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Usine John Deere d’Arc-lès-Gray  Au cœur de la « John » : poussez les portes de l'usine de presses à balles rondes John Deere

Le site d’Arc-lès-Gray (70) produit principalement les presses à balles rondes et les chargeurs frontaux destinés à une bonne partie du marché mondial.
Le site d’Arc-lès-Gray (70) produit principalement les presses à balles rondes et les chargeurs frontaux destinés à une bonne partie du marché mondial. (©Aurélien Guillard)

Le site d’Arc-lès-Gray, dans la Haute-Saône, regroupe la fabrication des presses à balles rondes et chargeurs frontaux John Deere. Afin de diversifier et lisser la saisonnalité de ses deux produits phares, l’usine a été transformée pour accueillir des lignes dédiées à la fabrication d’accessoires autour des tracteurs et des machines de récolte. Un investissement conséquent de plusieurs millions d’euros pour pérenniser l’avenir de ses 420 salariés.

Implantée au cœur de la Haute-Saône, en Franche-Comté, l’usine John Deere d’Arc-lès-Gray, souvent appelée la « John » par ses salariés, est connue principalement pour la fabrication des presses à balles rondes et des chargeurs frontaux. Deuxième employeur du département derrière Euroserum (groupe agroalimentaire), elle occupe 420 salariés et peut atteindre 600 salariés en totalisant les intérimaires pendant les pics de production.

En 1948, John Deere reprend l’usine des presses lieuses de la société Thiébaud, connue pour la fabrication de la « Coccinelle », vendues à plus de 10 000 exemplaires chaque année à l’époque. (© Henri Etignard)

Toute la gamme des presses à balles rondes John Deere, à savoir les chambres fixes FM et FR, les machines à chambre variable VM et VR, ainsi que les combinés presses-enrubanneuses sont fabriqués au sein de ce site industriel. Il en va de même pour les chargeurs frontaux avec les gammes M et R, dédiées aux tracteurs des séries 5E,5M/6M et 6R, allant jusqu’à 250 ch. Ces produits sont commercialisés dans une grande partie du monde, principalement pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Océanie.

Sept plieuses assurent la formation de nombreuses pièces capables de générer une pression pouvant atteindre 700 t. (© Henri Etignard)
L’usine, appelée la « John » par la plupart de ses 420 salariés, tourne à un rythme de production à la journée de 7 h à 16 h, du lundi au vendredi. (© Henri Etignard)
« Le marché cyclique des presses à balles rondes nous a poussés à diversifier les moyens de production de notre site afin de lisser le travail des chaînes de fabrication et de nos équipes tout au long de l’année », explique Jean-Michel Petit, le directeur de l'usine d’Arc-lès-Gray.

Produire aussi pour d’autres sites

La marque John Deere emploie 80 000 salariés dans le monde entier et dispose d’une centaine de sites de production répartis sur les cinq continents.

Une fois les pièces pliées, les robots ou les soudeurs démarrent le processus de fabrication des différents modules composant les presses ou les chargeurs frontaux. (© Henri Etignard)
Depuis plusieurs années, le site s’est diversifié avec la fabrication des relevages avant des 6R, des convoyeurs des séries T et S Hillmaster ou encore des pots d’échappement et de leur solution antipollution. (© Henri Etignard)

En 2017, « la John » démarre alors la fabrication de relevages avant réservés à certains modèles de tracteurs de la série 6M/6R fabriqués sur le site de Mannheim, dans le sud-ouest de l’Allemagne. L’année 2020 signe l’arrêt de la production des faucheuses traînées, intégralement remise à Kuhn, ainsi que celle des presses à moyenne densité, délocalisée sur un site John Deere à l’étranger. Cette décision a permis aux ingénieurs du bureau des méthodes de revoir l’optimisation et l’organisation de la ligne de production pour l’arrivée de la nouvelle série 2 de presses à balles rondes lancée sur le marché l’année dernière. L’investissement pour cette famille de produits s’élève à une dizaine de millions d’euros.

