Essai chargeuse articuléeDieci Agri Pivot T80 : Simple et efficace

Malgré le léger dévers de la cour de ferme, la chargeuse Dieci Agri Pivot T80 rassure par sa stabilité.
Malgré le léger dévers de la cour de ferme, la chargeuse Dieci Agri Pivot T80 rassure par sa stabilité.

La chargeuse articulée à bras télescopique Agri Pivot T80 constitue le cœur de gamme du constructeur italien Dieci. Nous avons testé ce modèle pendant une semaine dans une exploitation d’élevage du Doubs, au début de l’année. Au programme : chargement de fumier et curage de la fumière couverte.

La manutention est un poste important dans les charges de mécanisation d’une exploitation, en particulier dans les fermes d’élevage. Si les tracteurs équipés de chargeurs et les chariots télescopiques se sont imposés, les chargeuses articulées peinent encore à se faire une place dans le cœur des éleveurs français. Pourtant, l’essai d’une telle machine met rapidement en avant ses qualités : visibilité, maniabilité et capacité de levage. En revanche, en comparaison d'un chariot télescopique, elle pèche par sa hauteur de levage limitée et par l’accessibilité de sa cabine haut perchée. Afin de nous convaincre de l’intérêt d'une chargeuse articulée à bras télescopique, nous avons essayé, pendant une semaine, la Dieci Agri Pivot T80, dans une ferme laitière du Doubs. Notre modèle d’essai répond à la norme antipollution Stage IV et intègre un moteur d’origine FPT, de 4,5 L de cylindrée, développant 143 ch.

L’Agri Pivot T80 peut soulever une charge maximale de 3 500 kg.

La nouvelle génération de cette chargeuse, dont la fabrication devrait commencer dans les prochaines semaines, embarquera un quatre-cylindres Perkins offrant 135 ch et répondra à la norme Stage V. Quelle que soit la motorisation, le constructeur installe le bloc selon l’axe longitudinal du châssis afin de limiter la largeur du capot. Ainsi, la vue vers l’arrière depuis le poste de conduite s’avère dégagée. L’habitacle, pour sa part, ne regorge pas de gadgets. L’accent est mis sur la simplicité de prise en main. Je peux d’ailleurs rapidement le vérifier en m’installant au volant de cette chargeuse. Les commandes tombent sous la main. Le joystick, contrôlant les mouvements du bras, comporte une commande d’inverseur. Celle-ci peut se doubler en option d’un levier placé sous le volant, à gauche. Après avoir identifié les principales fonctionnalités, je me lance dans le chargement d’une benne de fumier. J’apprécie d’emblée la visibilité tout autour de la machine que me confère la position de conduite haut perchée.

L’accès en cabine s’avère confortable grâce au large marchepied et à l'ouverture complète de la porte, pouvant en outre se verrouiller dans cette position.

La chargeuse bien assise

Le capot moteur étroit dégage bien la vue sur les roues arrière, et les rétroviseurs à grand angle de vision sécurisent les manœuvres. Je charge un premier godet au maximum puis me place perpendiculairement à la benne pour le décharger. Le léger dévers de la cour de ferme ne me rassure pas. Cependant, la T80 profite d’une bonne stabilité avec ses pneumatiques en 460/70 R24. Du pouce, j’actionne la commande du bras télescopique afin de gagner en hauteur. Au plus haut, cette chargeuse atteint 5,2 m. L’ouverture du godet multifonction se pilote depuis l’actionneur placé sous l’index. La commande d’inverseur se trouvant à côté de celle du télescope, je regrette de devoir interrompre le repliage de ce dernier pour engager la marche arrière.

Le pare-brise incurvé offre une bonne visibilité sur l’outil avant, même posé au sol.

Malgré son circuit hydraulique comportant une simple pompe à engrenages, débitant 114 L/min, la Dieci offre une réactivité suffisante, même lorsque plusieurs mouvements sont combinés. Sa direction, particulièrement vive, s’avère même brutale et a tendance à donner des à-coups. Après quelques manœuvres, je comprends qu’il ne faut pas hésiter à tourner le volant franchement afin d’éviter ce phénomène de saccades. Lorsqu’il s’agit de « taper » dans le tas, la transmission hydrostatique répond présent et offre tout son couple, sans provoquer un patinage exagéré au niveau des roues, malgré les caillebotis sous la fumière rendus particulièrement glissants à cause du purin. Après avoir rempli plusieurs bennes de fumier, je gare la chargeuse et prends le temps d’en scruter chaque détail. À l’intérieur de la cabine, la qualité de finition des plastiques n’est pas des plus flatteuses mais semble parfaitement convenir à la rudesse des conditions rencontrées dans une ferme d’élevage.

Le pack d’éclairage compte des feux de travail à LED, disposés au-dessus du pare-brise ainsi que sur le bras télescopique.

L’essentiel sans superflu

Les commandes sont regroupées sur la console latérale, avec les quelques voyants correspondant au système de dépollution. Je regrette seulement la position de l’autoradio et des potentiomètres de chauffage et de l’optionnelle climatisation qui, placés trop bas à côté de l’accoudoir, s'avèrent difficilement accessibles à cause de ce dernier. Concernant l’éclairage, la chargeuse bénéficie de quatre feux de travail à LED à l’avant, positionnés en haut du pare-brise et sur le bras télescopique. À l’arrière, quatre feux halogènes, disposés dans la casquette du toit, complètent l’équipement. Profitant de son homologation de type tracteur, la Dieci Agri Pivot peut circuler sur route à 40 km/h. Elle est également en capacité de tracter une remorque en raison de son poids total roulant autorisé (PTRA) de 27 t.

Le crochet d’attelage se complète de deux raccords pour le freinage hydraulique à double ligne et d’une prise pour l’éclairage de remorque.

Elle reçoit pour cela un attelage à chape – ou un crochet ramasseur –, une prise d’éclairage ainsi que deux valves, correspondant au freinage hydraulique à double ligne. Elle propose en option un circuit pneumatique. Concernant les outils, la chargeuse emporte une interface d’attelage propre à la marque. Un bouton, situé dans la cabine, permet de décompresser la ligne hydraulique et de faciliter le branchement et le débranchement des flexibles du godet multifonction. Enfin, la chargeuse profite d’une garde au sol généreuse. Aucun arbre de transmission ne dépassant sous le châssis, tout risque de dégradation est de ce fait évité.

Réagir à cet article

Les dernières annonces de matériel agricole d'occasion

Sur le même sujet

Essai chariots télescopiques
Essai tracteur

Essai du Deutz-Fahr 8280 TTV : Un tracteur 4.0

Essai tracteur

Deutz-Fahr 8280 TTV : le point technique

Essai chariots télescopiques

New Holland TH 7.42 Elite : Econome en carburant

Essai chariots télescopiques
Essai chargeuse articulée

Essai chargeuse articulée compacte Claas Torion 738 T Sinus

Essai tracteur

Essai Kubota M6-132 : Montée en gamme

Essai tracteur

Essai Kubota M6-132 : le point technique

Essai tracteur

Essai Kubota M6-132 : les mesures