Aurensan : des vignobles à la grande culture

Aurensan : des vignobles à la grande culture

Reconnu pour son rugby, ses bonnes tables et ses coteaux, le Gers compte aujourd'hui une nouvelle spécialité : le semoir de semis direct de la société Aurensan. L'exemplaire no 11 a été acquis par François Girard, agriculteur dans le Loiret. Cet exploitant nous a accueillis sur sa ferme pour nous faire découvrir les entrailles de cet appareil conçu à l'origine pour les vignobles et aux composants initialement développés pour les terres d'Afrique.

Le semoir de semis direct fabriqué par le Gersois Alain Aurensan utilise un principe inspiré du système de mise en terre conçu pour les pays d'Afrique par l'Irstea (ex-Cemagref) et l'Afdi (Agriculteurs français et développement international). Le dispositif d'enterrage, développé conjointement par ces organismes, se compose d'un disque poussé et incliné dans deux dimensions formant ainsi des angles d'attaque et d'entrure. Le constructeur, ancien entrepreneur de travaux agricoles, n'a cependant pas repris l'intégralité du concept et a notamment placé l'élément semeur perpendiculairement au sol pour réduire les contraintes mécaniques dans le cas où le disque viendrait à tomber dans un trou ou rencontrerait un obstacle. Il a en revanche conservé l'angle d'entrure, comme sur un déchaumeur à disques indépendants, afin de faciliter la pénétration de l'élément semeur sans avoir à lester l'outil et ainsi s'adapter aux tracteurs de faible puissance. Par exemple, le semoir Aurensan de François Girard, agriculteur dans le Loiret, mesure 5,80 m de large et pèse seulement 3,90 t avec ravitaillement frontal. L'angle d'entrure améliore aussi le placement de la semence, car le disque soulève une bande de terre et place la graine en dessous, assurant ainsi un bon recouvrement. Cette conception risque en revanche, dans les sols humides, de créer un lissage du fond du sillon pénalisant pour la levée. Pour alimenter son appareil, le constructeur fabrique ses trémies arrière à distribution mécanique et fait appel à Kongskilde pour les modèles à transport pneumatique des graines. Il laisse aussi la possibilité d'utiliser une cuve d'une autre marque. Son catalogue comprend des appareils de 2 à 4 m fixes et de 4 à 6 m repliables, mais un modèle de 7 m a déjà été commandé. Le fabricant du Gers, privilégiant les variantes portées pour minimiser le poids, a demandé l'homologation routière (en cours) de versions semi-portées de 3 m de large et plus. Il a débuté la commercialisation de son semoir en 2014 en livrant un premier modèle adapté à la vigne et compte aujourd'hui 25 exemplaires en service, dont plus des deux tiers sur des exploitations de grande culture. Sur le plan du tarif, l'appareil de 5,80 m de François Girard coûte environ 55 000 €. Il faut en effet compter entre 8 000 et 12 000 € par mètre en fonction de la configuration et des options retenues tels les traceurs, le contrôleur de semis, l'équipement de pulvérisation sur le rang ou encore le dispositif d'incorporation d'engrais liquide ou solide.  

Outils de semis direct : du fait-maison à la production industrielle

  Le semis sans labour est un domaine de passionnés qui regroupe des agriculteurs motivés, pointus et exigeants. Ces professionnels rencontrent parfois des difficultés à trouver auprès des grandes marques la machine parfaitement adaptée à leurs contraintes. Certains se lancent dans le fait-maison mais pas toujours avec réussite. D'autres font confiance aux petits constructeurs comme Aurensan, Eco-Mulch, Sly, Techmagri... Ces entreprises, travaillant le plus souvent en direct, sont ainsi très proches du terrain et particulièrement réactives techniquement, des qualités appréciées des utilisateurs. Leur organisation peu hiérarchique réduit en effet les temps de réaction entre le bureau d'études et les ateliers de fabrication pour faire évoluer les machines, au risque de livrer des modèles uniques. De leur côté, les grandes firmes peuvent mettre en avant leur capacité de production pour répondre présent lorsque les carnets de commandes se remplissent. Dotées d'une offre plus diversifiée et d'une stratégie marketing bien rodée, elles passent généralement plus facilement les périodes difficiles lorsque le marché se tend. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles, à long terme, leurs machines conservent davantage de valeur sur le marché de l'occasion. Face à cette diversité, difficile alors de préférer une des solutions ! Une chose est sûre : le marché de l'agroéquipement donne encore aujourd'hui la chance à tout le monde.    

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