Mercedes Classe X 350dUn moteur qui fait la différence

L’atelier de croisements de ponts met en évidence la rigidité du châssis échelle du Classe X.
L’atelier de croisements de ponts met en évidence la rigidité du châssis échelle du Classe X.

Après un début de carrière avec les moteurs provenant de l’alliance Renault-Nissan sous son capot, la Mercedes Classe X reçoit un V6, fabriqué en interne, correspondant plus à l’image premium de la marque à l’étoile. La rédaction de Matériel Agricole a eu l’occasion de passer deux jours à son volant sur les routes du Lubéron.

Un pick-up chez Mercedes, c’est comme une familiale chez Porsche. Ce n’est pas le type de véhicule ayant le plus marqué l’histoire du constructeur allemand. Avant son entente avec Nissan, la marque à l’étoile ne s’y était essayée qu’une fois avec la Mercedes-Benz 220 Pick-Up dans les années 1970. Courant 2017, le Classe X est venu étoffer l’offre de véhicules utilitaires. Assemblé dans l’usine espagnole de Barcelone, aux côtés des cousins de Renault et de Nissan, ce pick-up se décline uniquement dans une version à double cabine. Initialement commercialisé avec les moteurs à quatre cylindres connus sous les capots du Nissan Navara et du Renault Alaskan, il accède depuis fin 2018 à un moteur à six cylindres en « V ». Ce V6 de 3 L, fabriqué en interne, est déjà utilisé sur d’autres véhicules utilitaires et de tourisme du constructeur.

Dans les entrailles du Classe X 350d ici essayé, il développe une puissance maximale de 258 ch et un couple de 550 Nm. Les routes étroites et vallonnées du Lubéron, où se déroulait la présentation presse de cette nouvelle mouture organisée l’automne dernier, ont permis de mettre en évidence la souplesse et la bonne santé du moteur. Elles ont révélé également la douceur de fonctionnement de la boîte automatique à sept rapports 7G-Tronic Plus. Cette dernière est en revanche moins adepte de la conduite à rythme soutenu où les palettes au volant s’avèrent plus efficientes. Annoncé pour abattre le 0 à 100 km/h en 7,9 secondes, le Classe X se révèle particulièrement agréable à conduire. Pour vérifier ses aptitudes à la traction, le constructeur m’a emmené sur le circuit du Grand Sambuc, situé dans les Bouches-du-Rhône, où m’attendait une remorque d’un poids total de 2,2 t.

Après un rapide slalom, le parcours vallonné a permis de vérifier l’étonnante réactivité du V6 même en démarrage en côte, au point de mettre en doute l’annonce du poids total de la remorque. Mercedes avait ensuite prévu quelques tours à vide sur le circuit. Ces derniers ont permis de mettre à nouveau en évidence le bon comportement du moteur. L’essieu arrière multibras, pour sa part, filtre bien les irrégularités. Malgré son poids de plus de 2,2 t, le Classe X accroche sans réelle surprise au bitume. La transmission intégrale permanente 4Matic ne doit d’ailleurs pas y être étrangère. Celle-ci, uniquement disponible avec ce moteur, se caractérise par la distribution du couple 40/60 entre les deux essieux. Cette configuration, favorisant la propulsion, garantit, d’après le constructeur, un bon dynamisme.

Des aides électroniques efficaces

Pour vérifier le fonctionnement de la transmission, le constructeur allemand avait prévu différents ateliers. Après avoir enclenché les rapports courts 4L, le pick-up s’élance dans une montée rocailleuse de près de 40°. Il évolue sur un filet de gaz, l’électronique garantissant une bonne transmission de la puissance au sol, malgré son instabilité.

La descente a permis de tester le régulateur de vitesse, dont l'allure était bloquée sur 5 km/h. Le véhicule s'est ensuite débrouillé pour maintenir celle-ci aussi bien en marche avant qu'en reculant. Pour les évolutions présentant une visibilité délicate, le Classe X s’équipe d’une caméra à 360° permettant de voir où poser les roues. Il a également eu le droit à un atelier mettant en évidence ses capacités de franchissement avec des croisements de ponts. La monte pneumatique de type M+S du véhicule d’essai facilite les évolutions dans les mouvements de terrain créés artificiellement.

En revanche, il faut un peu d’habitude pour évoluer sur un filet de gaz, la réponse de la pédale d’accélérateur se révélant quelque peu déroutante. Lors des croisements de ponts, la rigidité du châssis en échelle n’a pas montré de signes de faiblesse. Pour preuve, je pouvais sans problème ouvrir les portes du véhicule. Cet atelier a également permis de vérifier l’efficacité des aides électroniques qui transfèrent la puissance aux seules roues en contact avec le sol. La première journée d’essai s'est conclue par un parcours tout-terrain d’une trentaine de kilomètres au milieu du maquis, la montagne Sainte-Victoire se dévoilant en arrière-plan.

Cette boucle a de nouveau été l’occasion de vérifier l’efficacité de la transmission 4Matic. Pour tester les limites du système, j’ai laissé ce dernier en mode automatique 4Mat. Je n’ai jamais eu besoin d’activer les deux autres modes manuels 4H (vitesses longues) et 4L (vitesses courtes). Le parcours était relativement sec et dépourvu de bourbier qui aurait pu mettre en défaut l’adhérence.

L’intérieur proche d’une berline de la marque

Le trajet de retour vers l’hôtel a été l'occasion d’apprécier l’habitacle du Classe X. Si, à l’extérieur, la silhouette rappelle celle des cousins nippon et français, l’intérieur profite d’un traitement bien spécifique. La planche de bord reprend le dessin des véhicules de tourisme du constructeur. La finition s'avère relativement bonne pour un pick-up. Cependant, les habitués de la marque à l’étoile pourront reprocher la présence de plastiques durs ainsi que la grille de commande de la boîte de vitesses vieillissante. Le système multimédia reprend la molette, simple d’utilisation, connue sur d’autres modèles. Il regroupe l’interface de navigation et audio.  

Une trappe par réservoir

Lors de l’ouverture du large capot moteur, l'absence de vérins de maintien à gaz déconcerte. Le moteur dispose néanmoins d’un grand cache acoustique en plastique. Ce dernier nécessite d’être déclipsé pour accéder aux deux filtres à air positionnés au-dessus de chaque cache-culbuteur. Le réservoir à carburant, d’une capacité de 73 L, prend place à l’arrière gauche du véhicule. Pour satisfaire aux dernières normes antipollution, le V6 utilise de l’Adblue, dont le plein s’effectue de l’autre côté du 4 x 4. Le Classe X, comme de nombreux autres véhicules, bénéficie d’une exonération de son malus écologique pour encore quelques mois. Lorsque cet avantage prendra fin, il devrait subir un surcoût de 10 500 €, en raison des 230 g/km de CO2 qu’il émet. À la fin des deux jours d’essai, le pick-up Mercedes m’a agréablement surpris par ses prestations aussi bien routières que hors pistes. Seul son prix pourrait freiner certains acheteurs : à plus de 56 000 € TTC, l’addition reste élevée.

On a bien aimé

- Le tempérament volontaire du moteur V6.

- Les aides à la conduite, nombreuses et efficaces.

- Les quatre roues motrices permanentes.

On a moins aimé

- La hauteur importante de la benne.

- Les trappes à carburant et à AdBlue positionnées de chaque côté de la caisse.

- Le tarif élevé.

Responsable technique et webmaster du site materielagricole.info

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