegeay, situé à Chauvigny, dans la Vienne. Ce tracteur de 175 chevaux, essayé en finition Pro Drive, peut cependant décevoir de prime abord par son manque d'équipements. Sa boîte semipowershift signée ZF ne dispose en effet ni d'un automatisme de passage des gammes, ni d'un vrai terminal de contrôle. Heureusement, McCormick promet, fin 2014, une version plus évoluée dénommée Pro Drive Plus qui sera dotée d'un dispositif automatisant le passage des trois dernières gammes (4, 5 et 6), donc limité aux travaux de transport. Elle offrira également un grand terminal couleur et tactile installé en bout d'accoudoir. Le X7.670 Pro Drive testé se contente, lui, d'un petit écran monochrome intégré au tableau de bord sous le volant, peu lisible et peu intuitif. Nicolas Maturier, l'agriculteur essayeur, a remarqué ces défauts dès les premiers tours de roue au volant du McCormick. Il a en revanche rapidement revu son jugement lors de l'essai routier avec une remorque Brochard chargée de 21 tonnes de compost. Les efforts fournis par les ingénieurs de McCormick pour concevoir la nouvelle cabine s'avèrent concrets. Le bureau de design spécialisé en automobile avec lequel le tractoriste a collaboré a bien fait son travail. La qualité de fabrication, des matériaux et l'ergonomie des commandes sont au rendez-vous. « La poignée multifonction épousant la forme de la main, l'accoudoir intégrant quasiment toutes les commandes et les codes couleurs correspondant à chaque organe du tracteur rendent sa prise en main très facile », apprécie l'agriculteur. Du point de vue du confort, deux passagers ne se sentent pas à l'étroit en cabine car la largeur intérieure mesurée (1,68 mètre) est la plus importante de sa catégorie. Le siège passager, confortable, se replie à l'intérieur de l'aile pour ne pas gêner l'accès à bord. L'agriculteur apprécie également les équipements de confort montés de série : climatisation automatique, compartiment réfrigéré, siège à suspension active en Alcantara ventilé, autoradio MP3 à connexion Bluetooth, toit ouvrant vitré... « Le pare-brise, monobloc du toit jusqu'au plancher, dégage bien la vue vers l'avant. Les quatre montants de la cabine offrent aussi une bonne visibilité panoramique. En revanche, la surveillance de la remorque n'est pas des plus aisées en raison des petits rétroviseurs, dont le réglage électrique et le dégivrage ne figurent qu'au catalogue des options. » Côté conduite, l'agriculteur approuve le changement souple des quatre vitesses powershift alors que celui des gammes s'avère un peu brutal et génère une trop longue coupure lorsque le tracteur est en charge.  

Espace et ergonomie à bord

  « Il faut bien connaître le tracteur et les dénivellations de la route sous peine de se faire piéger par un changement de gamme inopportun et de faire caler le moteur, prévient Nicolas Maturier. Le système APS automatisant le passage des quatre vitesses sous charge réagit bien. Son réglage de seuils de régimes à l'aide d'une molette située dans l'accoudoir permet, par exemple, le passage d'une vitesse supérieure vers 2 000 tr/min en mode Eco alors qu'il se situe environ 200 tr/min plus haut en mode Power. Et la vitesse économique autorisant un régime de 1 600 tr/min à 40 km/h est agréable pour les oreilles. » Un moteur tournant plus lentement s'use moins et voit sa consommation de carburant abaissée. Lors des trois trajets routiers, le X7.670 de 175 chevaux a absorbé en moyenne 12 litres de GNR et 0,6 litre d'AdBlue pour parcourir 15,1 kilomètres avec la benne Brochard. Il se situe ainsi dans la moyenne des tracteurs essayés de même puissance sur le même trajet et avec la même charge. Le McCormick, attelé au combiné à dents et disques Souchu de trois mètres de large, confirme au champ sa facilité de prise en main. Comme l'agriculteur doit solliciter simultanément la transmission et le relevage, voire un distributeur dans les bouts de champ, il apprécie davantage l'ergonomie et le regroupement des commandes sur l'accoudoir ou le levier multifonction. Il est également séduit par sa maniabilité et la nervosité de son moteur. Le six-cylindres d'origine FPT n'a en effet pas de mal à tirer l'outil entre 8 et 10 km/h à un régime compris entre 1 600 et 2 000 tr/min. « Je préférerais toutefois utiliser deux vitesses sous charge de plus que les quatre rapports powershift disponibles dans chacune des six gammes, déplore l'essayeur. Car le passage de la gamme 2 à la 3, parfois nécessaire lors de ces travaux lourds de traction, freine le tracteur dans son élan jusqu'à l'immobiliser. Il devient ainsi indispensable de bien choisir sa gamme de travail avant de mettre l'outil en terre. » Après quelques passages de déchaumage d'une parcelle de maïs avec l'outil combiné, l'agriculteur attelle un déchaumeur à disques indépendants Rubin de cinq mètres de large pour préparer le sol avant un semis de tournesol. Le passage de l'appareil Lemken, réalisé à 10 cm de profondeur, s'effectue à une allure plus soutenue que celui du Souchu, soit environ 12 km/h. Cette opération se déroule sur un sol labouré en hiver et révèle un confort de suspension jugé convenable par l'agriculteur. « Le siège pneumatique ainsi que la cabine à amortissement hydropneumatique semblent bien faire leur travail. La suspension de pont avant paraît, elle, moins efficace », souligne Nicolas Maturier, qui regrette par ailleurs l'absence de radar et d'automatismes d'enregistrement des séquences de bout de champ sur le tracteur essayé. En conclusion de l'essai, il conserve un avis positif sur le tracteur en raison de sa cabine accueillante et de son moteur performant.  

