Développement industrielCarré mise sur la qualité de peinture

Carré mise sur la qualité de peinture
La nouvelle installation de peinture par cataphorèse représente un investissement de 7 M€. Le constructeur vise à l'amortir en partie avec de la sous-traitance.
Trois générations, trois étapes de l'entreprise. Chez Carré, si le grand-père Camille était l'inventeur, le père, Antoine, fut le producteur et le fils, Benoît, se destine à être le développeur, en machines agricoles, mais également en sous-traitance industrielle. En reprenant les rênes de l'entreprise familiale en 2007, Benoît Carré s'est fixé trois axes : la création et la production de machines agricoles de qualité, le développement de la commercialisation en France et à l'export ainsi que l'accroissement de la sous-traitance. Il poursuit ainsi le travail engagé par son grand-père Camille, l'inventeur des années 50, puis celui de son père Antoine, l'industriel et le commerçant des années 80. « Quand mon père est parti à la retraite, il m'a dit : tu as de bons produits, de bonnes machines-outils et de bons professionnels à tes côtés. Tu n'as plus qu'à appuyer sur l'accélérateur ! », se rappelle Benoît Carré.   Des fondations solides Le dirigeant repense souvent à ce message et se plaît à ajouter : « pour l'instant, je n'ai que desserrer le frein ! » Son père a posé les bases de l'entreprise : « des fondations solides ». À la suite du grand-père Camille, qui inventait à tout-va sans toujours penser à produire, Antoine Carré a construit une usine et acheté des machines-outils. Ces investissements servaient à la production des matériels Carré mais également à celle de clients industriels comme Poclain ou Manitou, par exemple. « La sous-traitance a permis de traverser des périodes agricoles difficiles telles que la PAC en 1991, se souvient Benoît Carré. Elle a également boosté l'entreprise sur le plan industriel avec l'obtention de la certification ISO 9001, l'introduction de la soudure robotisée, des centres d'usinage et de la découpe laser. » Le retour de Benoît Carré dans l'entreprise a coïncidé avec l'arrivée de la découpe laser. Titulaire d'un bac de génie mécanique et d'un BTS de productique, il travaillait chez Kuhn-Audureau. Rien, à ce moment ne le destinait à reprendre le flambeau. Mais en 2003, au moment de moderniser l'usine, son père lui propose de devenir responsable de l'atelier et de s'occuper d'implanter la découpe laser. En 2006, Benoît Carré devient responsable de la qualité, mais il ne se déclare pas pour autant prêt à reprendre la suite. Son père cherche alors une solution mais, finalement, la visite d'un acquéreur décide Benoît. En 2007, il devient président et en 2008, son père part à la retraite. Depuis, un rituel les réunit tous les mardis matins à partir de 7 heures pour un moment d'échange.   Des outils modulables Le départ à la retraite d'Antoine Carré laisse un vide commercial dans la société et, faute de trouver la personne idéale, Benoît s'attelle à cette mission en l'orientant aussi vers l'export. « En interne, les responsables pensaient déjà à l'export, se souvient le dirigeant, mais ils attendaient un déclic, une décision... ». Parmi les valeurs de ses matériels, le chef d'entreprise cite la modularité des outils ainsi que la qualité de fabrication. Ces arguments ouvrent les portes à l'export mais, jusqu'ici, la qualité de la peinture n'était pas suffisante. Pour le dirigeant, Carré devait réaliser ce coup de boost industriel afin «d'entrer sur le terrain de jeu des grands ». Alors, en août 2010, il décide de construire un bâtiment de 4 500 m2 destiné à recevoir une installation ultramoderne de peinture cataphorèse. Il vient de terminer un local de 800 m2 destiné à accueillir les bureaux de l'entreprise qui, signe de continuité, s'intercale entre le bâtiment historique de son grand-père et l'usine construite par son père. Comme pour les autres investissements, Carré intègre la possibilité d'effectuer de la sous-traitance avec son nouvel outil de peinture. Une étude soulève d'ailleurs le manque d'unités cataphorèses dans la région. Le projet est ambitieux avec un investissement de 7 M€, soit environ les deux-tiers du chiffre d'affaires. Les banques suivent mais l'administration piétine ! Il faut attendre une année pour obtenir la décision de la mairie, puis encore une année pour modifier le PLU (Plan Local Urbain). Enfin, les travaux commencent par la construction du bâtiment, avant de se terminer en novembre 2014 par l'installation des systèmes de peinture. Au total, il aura fallu quatre années pour mener à bien ce chantier ! « Une aberration française », juge simplement Benoît, qui considère avoir perdu deux années sur ce projet.   Une installation de peinture ultramoderne Deux longues années où le marché de la machine agricole s'est plutôt ralenti et durant lesquelles l'entreprise n'a pas pu mettre en avant sa qualité de peinture et proposer de la sous-traitance. Le moment est donc venu maintenant « d'appuyer sur l'accélérateur » en trouvant des clients désireux d'appliquer une couche de protection de qualité sur leurs matériels. Liebherr, Manitou et Toyota... font déjà partie des clients. Un commercial a d'ailleurs été embauché pour vendre la prestation sachant que l'usine possède des bains de traitements de 2,50 m de profondeur sur 4,40 m de longueur et 1,10 m de largeur. Les palans supportent des pièces d'une tonne et le changement de couleur de peinture en poudre ne prend que 20 minutes. Localisée au croisement des autoroutes reliant Nantes à Bordeaux et Paris aux Sables d'Olonne, cette unité cataphorèse est la plus importante en Pays-de-La-Loire. La société Carré appuie également sur l'accélérateur dans le renouvellement de ses gammes de matériels de déchaumage avec Onatar et Penterra et dans l'ajout de nouveaux matériels comme le semoir à dents Pentasem construit en partenariat avec Sulky, ou encore, l'outil de Strip Till Inro. Les équipes du marketing et du bureau d'études travaillent au développement permanent des outils et de la gamme. Derrière, le bureau des méthodes organise la production. Sur l'effectif total de 86 personnes, 53 salariés assurent la production. La suppression de l'ancienne installation de peinture a libéré de la place pour les robots de soudure et la ligne de montage. Tout est prêt pour accroître la production... le moteur est chaud pour monter en régime !

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