Industrie chinoiseYto entre à petits pas sur le marché français

Yto entre à petits pas sur le marché français
Avec leurs puissances de 25 et de 49 chevaux, leurs transmissions mécanique 8/8, leurs cabines spartiates, les deux modèles SG254C et 504 présentés par Yto sur le Sima, ne comptaient probablement pas parmi les engins les plus spectaculaires du Sima. Pourtant, le constructeur chinois a misé toute sa stratégie de pénétration du marché français sur eux. « Nous sommes réalistes, précise Pierre Hallais, le directeur des ventes de Yto France. Nous voulons aller étapes par étapes et bien prendre le temps de roder notre organisation commerciale avant d'aller plus loin ». Il se montre d'autant plus prudent qu'une première expérience de distribution de tracteurs de la marque par un importateur néerlandais a pu laisser des souvenirs cuisants. Sa défaillance avait laissé les premiers acheteurs sans possibilité de s'approvisionner en pièces détachées et avait durablement brouillé son image sur le marché français. Les deux premiers modèles proposés par Yto s'adressent donc à un segment de marché de tracteurs standards de petite puissance s'élevant à environ 500 unités par an. Ils répondent à des besoins de particuliers, de municipalités ou de maraichers. Avant d'être vendus ces tracteurs ont déjà fait l'objet d'essais par des agriculteurs en Bretagne et de quelques modifications mineures pour les rendre compatibles avec les besoins du marché français. Ils ont ainsi était dotés d'une gamme d'attelages adaptés et le modèle de 25 chevaux est pourvu d'un pot d'échappement placé en position latérale basse. « Nos interlocuteurs chinois sont à l'écoute de nos demandes. Ils réagissent parfois très vite », se félicite Pierre Hallais. Les premiers contacts pris avec des concessionnaires français sur le Sima le rendent plutôt optimiste. L'originalité de ces modèles additionnée d'une garantie de trois ans lui permet d'espérer prendre 10 à 20 % de ce segment de marché, puis, progressivement, introduire des gammes de tracteurs plus ambitieuses. En tout cas, dans cette démarche, il pourra compter sur la puissance industrielle de sa maison mère. Elle est en effet le principal constructeur de tracteurs chinois et elle est adossée à Sinomach, un gigantesque conglomérat comptant 40 filiales, 110 000 salariés et produisant tous types d'engins de travaux publics et de véhicules routiers.  Yto avait été créé en 1955 pour répondre aux besoins de mécanisation voulu par le premier plan quinquennal de la Chine de Mao Zedong. Après des décennies de fabrication de rustiques tracteurs à chenilles, il a conclu, en 1985, des accords avec Fiat pour développer ses gammes de tracteurs à roues et, en parallèle, il s'est fait appuyer par le bureau d'études britannique Ricardo pour moderniser des moteurs diesel. En 2011, il s'était fait remarqué dans notre pays en rachetant au groupe Argo l'usine de transmissions de Saint-Dizier (Haute-Marne). Aujourd'hui, ce constructeur réalise près de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en produisant, avec 19 000 salariés, près de 110 000 tracteurs de 18 à 220 chevaux par an. Il détient près de 35 % de parts de marché dans son propre pays et, petit à petit, il a monté des réseaux commerciaux en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud. Depuis sa reprise, le site industriel et le savoir-faire de Saint-Dizier lui ont déjà permis de faire progresser la technologie des tracteurs fabriqués en Chine.  Il a réorienté son activité vers la production de pièces et de sous-ensembles destinés à réparer les tracteurs de marques IH, Case IH, McCormick ou Landini équipés de boîtes de sa fabrication et vers la fourniture de transmissions à destination des usines chinoises. En plus des modèles historiques à 4 et 8 rapports sous charge, il produit également des versions modernisées des anciennes transmissions sous licence Fiat équipant toujours les tracteurs chinois avec inverseurs ou doubleurs hydrauliques. Il compte aujourd'hui un effectif de 170 personnes pour un volume de production de 8 000 transmissions par an. Les capacités d'accueil de Saint-Dizier devraient désormais être mises à profit pour accompagner le développement commercial des tracteur Yto en France et en Europe. Son centre logistique a déjà réceptionné un lot de pièces détachées pour servir les premiers tracteurs livrés. Par la suite, ses locaux permettront aux services marketing et d'assistance technique de s'étoffer.

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