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Fabrication française  Chevance : le Breton modernise son site de production

Bruno Chevance est à la tête de l’entreprise familiale depuis 2002. Celle-ci a été créée en 1965 par son père.
Bruno Chevance est à la tête de l’entreprise familiale depuis 2002. Celle-ci a été créée en 1965 par son père. (©Michel Portier)

Pour célébrer ses 60 ans, le constructeur breton Chevance a inauguré de nouveaux locaux, illustrant le dynamisme de ce spécialiste des véhicules remorqués. Son outil de production et son organisation ont su faire face aux nouveaux enjeux, notamment avec une gamme de bennes entièrement renouvelée.

Devant un bâtiment flambant neuf regroupant 300 m2 de bureaux, Bruno Chevance, à la tête de l'entreprise du même nom, nous a accueillis à la veille d’une journée portes ouvertes sur son site de Grâces, dans les Côtes-d'Armor, à côté de Guingamp. Une occasion pour le constructeur de fêter ses 60 ans en accueillant l’ensemble de ses 50 salariés et les représentants de ses 60 concessionnaires. Les invités ont eu le privilège de découvrir la nouvelle gamme de remorques monocoques Optima. Son lancement concrétise la rationalisation de l’offre du constructeur.

Le nouveau bâtiment de 300 m² abrite les bureaux sur deux niveaux. (© Michel Portier)
« L’accumulation des contraintes réglementaires liées aux normes de freinage ou aux barres anti-encastrement nous a conduits à refondre l’ensemble de nos gammes. Nous voulions également préserver le haut niveau de qualité de notre construction, tout en restant commercialement compétitifs face à la concurrence », souligne Bruno Chevance.

Une gamme de remorques simplifiée

Les trois gammes existantes (First, Farmer et Welter) disparaissent ainsi au profit de l’Optima. Les premiers exemplaires, sortis cet automne, viennent renforcer une production en constante progression.

Après les remorques fabriquées dès le début de l’histoire de l’entreprise, Chevance a produit des épandeurs dans les années 1970. Il a ensuite profité du boom des petites remorques routières, activité qui s’est arrêtée avec la concurrence des produits à bas coût. (© Michel Portier)
« Nous prévoyons de dépasser les 300 unités sur l’année 2025 », indique le dirigeant. Les remorques monocoques en représentent la majeure partie, notamment les plus gros modèles. « Les trois essieux alimentent la moitié de nos ventes de bennes agricoles », ajoute-t-il. Si celles-ci constituent le principal débouché de l’usine, Chevance a su étoffer en parallèle son portefeuille de produits.

Un espace de stockage agrandi et goudronné

Le constructeur propose ainsi trois déclinaisons de remorques TP et deux épandeurs à caisse étroite. Il produit par ailleurs des plateaux, des bétaillères, des remorques légumières et des lames à ensilage. De quoi justifier l’agrandissement de la zone de stockage des véhicules sortant de l’usine et de certaines matières premières et composants. Le Breton vient de goudronner l’ensemble de ses 15 000 m2 de surface extérieure. Il dispose également, depuis une dizaine d’années, d’un magasin de stockage des pièces abrité sous un bâtiment de 900 m2 jouxtant l’usine. Sa gestion est assurée par un logiciel ERP intégrant tout le suivi des flux de l’entreprise.

Plus de 300 véhicules sont sortis de l’usine en 2025. (© Michel Portier)

Un outil industriel taillé pour la qualité 

Au moment d’entrer dans l’usine, dont l’ambiance vient d’être améliorée par une nouvelle centrale d’aspiration des fumées de soudure, nous remarquons le stock d’acier prêt à être transformé. À notre étonnement, certaines tôles sont protégées individuellement sous un film plastique.

Les tôles formant les côtés des caisses de remorques sont pliées d’un seul tenant. (© Michel Portier)
« L’usage d’acier suédois à haute limite d'élasticité de première qualité est devenu notre signature. Cela nous permet, par exemple, de réduire les besoins de renfort sur les caisses au profit du design et de la charge utile », se félicite Bruno Chevance.

Outre un banc de découpe plasma, le travail des tôles est réalisé depuis une dizaine d’années au moyen d’une plieuse de 8 m de long et de 700 t de puissance.

« Elle assure le pliage des côtés d’une benne en une seule pièce. Ce procédé permet à la fois de gagner du temps, de limiter les soudures et d’accroître la robustesse », indique le dirigeant. 

Le constructeur breton maîtrise une grande partie de sa production grâce, notamment, à un bureau d’études constitué de quatre personnes.

Chevance propose trois gammes de bennes TP, dont la Master qui peut être équipée de rehausses pour plus de polyvalence. (© Michel Portier)

De nouveaux tests pour respecter les normes de freinage

« Nous faisons très peu appel à la sous-traitance, et nous privilégions les fournisseurs français pour les composants que nous ne fabriquons pas, comme les essieux ou les vérins », explique Bruno Chevance.

 L’usine dispose de sa propre cabine de peinture. Appliquée en deux couches de poudre suivies d’une cuisson, celle-ci offre une finition très lisse grâce à un process au secret bien gardé. À la sortie de la chaîne, chaque véhicule est testé. Un nouveau pont-bascule vient d’être installé pour garantir un réglage précis du correcteur de freinage imposé par la technologie en double ligne. La production est écoulée par l'intermédiaire d’un réseau de distribution couvrant la majeure partie du territoire.

Après le Sniper lancé en 2017, Chevance a complété sa gamme d’épandeurs en 2023 avec le Booster. (© Michel Portier)
« La période de crise sanitaire et les nouvelles exigences d’homologation nous ont conduits à mettre en pause notre développement à l’export », indique le chef d’entreprise.
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