Michelin. Déjà dix ans d'Ultraflex

Michelin. Déjà dix ans d'Ultraflex

Voici dix ans que Michelin commercialise des pneumatiques agricoles intégrant la technologie Ultraflex, qui se caractérise par l'utilisation de flancs à grande voire très grande flexion. Le fabricant profite de cet anniversaire pour élargir son offre et dévoiler les résultats d'une expérimentation montrant l'incidence de la pression de gonflage sur le rendement d'un blé.

Un sol ne subit pas d'effet de compaction par un pneumatique agricole gonflé à moins d'un bar selon Michelin. D'après cette hypothèse, il suffirait de diminuer la pression de gonflage pour limiter le tassement. Pour une même charge supportée par le pneumatique, abaisser sa pression revient à augmenter la surface de contact au sol. Plutôt que d'augmenter le volume du pneumatique, le fabricant a choisi d'accroître ses capacités de flexion tout en conservant un comportement sein sur la route, où les engins agricoles passent entre 20 et 40 % de leur temps, à des vitesses pouvant atteindre 40 km/h, voire 65 km/h dans les pays où la législation le permet. La technologie Ultraflex démarre ainsi en 2004. L'enjeu est de fabriquer un pneumatique endurant, engendrant peu de compaction, stable et autorisant différentes pressions de gonflage, comprises entre 0,5 et 2,5 bars. Après une première étape avec le modèle XM 108, un pneumatique de grand volume capable d'évoluer à une pression de 1,2 bar (1,6 bar jusqu'alors), Michelin lance le projet HVBP, pour « haute vitesse basse pression ». Un ingénieur, qui a précédemment travaillé sur les pneumatiques de navettes spatiales, s'empare du dévelop pement. La technologie s'inspire des véhicules blindés utilisés pour le déminage. Grâce à la faible pression de gonflage, ces engins peuvent rouler sur les mines sans les faire exploser. Michelin redessine alors quasiment tous les composants d'un pneumatique : bande de roulement, structure du sommet et des flancs. Le pneumatique adopte notamment jusqu'à quatre nappes de carcasse, un taux de retournement plus important (jusqu'à l'épaule) et une gomme renforcée autour de la tringle. Les premiers résultats sont encourageants. Le pneumatique roule à 65 km/h en toute sécurité tout en travaillant au champ à 0,8 bar de pression. Il affiche une surface de contact au sol supérieure de 20 % à celle d'un pneumatique standard. Il génère également, selon les tests de la firme, un effort de traction supérieur de 7 %, moins de consommation de carburant et moins d'ornières, garantissant ainsi un meilleur respect du sol. En 2004, le premier pneumatique Ultraflex, nommé XeoBib, est mis sur le marché. Puis Michelin étend petit à petit cette technologie à ses différentes gammes agricoles. Après le SprayBib VF pour les pulvérisateurs, puis les CerexBib IF pour les automoteurs de récolte, le manufacturier lance en 2014 le CargoXBib High Flotation destiné aux remorques. La technologie représente aujourd'hui 20 % des ventes du groupe. Elle se décline avec les variantes IF et VF autorisant respectivement 20 et 40 % de charge supplémentaire par rapport à un pneumatique standard de même dimension évoluant à la même allure.  

La forteresse Ladoux

  Avant d'entrer sur le site Michelin de Ladoux (Puy-de-Dôme), tout visiteur doit montrer patte blanche. Ce centre de recherche et de développement compose, avec Almeria (Espagne) et Greenville (États-Unis), le trio des bureaux d'études traitant des pneumatiques agricoles du manufacturier français. Ce centre très fermé et particulièrement sécurisé teste les prototypes de tous les domaines. Dans cette enceinte de 450 hectares, la vie est rythmée par le passage incessant de voitures, de motos ou de camions sur les vingt pistes d'essais, d'une longueur totale de 43 km. Ce site emploie 3 300 personnes dont 150 spécialement dédiées au domaine agricole. Le groupe Michelin débloque chaque année 643 M€ de son budget pour la R&D. Il réalise dans le même laps de temps 1,8 milliard de kilomètres de tests de fiabilité, soit un tour du monde toutes les douze minutes.

L'Ultraflex booste le rendement de 4 %

  Un pneumatique à technologie Ultraflex augmenterait le rendement du blé de 4 %. C'est ce que révèle une expérimentation menée par l'université britannique Harper Adams, située à l'ouest de Birmingham (Angleterre). Commandé en 2011 par Michelin, cet essai compare différentes technologies de pneumatiques (Ultraflex ou pas) croisées avec différentes techniques de travail du sol. La surface de circulation des pneumatiques dans une parcelle en une année varie en effet de 45 % pour un sol travaillé en semis direct, contre 65 % pour du travail superficiel et 86 % lors d'un travail profond. L'expérimentation révèle un rendement moyen supérieur de 4 % en faveur du pneumatique Ultraflex, gonflé à 0,7 bar, par rapport à un modèle standard (1,2 et 1,5 bar). Le rendement du blé d'hiver passe même de 73 à 77 quintaux/ha (5,5 % d'écart) sur les parcelles travaillées en profondeur en faveur du pneu à flanc flexible. Selon les hypothèses de l'étude, le gain moyen de rendement correspond à 64 €/ha. En estimant le surcoût de la technologie Ultraflex à 1,20 €/ha pour le tracteur, 1 €/ha pour la moissonneuse-batteuse et 0,50 €/ha pour la remorque, le gain économique est 24 fois supérieur au surcoût global selon le fabricant.

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