Commerce internationalLe protectionnisme russe en accusation

Le protectionnisme russe en accusation
À la veille d'Agrosalon, le grand salon moscovite du machinisme agricole, l'ambiance du marché russe met les constructeurs allemands dans une humeur morose. En effet, si le contexte de prix soutenus pour les produits agricoles devrait logiquement doper leurs ventes de machines agricoles, les évolutions des réglementations locales pourraient provoquer l'effet inverse. Sur le premier semestre 2018, le VDMA, l'association allemande des constructeurs de machines a observé un recul de 10 à 25 % des ventes des constructeurs européens et russes. Dans leur analyse, ce mouvement n'a rien d'alarmant.  « Nous considérons le déclin modéré du marché comme un ajustement cyclique normal arrivant après les fortes croissances des dernières années et nous ne connaissons pas de motifs de détériorations ultérieures », explique Mikhail Mizin, le représentant du VDMA en Russie. Mais, alors que les exploitants agricoles russes semblent se plus en plus s'orienter vers les technologies occidentales, leurs accès pourrait devenir de plus difficiles. Les constructeurs allemands se plaignent  de se heurter à un continuel protectionnisme ainsi que d'un cadre juridique en constant mouvement. L'actualité la plus récente concerne la révision du décret 719 portant sur la localisation de la production industrielle en Russie. Selon le VDMA, le renforcement des règles pourrait rendre impossible l'implantation de lignes d'assemblage de tracteurs en Russie. En effet, en plus de devoir affronter un parcours du combattant administratifs, de ne pas pouvoir accéder aux mêmes financements aidés que leurs collègues russes, les constructeurs occidentaux se heurtent à l'insuffisance de la production locale de composants conformes à leurs critères de qualité. Pourtant l'agriculture russe aurait besoin de machines et d'équipements modernes, que, selon le VDMA, son industrie est incapable de lui fournir. L'association allemande des constructeurs se dit prête à discuter avec les autorités locales pour étudier comment satisfaire un besoin annuel estimé par le Ministère russe de l'Agriculture à 56 000 tracteurs.

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