EconomieDes marchés agricoles très disputés

Des marchés agricoles très disputés
Comme souvent lorsqu'un intervenant doit parler de l'agriculture, il commence par indiquer l'accroissement mondial de la population. Dans la portrait de la situation économique de l'agriculture que Jean-Christophe Roubin, le directeur de l'agriculture au Crédit Agricole, a dressé de auprès de l'auditoire du congrès du Sedima, il n'y a pas échappé. Nous étions 1,6 milliard d'habitants en 1900, puis 7,5 milliards en 2010 et nous serons 9,5 milliards d'habitants en 2050. Alors qu'au début du siècle dernier, beaucoup de personnes vivaient à la campagne, en 2010, plus de la moitié (55 %) résidait en ville et en 2050, nous serons pour 85 % des urbains. L'accroissement de la population mondiale se conjugue aussi avec une augmentation de la consommation de viande. Entre 2016 et 2026 (prévision FAO, OCDE), elle pourrait croître de 11,3 % en volaille, de 6,8 % en viande bovine et de 5,6 % en porcine. Ainsi dans cette projection, la consommation mondiale de viande se répartirait en 37 % volaille, 36 % porcine, 22 % bovine et 5% ovine. A propos des productions végétales, toutes les matières premières sont tirées par l'Asie, ce qui laisse présager des perspectives encourageantes. La demande en production laitière, reste soutenue car seuls quelques pays sont capables de produire plus de lait que leur consommation. Ces pays (UE, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Australie, Argentine, Biélorussie) peuvent donc exporter sur le marché mondial. La Chine qui a très fortement investit dans cette production reste déficitaire.  La France et l'Europe Et l'agriculture française, elle en est où ? Même si elle conserve la première place européenne, elle est fortement concurrencée sur plusieurs filières. En réalisant 17 % de la production européenne, l'agriculture française s'appuie principalement sur des productions nécessitant des surfaces cultivées et demandant un besoin important en matériels agricoles. Depuis 10 ans, des concurrents européens émergent et titillent nos positions. En élevage de porcs, l'Espagne et l'Allemagne progressent. En viticulture, ce sont l'Italie et l'Allemagne qui avancent. Et en céréales, les pays de la Mer Noire font de gros progrès. En France, nous avons une situation agricole démographique compliquée. Un agriculteur sur deux n'est pas remplacé et, dans les dix prochaines années, 50 % des agriculteurs français vont partir à la retraite. En face de ce constat, l'installation reste difficile pour un jeune. Le dispositif des installations aidées entre dans une nouvelle ère avec la fin des prêts bonifiés à l'agriculture. Chaque installation est un défi et nécessite une approche entrepreneuriale renforcée. Enfin, les revenus n'attirent pas compte-tenu aussi du temps de travail et des nombreuses contraintes. Pour terminer sur une note plus « gustative », et même si la France y perd du terrain, l'Europe produit près de 60 % de la production mondiale du vin, soit 145 Mhl sur un volume mondial de 247 Mhl (2017).  Sur ce marché qui se mondialise, il faut tenir son rang face aux vins américains, argentins, australiens, chiliens...qui gagnent du terrain.  En Europe, la France qui produit 36 Mhl s'est fait dépasser par l'Italie (40 Mhl) et voit l'Espagne (34 Mhl) se rapprocher de son volume. Dans le monde, en 1990, 25 % du vin consommé traversait une frontière. En 2016, cette proportion atteint 43 %. Les vins voyagent et l'évolution des échanges internationaux s'établit à +90 %. Ces échanges sont passés de 55 Mhl en 1995, à 104 Mhl en 2016. Revenons en France, dans le contexte laitier qui laisse apparaître une diminution du nombre d'exploitations, mais un maintien au second rang européen des pays producteurs. En 2017, il existait environ 58 500 exploitations laitières en France. Certes moins nombreuses, elles se concentrent de plus en plus dans le nord-ouest du pays où elles accueillent des troupeaux plus grands. L'augmentation de la productivité française passe par de forts investissements, surtout en matériels et en bâtiments. Ainsi, parmi les financements opérés par le Crédit Agricole en 2017 figurent en priorité les matériels (39 %) et les bâtiments (23%). Le financement de la terre ne compte que pour 5% et celui des animaux pour 3%.

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