Sa puissance, son couple, sa consommation

  Le diagnostic moteur de la Chambre d'agriculture de Poitou-Charentes fournit les performances du tracteur McCormick X7.670 selon le protocole d'évaluation OCDE. Son moteur à six cylindres, signé FPT, délivre 163,3 chevaux (120 kW) à la prise de puissance selon les mesures du banc. Cette performance est atteinte à un régime assez faible, entre 1 460 tr.min-1 et 1 570 tr.min-1, où le moteur affiche une maigre consommation spécifique de 230 g.kW-1.h-1. À 1 370 tr.min-1, le moteur fournit son couple maximal, de 78,4 daN.m. Il affiche alors une puissance de 152,6 chevaux et une consommation de 231 g.kW-1.h-1.  

Son débit hydraulique

  Le débit hydraulique maximal du McCormick X7.670 essayé, mesuré à partir de deux distributeurs auxiliaires arrière, atteint au maximum 120 l.min-1. Le tracteur embarque une pompe à cylindrée variable débitant jusqu'à 123 l.min-1 pour le relevage et les distributeurs selon le constructeur. La pression maximale mesurée dans le circuit s'établit à 200 bars.  

Son niveau sonore

  Pendant le passage au banc de puissance, le niveau de bruit a été mesuré dans la cabine du McCormick X7.670, toutes portes et fenêtres fermées, climatisation et ventilation éteintes. Les valeurs indiquées à différents régimes du tracteur en charge intègrent le bruit extérieur du banc d'essais d'environ 100 dB(A).  

Son emcombrement

  Le tracteur McCormick X7.670 se caractérise par son empattement et sa longueur faibles. Sur la bascule, il est l'un des plus légers de sa catégorie. Au transport, son faible rapport masse/puissance, de 46 kg.ch-1, s'avère avantageux. Il est possible de le lester, ici à 54 kg.ch-1, pour des travaux de traction. Son châssis relativement haut, dû en partie à sa monte de pneumatiques, profite à sa garde au sol élevée sous le relevage avant comme sous le crochet arrière. La largeur de son poste de conduite favorisera l'accueil confortable de deux occupants.  

Une cabine lumineuse et bien fabriquée

  La nouvelle cabine à quatre montants du X7 marque une avancée, en termes d'ergonomie, de design et de qualité des matériaux, par rapport au poste de conduite des tracteurs de la génération précédente. Fabriquée en interne, elle offre une habitabilité nettement supérieure avec, notamment, une largeur intérieure de 168 cm. Son pare-brise intégral et son toit ouvrant vitré participent à l'ambiance lumineuse et dégagent bien la visibilité vers l'avant. Elle intègre notamment, de série, une climatisation automatique, un siège passager bien intégré dans l'aile gauche, un compartiment réfrigéré, un autoradio Bluetooth, 16 phares de travail et un éclairage de courtoisie à LED. McCormick propose, en option, une suspension hydropneumatique à gestion électronique composée de deux vérins couplés à une barre de stabilisation. Un siège à suspension pneumatique, chauffant et climatisé, assure davantage de confort au conducteur (minoration pour un siège moins évolué). Ce dernier commande l'intégralité des fonctions du tracteur depuis l'accoudoir multifonction. Il bénéficie d'un volant réglable en hauteur et en inclinaison. Le seul écran présent en cabine est intégré au tableau de bord. Il affiche les informations de transmission, d'allure et de régime.  

