AgroéquipementsLa demande croît, les prix aussi

La demande croît, les prix aussi
(©Axema)

L’année 2021 s’annonce prometteuse en ventes de machines agricoles, mais les constructeurs vont devoir répercuter la hausse du prix des matières premières.

Boom de la demande, crise de l’offre : c’est en ces termes que David Targy, responsable du pôle économique d’Axema, décrit la situation actuelle des agroéquipements en France et, d’une manière plus générale, en Europe.  Après une année 2020 où l’activité a finalement peu pâti de la pandémie, les constructeurs d’agroéquipements enregistrent une reprise des ventes. Elle a commencé à se manifester à l’automne 2020 et s’amplifie en ce début d’année. Au vu des carnets de commandes, le marché français pourrait croître de 5 à 7% en 2021… si les constructeurs parviennent à produire les machines. Selon une enquête de conjoncture menée récemment par Axema, plus de neuf fabricants sur dix rencontrent des difficultés d’approvisionnement en acier ou autres composants. Trois responsables d’entreprises sur quatre parlent même de pénurie. A ces difficultés, s’ajoute une envolée du prix des matières premières. L’acier coûtait 550 € la tonne en avril 2020. Il était à 880 €/t en décembre et atteint 1 250 €/t actuellement. «La faute à un système de quotas instauré en 2019, explique Alain Savary, directeur général d’Axema. Dans la foulée des mesures protectionnistes prises par les Etats-Unis, l’Europe a instauré des quotas d’importations pour protéger ses aciéries. Au-delà d’un certain volume, le prix de l’acier hors quota subit une taxation de 25%. Toutes les industries européennes consommatrices d’acier sont affectées. Elles se mobilisent pour mettre fin à ce système, mais il risque bien de perdurer encore un an, alors que les aciéries européennes ne peuvent pas faire face à la croissance de la demande. » Certains fabricants doivent en outre composer avec l’explosion du coût du fret maritime entre l’Asie et l’Europe, dont les tarifs ont été multipliés par 3 voire 4 par rapport à 2020.
« Les industriels devraient avoir le sourire. Ils sont inquiets, appuie Jean-Christophe Régnier, président de la commission économique d’Axema et directeur général de Lemken France. Le contexte est favorable aux investissements chez les agriculteurs. Pour les fabricants, l’enjeu est d’arriver à livrer les machines dans un délai et à des tarifs admissibles par les clients, le tout sans plomber les résultats de leurs entreprises. » Toujours selon l’enquête d’Axema, 95% des constructeurs vont augmenter leurs prix de vente, 53% s’attendent à une baisse de leurs marges, 86% n’ont d’autre choix que d’allonger les délais de livraison. »
Pour 2021, la profession parle d’une année ambivalente. Elle s'annonce comme le meilleur millésime de la décennie, avec une estimation du marché français des agroéquipements à 6,4 milliards d’euros. De belles perspectives d’évolution du chiffre d’affaires des entreprises. Mais il n’est pas sûr que ce soit une année faste en termes de résultat net pour les constructeurs.  

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