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Tracteurs standards Essai du Case IH Vestrum 120 ActiveDrive 8 : il a tout d’un grand ?

L'essai du Case IH Vestrum 120 s'est couplé à notre comparatif de tracteurs du mois de juin 2025.

À son lancement, la série Vestrum de Case IH, plutôt dédiée aux exploitations de polyculture-élevage par le gabarit compact et l'empattement de 2 490 mm des modèles la composant, disposait uniquement de la transmission à variation continue CVXDrive. Depuis 2023, le tractoriste américain propose aussi l’ActiveDrive 8, une semi-powershift robotisée qui équipait déjà les Maxxum ainsi que les T5 et T6 chez les cousins bleus. Nous avons profité de notre comparatif de tracteurs de 130 ch, en juin dernier, pour une prise en main plus complète du Case IH Vestrum 120. Embarquez avec moi pour la Haute-Vienne afin de découvrir ses capacités sur une ferme d’élevage.

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N'était-elle pas annoncée comme la transmission générant l'une des consommations les plus basses du marché, selon la DLG(1) ? Pour vérifier les capacités de cette semi-powershift robotisée à double embrayage, rien de tel qu’un essai sur une ferme d’élevage dans la Haute-Vienne ! En effet, le Case IH Vestrum 120 mis à notre disposition en juin dernier dans le cadre de notre comparatif de dix tracteurs au chargeur frontal(2) dispose de la transmission ActiveDrive 8. Cette boîte 24/24 à double embrayage comporte trois gammes robotisées et huit vitesses powershift par gamme. Pour la manutention, le Vestrum se dote d'un chargeur L4020T d’origine MX. Au programme, curage de la stabulation des taurillons et transport de fumier.

Le chargeur L4020T équipant le tracteur est d'origine MX. Il affiche une hauteur de levage de 4 m pour une capacité de levage de 2 t. (© Aurélien Guillard)

Je grimpe les trois marches permettant l’accès à la cabine plutôt spacieuse et prends place sur le siège équipé d’un accoudoir multifonction solidaire. Ce dernier accueille un joystick identique à celui des tracteurs dotés de la transmission CVX. La palette de commande ICP à boutons présente dans tous les tracteurs de la marque est également de la partie. En bout d’accoudoir, un levier en croix me permettra de piloter le chargeur. La conduite de ce tracteur sera, je pense, un jeu d’enfant. J’attelle la benne multiservice Magsi au chargeur frontal, ainsi qu’une masse de 850 kg à l’arrière. Je dépose ma bouteille d’eau dans les porte-gobelets à ma gauche, et j'attaque ! Le Vestrum réserve par ailleurs une belle panoplie d’automatismes et d’aides à la conduite. Je n’en dis pas plus, suivez-moi pour cette journée de mise à l’épreuve.

La benne multiservice Magsi de 2,1 m prêtée lors du comparatif permet de charger de généreux godets de fumier. (© Aurélien Guillard)

Du bout du pouce

Un fumier bien épais et dur attend notre tracteur. J’enclenche le pont avant grâce au panneau de commande ICP de l’accoudoir. Habitué à la conduite au joystick, je ne suis pas perdu. Ce Vestrum équipé de la transmission semi-powershift 24x24 ActiveDrive 8 à double embrayage embarque sur l’accoudoir le même monolevier argenté que celui de la transmission à variation continue CVX. La poussée de ce dernier me permet d’accélérer sans utiliser la pédale. Avec mon pouce, grâce aux boutons « + » et « - » du joystick, j’active la gamme B après un consentement de l’index sur un bouton au dos du levier. Me voilà dans ma gamme de travail. Je passe ensuite les vitesses powershift au pouce grâce à ces mêmes boutons « + » et « - » présents sur le joystick. Le quatre-cylindres ne craint pas le monticule de fumier, et je parviens à remplir copieusement mes godets. Je dirige le chargeur uniquement avec le levier positionné en bout d’accoudoir. Accoudoir que j’ai d’ailleurs pris soin de régler électriquement au préalable. Afin d’ouvrir et de fermer la griffe de la benne multiservice, j’emploie le levier à gauche et à droite, et confirme en même temps la fonction grâce à un bouton à portée d’index. J’essaie ensuite le mode « Auto-Champ », programmé plus tôt grâce à l’écran situé en bas du montant droit de la cabine. Le tracteur passe alors seul les vitesses de la gamme B. J’en ai également profité pour modifier la réactivité de l’inverseur afin de bénéficier d’une inversion du sens de la marche plus prompte.

