Au cœur d’une agriculture toujours plus à l’affût sur ses charges opérationnelles, le semis direct s’impose en maître dans de nombreuses exploitations. Le constructeur allemand Horsch se positionne aujourd’hui sur ce marché avec un outil à simple disque nommé « Avatar ». La première machine a été vendue en France en mars 2016. Certains modèles totalisent aujourd’hui plusieurs milliers d’hectares. Romain Jacquinot, responsable d'atelier au sein du groupe franc-comtois Huot, nous aiguille pour un achat d’occasion en toute sérénité.
La gamme Horsch Avatar comprend plusieurs modèles, semi-portés et portés, permettant des semis sur des largeurs allant de 3 à 12 m . Dans cette étude occasion, nous nous penchons sur l’Avatar SD et plus particulièrement sur le 6.16 SD . Deuxième plus gros modèle au sein d’une série de quatre machines semi-portées de 3 à 8 m de largeur de travail, le 6.16 SD propose, pour sa part, un semis sur 6 m de large. Doté d’un élément de semis à disque , l’Avatar se voit également équipé d’une roue de jauge, d’une roulette plombeuse ou d’une languette en Téflon et d’une roue de rappui. Afin de coller à l’interrang de 16,7 cm commun aux quatre modèles, l’Avatar 6.16 SD comporte 36 éléments . Notons que la série SD offre une pression maximale de 350 kg par élément et peut s’équiper d’un réglage automatique de la pression. Du côté de la trémie, l’Avatar 6.16 SD embarque désormais de série une cuve compartimentée en deux d’une capacité de 5 000 L . Il est par ailleurs possible de l'équiper d'une vis de remplissage hydraulique en position arrière. En option, le petit semoir MiniDrill de 400 L p eut être greffé afin d'alimenter les éléments semeurs ou via des éclateurs. Au niveau des fonctionnalités, jalonnage , coupure demi-semoir ou encore semis un rang sur deux sont permis . Pour ses déplacements, la machine se chausse de série de deux roues de dimension 600/55 R26.5 . Voyons maintenant ce qu’il convient de vérifier lors de l’achat d’un Horsch Avatar soumis à l’épreuve du temps.
Bien conservé
Dès que votre regard se posera sur le semoir, vous vous ferez vite une idée globale de son état de conservation. La peinture est tout d’abord un bon indicateur pour savoir si votre potentiel achat a passé sa vie à l'abri ou non. Si le rouge est décoloré, l’Avatar a potentiellement dormi dehors . Penchez-vous ensuite sur les pneumatiques . Assurez-vous qu’ils ne sont pas sous-gonflés et que le niveau d’usure vous convient . Idéalement, voyez s’il est possible de faire déplacer le semoir sur quelques mètres afin de déceler une éventuelle entaille cachée. Profitez-en pour voir si les modèles montés vous conviennent. Plusieurs profils sont disponibles. À ce stade, les tuyaux peuvent, eux aussi, être facilement inspectés. Si ce n’est pas le cas, demandez à l’actuel propriétaire de déplier la machine et traquez les éventuelles craquelures ou fissures . Notez que, en raison des variations météorologiques, le stockage en extérieur d’une machine peut être à l'origine de leur durcissement. Cette rigidification des tuyaux peut alors entraîner des casses lors des multiples dépliages et repliages. Autre point aisément contrôlable : le graissage . Seuls les axes permettant le repliage des ailes et la tête d’attelage comportent des graisseurs. Voyez si ces éléments contiennent de la graisse, celle-ci devant être apportée une ou deux fois par an . Faites enfin un petit tour du châssis et des soudures en vous assurant qu’ils ne présentent aucune fissure. Afin d’étoffer cette première inspection, creusez ensuite dans le passé du semoir. Renseignez-vous sur le nombre d’hectares que l’Avatar a à son actif et sur les types de sols dans lesquels il opérait, et demandez éventuellement quelques factures d’entretien .
