Essai épandeurs à fumier7 épandeurs à table passés au peigne fin

7 épandeurs à table passés au peigne fin

Nous avons comparé des épandeurs à fumier à table en conditions réelles de travail sur l’exploitation du lycée agricole de Magnac-Laval en Haute-Vienne. À notre disposition, un compost sec de fumier, d’une masse volumique de 250 kg/m3, nous a permis de fertiliser les prairies, juste avant l’arrivée de l’hiver. Durant une semaine, nous avons effectué les mesures des répartitions transversale et longitudinale, et évalué les besoins de chaque matériel en matière de puissance et de consommation.

Nous avons réalisé un comparatif impliquant sept épandeurs à fumier à caisses étroites. Six de ces matériels se dotaient de deux hérissons horizontaux et d’une table d’épandage à disques. Le septième protagoniste s’équipait d’une paroi frontale accompagnatrice et de deux hérissons verticaux. Les essais se sont déroulés sur l’exploitation du lycée agricole de Magnac-Laval, en Haute-Vienne. Nous avions à notre disposition une trentaine d’hectares de prairies et 200 t de compost issu des stabulations en boxes des taurillons. Ce dernier se composait de paille et d’écorces de bois. Stocké en andain au début de l’année 2018, il n’a pas reçu une seule goutte d’eau et présentait une faible masse volumique, de 250 kg/m3.
 
"Patience, le détail des sept épandeurs arrive prochainement sur le site".
 
 
Pour chaque épandeur, nous avons réalisé les mesures de la répartition d’épandage transversale, longitudinale et de consommation.
Les conseillers en machinisme des chambres d’agriculture de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Creuse, et ceux de la chambre régionale d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine ont participé aux opérations et à la mise en place de cet essai. Nous tenons à les remercier vivement.

Le protocole

Nous avons demandé aux représentants de chaque constructeur de conduire eux-mêmes le tracteur attelé à leur épandeur. Celui-là, un New Holland T6.175 Dynamic Command, développait 170 ch à la prise de force au régime de 1 000 tr/min, qui est le régime préconisé pour l’entraînement des épandeurs. Un premier chargement leur permettait de régler leur matériel. Le second consistait en un passage sur une zone déterminée par nos soins. La bâche nécessaire à la mesure de la répartition transversale, divisée en carrés de 1 m2 chacun, était positionnée 80 m après le point de départ, une fois la table d’épandage en charge.

Le compost de fumier de bovin, stocké en andain, d’une faible densité de 250 m3/kg, n’a pas reçu une seule goutte d’eau, conséquence d’une année sèche.

Les bacs de contrôle de la répartition longitudinale, d’une surface de 0,25 m2, étaient posés tous les 10 m, à 2 m de la roue droite de l’épandeur. Chaque matériel a bénéficié d’un chargement de compost jusqu’en haut des parois, sur toute la longueur de la caisse. Le chef d’exploitation a donné une consigne de dose à épandre de 20 t à l’hectare. Nous avons communiqué une vitesse maximale à ne pas dépasser de 8 km/h. Chaque intervenant était libre de l’adapter selon les capacités de sa machine. Nous avions demandé des matériels dotés d'un dispositif de pesée associé à une gestion de l’épandage électronique du débit proportionnel à l’avancement. Deux machines, celles des constructeurs Joskin et Leboulch, n’étaient pas équipées de système de pesée.

Une bâche de 26 m de largeur, divisée en carrés de 1 m², nous a permis d’établir les courbes de répartition transversale de chaque épandeur.

Comment lire ce comparatif ?

Le fumier réparti dans les bacs et sur la bâche, dont les carrés de cette dernière mesurent 1 m² chacun, a été pesé afin d’établir les courbes de répartitions. Nous avons chronométré le temps d’épandage, et pesé le GNR consommé durant l’opération complète. Pendant les prochaines semaines, vous allez découvrir un descriptif technique de chaque matériel, les mesures des cotes des épandeurs ainsi que deux graphiques. Le premier représente la courbe de répartition transversale et le cumul des courbes déterminant le recroisement optimal des passages de l’épandeur dans la parcelle à fertiliser. Le second graphique relate la répartition longitudinale. Celle-ci évalue la performance de la régularité de la vidange complète. Pour la calculer, nous avons retenu le protocole de la DLG, société d'agriculture allemande. Celui-ci détermine le pourcentage de temps pendant lequel les débits instantanés se trouvent dans l’étendue de la zone de tolérance (EZT), entre -15 % et + 15 % du débit caractéristique. Selon le protocole, cette zone doit dépasser les 35 % du temps d’épandage*.

Chaque mètre carré de compost a été ramassé et pesé à l’aide d’une balance, que ce soit pour la répartition transversale ou longitudinale, à l’aide de bacs d’une surface de 0,25 m².

Attention, les courbes représentées dans ce comparatif sont le résultat d’un épandage avec un fumier de faible densité. Ce dernier génère un recroisement des passages déterminant la largeur de travail, plus serré, en comparaison avec un compost humide. Nous avons ainsi retenu, et ce pour chaque constructeur, le meilleur compromis de recroisement des passages entre précision d’épandage et débit de chantier.

*EZT < 35% : régularité insuffisante ; EZT entre 35 et 45 % : passable ; EZT entre 45 et 55 % : moyen ; EZT entre 55 et 65 % : bien ; EZT > 65 % : très bien. 
Nous avons respecté un chargement horizontal à hauteur des parois et le plus uniforme possible.

Différence entre largeur d’épandage et largeur de travail

La largeur d’épandage correspond à la mesure d’un bord à l’autre de la zone couverte. Représentée sur une courbe, elle forme un parallélogramme ou un triangle, comme la forme de l’infographie ci-dessous. La largeur de travail équivaut à l’addition de deux passages (aller-retour), formant une répartition constante. Cette dernière est moins importante ou égale à la largeur d’épandage, en fonction du type de courbe identifié par la nappe formée par le matériel. 

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