Essai tracteurClaas Axion 960 Terra Trac : "Half-track" des champs

Qu’il soit équipé de chenilles en 635 ou 735 mm de large, l’Axion 900 Terra Trac ne dépasse pas 3 m de largeur hors tout.
Qu’il soit équipé de chenilles en 635 ou 735 mm de large, l’Axion 900 Terra Trac ne dépasse pas 3 m de largeur hors tout.

En 1910, le Français Adolphe Kégresse mettait au point son autochenille, half-track en anglais. L’engin, doté d’une direction standard à l’avant et de chenilles à la place des roues arrière, allait trouver de nombreuses applications, en particulier dans le domaine militaire mais aussi pour les travaux agricoles. Cent dix ans plus tard, Claas me permet de revivre les sensations de conduite d’un engin semi-chenillé avec son tracteur Axion 960 Terra Trac.

De face, rien ne différencie le Claas Axion 960 Terra Trac de ses homologues montés sur quatre roues. C’est de profil que ce tracteur dévoile sa particularité : là où il devrait compter deux grandes roues à l’arrière, il arbore deux chenilles à bande en caoutchouc, directement dérivées de celles qui équipent les moissonneuses-batteuses de la marque. Leur barbotin – la roue d’entraînement de la chenille – présente un diamètre sensiblement plus important que celui de la roue menée. Cette caractéristique, non présente sur les moissonneuses-batteuses, permet, selon le tractoriste, d’accroître la capacité de traction de l’Axion.

J’ai testé les performances de traction et le confort de l’Axion lors du déchaumage d’une parcelle de céréales.

Au centre, quatre galets, deux de chaque côté de la bande de roulement, assurent le suivi du sol. Leur amplitude de mouvement leur vient d’un montage en boggie autorisant des oscillations selon les axes longitudinal et transversal. Mais les ingénieurs du constructeur Claas ne se sont pas contentés de remplacer les roues par des trains de chenilles : ils ont complètement revu la conception du carter de transmission. Pour schématiser, toute la partie avant du tracteur, jusqu’à l’aplomb du pare-brise, est commune aux Axion 900 à roues. La partie arrière, elle, s’avère propre aux deux modèles Terra Trac.

Le déchaumeur Lemken Rubin 10 n’a pas suffi à pousser le Claas dans ses retranchements.

Les chenilles intégrées dès la conception

Des supports spécifiques assurent le maintien des trains de chenilles par leur centre, plutôt que par le haut, afin d’obtenir un bon suivi de sol, évitant ainsi leur cabrage lors des efforts de traction intense. La transmission du mouvement passe par un arbre à cardans, situé sur la partie haute des trains de chenilles. Une cascade de pignons renvoie ensuite le mouvement jusqu’au barbotin. L’implantation des trains Terra Trac a obligé l’équipe de développement du constructeur à déplacer les réservoirs de carburant et d’AdBlue. En effet, sur un tracteur standard, ceux-ci prennent place sous la cabine, à l’intérieur des roues.

Le guidage équipant le tracteur a permis de tracer des lignes droites, tout en optimisant la largeur de travail.

Mais ici, les pièces de maintien et de transmission de la puissance vers les chenilles occupent cet espace. Les réservoirs ont donc migré dans les ailes de la cabine, à la place du haut des roues. Celui de GNR présente une capacité de 860 L, soit 220 L de plus que sur les modèles à roues, et celui d’AdBlue contient 90 L. Leur remplissage s’effectue depuis la plateforme d’accès à la cabine, du côté gauche. Prenons place désormais sur le siège du conducteur. Dans la cabine, rien ne change par rapport aux Axion 900 à roues. Cependant, les modèles Terra Trac proposent exclusivement la finition haut de gamme Cebis. Ils intègrent donc d’office le terminal tactile du même nom au bout de l’accoudoir. Ils comptent également le joystick multifonction CMotion gérant la transmission, le relevage et un certain nombre de fonctions hydrauliques.

La suspension des chenilles et du pont avant absorbe correctement les irrégularités et les vibrations sur la route.

Tout sous la main

L’accoudoir comporte trois fingertips, ainsi qu'un second levier en croix, pour contrôler les distributeurs. Il dispose également d'un pavé doté de trois touches et d’une molette permettant la navigation dans le terminal Cebis. Sur la partie avant de l’accoudoir, des boutons gèrent la mémorisation de régime moteur, le mode de transmission et l’activation de l’hydraulique frontal. La sélection des régimes de prise de force et les réglages du relevage arrière électronique occupent le montant arrière droit de la cabine.

Les réservoirs de GNR, disposés dans les ailes, contiennent 860 L, de quoi profiter de longues heures d’autonomie.

Après avoir fait le tour du propriétaire, il est temps de tester au travail l’Axion 960, de même puissance que son homologue à roues, soit 445 ch ECE R120. Nous lui attelons alors un déchaumeur à disques indépendants Lemken Rubin 10, large de 7 m. Les quelques kilomètres sur route pour rejoindre la parcelle d’essai m’ont permis d’apprécier le confort en cabine. En effet, la suspension des chenilles, combinée à l’amortissement du pont avant, de la cabine et du siège, filtre correctement les vibrations. J’en oublierais presque que je suis à bord d’un engin semi-chenillé. À l’arrivée dans la parcelle, encore une fois, l’Axion Terra Trac brille par son confort. Je m’attendais à ressentir plus fermement les irrégularités du sol.

Le barbotin, à l’arrière, entraîne la chenille, alors que la roue menée, à l’avant, tourne librement.

Collé au sol

La suspension travaille aussi efficacement au champ que sur route. Elle offre au tracteur une adhérence suffisante pour faire passer sa puissance au sol, bien que l’effort de traction nécessaire à ce déchaumage ne fût pas au maximum des capacités de l’Axion. J’ai également testé le guidage intégré. Cette fonctionnalité nécessite l’installation d’un second écran dans la cabine. En effet, le terminal Cebis ne la gère pas nativement. Le paramétrage de la première ligne, ainsi que des largeur et longueur de l’outil s’effectue rapidement.  Après cela, il ne me reste qu’à appuyer sur le bouton dédié, intégré au joystick de conduite, et à lancer le régulateur de vitesse pour que le tracteur se mette à travailler en toute autonomie. J’aurais pu enregistrer une séquence pour effectuer ces opérations successives, ainsi que le relevage et la descente de l’outil, de manière totalement autonome.

Après une demi-journée de test, il est déjà temps de rentrer à la ferme. L’essai du Claas Axion 960 Terra Trac, vous l’aurez compris, m’a surtout marqué par le confort offert par sa suspension. Concernant la conduite et l’ergonomie, ce half-track des champs ne déstabilise pas vraiment son conducteur puisqu’il propose un environnement semblable à celui de ses homologues à quatre roues.

Trois concurrents de la catégorie

New Holland T8.435 SmartTrax
Moteur : FPT, 6 cylindres, 8,7 L
Puissance max. : 435 ch ECE R120
Transmission : Full-powershift ou variation continue
Empattement : 3 550 mm
Fendt 943 Vario MT
Moteur : Agco Power, 7 cylindres, 9,8 L
Puissance max. : 431 ch ECE R120
Transmission : Variation continue
Empattement : 2 565 mm
John Deere 8RX 410
Moteur : John Deere Power Systems, 6 cylindres, 9 L
Puissance max. : 458 ch ECE R120
Transmission : Powershift ou variation continue
Empattement : 3 235 mm

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