Avec son empattement inférieur à 2 500 mm, le Vestrum se faufile plutôt bien dans les bâtiments d'élevage. (© Aurélien Guillard)

Des arguments pour les travaux de manutention

Au fil de mes godets de fumier, je me rends bien compte que ce Case IH Vestrum 120 a de bons arguments pour les travaux de manutention. Grâce à ma programmation préalable, je n'ai plus à débrayer. Le freinage ainsi que le débrayage et l'embrayage se font grâce à une simple pression sur la pédale de frein. La cabine à quatre montants, quant à elle, m'offre une vue imprenable sur les alentours. C’est bien pratique pour ne pas frotter un coin de hangar ! Je réalise mes allers-retours sans avoir à me lever du siège pour scruter les environs. Et, grâce au toit panoramique, je n’ai pas à avancer la tête à l’approche de la benne. Côté gabarit, l'empattement inférieur à 2 500 mm du Vestrum lui confère une manœuvrabilité appréciable.

Le Vestrum confère une bonne visibilité au chauffeur permettant de racler plus aisément les coins des bâtiments. (© Aurélien Guillard)

Le quatre-cylindres FPT de 4,5 L de cylindrée et ses 130 ch sont plus que satisfaisants pour cette tâche. J’accélère afin de creuser suffisamment dans le tas et maintiens, au pied, un filet de gaz pour caver le godet, fermer la griffe et lever le chargeur. Ma main gauche sert uniquement à tourner le volant et ne touche pas l’inverseur. Un bouton positionné sur le levier du joystick, à portée de pouce, permet l’inversion du sens de la marche. C’est un coup à prendre, mais je m’y fais petit à petit. Petit point appréciable sur le Vestrum, trois masses de 50 kg chacune équipent les roues arrière. Avec la masse de 850 kg en plus, le quatre-cylindres est bien assis, et l’arrière ne frémit pas face au godet de 2,1 m généreusement rempli de fumier.

La masse de 850 kg et les 150 kg dans chaque roue arrière empêchent tout soulèvement de l'arrière du tracteur à la levée des godets de fumier. (© Aurélien Guillard)

Un tracteur qui consomme peu

Afin d’apprécier le comportement routier de notre petit tracteur, j’attelle la benne Leboulch Gold2 XL 47S16. Une fois celle-ci chargée d’à peine 10 t de fumier, je prends la route. Je place la transmission en mode « Auto-Route » grâce à un bouton du panneau de commande ICP. Le tracteur change alors seul les vitesses des gammes « B » et « C ». Le passage entre ces dernières se fait également sans intervention de ma part. En matière de confort, le pont avant et la cabine tous deux suspendus effacent plutôt bien les défauts de la route. Les rétroviseurs à grand angle, de leur côté, m'offrent une vue imprenable de part et d’autre de la benne. J’apprécie par ailleurs la structure à quatre montants de la cabine dans les intersections. Lorsque je vide la benne au champ, je m’amuse un peu en inversant au pouce le sens de marche via les boutons présents sur le joystick. Une fois mon aller-retour terminé, j’enclenche le parking du tracteur grâce à l’inverseur situé à gauche du volant. Il me suffit de l’abaisser puis de le positionner en avant. L’essai du Vestrum se déroulant en même temps que notre comparatif de dix tracteurs de 130 ch, la consommation de notre quatre-cylindres a pu être mesurée. Sur la route, le Case IH affiche un très bon score de 7,76 L/h. Notons que cette valeur est la plus basse du comparatif. La moyenne des dix tracteurs est, pour sa part, de 9,10 L/h.

L'essai routier du Case IH Vestrum 120 consiste à transporter du fumier lors du curage de la stabulation des taurillons. (© Aurélien Guillard)

Un moteur nerveux

Au fil de la journée, j’apprécie la nervosité du moteur. Au chargeur, le Vestrum ne bronche pas pour « taper dans le tas ». Il offre suffisamment de puissance pour entamer le fumier tout en cavant le godet, en levant le chargeur et en fermant la griffe de la benne multiservice. Cependant, je devais pour ma part, bien évidemment, accélérer au pied. Le tracteur emportant désormais la benne, son moteur FPT montre également de quoi il est capable. Sur le plat, le Vestrum évolue à 40 km/h au régime d'environ 1 700 tr/min. Le coin est vallonné et, dans les côtes les plus raides, la petite dizaine de tonnes de fumier contenues dans la benne Leboulch fait ralentir notre quatre-cylindres. Le petit tracteur ne se démonte pas pour autant et maintient une vitesse de 12 km/h. Boîte mécanique oblige, je dois accélérer pour ne pas le laisser s’étouffer. La stabulation curée, je reste cependant sur ma faim, n’ayant réalisé aucune tâche au champ. Je me demande bien ce que ce Vestrum vaut au travail du sol !

(1) Test réalisé par la coopérative allemande Deutsche Landwirtschafts-Gesellschaft (DLG).

(2) Cf. Matériel Agricole no 322, daté de juillet-août 2025, et no 323, daté de septembre 2025.

Le mode « Auto-Route » permet au tracteur de changer seul les vitesses, ainsi que les gammes B et C. (© Aurélien Guillard)
Le transport de quelques balles rondes de foin a permis de tester les aptitudes routières du Case IH. (© Aurélien Guillard)
L'arrêt devant la benne se fait en appuyant uniquement sur la pédale de frein, laquelle peut également gérer le débrayage et l'embrayage. (© Aurélien Guillard)

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