Des gabarits spécialement conçus et fabriqués en interne permettent aux salariés de positionner précisément les pièces à souder. (© Henri Etignard)

Depuis 2024, l’usine compte deux autres lignes de produits de la marque au cerf, à savoir les convoyeurs des moissonneuses-batteuses des séries T et S équipées du suivi de terrain Hillmaster et les systèmes de prétraitement des gaz d’échappement pour les tracteurs fabriqués à Mannheim. L’usine a également étendu la fabrication à tous les relevages des tracteurs de la marque fabriqués en Europe. Ces éléments sont ensuite respectivement envoyés à Zweibrücken (Allemagne), sur les lignes de montage des machines de récolte, ou à Mannheim, sur celles des tracteurs.

L'usine d’Arc-lès-Gray assure uniquement de la découpe, du pliage et de la soudure. Les pièces forgées ou usinées sont livrées prêtes à être soudées ou montées. (© Henri Etignard)
Une fois assemblés et peints, les pick-up attendent qu’un robot les achemine vers la ligne de montage des presses. (© Henri Etignard)

Flux tendu

L’usine s’appuie sur une stratégie inspirée du toyotisme, permettant de travailler en flux tendu, sans stock de pièces, afin de réduire les gaspillages de matière première, d'optimiser la place et d'harmoniser la production. La fabrication des pièces mécano-soudées et les lignes de montage dédiées aux presses à balles rondes et aux chargeurs frontaux utilisent 80 % de la surface du site, dont la partie couverte représente 44 000 m2. Sur les 20 % restants prennent place les lignes affectées aux accessoires cités précédemment. Des investissements conséquents dépassant les 10 millions d’euros au cours des dernières années ont permis de moderniser les lignes de production, comme celle des chargeurs frontaux.

Les étoiles des ameneurs des presses à balles rondes sont soudées autour d’un tube. La précision de cette opération assure, sans ajout de masse, l’équilibre du rotor. (© Henri Etignard)

L’usine arcoise dispose d’un outil 4.0 grâce à une robotisation des tâches répétitives ou encore à une digitalisation des postes clés. La « John » compte 42 robots, dédiés principalement à la soudure, mais aussi à la découpe laser numérique, et 7 plieuses à commandes intelligentes pour former les éléments mécaniques qui composent les différentes machines agricoles fabriquées ici. Chaque année, le site consomme environ 5 000 t de tôles d’acier. Celles-ci, allant de 3 à 15 mm d’épaisseur, sont découpées, pliées et soudées sur place. Aucun usinage n'est en revanche réalisé à Arc-lès-Gray. John Deere sous-traite les pièces de fonderie, forgées et usinées par des fournisseurs pour la plupart locaux.

Durant le processus de fabrication, des ingénieurs vérifient le bon alignement des pièces mécano-soudées. (© Henri Etignard)

Artisanat industriel

Pour les chargeurs frontaux, par exemple, l’intégralité de la fabrication des brancards est réalisée par des robots de soudure. Une première passe concerne le pointage des éléments mécaniques composant le brancard – de la même manière que le sont les pièces des presses. Les cordons de soudure sont ensuite exécutés par des robots, en respectant et en contrôlant la déformation générée par la chaleur des pièces en acier. Les soudures les plus compliquées restent la prérogative des opérateurs qualifiés.

Une pièce dédiée à l’ouverture sans porte des presses à balles rondes VR, avant soudure de composants et, en médaillon, avec ses composants. (© Henri Etignard)

Les équipes de la « John » maîtrisent également la soudure d’éléments en fonte, tels que les pièces destinées aux relevages avant des tracteurs. Sur les lignes de montage, les salariés sont polyvalents. Ils sont formés pour travailler sur différents postes afin de limiter la répétabilité des tâches au quotidien. Les pièces fabriquées en flux tendus et selon la demande, sont mises à leur disposition de chaque côté de la ligne. Elles sont à portée de main, à moins de 1,5 m, à l'instar des pièces et outils nécessaires à leur montage. L'ensemble des transformations de l'outil de production a permis au site d’atteindre un niveau de qualité élevé des produits.