Une boîte semi-powershift signée ZF

  En attendant la transmission à variation continue VT Drive disponible en fin d'année 2014, la boîte ZF montée sur le X7.670 et le X7.680 est la semi-powershift ZFT7232. Nommée Pro Drive, elle se dis tingue de la ZFT7227 du X7.660 par ses différentiels et ses réducteurs renforcés autorisant la monte de pneumatiques de 42 pouces. Elle compte six gammes mécaniques robotisées et quatre rapports sous charge, soit 24 avant et 24 arrière. Un optionnel pack de vitesses rampantes (40 avant et arrière) autorise une allure minimale de 420 m/h à 2 200 tr/min. À 40 km/h, le moteur tourne au régime économique de 1 640 tr/min. Le tracteur bénéficie d'un automatisme de passage des quatre rapports powershift (mode AutoField). Dès l'automne, McCormick proposera un dispositif similaire permettant d'automatiser le passage des gammes routières 4, 5 et 6 (mode AutoRoad). Le chauffeur règle, grâce au potentiomètre APS situé dans l'accoudoir, les régimes seuils de passage et rétrogradage de ces vitesses selon trois modes : Eco, Medium et Power. L'inverseur PowerShuttle, à gauche du volant, se règle en progressivité et autorise la programmation de rapports d'inversion et de démarrage. Proposant quatre régimes de prise de force (540, 1 000 tr/min et leurs équivalents économiques), la prise de puissance intègre un embrayage à commande électrohydraulique et s'active selon la hauteur réglable du relevage. L'entraînement du pont avant Carraro, doté ou non d'une suspension, s'engage en mode automatique en dessous de 13 km/h et se désengage au-dessus de 16 km/h.  

Le moteur BetaPower facile d'accès

  La motorisation BetaPower montée sur les tracteurs McCormick des séries X7.6 est le six-cylindres N67, de 6,7 litres, fourni par FPT (Fiat Powertrain Technologies). Ce moteur turbo intercooler, à injection par rampe commune et quatre soupapes par cylindre, adopte la technologie SCR de dépollution des gaz d'échappement pour répondre à la norme Stage IIIB. L'AdBlue, stocké dans un réservoir de 38 litres, est pulvérisé dans l'échappement à l'entrée du catalyseur SCR où sont réduits les oxydes d'azote. Cette solution à base d'urée est consommée à hauteur de 3 à 4 % du carburant selon le constructeur, soit un plein de réservoir d'AdBlue tous les trois remplissages de carburant (320 litres). Ce moteur développe une puissance additionnelle dans les trois dernières gammes de la transmission, dès 12 km/h environ, et lors des travaux mobiles à la prise de force. Il développe ainsi 188 chevaux ISO TR14396 de puissance maximale avec surpuissance sur le X7.670 de notre essai. Depuis le levier multifonction, le conducteur mémorise un régime. Le long capot monobloc s'ouvrant à 80 degrés dégage bien l'accès aux composants du moteur. Le dépliage en éventail, assisté par des vérins, de trois des quatre radiateurs du groupe de refroidissement devrait faciliter leur nettoyage. L'opérateur accède au système de filtration de l'air d'admission depuis le flanc gauche, au-dessus du moteur.  

Un circuit load sensing de 123 l/min

  Une pompe à pistons à débit variable, débitant 123 l/min, alimente le circuit load sensing du X7. Une seconde pompe à engrenage, de 45 l/min, est dédiée à la direction et aux asservissements. Pour les gros débits et dans certaines conditions d'utilisation, une valve de couplage cumule les deux pompes et fournit 168 l/min à la prise Power Beyond montée de série. Le carter de transmission, d'une capacité de 92 litres, autorise l'exportation de 55 litres d'huile. Le circuit à détection de charge alimente trois à six distributeurs réglables en débit et en temporisation depuis le tableau de bord. Ils sont commandés par des fingertips, un levier en croix et, pour le premier distributeur, par deux boutons de la poignée multifonction. Le relevage arrière, de 9,3 tonnes de capacité maximale, possède des stabilisateurs automatiques et un amortisseur d'oscillations. D'origine Bosch, il est commandé depuis la poignée multifonction. Ses réglages de contrôle d'effort, de position, de vitesse et de butée haute s'opèrent depuis l'accoudoir multifonction.    

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