Une peinture rouge encore bien vive signifie a priori que la machine convoitée était stockée à l’abri. (© Aurélien Guillard) Vérifiez le bon état des pneumatiques et leur degré de gonflage et assurez-vous que les modèles montés vous conviennent. (© Aurélien Guillard) Jetez un œil à tous les petits éléments tels que les feux et la signalétique, pouvant être cassés lors de l’utilisation. (© Aurélien Guillard) L’élément clé
Sans surprise, la pièce maîtresse du semoir, l’élément semeur , reste la partie la plus exposée à l’usure. Composés de plusieurs pièces travaillantes , les 36 éléments que comporte un Avatar 6.16 SD requièrent votre attention. C’est alors qu’il s’avère intéressant de connaître la pédologie de l’exploitation vendant la machine. Sols argileux à silex , ou caillouteux de manière générale, usent prématurément le matériel . À ce titre, commencez par vérifier l'usure des disques ouvreurs . Pour information, ceux-ci mesurent 48 cm de diamètre lorsqu’ils sont neufs. Inspectez ensuite l’état du caoutchouc des roues de jauge et des roulettes plombeuses . Les cailloux peuvent détériorer le matériau. Notez que la roulette plombeuse peut être remplacée par une languette en Téflon , permettant un passage plus aisé en conditions fraîches. Si ces languettes sont montées, assurez-vous qu'elles présentent un degré d’usure contenu et qu’aucune n’est cassée. Les roues arrière de rappui sont, pour leur part, en acier et craignent moins les pierres. Deux modèles sont disponibles : l’un au profil plein et l’autre au profil étoilé . Le second émiette la surface de la terre et convient plutôt à un semis en conditions sèches, d’après Horsch. Toutes ces pièces étant dotées de roulements , parcourez-en quelques-unes et assurez-vous qu'aucun jeu ne vient perturber leur fonctionnement. À titre informatif, les paliers des disques ouvreurs sont ceux des déchaumeurs à disques indépendants Joker, à billes et à double contact oblique . Petite subtilité, enfin, jetez un œil aux racleurs et à leur plaque en carbure . Si celle-ci est directement plaquée contre le disque, il est possible que de la matière se coince entre le soc et le disque. Ce phénomène a été rectifié par des socs possédant désormais une plaque en carbure légèrement reculée. Voyez alors comment est équipé le semoir que vous convoitez.
Contrôlez le degré d’usure du disque ouvreur et le bon état de son roulement en vous assurant à la main qu’aucun jeu latéral n'est présent. (© Aurélien Guillard) Vérifiez le positionnement de la plaquette en carbure sur les socs. Si elle frotte le disque directement, prévoyez le remontage de socs plus récents afin d’éviter que des végétaux ne restent coincés. (© Aurélien Guillard) Faites le tour des languettes en Téflon pour vous assurer qu’aucune n'est arrachée, ni trop usée. Ces pièces sont normalement en mesure de réaliser plusieurs milliers d’hectares. (© Aurélien Guillard) L’équipement adéquat
Un semoir Horsch Avatar peut être configuré avec de multiples options. Bien évidemment, il convient en premier lieu de savoir si vous souhaitez une machine à simple ou à double cuve . Notez ensuite que le semoir MiniDrill et la vis de chargement peuvent être montés a posteriori. Du côté de l’élément, si les languettes en Téflon sont installées, il est possible de remonter les roulettes plombeuses, et inversement. La tâche reste cependant chronophage. Quant aux pneumatiques, les modèles d’origine mesurent 600 mm de large. Certains clients les changent ou installent même de nouvelles jantes afin d’atteindre des montes plus larges, par exemple de 710 mm. L’attelage offre également différentes déclinaisons. Anneau, boule ou bras de relevage sont ainsi disponibles. Un attelage anneau ou boule accroît la stabilité et offre un meilleur suivi du tracteur dans les dévers. L’avantage d’un attelage aux bras de relevage réside dans la possibilité de lever l’avant du semoir pour les opérations de maintenance ou le changement de pièces. Enfin, la vue sur les manomètres positionnés à l’avant de la trémie peut être occultée par l’échelle. Au besoin, il est possible d’avancer ces derniers. Côté technologie ensuite, voyez si vous souhaitez le système de pression automatique des éléments , arrivé en 2022 sur les Avatar 3.16 SD à 8.16 SD. Concernant les déplacements routiers, enfin, la machine peut être dotée d’un freinage hydraulique ou pneumatique . Pour une revente plus facile, privilégiez un modèle équipé d’un système de freinage à double ligne pneumatique.
Les languettes en Téflon sont moins exposées que les roulettes plombeuses aux risques de bourrage lors des semis d’automne en conditions fraîches. (© Aurélien Guillard) Si les pneumatiques d’origine ne vous conviennent pas, d’autres modèles peuvent être montés en changeant ou non les jantes. (© Aurélien Guillard) Certains propriétaires ont avancé les manomètres sur l’échelle afin de les voir plus aisément depuis la cabine du tracteur. (© Aurélien Guillard) Avis d’expert
Romain Jacquinot, chef d'atelier au sein du groupe Huot, site de Recologne (Doubs)
Romain Jacquinot, chef d'atelier au sein du groupe Huot, site de Recologne (Doubs) (© Romain Jacquinot) « Pour un semis des plus rigoureux, il est impératif de vérifier la bavette d’étanchéité au niveau de la distribution. La pièce n’est pas onéreuse et se change aisément, mais son bon état est nécessaire pour un dosage précis, surtout en petites graines. C’est ensuite sur les pièces d’usure et les roulements qu’il convient de s’attarder. Soumises aux contraintes, certaines pièces des éléments semeurs s’usent ou cassent. Soyez alors attentif aux disques, aux roues ainsi qu’à leur roulement. Niveau entretien, enfin, le semoir n’est pas des plus exigeant. Cependant, assurez-vous que les graisseurs du repliage et de la tête ont été faits une ou deux fois par an. »