Châssis de combiné de presse-enrubanneuse prêt à passer le cycle de lavage avant de recevoir sa couche de peinture poudre de couleur verte. (© Henri Etignard)
Pour faciliter le déplacement au sein de l’usine, les gros éléments comme ce brancard reposent sur un support spécifique doté de roulettes. (© Henri Etignard)
Ces robots capables de se mouvoir dans de nombreux axes assurent ici le montage des solutions de traitement des échappements de tracteurs. (© Aurélien Guillard)
« Nous sommes des industriels artisants », se félicite Jean-Michel Petit, qui ajoute : « Nous avons aussi abaissé les nuisances sonores au sein de la production et réduit le risque sécurité par l'absence de chariots élévateurs dans les allées, remplacés par des robots électriques assurant le déplacement des pièces dans l’usine, à l’image d’“Huguette” et de “Johnny”. » 

Ces automoteurs de petite taille circulent librement dans les allées et tractent à la queue leu leu les chariots supportant les pièces. Ils alimentent ainsi les postes affectés à la soudure des pièces entre elles. D’autres robots, plus imposants mais capables, eux aussi, de circuler dans les allées, prennent le relais et viennent se positionner sous des structures adaptées pour supporter elles-mêmes des composants mécano-soudés, comme un demi-châssis de presse, et ainsi gérer la logistique et approvisionner en éléments les lignes de montage. Dans leur parcours, ces robots de manutention ravitaillent également le poste de peinture.

Ce robot « Huguette » assure la logistique entre les différents postes liés au processus de fabrication. Un QR code le renseigne sur les chariots de pièces à transférer. (© Henri Etignard)
Ce robot est capable de lever un support sur lequel repose, par exemple, un brancard de chargeur. Il circule ensuite dans les allées de l’usine pour approvisionner un autre atelier. (© Henri Etignard)
Le site d’Arc-lès-Gray, assez lumineux et silencieux, offre une bonne atmosphère de travail pour les salariés. (© Henri Etignard)
Les robots sont programmés depuis des ordinateurs ou peuvent être pilotés manuellement, comme ici, à l’aide d’une télécommande. (© Henri Etignard)

La « John » utilise le procédé de peinture poudre. Après nettoyage, les pièces sont chargées négativement. La peinture, projetée sous charge positive, est alors attirée vers elles. Cette technique permet d'obtenir une couche fine et uniforme sur l'ensemble de la surface. Une cuisson dans un four à gaz, à 200 °C pendant environ 1 heure, assure ensuite une adhérence optimale de la peinture au support, ainsi qu'un bon niveau de finition.

Des palans, ponts roulants ou portiques dispensent les employés de porter des grosses charges, préservant ainsi leur santé physique. (© Henri Etignard)
Les outils nécessaires au montage des machines sont astucieusement rangés sur un chariot à roulettes facilitant le travail des opérateurs. (© Henri Etignard)

Un site bas carbone ?

Sur le site d’Arc-lès-Gray, seule la peinture verte est appliquée. Les jantes des presses, uniques composants de couleur jaune, sont livrées complètes, avec les pneus montés. Nul besoin pour la « John », donc, de disposer de poudre jaune. De quoi abaisser les pertes et la pollution lors du nettoyage des pistolets à peinture.

Pour éviter les troubles musculosquelettiques et travailler dans de bonnes conditions, ce kakémono informe les salariés sur les échauffements à réaliser chaque matin. (© Henri Etignard)
En bout de chaîne de montage, tous les chargeurs sont mis sous pression d’huile et testés avec un colorant pour détecter les éventuelles fuites. (© Henri Etignard)
Les chargeurs sont livrés sur le site de tracteurs de Mannheim, en Allemagne, pour être montés d’usine. Le support reviendra par la suite par camion sur site pour un autre cycle. (© Henri Etignard)
« Nous cherchons toujours à nous améliorer. Actuellement, nous avons abaissé de 30 % nos émissions de carbone par rapport à 2021 », souligne Jean-Michel Petit. « Nous traitons l’eau destinée au nettoyage des pièces avant par osmose. Nous avons doublé cette solution pour réduire la perte en eau. À l’extérieur, nous avons également fait recouvrir les parkings des voitures avec des panneaux photovoltaïques, ce qui diminue, là aussi, notre consommation d'électricité. Enfin, nous sommes en réflexion sur un projet avec GRDF et de potentiels agriculteurs du secteur afin de faire produire du méthane qui alimenterait le four dédié au poste de peinture. Des projets qui devraient nous permettent, dans un futur proche, d’abaisser encore notre bilan carbone », conclut le directeur de l'usine.
En bout de ligne de montage, toutes les presses à balles rondes passent par le module de test avec une balle intégrée dans la chambre. (© Aurélien Guillard)
Un atelier au sein de l’usine est réservé au contrôle des pièces produites en interne, mais aussi des composants fournis par les sous-traitants, afin de vérifier leur conformité. (© Henri Etignard)

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