Syndicalisme agricolePlaidoyer pour une agriculture conquérante

Plaidoyer pour une agriculture conquérante
À l'occasion du congrès du Sedima, les 12 et 13 avril 2018 à la Baule (Loire-Atlantique), Henri Biès-Péré, agriculteur dans les Pyrénées-Atlantiques et deuxième vice-président de la FNSEA, est intervenu sur le thème suivant : « À quels défis doit faire face le monde agricole ? Quels sont les enjeux ? » Le responsable professionnel en dresse le constat : l'agriculture française perd de sa puissance dans le périmètre mondial, mais reste une activité importante pour notre pays. Elle compte 650 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 10 milliards d'euros d'excédents dans la balance commerciale et 3,5 millions d'emplois. L'agriculture compose aussi le tissu rural avec 460 000 exploitations. Malheureusement, constate-t-il, ces dernières années, la France agricole recule sur plusieurs marchés. Ainsi, elle est passée du second rang mondial des pays exportateurs, au sixième rang. L'Allemagne, les Pays-Bas, le Brésil et la Chine ont dépassé la France. Henri Biès-Péré énumère les handicaps français des coûts de production liés aux charges salariales, aux demandes environnementales, aux taxes, à la fiscalité... Il pointe également du doigt l'incapacité de stockage lorsque les prix s'écroulent, ou encore la baisse des prix des produits aux consommateurs. Il constate que l'agriculture n'investit plus ou pas assez. « En production de volailles, il n'est pas rare de voir des bâtiments d'élevage de plus de 20 ans », regrette-t-il. Reconstruire le prix Le second vice-président de la FNSEA le clame haut et fort : « Il faut retrouver une agriculture conquérante sur tous les marchés ! » Super, mais comment ? Henri Biès-Péré énumère alors des pistes. Pour répondre à la demande en qualité, le sigle officiel permet d'y voir plus clair. Déjà 11 000 produits sont ainsi reconnus. A propos de l'agriculture biologique représentant actuellement 6 % de la SAU, l'objectif est de passer à 15 %. L'intégration de 50 % de produits français dans la restauration collective représente un enjeu important avec 7,5 milliards de repas par an. Actuellement, elle fait appel à 80 % de produits importés. Mais il le rappelle : « Pour un tiers des français environ, acheter des aliments à bas prix est une obligation. Il faut que l'agriculture française puisse aussi répondre à cette demande. Nous savons le faire et nous pensons qu'un agriculteur sur deux en France pourrait produire des produits moins chers pour ce marché intérieur mais aussi pour l'export. » Le second vice-président de la FNSEA insiste sur le besoin de reconstruire le prix de l'agriculture, soit le prix nécessaire pour l'agriculteur. « Nous sommes conscients que nous devons répondre à la demande de traçabilité, à la réduction des intrants, à l'accroissement du bien-être animal, au respect de l'environnement, mais il nous faut le soutien de l'Etat. » L'agriculture doit aussi relever des défis importants dans d'autres filières : élaborer des produits bio-sourcés, des biocarburants, etc. Elle est impliquée dans les programmes de recherche et de développement, mais également dans la transition digitale... Tout ça, c'est bien beau ! L'assemblée du Sedima applaudit et remercie Henri Biès-Péré. Une belle intervention ! Mais, à peine sortie de la salle, les congressistes se demandent déjà ce qui, dans le contenu de ce discours, va vraiment changer les choses sur le terrain ? De retour dans leurs régions de France, ils vont croiser des clients agriculteurs, toujours aussi moroses... Que pourront-ils bien tirer de l'allocution d'Henri Biès-Péré pour leur redonner le moral et l'envie d'investir ?

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