Les industriels BTP DébattentLa manutention entre la high-tech et la low-tech

La manutention entre la high-tech et la low-tech
À l'occasion de la conférence de presse du Cisma (Syndicat des équipements pour construction, infrastructures, sidérurgie et manutention), une table ronde a débattu autour du thème suivant : high-tech, low-tech : quelle offre de produit nos adhérents proposent-ils, dans une économie mondialisée, pour créer de la valeur ? Cinq invités, Alexander Abé (en photo d'ouverture, président de Jungheinrich), Jacques Bonvallet (Fayat), Thomas Haas (Liebherr), Pierre Marol (Alstef), Jérôme Wencker (Fenwick-Linde) ont donné leur avis sur la question.

High-tech synonyme d'innovations

« Quand un chariot élévateur se vend, il se commercialise dans le même temps 40 voitures », indique Jérôme Wencker, directeur général de Fenwick-Linde, pour bien préciser le volume du marché dans lequel son entreprise travaille. Dans cette société, le high-tech est plutôt synonyme d'innovations et se retrouve à plusieurs niveaux : énergie, santé, confort, sécurité.

Jérôme Wencker_okJérôme Wencker, le DG de Fenwick-Linde : « Lorsqu'un chariot se vend, c'est 40 voitures qui sont achetées. »

Pour les énergies, le développement vers l'emploi de solutions alternatives moins polluantes, comme l'électricité par exemple, constitue un axe important du high-tech chez Fenwick-Linde.

Low Tech, sans grande valeur ajoutée

La préoccupation de la santé et de la sécurité des conducteurs de chariots un autre axe d'innovations avec la mise en place de système de ralentisseur en virage, de mesure de la charge, de visibilité accrue... Jérôme Wencker parle de low-tech, plutôt à propos de systèmes visant à robotiser des tâches répétitives et sans grande valeur ajoutée, l'idée de la marque étant de permettre aux entreprises de dégager des moyens pour investir dans des services et produits à plus haute valeur ajoutée.

Lier des partenariats

Pierre Marol, PDG d'Alstef, tient avant tout à préciser qu'il n'y a pas de relation entre la taille des entreprises et les niveaux de production.

Pierre Marol_okPour le PDG d'Alstef, Pierre Marol, le budget alloué à la R&D est proportionnelle à la taille de l'entreprise.

En deux mots : la petite entreprise n'est pas synonyme de low-cost ni la grande entreprise, synonyme de high-tech. Ce dirigeant utilise l'exemple de la chimie, où les grands groupes rachètent des start-up innovantes pour assurer leurs innovations. Le concepteur de systèmes automatiques de manutention et de stockage indique juste que le volume du budget de recherche et de développement d'une petite ou moyenne entreprise est plus faible que celui des grandes structures. Ce qui fait raisonner Pierre Marol, « l'importance pour les petites sociétés d'être deux fois plus malines ou encore de savoir s'associer avec des partenaires lorsqu'il le faut. »   Les normes se simplifient, pas la question Thomas Haas, directeur général de Liebherr France, aborde le sujet délicat des normes et plus particulièrement de la directive machine dont les objectifs visent la santé et la sécurité des opérateurs. En parallèle de cette problématique découle celle de la libre circulation des engins.

Thomas Haas_okThomas Haas, DG de Liebherr France : « La réglementation des contrôles doit être renforcée autour des non conformités. »

Le directeur de Liebherr France pense que la mise en place de ces règles est plutôt positive mais souligne dans le même temps la présence sur le marché de matériels non conformes. Ce qui génère une faille au niveau des contrôles.

La R&D investie dans la mise en conformité

Il a d'ailleurs lui-même noté lors d'un salon européen, que sur 111 machines d'une même catégorie, 30 % étaient non conformes. Thomas Haas fait également référence à une enquête indiquant que 75 % des budgets de recherche et développement des constructeurs de matériels de travaux publics étaient consacrés à la mise en conformité des matériels. Les entreprises présentes en Europe doivent répondre à l'ensemble des normes en vigueur sur le territoire, mais certains pays ne sont pas réglementés. « Les normes d'émissions sont, par exemple, beaucoup moins sévères en Chine », précise Thomas Haas. Si les industriels abordent ces marchés avec du matériel européen, ils se retrouvent avec une gamme high-tech dans les pays émergents. Il leur faut alors souvent concevoir des gammes différentes plus proches du low-tech pour ces marchés.

Des technologies trop pointues pour certains pays

La déclinaison des gammes, c'est justement ce dont parle Jacques Bonvallet, directeur marketing et commercial chez Fayat pour la division matériel routier. « Les matériels américains, ne sont plus bons partout... tout comme les matériels européens... ça ne marche plus ! » Les normes d'émissions exigées en Europe, par exemple, révèlent que les technologies employées sur les moteurs ne fonctionnent pas avec des carburants de moins bonne qualité.

Jacques Bonvallet_okJacques Bonvallet, directeur chez Fayat : dans le low-cost , peu de service !

Donc, dans certains pays, ce n'est tout simplement pas possible d'utiliser des moteurs high-tech ! Jacques Bonvallet n'oublie pas que les matériels ont généralement plusieurs vies et qu'au moment de l'achat, le surcoût de la qualité peut être un bon pari. Selon lui, dans le low-cost ou l'ultra low-cost, il y a souvent peu ou pas de services.

Le conseil d'abord, le produit ensuite

Chez Jungheinrich, la notion de services, mais surtout celle de conseil est très forte. Le président, Alexander Abe, insiste sur cet élément qui place souvent la marque dans le domaine du high-tech.

Alexander Abe_okLe président de Jungheinrich Alexander Abe a à cœur de bien différencier le high-tech du high cost. « De même, le low cost n'est pas le low cost »

Mais pour des demandes moins soutenues et moins complexes, le client se trouve orienté vers des produits de seconde marque, bénéficiant parfois des mêmes bases que les produits « nobles », mais sans électronique embarquée par exemple. La solution des équipements d'occasion reste aussi une façon de répondre à des demandes où le budget ne permet pas d'acquérir du neuf. Cette adéquation par rapport au besoin et au coût d'utilisation est le plus important pour Alexander Abe qui refuse de regrouper ni high-tech avec high-cost, ni low-tech avec low-cost.  

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