Transport Essai de la benne monocoque Thievin Cortal 240-85 à trois essieux : la péniche
Pour clôturer l’année 2025, nous avions mis à l’épreuve divers outils attelés derrière le Fendt 829 Vario. Nous avons trouvé opportun de vous relater la prise en main de la remorque Thievin Cortal 240-85, une benne monocoque reposant sur trois essieux. Les chantiers de moisson automnale nous ont permis de faire rouler cette remorque, dont la caisse affiche une longueur de 8,5 m, sur les chemins champêtres et les petites routes franc-comtoises.
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En plein milieu du mois d’octobre, alors que nous menions l'essai du Fendt 829 Vario, les moissons de soja et de maïs battaient leur plein dans la Haute-Saône. Et pour le test routier de notre tracteur Fendt, quoi de mieux qu’une remorque à trois essieux ? Après avoir échangé pendant le Sommet de l’élevage avec Nicolas Guillon, responsable commercial pour la marque Thievin, ce dernier nous avait proposé un modèle immédiatement disponible, une Cortal 240-85 exempte de rehausses supplémentaires. Nous avions alors choisi de nous greffer à quelques chantiers de récolte afin de tester les aptitudes routières du tracteur. C’est là que nous nous sommes dit qu’un essai à part entière de cette benne monocoque vous intéresserait sûrement. Et nous y voilà ! La Thievin Cortal 240-85, une caisse de 8,5 m de long pour un PTAC de 32 t ! Ce n’est plus une benne, mais une péniche avec laquelle il va falloir se faufiler dans les petites rues des villages et à la coopérative, sous réserve que l’ensemble ne soit pas plus long que la bascule.
Arrivée par camion à la ferme, la benne ne passe pas inaperçue. Il faut dire que les trois essieux se font rares dans la Haute-Saône. Une fois laborieusement déchargée à l’aide du chariot télescopique, je l’attelle au Fendt pour sa première mission de moisson de soja. Je place l’anneau de la benne sur le piton du tracteur et remonte la béquille hydraulique à l’aide de la pompe à levier avant de la replier manuellement. Je branche ensuite l’arbre à cardans relié à la prise de force du tracteur, le freinage à double ligne pneumatique ainsi que les quatre prises hydrauliques à double effet. L’ensemble est prêt pour la moisson.
Elle tourne comme une deux-essieux
Afin de réaliser ma première marche arrière, je bloque les essieux suiveurs d’un coup de distributeur. Là, je peux alors manœuvrer la benne aisément, un peu comme un modèle doté de deux essieux fixes. Maintenant en route ! Les premiers virages serrés que j’emprunte pour sortir du village me permettent d’apprécier le suivi de la benne. Afin de permettre aux essieux de tourner, j’enclenche la position flottante du distributeur à double effet qui leur est affecté et prends la route. J’appréhendais un peu au début, me disant que certains endroits mettraient à mal la circulation de l’ensemble. Je sais que, dans plusieurs angles, aux coins de maisons, les bennes à deux essieux auxquelles je suis habitué passent tout juste. J’oublie cependant un détail, la Thievin embarque un essieu suiveur simple à l’avant comme à l’arrière. Dès le premier virage exigu, je reste bluffé par le suivi de la benne. Je prends bien large et constate que la remorque ne mord pas plus qu’un modèle doté de deux essieux fixes. Au fil des kilomètres, je ne suis à aucun moment gêné par sa longueur dans les virages. Dans les ronds-points, par exemple, la Thievin suit aisément les traces du tracteur sans mordre le terre-plein central. Bien arrivé à la parcelle, je vais désormais évaluer le comportement de la remorque à charge.
Ça roule !
Les kilomètres à parcourir pour rallier la parcelle me permettent déjà d’apprécier, à vide, son comportement routier. Bien qu’elle soit dotée d’un attelage anneau pour l’essai, je ne ressens aucun ballant en cabine. Il en va de même dans les chemins escarpés menant au champ : la suspension à lames de ressort de la flèche amortit bien les secousses. Voyant les gyrophares de la moissonneuse-batteuse Claas Lexion 570 allumés à mon arrivée, je fonce me positionner pour la vis de vidange de la trémie. Là encore, je traverse la parcelle sans que la remorque ne provoque de secousses et sans entendre l’anneau taper contre le piton à chaque bosse. Avant de prendre la route à plein, je grimpe sur l’échelle amovible placée sur la face avant de la caisse pour jeter un œil au chargement. Après quelques trémies de Lexion et une vingtaine de tonnes de soja déversées dans la benne, les quelques hectares de moisson sont bouclés. Je prends alors la direction du silo avec mon ensemble atteignant les 40 t de poids total roulant autorisé (PTRA) par la réglementation. À 40 km/h, le tracteur roule aisément à 1 300 tr/min sur le plat. Les pneus à structure radiale de la Cortal, d’une dimension de 650/55 R26.5, confèrent une bonne stabilité à l’ensemble, accrue par la présence des trois essieux. Bien que la benne ne soit pas pourvue de la suspension pneumatique mais d’un système à lames de ressort, le confort est de mise sur la route. Gage de sérénité supplémentaire, la porte dispose d’un système de verrouillage latéral. Du côté de l'éclairage, enfin, la benne s’équipe de feux à Led.
De bons arguments
Arrivé au silo, je vide ma cargaison en actionnant la prise de force au régime de 1 000 tr/min. Celle-ci entraîne une centrale hydraulique fournissant alors un débit de 85 L/min. Je n’ai pas besoin d’accélérer le régime du moteur, la Thievin se lève à un bon rythme. Pour redescendre la benne, je coupe la prise de force et utilise le distributeur. Levée à son maximum, la caisse atteint un angle de bennage de 54°. Pour cela, la Thievin embarque un vérin télescopique de 3 205 mm de long nécessitant 69 L d’huile. Bien que les 29 m3 de capacité de la caisse, exempte de rehausses, ne soient pas atteints, la petite fosse du silo déborde une fois la benne vidée. La porte hydraulique me permet cependant de doser la quantité de graines qui s'en écoule, histoire de ne pas salir la cour. Les employés du silo me charrient d’ailleurs en me proposant de vider par la trappe présente sur la porte pour être sûr de ne pas en mettre à côté. Avec une dimension de 400 x 400 mm, on ne serait pas rendu ! Après ces quelques hectares de moisson, l’essai est terminé. Je m’affaire désormais au lavage de la benne. Celle-ci ayant également fait un peu de maïs grain, un petit décrassage s’impose. Je grimpe dans la caisse grâce à l’échelle frontale. Notons que la caisse de 150 cm de haut est formée par une tôle de fond d’une épaisseur de 5 mm, contre 4 mm pour les tôles latérales. L’ensemble repose sur un châssis composé de deux poutres parallèles en acier à haute limite d'élasticité (HLE), dont les profilés affichent une section de 300 x 100 pour une épaisseur de 10 mm. Je nettoie enfin tous les détails tels que la barre anti-encastrement, les bavettes arrière en caoutchouc ou encore le support de rangement des flexibles. La mission touche à sa fin pour cette benne qui aura mis sa pierre à l’édifice pour boucler les moissons d’automne et nos essais de fin d’année 2025.
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