Recherche et DéveloppementLes tracteurs explorent leurs limites à Beauvais

Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France ne s’est pas fait prier pour inaugurer un outil au service d’une industrie faisant vivre plus de 3 500 salariés dans sa région.
Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France ne s’est pas fait prier pour inaugurer un outil au service d’une industrie faisant vivre plus de 3 500 salariés dans sa région. (©B.S.)

À Beauvais, le Cetim vient d’ouvrir un centre d’essais disposant de moyens particulièrement sophistiqués pour tester les tracteurs agricoles. Une chance pour Massey Ferguson et le Gima qui ont leurs usines à côté mais aussi pour toute l’industrie française.

Le 28 juin, le président de la région Haut-de-France, Xavier Bertrand, a eu de quoi se montrer impressionné en découvrant l’improbable attelage d’un tracteur Massey Ferguson 5S à de multiples bancs de puissance. Ce jour-là, il s’était déplacé à Beauvais en compagnie d’élus de la région et de représentants de la filière du machinisme agricole local, notamment Thierry Lhotte, le président d’Agco SAS, ou Michel Schietequatte, le directeur général de Maschio Gaspardo France, afin d’inaugurer officiellement la toute nouvelle installation de recherche que le Cetim vient de construire à Beauvais (Oise). Baptisé Centre international d’innovation en agromachinisme, cet outil pourrait s’avérer précieux pour l’ensemble des fabricants de tracteurs, automoteurs agricoles, engins de manutention, matériels de travaux publics ou composants de transmissions présents en France. Le bâtiment de 2 500 m2 construit sur une parcelle de 7 000 m2 contiguë à l’établissement d’enseignement supérieur UniLaSalle dispose en effet de moyens sophistiqués pour pousser des machines dans leurs derniers retranchements.

Climats polaires ou tropicaux au choix

Sur le site, l’atelier le plus étonnant est sans doute le banc 5 freins. Il est installé dans une salle capable de reproduire des températures de -20 à +50 °C et des vents de 65 km/h. Ses cinq dynamomètres mesurent les puissances transmises à chacune des roues d’un tracteur et à sa prise de force. Dans un atelier attenant, en infligeant des cycles d’oscillations aux quatre roues d’un engin, le banc 4 vérins, est capable de déceler des faiblesses sur les assemblages ou de mesurer une capacité d’amortissement. Un autre banc Dyne, pour sa part, est dédié à la mesure d’un couple en sortie de transmission. Pour éviter que les vibrations induites ne viennent fragiliser les constructions avoisinantes, ces installations sont construites sur un massif de plus de 750 tonnes de béton. L’ensemble a représenté un investissement de 20 millions d’euros. La moitié a été prise en charge par l’industrie française par l’intermédiaire du Cetim, son propre institut technologique. Le reste a été pris en charge pour moitié par la région Hauts de France et l’autre par le Feder, le fonds européen de développement régional.

Des essais de tracteurs, de prothèses, de matériaux aéronautiques

 

L’outil est amené à compléter le réseau de sites, centres associés et filiales dont le Cetim dispose en France mais aussi au Maroc ou à Singapour. Plus de 1 100 salariés y conduisent des études pour près de 6 500 entreprises de la filière mécanique. Leur panel d’activités est des plus vaste. À Saint-Étienne, par exemple, ses ingénieurs éprouvent des prothèses articulaires. À Bourges, ils testent des produits de quincaillerie et à Casablanca des matériaux pour avions. Le centre de Beauvais, pour sa part, est rattaché au pôle transmissions de Senlis comptant une cinquantaine de personnes. Il est sollicité par des industriels aussi bien du secteur de la sous-traitance automobile, que de l’aéronautique, du ferroviaire ou du machinisme. Tantôt il teste un joint de transmission, tantôt un sous ensemble, une autre fois un engin complet. Comme ses ingénieurs interviennent parfois dès les toutes premières étapes d’un projet, ils ont la chance de côtoyer les technologies les plus avancées. Ainsi, en ce moment, ils sont amenés à travailler sur l’électrification des engins non routiers. Ils étudient pour cela des architectures de véhicules plus légères économisant l’énergie et se préoccupent de transmissions acceptant les régimes de rotation élevés des moteurs électriques. Un autre sujet les occupant est la digitalisation des distributeurs hydrauliques. Cette solution technologique vise à remplacer des valves proportionnelles par d’autres fonctionnant en tout ou rien à fréquence élevée pour faire varier le débit d’un circuit hydraulique. En machinisme agricole, leur programme est également chargé. Ils planchent, par exemple, sur la réduction de bruits et de vibrations des machines ainsi que sur la simulation numérique du paillage. L’enjeu serait d’en améliorer la répartition au sol.

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