Tama Plastic Industry : l'innovation pour emballer la récolte... et les clients

Tama Plastic Industry : l'innovation pour emballer la récolte... et les clients

L'industriel israélien Tama Plastic Industry, acteur mondial de premier plan sur le marché du liage des fourrages, a forgé son savoir-faire grâce aux expériences acquises progressivement sur la ferme du kibboutz Mishmar Ha'emek, berceau de la société. Pour poursuivre son développement, il fait preuve d'une solide capacité d'innovation, comme nous avons pu le constater sur place lors de la récente visite des sites de production du Moyen-Orient.

En ce doux mois de février, les amandiers du kibboutz Mishmar Ha'emek s'apprêtent à fleurir. Cette petite communauté israélienne, fondée en 1922, s'est développée autour d'une exploitation agricole toujours en activité sur un flanc de la vallée de Jezreel, près d'Haïfa. Elle détient une bonne partie de la firme Tama Plastic Industry (voir encadré) spécialisée dans les solutions complètes de packaging dans des domaines tels que l'agriculture ou l'horticulture. Aujourd'hui, cette société se positionne en acteur mondial de premier plan sur les marchés des filets et des ficelles de conditionnement des fourrages. Elle commercialise ses produits sous sa propre marque et fournit de nombreux constructeurs de presses à fourrage et distributeurs en équipements d'origine. Son chiffre d'affaires 2015 avoisine 450 M€ et suit, depuis cinq ans, une croissance annuelle moyenne à deux chiffres (12,5 %). Tama Plastic Industry emploie environ 1 350 salariés répartis entre ses 14 filiales et 9 sites de production à travers le monde. La majeure partie de la ficelle Tama destinée à l'Europe provient essentiellement de l'usine hongroise du groupe. « Les autres sites industriels européens situés en Italie, en Pologne et au Royaume-Uni fabriquent tous du filet », précise Aviv Linn, le directeur commercial. La zone industrielle Alon Tavor, dans le nord d'Israël, concentre deux des sites de production du groupe. Le constructeur tient à ne pas divulguer ses process de fabrication uniques et ne tolère aucune photo à l'intérieur des usines. La plus récente de ces deux structures, Tama RMW, confectionne du film en polyéthylène développé avec l'Américain John Deere et destiné à envelopper les balles de coton. À partir de granulés de plastiques fondus, une installation complexe assure l'extrusion en générant une feuille extrêmement fine. Le film de 75 ?m d'épaisseur refroidit au fur et à mesure de son élévation jusqu'à une hauteur de 18 m. Il est ensuite sectionné en deux parties puis conditionné en rouleaux. Dans une autre salle de fabrication, d'imposantes machines reprennent ces bobines brutes et les préparent selon une largeur bien précise. Elles apposent à l'avance sur le film, tous les 21 m, une étiquette RFID assurant la traçabilité du coton lors de la récolte. L'industriel procède à différents tests en laboratoire tout au long du cycle de production, afin de vérifier la conformité du produit avec la qualité définie. Dans l'usine de filets située à proximité, 90 personnes se relaient jour et nuit, toute l'année. Ces opérateurs extrudent le polyéthylène de différents coloris selon le même procédé. Mais le film subit ensuite un découpage longitudinal en fines bandelettes légèrement chauffées pour une extension simultanée. Chacun de ces lambeaux de plastique alimente l'une des 60 machines à tisser réparties sur deux halls. D'un coût unitaire de 550 000 €, elles travaillent inlassablement en crochetant selon un cycle répétitif : deux fois à gauche puis deux fois à droite, à la cadence de 1 500 coups par minute. Chacune d'entre elles produit simultanément quatre bobines de filet de 1,20 m de largeur, en générant 1 m de longueur toutes les deux à quatre secondes. Tama intègre à loisir d'autres types de bandelettes, par exemple réfléchissantes, et produit plusieurs centaines de rouleaux différents adaptés à ses multiples marchés. « Diffuser ce produit saisonnier très rapidement et au bon endroit au moment de la récolte constitue un énorme enjeu », indique le directeur commercial de Tama Plastic Industry.  

Multiplier les innovations

  La société israélienne évalue le nombre de ses concurrents à près d'une cinquantaine. Mais elle tire son épingle du jeu en multipliant le développement de nouveaux produits, notamment grâce à son expérience acquise sur la ferme du kibboutz. Filet à recouvrement intégral Edgeto- Edge, système d'enfilmage des balles de coton RMW, enveloppe étanche et respirante B-Wrap : autant d'innovations à travers lesquelles la firme tente de se différencier. « Cette stratégie nous permet de détenir plus de la moitié des parts de marché au niveau mondial pour la vente de filets à balles rondes et près du quart des parts de marché pour les ficelles », affirme le responsable. Si l'industriel ne souhaite pas communiquer sur la répartition du chiffre d'affaires entre les différentes familles de produits, il confie toutefois que le filet constitue sa principale activité.  

Les kibboutz, un choix de vie particulier

  Créée en 1950, l'entreprise Tama est détenue par deux kibboutz laïques : Mishmar Ha'emek (75 % des parts) et Gal'ed (25 %). Le concept de kibboutz (littéralement : ensemble), inspiré du communisme, vient de Russie. Les Israéliens d'origines diverses ayant immigré se sont unis pour subvenir à leurs propres besoins et ont développé l'activité agricole en Israël. Créé en 1922, le kibboutz Mishmar Ha'emek regroupe aujourd'hui environ 500 familles. Celles-ci se retrouvent trois fois par jour dans un immense réfectoire. La communauté attribue à chaque habitant un logement d'une surface adaptée à sa situation familiale. Elle dispose de son propre parc de 130 véhicules légers qu'elle met gratuitement à la disposition de ses membres, grâce à un système de réservation en ligne. Elle prend également en charge les dépenses liées à la santé, à la petite enfance et à la vieillesse. En contrepartie, chaque personne en âge de travailler reverse l'intégralité de son salaire à la communauté. Tama apporte également sa contribution financière, sans laquelle ce mode de vie ne serait aujourd'hui plus possible. Chaque membre actif reçoit tout de même un budget annuel pour les dépenses secondaires (voyages, cadeaux, habillement, télévision...) d'un montant approximatif de 11 000 €. Selon plusieurs d'entre eux, le niveau de vie procuré par cette organisation communautaire correspond à la tranche supérieure de la population israélienne.  

Une ferme de plus de 4 000 ha

  L'exploitation du kibboutz Mishmar Ha'emek génère à elle seule un chiffre d'affaires global de 3 M€. Elle compte notamment un atelier de grandes cultures de 1 170 ha (tournesol, blé, coton, pois, maïs grain et ensilage...), une production laitière robotisée (240 vaches à 12 500 kg de lait en moyenne), un élevage de bovins viande (1 900 têtes de bétail et 2 800 ha de pâture autour de la ferme), un couvoir, une poussinière et six bâtiments abritant 125 000 poules. Parallèlement, le kibboutz propose des travaux agricoles. Il intervient notamment pour la cueillette de l'intégralité des champs de coton de la moitié nord d'Israël, soit le tiers de la production du pays. Pour la saison 2016, six récolteuses John Deere 7760 devraient d'ailleurs parcourir les plaines de la région. La ferme compte également de nombreuses presses à fourrage de différentes marques destinées à tester rapidement les ficelles et filets tout juste développés par l'industriel.    

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