Kirpy : origine française certifiée

Kirpy : origine française certifiée

En innovant et en se forgeant une solide réputation dans des marchés de niche, Kirpy a surmonté les crises depuis sa création, il y a plus de 100 ans. La société familiale lot-et-garonnaise réalise en interne 90 % de son activité et met en avant l'origine française de ses produits.

En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées. La société lot-et-garonnaise Kirpy n'en a pas manqué depuis sa création, il y a 100 ans. En développant de nouveaux produits destinés à des marchés de niche, l'entreprise familiale a surmonté les crises. Elle a commencé par fabriquer des décavaillonneuses pour les vignes, puis des charrues, avant de se lancer dans les matériels d'épierrage puis les récolteuses de tabac et, plus récemment, d'asperges. Les outils de travail du sol figurent parmi les dernières nouveautés introduites au tarif. L'une des principales forces de cette société est de réaliser en interne près de 90 % de son travail, depuis le développement des produits jusqu'à leur commercialisation. Elle revendique fièrement l'origine française des machines et appose désormais un petit écusson bleu-blancrouge sur chacune des brochures. L'usine, située à Layrac, possède en effet la majorité des machines-outils nécessaires à la fabrication de ses matériels. « Les pièces sont essentiellement forgées en interne à l'aide de presses. Nous ne faisons appel à des sous- traitants, principalement locaux, que pour les grosses pièces d'usinage », ajoute Joël Gorostidi, le directeur de Kirpy. Cette société de 35 personnes, détenue par François Lenoir, l'actuel président-directeur général, met aussi en avant la culture de la qualité, de la fiabilité et du service. En 2015, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 3,8 M€, une valeur stable depuis cinq ans. Sa politique de production repose sur des programmes de travail et des prévisions de fabrication, chaque machine n'étant personnalisée que lorsqu'elle est commandée. « Ce système nous assure notamment de courts délais de livraison, de l'ordre d'une à quatre semaines pour une machine standard, contre deux à trois semaines supplémentaires pour les gros matériels destinés aux TP », annonce le directeur.  

Les broyeurs réputés en TP

  Comme elle fut l'un des leaders du marché de la charrue dans l'Hexagone dans les années 1950, notamment grâce à un contrat passé avec le tractoriste Ferguson, Kirpy s'est forgé une solide réputation avec ses broyeurs de pierres. Ces derniers, lancés en 1975, sont d'abord adaptés pour le domaine agricole avant d'être déclinés, seulement 20 ans plus tard, pour le secteur des travaux publics. « Les appareils Kirpy sont utilisés pour le traitement du sol, pour réaliser les soubassements de routes, d'autoroutes ou de lignes ferroviaires. Ils participent également à la confection de pipeline. Ces matériels ont travaillé sur de nombreux chantiers nationaux, chez des entrepreneurs de travaux agricoles, publics ou forestiers sous-traitants de GTM, Vinci ou encore Bouygues », indique Cédric de Bourayne, le directeur commercial. Les outils de décompactage, à l'inverse, ont d'abord été conçus pour le domaine de la construction avant d'être, plus récemment, adaptés à un usage agricole. En 2015, l'épierrage constitue 80 % du chiffre d'affaires de la société, contre 20 % pour les matériels de grande culture et de récolte. Ayant beaucoup travaillé sur la gamme d'outils de travail du sol depuis trois ans, Kirpy voit ce secteur d'activité prendre une part plus élevée dans son chiffre d'affaires. L'entreprise a réussi à combler le déficit de vente des machines de récolte par le développement de nouveaux produits, notamment ceux de travail du sol. L'export représente aujourd'hui près de 40 % du chiffre d'affaires de l'entreprise, alors qu'il ne valait pas plus de 20 % en 2012. Kirpy commercialise ses produits à l'étranger soit en direct, comme en Espagne, soit par le biais d'importateurs. En 2015, les broyeurs de pierres se sont bien exportés en Norvège et en Nouvelle-Zélande, ainsi que dans les pays du Golfe. Historiquement, la société est bien implantée en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Angleterre, en Espagne et à l'île Maurice. « L'export est un marché volatil, annonce le directeur commercial, car il dépend des situations géopolitiques des pays ; 20 % des clients réalisent près de 80 % du chiffre d'affaires. Nous travaillons avec une vingtaine d'importateurs réguliers. Les machines s'avèrent fiables et simples, donc relativement faciles à exporter. La seule véritable contrainte reste la disponibilité de tracteurs suffisamment puissants et dotés de vitesses rampantes indispensables pour bien faire fonctionner les matériels. » Dans l'Hexagone, Kirpy commercialise toute sa gamme TP en direct, alors que les appareils destinés au secteur agricole passent par des concessionnaires. Cent cinquante distributeurs sont considérés comme actifs. Ils se situent majoritairement dans les régions pierreuses. « L'exclusivité sur un secteur s'avère impossible à notre échelle, mais nous testons malgré tout actuellement ce mode de distribution localement », conclut Joël Gorostidi.  

Un prototype prometteur

  Kirpy est parti d'une page blanche pour concevoir sa nouvelle ramasseuse de pierres à déversement latéral RDL 15-25. Son bureau d'études aura consacré près d'une année à son dessin et à son développement avant d'aboutir à la fabrication d'un premier prototype. Après deux campagnes d'essais de fiabilisation et de performance, la machine est désormais validée, et les premières livraisons prévues pour le mois de juin. La nouvelle machine ramasse les pierres en andain ou en direct. Elle autorise le chargement en continu de remorques jusqu'à 3,20 m de haut. La ramasseuse de pierres jusqu'à présent proposée par la société, équipée d'une trémie, affiche un débit de chantier limité entre 40 et 60 t de pierres par heure. La dernière-née, dotée d'un nouveau système de ramassage par rotor étoilé, d'un tapis de déterrage et d'un tapis de vidange latéral en caoutchouc, promet une performance nettement supérieure, soit entre 120 et 200 t de pierres ramassées par heure, selon le fabricant.    

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