Ribouleau Monosem : la formation à la précision

Ribouleau Monosem : la formation à la précision

Les semoirs monograines Monosem sont certainement mieux connus que leur constructeur Ribouleau qui sait apprécier la discrétion du bocage des Deux-Sèvres. Dans ce cadre rural, celui-là se donne les moyens de mettre au point ses innovations et de renforcer ses outils commerciaux.

Ribouleau Monosem est un constructeur sachant cultiver ses singularités. Lorsque ses grands concurrents ne jurent que par la construction d'une gamme longue, lui préfère rester concentré sur sa grande spécialité : le semis de précision. Quand les industriels français se font couramment reprocher leur manque d'enthousiasme à confronter leurs produits aux marchés internationaux, il parvient à réaliser entre 60 et 70 % d'un chiffre d'affaires de l'ordre de 75 millions d'euros à l'exportation. La stratégie semble payante. Depuis 1948, date de sa création par Edmond Ribouleau, cette entreprise des Deux-Sèvres a toujours su prospérer autour d'une gamme étroite. Au début, ce fut les planteuses « Super Prefer » qui se créèrent un quasi-monopole chez les tabaculteurs de toute la France. Ensuite vinrent les semoirs monograines pneumatiques. Durant toute son histoire, la structure est restée familiale. Après le fondateur, son fils, Michel Ribouleau, lui a succédé, puis ce fut au tour de Dominique Bergère et de son épouse, Caroline Ribouleau, de poursuivre le développement de l'entreprise. Toutes ses activités industrielles sont restées localisées dans son berceau historique de Largeasse, une petite commune rurale située au sud de Bressuire. Là, les deux principaux sites emploient près de 300 personnes dans des opérations de montage des éléments semeurs, de fabrication de leurs organes de dosage et d'assemblage de machines complètes. À Moncoutant, à une quinzaine de kilomètres, la filiale STIM, un ancien sous-traitant acquis en 2011, assure, avec ses 20 salariés, près du tiers des besoins en mécanosoudure de l'entreprise.  

Un réseau de 70 importateurs

  La partie commerciale est gérée par la CCR, la Compagnie Commerciale Ribouleau. Une équipe de sept inspecteurs techniques et commerciaux, placée sous la férule d'Alain Lecomte, s'occupe du marché français. Une autre de trois inspecteurs, animée par Éric Marécaille, supervise un réseau international de 70 importateurs et les deux filiales américaine et russe. La plus ancienne, Monosem Inc., basée à Kansas City, compte 40 salariés. Située au coeur des grandes plaines américaines, elle a su se développer tranquillement en se focalisant sur les niches de marché locales des planteurs de maïs doux, de cacahuètes ou de coton et ainsi ne pas faire d'ombre aux trois majors américaines du domaine, John Deere, Case IH et White. C'est à la créativité de son bureau d'études que le constructeur doit la mise au point du Twin Row, un semoir capable de placer les graines de manière synchronisée sur des doubles rangs. Son équipe travaille en étroite collaboration avec ses collègues du service de recherche et développement de Largeasse, ainsi qu'avec les cinq personnes d'une petite cellule de développement à laquelle la direction a confié la mission de réfléchir aux innovations d'après-demain. Aujourd'hui, le constructeur doit accompagner l'augmentation de la technicité de ses outils ainsi que l'élargissement de ses réseaux commerciaux. Il a, pour cela, investi dans un show-room et un centre de formation. Son responsable, Nicolas Levillain, auparavant journaliste en machinisme agricole puis conseiller en chambre d'agriculture, a été chargé de formaliser les différents programmes à l'attention des revendeurs, des techniciens et des utilisateurs. Il dispose de trois salles, pouvant accueillir chacune jusqu'à 40 personnes, ainsi que des 700 mètres carrés de l'espace d'exposition pour montrer les dernières réalisations du constructeur.  

La densité en toute décontraction

  Monosem a développé deux améliorations qui devraient grandement faciliter la mise en oeuvre de ses semoirs monograines. La première est le boîtier de distances Easy Gear appelé à remplacer les traditionnels pignons interchangeables de réglage de la densité de semis. Ce nouveau système à engrenages dispose de trois leviers réglables chacun sur deux, trois ou quatre positions que l'utilisateur ajuste au moyen d'un levier télescopique. Il n'a donc plus besoin de se faufiler entre les éléments semeurs, ni de manipuler une chaîne et des pignons chargés de cambouis. Il peut sélectionner 18 rapports étagés en cohérence avec les densités de semis les plus courantes pour tous les interrangs démarrant à 37,5 centimètres. Une position débrayée est également disponible pour couper facilement les tronçons. Ce nouveau boîtier sera disponible en standard sur les semoirs de la gamme Monoshox NG Plus M, un outil taillé pour le travail sur parcelle encombrée de débris et à vitesse soutenue, ou en option sur les plus classiques NG Plus 4. Si l'utilisateur veut encore franchir une étape dans la simplification du réglage, il peut choisir l'entraînement électrique des éléments semeurs. Il devient ainsi possible de régler directement la densité de semis depuis la cabine du tracteur. Après ses gammes pneumatiques Monoshox NG Plus Me, le constructeur propose ce dispositif sur ses semoirs mécaniques pour betteraves Méca V4. Chaque élément semeur dispose de son propre moteur électrique entraînant la distribution par une courroie crantée. Le réglage est supervisé par l'unité centrale informatique de l'appareil qui est elle-même commandée en cabine par un terminal multifonction Isobus. Pour ajuster une densité précise, le système contrôle les chutes des semences via des cellules photoélectriques placées sous la distribution et il mesure la distance parcourue grâce à un radar.    

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